
Nouvel arrivant dans la cour des RogueLike, développé par Old Skull Game, un studio indépendant français situé à Lyon. Jusqu’à présent beaucoup plus présent sur la scène du jeu mobile, ils font leur entrée sur Steam avec Cryptical Path, un RogueLike atypique proposant une approche un peu différente vis-à-vis de la création des donjons.
Ce test a été réalisé sur une version PC (Steam Deck) fournie par l’Éditeur.
Le retour de l’architecte
On commence notre aventure en rentrant dans notre création. Une sorte de manoir géant dont nous sommes l’architecte. Ce dernier étant magique, et peuplé de mobilier vivant. Une sorte de manoir de la Belle et la Bête, en un peu plus agressif.

Mais, à notre arrivée dans Cryptical Path, tout ne se passe pas comme prévu. Nos créations nous ont attaqué, les salles ont étaient changées, et, pire encore, une entité inconnue semble vouloir notre mort. Cette dernière se présentant comme l’architecte de ces lieux maintenant hostile.
Il est par conséquent de notre devoir de remettre de l’ordre dans tout cela. De reconstruire les lieux, vaincre les créatures hostiles, mais surtout de découvrir qui est ce mystérieux architecte qui a pris notre place.
Les premiers pas
À première vue, tout ressemble à un RogueLike classique dans Cryptical Path. Ou presque. Bien que l’on retrouve assez vite les fonctions de base tel que le dash. Une esquive pouvant se faire vers la droite ou la gauche. Cette dernière offre quelques secondes d’invulnérabilité, mais aussi la possibilité d’attaquer.

Là aussi, rien de particulier. Notre personnage peut utiliser un dé, projetant celui-ci vers l’avant sous forme d’un combo. Pour finir, on retrouve une capacité magique, un tir à distance qui s’avère fort utile contre certaines créatures. Ces mécaniques, bien qu’assez classiques, sont bien exécutées. Notre personnage est fluide, il bouge sans latence ou mouvement décalé. Et le jeu ne souffre d’aucun ralentissement, que ce soit sur PC fixe ou sur un Steam Deck. Mais ce dernier ne s’arrête pas là. En effet, notre titre d’architecte n’est pas juste une décoration. Et, sans surprise, ce dernier nous offre quelques avantages, notamment celui de construire notre donjon. Nous sommes en soit l’architecte de notre mort dans le jeu.

Effectivement, pour avancer dans le jeu, il faudra que nous fabriquions des salles. La carte du donjon lors de sa création est incomplète. Cela nous obligera à fabriquer notre chemin en fonction des différentes salles mises à notre disposition. Cette mécanique atypique met entre les mains du joueur le choix, celui d’aller de façon plus rapide au boss, ou au contraire de tout explorer pour s’améliorer mais, indirectement, de prendre le risque de perdre de la vie. En effet, comme dans tout RogueLike qui se respecte, la vie ne remonte pas toute seule dans Cryptical Path.
Pire, les cœurs, bien qu’ils soient plutôt abondants dans la première partie, deviennent beaucoup plus rares dans le deuxième biome, demandant plus de prudence malgré des monstres de plus en plus dangereux. On joue sur un équilibre précaire entre explorer dans l’espoir de gagner en puissance et le risque d’affronter le boss avec peu de vie, ou de mourir avant ce dernier.
Construire sa destinée
Comme évoqué précédemment, nous devons créer des salles, et nous sommes les seuls maîtres de notre périple, ou presque. En effet, lors de notre entrée dans le donjon, certaines salles sont déjà créées. Mais ces dernières ne sont pas toutes reliées pour nous guider jusqu’au boss. Il faudra donc en rajouter. Pour ce faire, sur la carte nous avons accès à différentes salles. En général, des salles de combats soit d’une case, soit de deux. Mais on peut aussi avoir des salles trésors, ou encore cœur. Une fois cette salle posée, si elle est reliée à notre salle actuelle, il suffit d’emprunter la porte. C’est là notre premier choix. Comment rejoindre la fin du donjon.



Mais, si ce n’était que cela, ce serait trop simple. Chaque salle a un coût. Sans surprise, les salles de combat sont les moins chères. Avec un coût de 3 pour une tuile, et de 5 pour celle de 2 tuiles. Le souci étant que celle-ci nous mette en danger. Et ne rapporte pas forcément d’amélioration. Alors que des salles trésors, ou tout autre bonus, reviennent à des coûts autour de 5 ou 6 ressources. Cette ressource se récupère dans les salles monstres. Et, bien qu’elle soit limitée, elle n’est pas bloquante. Cette dernière ne pourra pas entraîner de soft lock (qui consiste à être bloqué par une action non prévue par le jeu sans que cela le fasse buguer). Il sera possible d’en dépenser plus que possédé sans difficulté. Malgré tout, cette dépense aura des conséquences.
Une fois que le montant de nos ressources passe en négatif, nous serons affligés de malus. Chacun de ces debuffs (améliorations négatives) sera notre croix jusqu’à la fin du donjon. Il sera possible dans de rares cas de s’en débarrasser. Plus le niveau de négatif est bas, plus les altérations dont nous souffrons seront handicapantes. Cela peut se traduire par des dégâts diminués, ou encore une vitesse de déplacement plus basse, ou même des dégâts reçus plus importants. Il faudra donc compter là-dessus.

Ces malus peuvent aussi être une force. Nous reviendrons plus tard sur la partie bonus. Mais certaines améliorations que nous pourrons obtenir permettent de tourner ces désavantages à notre avantage. Il sera donc possible de trouver des bonus augmentant nos dégâts en fonction du nombre de points négatifs par exemple. Cela devient donc un pari risqué en plus d’offrir la possibilité de créer des défis et challenges personnels. Dernier point de la construction dans Cryptical Path, les limitations qui nous sont données. En effet, il est seulement possible de construire sur des emplacements libres. Si l’emplacement est bloqué par une autre salle ou un rocher, impossible de remplacer l’obstacle. Seul cas particulier, une salle de bombe.
Celle-ci permet de détruire un élément bloquant pour libérer la case. Pour finir, le choix des salles, chaque biome donnant accès à un nombre de type de construction limités. En général, 3 salles hostiles, soit une salle de 1 tuile et 2 de deux tuiles, verticale ou horizontale, ainsi que des salles de support. On y retrouve la fameuse salle bombe par exemple, mais aussi une salle cœur, ou encore trésor. Il faudra donc composer avec les pièces à notre disposition.
Bien que ce système soit assez drôle, il a quelques petits défauts. Fabriquer son donjon a vraiment un petit côté gratifiant. Mais cela ralentit le rythme du jeu. En effet, il faut s’arrêter, ouvrir la carte, poser nos salles avant de reprendre. Force est de constater que cela casse le rythme dans Cryptical Path. Et il est impossible de construire tout notre donjon d’une traite. En effet, le système de ressource limite cette possibilité. Sauf dans le cas où vous souhaitez faire grimper ce dernier, et vous affliger de tous les malus.
Pour finir, on aurait pu imaginer débloquer les salles et constituer une sorte de deck. Là, les salles nous sont imposées, en tout cas aussi loin que je suis allé. Malgré ces défauts, le système fonctionne et reste assez plaisant. Cela apporte une autre dimension au genre, et une réflexion différente de comment explorer les lieux. Donc, l’idée reste majoritairement positive et plaisante. Et sa simplicité apparente cachant de lourds choix est un plus. Cela permet de très vite entrer dans le jeu.
Die and retry
Pas de grande surprise sur ce point. Dans Cryptical Path, on va mourir. Encore, et encore. À chaque fois en ramenant avec nous quelques précieux matériaux, ces derniers permettant de s’améliorer. C’est à l’occasion de notre première mort que l’on découvre la Cellule de l’Hexium, un lieu loin du regard inquisiteur de notre remplaçant. Cette zone loin des dangers du manoir nous permet de découvrir aussi pour la première fois notre serviteur, Bernardo. Ce dernier nous expliquant comment s’améliorer et à quoi servent chaque partie de la Cellule de l’Hexium. Mais pas que. Nous le retrouverons de temps en temps dans le manoir lui-même. Tout du moins, nous retrouverons différents personnages lui ressemblant étrangement ;). Lors de nos explorations, ils nous permettront notamment d’acheter des améliorations, des cœurs, et autres objets utiles pour notre progression.
Mais revenons à la Cellule de l’Hexium. Celle-ci se divise en plusieurs parties. La première, celle où nous tombons à chaque défaite dans le manoir, nous offre un résumé des améliorations rencontrées sous la forme d’un mur géant présentant toutes les icônes. Bien que cela fasse son petit effet, il aurait été bien d’avoir quelques plateformes. Les objets le plus en hauteur sont malheureusement impossibles à voir une fois tombés. Mais on pinaille.



Passons aux autres services que nous offre ce lieu pour le moins gigantesque. Peut-être même un peu trop grand. On retrouve une construction similaire à Neon Abyss au travers de ce hub. On pourra bien évidemment repartir à l’aventure, mais surtout gagner des améliorations supplémentaires. Il sera possible, moyennant une ressource que l’on récupère durant les runs, de gagner des avantages. Ceux-ci concernent majoritairement les salles. On pourra débloquer la possibilité notamment de trouver de l’argent ou des cœurs dans le décor, ou encore des récompenses supplémentaires. Ces petits avantages offrent une chance d’obtenir de précieux gains à chaque run, le but étant de passer au biome suivant. Avec le choix de rendre ces avantages relatifs aux salles, cela n’augmente pas directement la puissance de notre personnage. C’est un choix assez risqué.
Cryptical Path est sans contexte assez exigeant, surtout à partir de l’acte 2, bien qu’il ne soit pas le plus dur des RogueLike. Et l’absence d’amélioration de notre personnage peut conduire à créer un plafond de verre pour certains joueurs. Mais aussi de maintenir le jeu intéressant avec un bon niveau de difficulté. Par conséquent, le gros du travail sera de s’habituer à chaque monstre ainsi que leurs patterns d’attaques. Bien évidemment, chaque passage à un nouveau biome offre un nouveau palier d’amélioration. Mais aussi de défis.

Parlons justement des défis. Planquée un peu en hauteur, on retrouvera aussi une partie pour s’imposer un challenge plus élevé. Cette dernière se débloque dès que le premier acte est fini et propose de revisiter ces derniers avec des désavantages, ou des systèmes de bonus/malus, comme par exemple avoir plus de cœurs sans pouvoir les récupérer. Cela offre une nouvelle façon d’explorer le jeu tout en offrant une difficulté accrue et une sensation de satisfaction non négligeable lors d’une réussite. C’est un plus que nous n’avons pas forcément vu souvent dans ce genre de jeux. Cela accroît encore sa durée de vie.
Pour finir, on retrouve aussi le codex. Celui-ci consigne tout ce que nous croisons, que ce soit les lieux ou encore les montres, mais aussi les objets et personnages. Celui-ci permet de voir plus en détail les designs et de les apprécier en plus d’avoir une petite description. C’est toujours un petit plus dans ce genre de jeux, de pouvoir s’intéresser à l’univers et profiter du travail fait sur les entités que nous croisons. À la rigueur, pour les plus maniaques d’entre nous, un petit bouton “vu” sur les améliorations aurait été un plus. Effectivement, on passe un peu de temps pour enlever toutes les notifications dans le codex.
Un monde coloré
Bien que le choix d’un manoir rappelle quelques scènes horrifiques, le design de Cryptical Path est très coloré. Dans des tons de bleu pour donner cette ambiance froide, il reste avec des couleurs vives et un peu saturées. Ce style donne une impression un peu singulière. Comme un entre-deux entre 3D et 2D très agréable et très “soft”. Les décors sont soignés, et dans l’ensemble tout s’accorde bien. Notre personnage ainsi que les monstres se détachent bien du fond, permettant une bonne lecture de ce qui ce passe. Les ennemis bénéficient du même soin que notre héros.


Pour ce qui est de nos ennemis, ils sont assez simples et repérables. Ils se divisent en plusieurs familles : les chandeliers, les lampes, les fours et les armures. Le tout se déclinant en différentes versions variant légèrement leurs attaques, chacune possédant un pattern. Les premiers chandeliers nous chargent par exemple. Tout a un côté un peu fantastique, avec ces ennemis si simples mais qui s’avèrent vite dangereux.
Cryptical Path nous offre une nouvelle vision du RogueLike. Ce dernier est assez nerveux, et joli. Il nous propose des décors colorés dans un manoir pour le moins délabré, rempli d’objets vivants. Ce dernier garde un gameplay simple mais efficace. Avec son lot d’objets d’amélioration à récupérer au cours de notre run. Bien que le système de création de salle soit très intéressant, il est un peu limité. On aurait pu par exemple débloquer des salles pour faire un deck. Et surtout, il casse le rythme du jeu. Il n’en reste pas moins un RogueLike très agréable à prendre en main et assez abordable.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Gameplay fluide
Exigeant mais pas trop
Décors et personnages sortie d’un rêve
Bernardo est attachant
Système de construction de salle
Les points négatifs
La construction casse un peut le rythme
Progression du héro peut visible




