Carmen Sandiego

Dans ce nouvel opus de la série d’enquêtes, qui se trouve être le portage d’un jeu mobile sur console, nous incarnons directement Carmen Sandiego, la voleuse écarlate. Nous l’aiderons à déjouer les plans de ses ennemis, l’organisation V.I.L.E (Villains International League of Evil), groupe de criminels dont elle faisait jadis partie. Pour parvenir à nos fins, nous aurons à notre disposition plusieurs gadgets et alliés ! 

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.

Lady in Red

Carmen Sandiego, cambrioleuse hors pair, toute vêtue de rouge, fait son retour. Elle a sept jours pour déjouer les plans de V.I.L.E. À l’aide de son acolyte Player, elle va enquêter aux quatre coins du monde. Préparez-vous à voyager, et pas pour faire du tourisme ! 

Voyage Voyage

Carmen Sandiego est à l’origine l’antagoniste principale de la licence portant son nom, créé en 1985 par le studio américain Brøderbund Software. Nous incarnons alors un agent d’Interpol amené à voyager au bout du monde pour la capturer, elle, et les membres de son organisation V.I.L.E. Nous devions alors découvrir dans quel pays elle s’était rendue, sur base d’indices et de culture générale, notamment en géographie. D’autres jeux suivront, ainsi que divers jeux télévisés et séries, et enfin une série Netflix sortie dernièrement, qui met cette fois Carmen dans le rôle de l’héroïne. Elle devient voleuse indépendante, accompagnée de son acolyte Player le hacker, après avoir décidé de quitter V.I.L.E. Elle se retrouve du jour au lendemain pourchassée par ces derniers. Ce jeu en est l’adaptation directe ! Un jeu qui est d’abord sorti comme jeu mobile et porté tout récemment sur consoles. Cette adaptation est-elle réussie ? 

Time is Running Out

Le jeu Carmen Sandiego est divisé en deux parties : une partie contemporaine, appelée “Une Vile Opération”, dans le style du jeu mobile et de la série Netflix, et une partie des “Dossiers d’ACME” qui reprend le style de 1985, tout de pixels vêtus. Chacune de ces catégories est elle-même sous divisée en niveaux. Chaque début de niveau nous donne un décompte pendant lequel il nous faudra résoudre l’affaire. Pour ce faire, nous devons collecter des indices pour trouver le pays dans lequel s’est enfuie la personne que l’on pourchasse, ainsi que connaître l’identité de cette dernière. Un accès à un carnet regroupant les informations géopolitiques et culturelles de divers pays sera consultable. Nous aurons, par exemple, accès au drapeau, au pouvoir en place, mais aussi au type de cuisine, etc.

En fonction des choix et actions que l’on va faire, un timing sera indiqué pour que l’on puisse estimer le temps dont nous aurons besoin pour mener à bien notre enquête dans le temps imparti, sachant que chaque action nous coûte un certain nombre de minutes, heures, ou jours. Plusieurs mini-jeux seront à résoudre pour progresser, comme par exemple l’utilisation du grappin de Carmen Sandiego (un jeu QTE de rythme) ou un jeu d’ouverture de coffres (que j’ai trouvé anecdotique car cela se fait quasi automatiquement ?), mais nous aurons aussi (et surtout) l’Identikit, base de données qui nous permettra, à l’aide d’indices récoltés, de trouver notre cible par élimination à la façon d’un “Qui est-ce ?”.

Par exemple, si nous prenons le temps pour interroger un témoin, nous pouvons apprendre que le fugitif a les cheveux noirs, les yeux verts, et aime les sushis, il faudra sélectionner les indices correspondants pour réduire le nombre de suspects. Lorsqu’il ne nous en reste qu’un, nous pouvons lancer un mandat d’arrêt, indispensable si on veut l’arrêter. Sans cela, le bandit prend la fuite ! Pour obtenir les fameux indices, nous pourrons examiner le décor, interroger les PNJ, ou nous intéresser à des rumeurs, en échange de temps. Il faudra bien jongler avec les indices concernant le lieu, mais également ceux qui nous permettront de découvrir l’identité du bandit.

Nous aurons aussi de temps à autre des choix à faire, à la façon d’un “Livre dont vous êtes le héros”, ce qui donne un peu de profondeur à Carmen, qui n’est malheureusement pas spécialement un personnage attachant. Vous l’aurez compris, toute la stratégie demandée ici est un juste équilibre entre un nombre d’informations conséquent tout en conservant assez de temps pour la suite de notre enquête. Trop d’indices et c’est votre compte à rebours qui se terminera trop vite, trop de temps restant et c’est sans doute que vous n’aurez pas assez d’indices afin de dresser un portrait-robot digne de ce nom afin de pouvoir arrêter votre suspect. Cela est malin et donne pas mal de sel au jeu.

De plus, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’humour (façon MCU) et on ressent que le public ciblé est la toute jeune génération, notamment à travers le type d’énigmes que l’on a, qui sont bien souvent très simples à résoudre pour qui a un peu de jugeote. Concernant ces dernières, on ne peut pas se tromper car même si plusieurs points sont indiqués dans la zone, il suffit de tous les faire pour trouver celui qui nous intéresse. Les autres seront des anecdotes, sortes de réflexions sur la culture du pays dans lequel on se trouve, consultables dans notre carnet et il n’y a donc pas de mauvais choix, juste des choix moins utiles que d’autres. À chaque fin de niveau, un décompte va se faire et nous allons cumuler des points pour faire monter le niveau de Carmen et faire varier sa notoriété également.

À noter un bémol général, la taille des graphismes. En effet, une des façons d’enquêter va être de regarder les drapeaux des différents pays proposés en détail. Par exemple : “le pays dans lequel il va se rendre a des étoiles sur son drapeau”. Sauf que sur l’écran de la Switch (en mode portable), c’est beaucoup trop petit et on ne voit pas les détails des drapeaux. La possibilité de zoomer aurait dû être intégrée pour plus de confort.

L’Espionne qui Courait

Avec une esthétique qui semble inspirée de Soul Bass (graphiste américain des années 60, prolifique dans la création d’affiches et de génériques de films) et du film d’espionnage en général (aplats de couleurs vives et personnages en ombres chinoises), le menu de Carmen Sandiego nous met directement dans une ambiance rappelant “Arrête-moi si tu peux”, y compris dans la bande originale. Concernant les graphismes du jeu, dans la partie inspirée de la série Netflix, ils sont plutôt classiques avec des personnages en 3D cartoon, des aplats de couleurs, le tout dans une vue en 3D isométrique lors des phases d’exploration qui seront plus ou moins libres, et dans une zone (très) limitée, parsemée de mini-jeux. Une attention particulière est apportée aux différents environnements, très fouillés et colorés, jusque dans les icônes lors des choix de destination, ou encore des tickets d’avion.

Les textures sont assez lisses et les détails peu présents, à la façon d’un dessin animé pour petits (Pat Patrouille par exemple). Et dans la partie inspirée du jeu d’époque, nous allons retrouver du pixel art, à l’ancienne. Dans cette partie, pas d’exploration, juste des panneaux de texte, avec des choix à faire et un décompte qui se mettra en route selon le choix d’action que l’on fait, c’est beaucoup plus stratégique et moins “arcade”.

J’ai trouvé qu’il était très agréable de passer de l’un à l’autre et que c’était une des bonnes idées du jeu. En effet, nous serons amenés à jongler entre les deux car il faut un minimum de points requis pour passer au niveau “moderne” suivant, et ces points sont cumulables en jouant au jeu rétro. Cependant, les niveaux modernes sont rejouables si vous préférez cette méthode de scoring. J’ai trouvé que cette façon de fonctionner rappelle beaucoup les jeux mobiles.

Graphiquement Vôtre

Carmen Sandiego est un jeu initialement proposé en anglais mais traduit notamment en français. Seules les cinématiques seront doublées oralement, le reste du temps nous n’aurons droit qu’à des petites phrases d’accroche qui se répètent d’une fois à l’autre. Les dialogues, eux, se présentent sous la forme de textes qui défilent dans une bulle, avec une illustration du personnage pour nous présenter qui est en train de parler à la façon d’un Visual Novel. Un sentiment de lassitude peut alors apparaître bien que j’ai trouvé que l’utilisation d’un décompte permettait de s’investir dans l’enquête et de comprendre l’urgence de celle-ci, et apporter un peu de challenge.

Le jeu reste cependant assez “bof” de par le style graphique, l’humour omniprésent, le côté “jeu pour enfant” et la non-identification à Carmen qui sont les principaux points faibles de ce jeu à mon goût. Tout comme l’aspect procédural qui nous amène régulièrement dans les mêmes pays pour enquêter, ce qui va totalement à l’encontre du concept même de hasard et de diversité propre à ce style de fonctionnement. Je précise aussi que, malgré le fait que ce jeu soit à la base un jeu portable, il n’est nullement question d’utiliser d’écran tactile de la Switch dans cette version, dommage. 

Pour conclure…

C’est pour ma part un retour en demi-teinte qu’est Carmen Sandiego. Beaucoup de choses sont agréables, comme le clin d’œil à la version de 1985, les graphismes remis au goût du jour, les environnements, les mini-jeux et l’exploration, par exemple. Mais d’autres le sont moins, comme les énigmes très simplistes. Certains éléments nous donnent l’impression qu’il s’agit d’un portage maladroit du jeu, qui passe du portable à la console sans presque aucune refonte (l’écran qui n’est pas tactile, le fait d’atteindre un certain nombre de points pour passer au niveau suivant, ou l’absence de possibilité de zoomer pour voir correctement les drapeaux). Cela mit de côté, ça reste un chouette jeu “culturel” pour les plus jeunes, si on n’a pas peur de mettre le prix pour cette version. 

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Dynamique

Joli face à face de l’ancienne et la nouvelle version

Mini jeux diversifiés

Beaux environnements

Les points négatifs

Écran parfois trop petit sans possibilité de zoom

Simpliste

Non identification au personnage jouable

Vous devriez Lire aussi
[Preview] Mato Anomalies

Dans le même genre

Laisser un commentaire

En savoir plus sur GeeksByGirls

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture