Botany Manor

Botany Manor est le premier jeu du studio Balloon Studios, situé en Angleterre, dans le Devon plus précisément, on y retrouve d’ailleurs toutes sortes de clins d’œil au sein du jeu. À noter que la fondatrice, Laure De Mey, a déjà travaillé sur des jeux primés et très appréciés comme Assemble with Care. Cette fois, elle nous dévoile un jeu très relaxant, avec des énigmes et des puzzles, le tout autour du thème de la botanique dans un manoir anglais du XIXe siècle. Et autant vous dire que le jeu a été un énorme coup de coeur ! Donc enfilez vos bottes et suivez-moi !

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.

Plantons le décor de Botany Manor

Dans Botany Manor, nous incarnons Arabella Greene, une botaniste à la retraite qui va explorer son propre domaine après une longue absence, pour y compléter son herbier afin de l’envoyer à Londres, récoltant tout au long du jeu des informations sur diverses plantes oubliées. À travers divers indices et des puzzles à résoudre, nous allons découvrir les fantastiques propriétés de ces fleurs oubliées, et pouvoir consigner toutes nos découvertes dans notre carnet afin de recréer les conditions de développement idéales pour chaque fleur. Ce jeu est un voyage dans le temps, où l’on va découvrir la vie et la passion de notre personnage, mais aussi ses difficultés en tant que femme qui aura tenté d’apporter sa contribution dans le domaine scientifique de cette époque.

Herbiernb

Botany Manor se joue à la première personne et se veut relaxant et cosy. Le manoir est divisé en plusieurs zones qui nous seront dévoilées au fur et à mesure des chapitres. Dans chaque zone, il y a un certain nombre de fleurs à découvrir et nous pouvons explorer la zone à notre disposition pour y trouver un certain nombre d’indices, indices qui seront consignés dans notre herbier. J’ai d’ailleurs remarqué un petit flou de chargement lorsque j’ouvrais ce dernier, avant qu’il ne devienne bien net, un genre de lag finalement pas très grave. Les indices sont sous forme de documents, lettres, objets, livres,… Ensuite, nous allons devoir classer ces derniers en fonction de la plante à laquelle ils correspondent.

Nous allons également devoir trouver les graines de chaque plante. Lorsque nous avons réussi à obtenir celles-ci, nous pouvons nous rendre à l’une des nombreuses stations de jardinage pour la faire pousser. À partir de là, il faudra résoudre des puzzles et énigmes, à l’aide des indices récupérés auparavant, pour réussir à faire fleurir la plante et ainsi finaliser la fiche de chaque végétal étudié. Les énigmes sont bien dosées dans leur difficulté, en n’étant ni trop simples, ni trop compliquées. Certaines m’ont donné du fil à retordre, mais j’ai toujours fini par trouver la solution en y revenant après une petite pause.

Lorsque l’on a réussi à faire éclore chaque fleur d’un chapitre, nous recevons une clé qui nous donne accès à une nouvelle zone, et donc à un nouveau chapitre. La plante peut ensuite être emportée et déplacée là où bon nous semble pour décorer le manoir à notre goût. Nous pouvons également faire fleurir plusieurs fois la plante si nous le souhaitons afin de disposer cette même plante à divers endroits du manoir. Manoir qui est d’ailleurs immense à explorer ! Tant pour l’intérieur que pour les jardins ! D’ailleurs, nous pouvons également interagir avec des éléments qui ne sont pas des indices, et nous permettent simplement d’apprendre à connaître l’histoire d’Arabella Greene, mais également de découvrir la belle région du Devon et son folklore.

Beaucoup d’allers et retours vont être faits, et cela malgré les raccourcis que l’on va débloquer au fur et à mesure de l’aventure, donc je remercie les développeurs de nous permettre d’avoir une touche sprint, et ce malgré le fait qu’Arabella est une dame assez âgée à la retraite qui, visiblement, aurait besoin d’une canne de temps à autre. Une petite incohérence que l’on pardonne aisément au nom du gameplay.

J’ai cependant un regret, celui de ne pas avoir accès aux documents qui nous fournissent des indices via le carnet. Si l’on veut les consulter lors d’un puzzle, il faut se déplacer jusque là. Certains indices étant éparpillés dans la zone à fouiller, ce n’est pas aisé de s’y retrouver… Je vous conseille donc de vous munir d’un carnet irl pour y consigner vos réflexions et ainsi vous éviter des allers-retours inutiles. Concernant la durée de jeu, Botany Manor est plutôt court, il m’a fallu moins de 12h pour le terminer. 

Peinture vivante

J’ai testé Botany Manor sur la Switch, tant en version portable que sur grand écran, et dans les deux cas le jeu est superbe, avec des graphismes lissés et des couleurs en aplat, le tout baigné d’une magnifique lumière naturelle. Sur la version portable, le jeu est bien optimisé, bien net, tandis que sur la version sur grand écran, le jeu est un peu plus flou. Ce n’est cependant pas dérangeant, car cela lui donne un petit côté “peinture à l’huile” qui sied parfaitement à la campagne anglaise et lui ajoute un charme supplémentaire. Chaque pièce du manoir fourmille de détails que l’on a envie d’observer.

Un détail en particulier que j’ai adoré est que lors du feuilletage des livres disposés sur présentoir, l’ouvrage reste ouvert à la bonne page, même une fois déposé. Le genre de petites précisions qui améliorent à la fois l’immersion mais aussi l’ergonomie. J’avoue avoir été méfiante au début du jeu car cette belle ambiance décrite plus haut n’est pas tangible de suite. En effet, nous débutons l’aventure dans une serre complètement embrumée, aux fenêtres entièrement noires, ce qui pourrait donner à penser que le budget n’a pas permis de modéliser les extérieurs. Bien heureusement, dès la découverte de la première fleur, le soleil apparaît et le jeu nous révèle alors toute sa beauté, et nous avons finalement encore plus envie de partir à la découverte du manoir.

L’amour des détails

La musique est peu présente dans Botany Manor, laissant la place à des bruits d’ambiance, très bien choisis selon la pièce dans laquelle nous nous trouvons. À certains moments pourtant, nous aurons quelques mélodies, que nous aurons envie de savourer tant elles se font rares. Par exemple, lors de découvertes importantes ou lors de la résolution de certaines énigmes. Nous aurons aussi quelques petits jingles lorsque nous découvrirons un indice. Le tout est très bien dosé et les ambiances sonores nous permettent de nous immerger encore plus dans l’ambiance du jeu, et de profiter de chaque endroit que l’on visite. Chacun est unique et nous en profitons d’autant plus grâce à l’ambiance en totale adéquation.

J’ai aussi remarqué l’utilisation d’un son binaural qui s’adapte à la position que l’on adopte et participe, lui aussi, à l’immersion dans le jeu. On a réellement l’impression de devenir Arabella le temps de chaque partie. J’ai beaucoup apprécié le menu accessibilité qui est très complet. Le jeu propose même un mode “mal des transports”, ce qui est en adéquation avec le support portatif de la Switch et permet de maximiser notre expérience sur le jeu. Autre point fort du jeu, de beaux moments contemplatifs proposés au joueur par le biais de bancs, disposés çà et là dans tout le domaine. On peut s’y asseoir pour un temps et s’imprégner de l’ambiance si bien retransmise du Devon. Le jeu nous rappelle ainsi de prendre le temps de flâner dans notre manoir et de profiter de notre jardin au soleil, car après tout, nous sommes à la retraite.

À noter également que les capacités cocasses de chaque plante oubliée sont inspirées de phénomènes réels présents dans la nature. Petite mention spéciale pour la partie concernant la relation de la femme avec la science de cette époque (nous sommes en 1890 au moment du jeu), où la botanique, lorsqu’elle est étudiée par un homme, est sérieuse et scientifique, et lorsqu’elle est étudiée par une femme, est vue comme “un passe-temps charmant à faire découvrir à ses enfants”. Le jeu est ponctué de plusieurs mentions au statut de la femme (ce qu’elle doit être, faire, et représenter), ce qui renforce encore la profondeur du propos et crée un attachement d’autant plus fort à Arabella, en particulier en tant que femme moi-même. L’épilogue est d’ailleurs plein de promesses et d’émotions… mais je n’en dirai pas plus…

Pour conclure…

J’ai été très sensible à l’univers du jeu, le Devon étant une région que j’ai eu la chance de visiter, j’y ai retrouvé l’ambiance typique de cet endroit. Le jeu est un véritable cri d’amour pour cette partie de l’Angleterre, mais aussi pour la nature. J’ai beaucoup apprécié le soin apporté aux détails, qu’ils soient sonores, visuels, historiques et scientifiques. Les énigmes sont intéressantes et bien équilibrées. De plus, la partie plus informative sur l’histoire du Devon, sur le statut de la femme dans ce contexte particulier ainsi que sur la nature en général, est très digeste et rend le tout très intéressant et d’une belle profondeur. Dommage cependant que l’on n’ait pas un accès aux documents qui servent d’indices pour nous éviter des allers-retours. Ce jeu est un gros coup de cœur pour ma part !

La  note  de la  rédaction

4-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Ambiance visuelle

Ambiance sonore

Notions informatives sur la région et l’époque

Énigmes et puzzles bien dosés et intéressants

Immersion

Les points négatifs

Pas de possibilité de consulter les documents via le carnet

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