
Pour tous les amoureux des actions-RPG la saga Ys se pose comme un incontournable. Basé sur les écrits d’Adol Christin, chaque épisode est indépendant des autres et révèle un pan unique de l’épopée du héros. En ce qui concerne Ys X : Nordics, sorti initialement en 2023 au Japon puis en octobre 2024 dans le reste du monde, il débute alors que le héros aux cheveux flamboyants se rend à Celceta ce qui place le titre entre Ys II : Ancient Ys Vanished et Ys : Memories of Celceta. Plébiscité par les joueurs dès sa sortie, se hissant au rang du troisième jeu de la série le plus vendu, Ys X s’est vu remanié en 2025 dans une version “Proud”, d’abord sortie en asie pour finalement atteindre les côtes occidentales le 20 février 2026 sur Switch 2, PS5 et PC. Nous avons donc levé l’ancre en compagnie d’Adol et Karja à la découverte de la baie d’Obélia, mais pas que…
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Oh Ys, Oh Ys !

Comme nous l’avons vu en introduction, la franchise Ys, qui a débuté en 1987 sous l’égide du studio japonais Nihon Falcom, met en scène les manuscrits laissés par l’aventurier et explorateur Adol Christin, chaque jeu se basant sur l’un de ses écrits qui sont au nombre de 100, comme nous l’avait expliqué Toshihiro Kondo avec qui nous avions pu évoquer le dixième épisode de la série lors d’une interview. Ainsi, chacun des titres de la saga, bien qu’ayant en commun le même protagoniste principal à différentes étapes de sa vie, change d’environnement et apporte son lot de nouveautés, Ys IX adoptant une exploration plus verticale, tandis qu’Ys VIII adoptait une narration plus ambitieuse.

En ce qui concerne Ys X : Nordics, cet opus marquait un tournant majeur en ne proposant plus un groupe de combattant, mais un système de combat basé sur un duo central, en l’occurrence Adol et son compagnon d’arme Karja Balta. C’est donc au sein d’un peuple inspiré des vikings que ce cher Adol aux cheveux rouges va devoir lutter contre une menace immortelle, sauf pour les utilisateurs de Mana : Les Griegers. Pour ceux qui veulent avoir de plus amples détails sur Ys X Nordics, je vous renvoie sur l’excellent test de Bruno Rocca présent sur le blog. Pour ma part, je me focaliserais sur les ajouts de la version Proud.

Sachez toutefois que c’est en route vers Celceta que notre héros, accompagné du fidèle Dogi et du Dr Flair, s’arrête dans le hameau de Carnac où il se retrouve lié, de façon permanente par un lien de Mana, avec la princesse norman Karja Balta. Alors que le village et les environs tombent sous le coup de créatures insensibles aux armes traditionnelles et nommé Griegers, Karja et Adol, rares personnes à pouvoir lutter contre eux, se lancent dans une quête qui va les amener à explorer le golfe d’Obelia et les mers alentour.

We’re Proud to present
Soyons clairs, Ys X : Proud Nordics n’est pas un remaniement total de l’aventure, mais plutôt un affinage de ce qui y était proposé en tenant compte des retours des joueurs. Si Ys X : Nordics basait son système de combat en amenant le joueur à favoriser le mode duo (où les héros agissent de concert et de façon parfaitement synchronisés), Proud rééquilibre un peu les choses en augmentant l’efficacité des compétences individuelles, ce qui encourage à alterner entre les deux afin de gagner en efficacité, notamment contre certains boss. De quoi rajouter une nouvelle couche de stratégie, dans des affrontements, de bases, d’une nervosité et d’une explosivité hors pair.

Il est à noter que certains ennemis et boss ont également été rééquilibrés afin que la progression dans les niveaux se fasse de façon plus homogène. D’ailleurs pour les adeptes de challenges relevés un tout nouveau contenu post-game est désormais disponible avec le donjon Muspelheim qui propose, au-delà d’une difficulté accrue, un temps limité avec des contraintes spécifiques. D’autre part, au delà des mana actions déjà présentes dans Ys X comme le Mana-grappin, le Mana-surf, la Mana-explosion et la Mana-vision Falcom a ajouté un nouveau pouvoir, disponible une fois l’outil antique Járngreipr déniché : la Manakinésie. Il sera alors possible de faire léviter les objets pour les placer judicieusement et les empiler de façon à se créer des passage pour atteindre des zones inaccessibles et même de l’utiliser lors des combats.


Toutefois, un certain nombre de bugs de collision accompagnent cette faculté et la capacité des blocs saisis à entrer dans les murs ou les sols rend son utilisation parfois complexe, pour ne pas dire crispante, sans compter qu’en combat elle casse le rythme et le dynamisme des affrontements. Gageons qu’un patch sera bientôt déployé pour pallier ce léger inconvénient. A noter qu’il est désormais possible de faire évoluer les outils antiques grâce au sable blanc scintillant, capable d’en améliorer nettement les effets. Enfin, un des gros points noirs de Ys X : Nordics était la navigation maritime, la traversée des mers étant assez laborieuse jusqu’à ce que le Sandras (nom du navire qui transporte les héros) ait atteint un certain seuil d’optimisation.


Pour pallier ce manque de dynamisme, Proud Nordics intègre désormais des points dorés : une fois l’affrontement naval remporté, ces points libèrent des couloirs d’accélération qui boostent considérablement la vitesse de navigation entre les îles. Bien entendu, tous les DLC cosmétiques de la version de base sont également inclus d’entrée de jeu.

L’Île d’Öland
Mais ce n’est pas tout, loin de là. Non content de peaufiner et d’améliorer l’aventure originelle, les équipes de Falcom ont décidé de réaliser une toute nouvelle zone avec des quêtes annexes spécifiques et un duo de guerriers encore inédits. Cette île, incluse dans le déroulement du jeu ne vient pas en surplus, mais s’intègre parfaitement à l’intrigue. Après avoir reçu un message porté par le corbeau Hugill comme quoi un vaisseau inconnu aurait été vu aux alentours d’une île inaccessible, Adol et Karja décident de mener l’enquête.

Après avoir réussi à trouver un point d’entrée uniquement utilisable par le manieurs de Mana, le duo commence son exploration de l’île d’Öland et finissent par tomber sur Knut, le cousin de Karja, manieur de mana hors-pair et fils du Jarl du Denmark et son compagnon d’arme Astrid. Alors que son père est en pleine conquête des royaumes de Britai, son fils est chargé de surveiller la lutte de la marine de Balta contre les Griegers, une défaite contre ces derniers signifiant l’annulation du pacte de non-agression existant entre Danmerk et Balta et légitimant l’annexion du pays de Karja par les troupes de son cousin. Mis au défi par Knut de trouver avant lui la raison de l’abandon de l’île, la mission d’Adol et de Karja sera double, battre Knut en explorant Öland et empêcher l’annexion par le Danmerk.


Il est évident que ce nouvel arc scénaristique réserve son lot de surprises et de révélations venant approfondir le lore d’Ys X et je n’en dirais pas plus pour préserver le mystère. Öland étant la plus grande île du golf d’Obelia, les activités ainsi que les lieux à visiter ne manquent pas. Entre l’arène de Bergen qui vous permettra de combattre des monstres d’un niveau toujours plus élevé seul (avec Adol ou Karja) ou en duo, les défis Mana ride, course contre la montre donnant accès à des récompenses spéciales et les divers donjons émaillant la carte (j’ai beaucoup aimé la Tour de Ragnarr), il vous faudra rajouter environs 6-7h pour en explorer chaque recoin et en accomplir tous les défis.



Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danmerk
Je dois bien l’avouer, jusqu’à présent je ne m’étais jamais trop intéressée à la saga Ys, de peur de tomber dans la marmite. Cela fait des années que mon cher et tendre me serine que je ne peux qu’aimer et je freine des quatre fers échaudée par le temps dantesque que dure chaque opus d’une autre franchise signée Falcom : The Legend of Heroes. Malgré tout, j’ai fini par céder à la faveur de ce test et j’avoue n’absolument pas le regretter. Que ce soit en termes de combats jouissifs en diable, de musique (des morceaux rock mais avec des accents celtiques) ou d’intrigue, tout y est et je suis désormais tombée dedans à pieds joints.

Moi qui ai la collectionnite aiguë et qui adore tout explorer, j’ai cependant du mal à me focaliser sur la quête principale tant qu’il me reste des îles non découvertes ou des zones non fouillées, mais c’est justement là le plaisir de voguer à bord du Sandras, c’est que le voyage prend alors la forme que l’on souhaite sans aucune contrainte. De plus, comme j’ai eu la chance de pouvoir tester le jeu sur PS5, j’ai pu bénéficier (mon écran de télé étant compatible) des graphismes magnifiés et d’une fluidité en 60 FPS (je peux comparer, mon épousé ayant fait Ys X : Nordics sur PS5).


Même si on ressent toujours les limites techniques, signature des productions Falcom, notamment dans l’affichage de certaines textures, on voit bien que les temps de chargement sont moins longs, les menus plus clairs et même le réticule de lock des ennemis a été revu pour être bien plus visible. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une refonte complète, mais bien d’un polissage rendant l’expérience Proud Nordics plus stable et bien plus confortable, encore que la version de base était déjà quasiment parfaite.

Ainsi je dirais que Ys X : Proud Nordics n’a qu’un seul réel défaut, celui de forcer le joueur à racheter le jeu complet pour en profiter, ce qui implique de reprendre une nouvelle partie de zéro, sans possibilité de passer par un update d’Ys X : Nordics ou par un new game +, ce qui peut représenter un sacré frein pour certains. Mais si vous voulez vous laisser tenter, même à la faveur d’une promotion je vous le recommande car Ys X : Proud Nordics est la version ultime pour profiter du voyage de Karja et d’Adol. Hissez les voiles !
Ys X : Proud Nordics n’est pas une révolution, mais une consolidation brillante. Falcom ne bouleverse pas les fondations posées par Nordics, il les renforce. L’arc d’Öland apporte une vraie densité narrative, la Manakinésie renouvelle l’exploration, le contenu Muspelheim donne matière aux joueurs en quête de défi et les ajustements techniques rendent l’ensemble plus fluide, plus confortable, plus maîtrisé. Certes, l’absence d’upgrade pour les possesseurs du jeu original reste une décision difficile à avaler et oblige à reprendre l’aventure depuis le début. Mais une fois la voile hissée et le vent pris dans les cordages, difficile de résister à l’appel du large. Entre combats nerveux, bande-son galvanisante et exploration maritime enfin plus agréable, Proud Nordics s’impose comme la version la plus complète et la plus aboutie de cette dixième épopée. Pour ma part, moi qui résistait depuis des années à l’appel de la sirène Ys, me voilà définitivement conquise. Et maintenant, il va falloir que je rattrape le temps perdu…
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Un arc narratif inédit qui étoffe bien l’intrigue de Ys X
Un pouvoir exclusif qui varie encore plus le gameplay
Une traduction française de très bonne facture
Un challenge corsé à relever avec les défis de l’arène de Bergen et du donjon chronométré Muspelheim
Les points négatifs
L’obligation de racheter le titre au prix fort, sans aucun upgrade possible pour ceux ayant déjà Ys X
Quelques bugs de collisions handicapants, surtout lors de l’utilisation du pouvoir manakinésie




