
Wyrmhall est à la base un projet proposé en 2023 sur Itch.io, une plateforme qui expose gratuitement des jeux indépendants. Emballé par le projet et l’enthousiasme qu’il a suscité, George Stoll, le créateur, a décidé d’en faire un projet plus ambitieux. C’est ainsi que naît Wyrmhall dans le studio de Leafy Games, composé d’une minuscule équipe de deux personnes : George Stoll (directeur de jeu, artiste et écrivain) et Preston Stoll (programmeur et designer).
Ce test a été réalisé sur une version PC (Steam Deck) fournie par l’Éditeur.
Tout Travail Mérite Salaire
Tout commence par une offre d’emploi : nous incarnons une gobeline qui va se retrouver remplaçante d’un nettoyeur d’artefacts. En effet, ce dernier a décidé de prendre sept jours de vacances, loin de Wyrmhall, et nous a confié la tenue de son kiosque pendant ce temps. Notre job consistera à rencontrer divers personnages, tous plus farfelus les uns que les autres, avec des demandes toutes aussi cocasses que leur look. Il faudra alors nettoyer les artefacts qu’ils nous apportent contre rémunération… Ou pas ?

Faut Que ça Brille !
D’une durée relativement courte de plus ou moins deux heures, Wyrmhall propose un gameplay simple, adapté à la durée du titre. Les mécaniques à retenir vont être simples. Chaque jour équivaut à un chapitre, lequel sera représenté par un calendrier, visible à la fin de chaque chapitre. Chaque jour, notre gobeline va voir défiler devant elle plusieurs PNJ désireux de faire nettoyer un artefact en leur possession. Tasse à thé enchantée, crâne maudit et autres babioles, chaque objet sera unique et apportera son lot de surprises. Différentes taches seront visibles sur l’artefact, chacune représentée par une couleur, correspondant à différents ustensiles à utiliser lors du nettoyage.


Il faudra simplement veiller à utiliser le bon ustensile selon le type de saleté à traiter. Les objets peuvent être observés en les tournant à 360° à l’aide de l’un des joysticks. En effet, certains demanderont diverses manipulations, les saletés ayant été se loger dans des endroits peu visibles. Ces petits puzzles, bien que faciles, peuvent être un peu plus corsés si le PNJ a des demandes particulières, ou que l’objet est en mouvement, comme les mécanismes d’une horloge par exemple.


Il arrivera également que certains personnages demandent que l’on ne touche pas à une partie précise d’un objet, ou qu’il soit nettoyé dans un temps limité. Que l’on décide de tenir compte de ces contraintes ou pas, les interactions vont varier et rendre les relations avec les différents PNJ uniques en leur genre. Lorsque l’on s’est acquitté de notre tâche, l’objet va scintiller, et nous pourrons, à l’aide de la cloche présente dans notre kiosque, appeler le client pour qu’il récupère son bien et nous paie pour nos services. À la fin de la journée, il est temps de faire les comptes du jour et de barrer une journée sur le calendrier.


La Petite Entreprise…
Wyrmhall : Brosse & Badine est traduit entièrement en français. Un français assez familier d’ailleurs, qui peut même se rapprocher de temps à autre du langage SMS, ce qui est peu courant. En effet, les différents protagonistes vont parler de façon très singulière, comme s’ils se connaissaient bien et que la politesse et la retenue n’avaient pas leur place dans ce monde. Cela donne un côté bon enfant et accessible au titre, en plus des différentes notes d’humour qui ponctuent tant les dialogues que les situations, ou même le look des PNJ que l’on va rencontrer. On retrouve également ce décalage dans le nom des jours, tout aussi loufoque que le reste !




Les graphismes sont charmants, très naïfs, et couplés aux dialogues, certains pourraient vraiment être caractérisés d’absurdes. Bien que l’on soit enfermé dans notre kiosque, que l’on doit prendre la peine d’ouvrir chaque matin, nous avons vu sur la rue, et cette dernière, très vivante avec les passants qui y circulent, donne vraiment une impression de mouvement, de vie. De plus, y jouer au Steam Deck rend ce kiosque très intimiste, ce qui est parfait pour l’immersion. On se sent chez soi, cosy. Cependant, la taille de l’écran du Steam Deck étant ce qu’elle est, j’ai trouvé que certaines taches étaient peu visibles car trop petites, ou de couleur trop similaire à l’objet. L’ajout d’une petite loupe pourrait être sympa, et cohérent, vu les endroits où il faut chercher de temps à autre. Enfin, je finirai cette partie en mentionnant le curseur de souris gobelin trop (trop !) mignon !


La Musique et son Compositeur
J’aimerais rester un moment sur la musique de Wyrmhall : Brosse & Badine. En effet, dès le thème principal, j’ai été transportée tellement la mélodie de l’écran d’accueil est jolie, tout comme la musique des différents chapitres du jeu d’ailleurs. J’ai trouvé qu’elle comportait des inspirations médiévales, Yiddish et du Moyen-Orient, et je n’étais pas si loin du compte finalement. En effet, j’ai contacté le musicien qui a composé ces différents thèmes pour en savoir un peu plus sur sa façon de travailler. Cet artiste en question, Tancla sur les réseaux, est originaire d’Espagne. Il m’a confié s’être inspiré de la musique des Balkans, pour le côté excentrique des différents personnages.
Ils m’ont donné une grande liberté créative dès le départ, et je les remercie pour cela.
Contacté par Leafy Games pour produire toute la bande-son du jeu, il a eu énormément de liberté créative pour ce projet. Sa seule contrainte a été une liste avec des durées et demandes narratives ou émotionnelles en fonction du moment. Ayant lui-même joué à la démo du jeu, il a pu peaufiner son travail en découvrant l’atmosphère cosy du jeu, et ajouter une fusion entre le folk et la fantasy dans ses sons. Dans ses sources d’inspiration, on peut citer entre autres la danse bulgare Gankino Horo, la chanson Oi Shoppe, Shoppe, ou encore la chanson Chetvorno Horo ou l’artiste Miki Cortan.
Les dialogues et les personnages étaient très funs et excentriques, donc j’ai pensé qu’un style proche des Balkans conviendrait parfaitement, si l’on tient compte du rythme complexe qu’est cette musique
Tancla
Comme on peut le voir, la musique de Wyrmhall : Brosse & Badine, est fouillée et recherchée. L’artiste opte pour un mélange hybride avec divers instruments à cordes folks, médiéval ou baroque. Tancla ajoute également un synthétiseur qui rappelle les musiques de jeux des années 90 ou 2000. Avec Leafy Games, ils ont travaillé main dans la main pour avoir le résultat souhaité. En effet, l’artiste envoyait des échantillons musicaux et vidéo in game pour que le studio puisse valider le projet et se représenter la scène à la place du joueur. Toute la bande-son a été créée de cette façon, morceau après morceau.
Wyrmhall, c’est avant tout une ambiance, tant musicale que visuelle, et même à travers les différents dialogues. On se prend au jeu à nettoyer ces artefacts apportés par des personnages loufoques et à répondre à leurs lubies. Avec un gameplay simple, sans prise de tête, une ambiance cosy et une bande-son aux petits oignons, ce petit jeu bien sympathique de près de deux heures devrait plaire aux fans du genre.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Musique
Ambiance
Humour
Les points négatifs
Certains éléments trop petits
Trop court !




