Annoncé en grande pompe à la rentrée 2024, Tatari faisait parti des nouveautés 2025 assez intrigantes pour nous donner envie de découvrir cette série, première œuvre du mangaka Watari. Paru le 5 février 2025, le premier tome de Tatari s’accompagne d’un magnifique poster pour tout achat dans une librairie participante et dans la limite des stocks disponibles. Un beau cadeau de la part de l’éditeur pour ce shōnen qui met en scène la vengeance d’un chat yokai, forcé de prendre l’apparence de son meilleur ami humain, pour traquer ses assassins. Un pitch qui promet de beaux coups de griffes !
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Un poil de regrets…
Tatari, le chat yokai vengeur !
Jadis, dans l’ancienne capitale de Kyoto, vivait Tatari, un grand yokai chat métamorphe qui terrorisait la population. Mille ans plus tard, c’est en simple chat de gouttière qu’il vit non loin de chez Takeru et sa petite sœur Yuki. Ils s’entendent à merveille et, malgré leur pauvreté, mènent une existence heureuse dans un appartement miteux. Jusqu’au jour où Takeru est froidement éliminé… Tatari décide alors de prendre la place du garçon pour tenter de découvrir l’identité des assassins !
Glénat

Tatari est un chat de gouttière noir et blanc qui s’est lié d’amitié avec Takeru Narikawa un adolescent qui vit seul avec sa sœur Yuki, suite à la mort de leur mère des années auparavant. Bien que très pauvre et manquant de tout, le jeune homme travaille sans relâche pour le bien-être de sa petite sœur qui souffre d’une grave maladie congénitale. Ayant partagé leur quotidien pendant des années, après avoir été sauvé de l’attaque d’un chien par Takeru alors enfant, Tatari s’est fortement attaché aux deux abandonnés.

Tout aurait pu continuer comme ça si, un jour, Takeru n’avait pas été assassiné. Devant le cadavre de son ami, Tatari révèle alors sa véritable identité, celle de Bakeneko, un chat yokai, capable de prendre l’apparence d’un humain mort avec des regrets, juste en absorbant son sang. Désireux de comprendre pourquoi son ami devait mourir et de s’assurer de réaliser son dernier souhait, que sa sœur mène une vie normale et heureuse, guérie de sa maladie, il se métamorphose en Takeru.

Devenu l’adolescent, Tatari remonte la piste de son assassin et apprend que ce dernier était le fils d’un chef mafieux mourant, qui l’a désigné comme héritier au même titre que ses sept autres enfants. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une guerre de succession sans précédent dont Takeru ne fut qu’une ignorante victime. Occupé à mener la vie quotidienne de son meilleur ami, Tatari doit pourtant se rendre à Hong-Kong pour accaparer l’héritage et donner à Yuki un espoir de guérison.

Cependant, ses ennemis sont puissants et bénéficient du pouvoir de yokais qui leur sont affiliés. Tatari réussira-t-il à mener ses plans à bien ? Rien n’est moins sûr, d’autant qu’une menace plus immédiate pour l’ex-chat se profile au collège…
Lisez un extrait de Tatari – Tome 1 ici !
Watari tome 1
Tatari est la première œuvre du mangaka Watari, qui commence d’emblée sur une série longue puisque cette dernière est toujours en cours de publication au Japon. Prépublié depuis 2023 dans le magazine Shonen Sunday de l’éditeur Shogakukan, Tatari compte actuellement 6 volumes reliés disponibles dans l’archipel. Pour autant, ce n’est pas parce qu’il s’agit d’un premier travail que celui-ci manque de maturité, loin de là. En effet, bien que les graphismes rappellent un peu ceux de My Hero Academia, ils font preuve d’une rare maîtrise, que ce soit dans les poses statiques ou dans les scènes dynamiques.

À tel point que l’on peut se demander si le style des dessins de Watari va s’affiner au fil du temps où s’il ne va pas rester inchangé tant ils sont proches de la perfection. Ceci étant, l’un comme l’autre ne serait pas un problème, loin de là. Bien qu’il s’agisse ici d’un tome d’introduction chargé de poser les bases de l’intrigue, ce dernier est très bien mené, dévoilant au compte-goutte un casting alléchant et un scénario prenant que l’on sent bien n’être qu’à ses prémisses.
Chat va barder !

En tant qu’amoureuse des chats, je suis toujours ravie de les voir mis en avant dans les productions que je parcours, qu’elles soient littéraires (Kuro) ou vidéoludiques (Stray). Il est évident que ces petites bêtes apportent un potentiel émotionnel élevé dans une intrigue et rares sont ceux qui peuvent y résister. Il se trouve que je ne fais pas exception à la règle. D’autant que le choix de choisir un chat yokai m’a tout de suite fait faire un parallèle avec une saga que j’affectionne particulièrement, Mao de Rumiko Takahashi.

Mais les ressemblances s’arrêtent là. En effet, Tatari joue sur la relation profonde unissant un pauvre adolescent dont la vie à tout de l’enfer à un petit chat de gouttière qu’il ignore être un démon. Dès les premières planches, on ne peut s’empêcher de compatir à la détresse du jeune Takeru qui s’accommode de sa vie sans sourciller, pour en garantir une plus florissante à sa petite sœur pourtant condamnée sur le long terme. J’avoue avoir ressenti un profond sentiment d’injustice à la mort de ce personnage que je ne suivais que depuis peu de pages, preuve d’un sens de la mise en scène digne des plus grands faiseurs d’histoire. De même, on ne peut s’empêcher de compatir au sort de la petite Yuki, tout en espérant qu’elle restera à jamais dans l’ignorance du funeste destin de son frère.

Dans Tatari, l’attachement aux protagonistes est quasiment immédiat et l’on partage facilement leurs états d’âmes et autres afflictions, que ce soit pour les héros ou les antagonistes d’ailleurs. Bien entendu, comme il s’agit d’un shōnen, les scènes de combat sont omniprésentes et le dynamisme des actions, tout comme la fluidité des mouvements (quoi de plus normal pour un chat ?) parsèment le tome de moments galvanisants et jouissifs en diable. En ce qui me concerne, c’est donc un grand oui pour Tatari tome 1 qui me rend impatiente de découvrir ce qui se trame dans le tome 2 qui sortira à la vente pour le 2 avril 2025.
Tatari tome 1 est un shōnen comme on les aime, maîtrisé de bout en bout, que ce soit au niveau de l’intrigue ou du dessin. Illustrant la quête d’un chat démon métamorphe pour venger le meurtre de son ami humain, Watari arrive à insuffler un attachement immédiat à ses protagonistes, dont il devient impossible de ne pas suivre les traces. Et celles-ci risquent bien de se perdre dans un chemin tortueux et dangereux au vu des adversaires et des affrontements qui se profilent à l’horizon. Rendez-vous est pris à la sortie du tome 2 de Tatari, disponible en librairie le 2 avril 2025.




