Cela fait désormais 43 ans que Dragon Ball est un shonen incontournable de la culture manga et que ses héros font vibrer le cœur des fans. Et ce n’est pas la disparition tragique de son créateur Akira Toriyama en 2024 qui a douché l’engouement autour de la licence, bien au contraire. Les éditions Glénat ont donc décidé qu’il était plus que temps de rendre hommage au travail du mangaka en sortant Dragon Ball Le super art book, un ouvrage disponible à la vente depuis le 22 avril 2026, à destination des fans, mais pas que…
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Couvertures médi-art-ique
Tout l’art de Toriyama en un coffret spécialAvec Le Super Art Book de Dragon Ball, retrouvez toutes les illustrations d’Akira Toriyama réalisées dans le cadre de ce manga incontournable. 240 pages couleur qui balaient toute l’histoire de Dragon Ball, depuis les premières pages couleur de Son Goku et Bulma jusqu’aux crayonnés de Dragon Ball Battle of Gods. Avec, en prime, une interview d’Akira Toriyama et des anecdotes de création.
Glénat

Si il y a bien une chose que l’on remarque d’emblée avec Dragon Ball Le super art book (outre son poids conséquent) c’est le soin apporté à cette édition par Glénat. Entre le coffret en carton rigide épais, parsemé de dorures, aux couleurs de Son Goku et la jaquette en papier glacé, l’objet était déjà attrayant, mais c’est une fois tous ses atours mis de côté que l’ouvrage nous révèle sa véritable force. L’intérieur de la couverture en papier brillant laisse voir des scènes iconiques de Dragon Ball en utilisant des traits blanc sur un fond noir uni, avant de nous dévoiler un poster dépliant. Ce dernier est composé sur un côté d’une illustration et au verso de la reproduction de toutes les couvertures du Weekly Shonen Jump consacré à la série de M. Toriyama.

Dans les pages suivantes, après avoir été accueilli par un mot du maître lui-même, nous allons donc redécouvrir Dragon Ball année par année en commençant par 1984, celle qui a vu la naissance de Goku et des ses camarades. Chaque chapitre débute par un petit résumé des temps forts de l’année concernant le manga, pour laisser par la suite le lecteur découvrir les illustrations ayant été réalisées à cette période. Chaque dessin s’intègre parfaitement dans la mise en page sur fond blanc, tout en leur laissant la place de s’épanouir au fil du livre. Vous l’aurez compris c’est un véritable régal visuel tout au long des 240 pages que contient cet ouvrage.

Par ailleurs, si Dragon Ball Le super art book traite avant tout de la saga de Toriyama, il n’oublie pas les diverses apparitions de ses héros dans les autres manga de l’auteur tels que Dr. Slump, ou encore Nekomajin (série qui reprend l’univers de Dragon Ball mais avec des chats). De plus, poussant l’exploration de Dragon Ball jusqu’à l’année 2013, année de la sortie du film Battle of Gods, qui ouvrira la voie à Dragon Ball Super (désormais dessiné par Toyotaro), Dragon Ball Le super art book est à ce jour le livre le plus complet sur le travail d’Akira Toriyama.
En guise de clôture, ce sont les archives qui nous attendent, à savoir une compilation des diverses couvertures de la licence dans toutes ses rééditions, ainsi que deux interviews du mangaka. La première est une reproduction de l’entretien présent dans le Grand Livre de Dragon Ball tome 1 et la deuxième un échange beaucoup plus récent et totalement inédit. De quoi glaner nombre d’informations intéressantes au détour de certains propos du maître. Mais je préfère vous laisser découvrir cela par vous-même.
Découvrez un extrait de Dragon Ball : Le super Art Book ici !
Dragon Draws
Une nouvelle fois, la publication de Dragon Ball Le super art book par Glénat nous démontre que l’histoire, entamée trente ans plus tôt entre l’éditeur grenoblois et le père de Son Goku n’est pas prête à prendre fin. Il faut dire que la maison d’édition française et le mangaka ont quasiment grandi ensemble et Glénat est désormais indissociable de l’œuvre de Toriyama, ayant désormais la lourde charge de faire vivre son héritage auprès des lecteurs de l’Hexagone.

Il faut bien rappeler que lorsque Dragon Ball débarque en France au début des années 1990, le marché du manga n’est pas réellement développé, sauf quelques initiatives disparates et ce sont les aventures de Goku et consorts qui vont changer la donne. Plus qu’un simple phénomène générationnel, le manga de Toriyama devient l’une des pierres angulaires de l’explosion du manga dans notre pays et Glénat, qui a toujours cru au potentiel des Saiyans, en deviendra un acteur clé. L’éditeur va même construire une relation de symbiose patrimoniale avec l’auteur dont il proposent la plupart des histoires de Dr. Slump à Jaco the Galactic Patrolman en passant par Sand Land, Nekomajin, Cowa! ou encore Kajika.

Au fil des décennies et des éditions, c’est bien plus qu’une simple relation éditoriale qui va se tisser avec la maison française, qui va dès lors montrer son admiration pour le travail de l’artiste au travers de multiples rééditions en format prestige, collectors et autres encyclopédies dédiées à son univers. Ainsi, voir débarquer Dragon Ball Le super art book, superbe point final à la collection Dragon Ball Le super livre, sonne comme une évidence, dans la continuité d’une volonté de faire vivre le travail de Toriyama auprès de nouvelles générations de lecteurs.
Goku Full Color

Si plus jeune je n’étais pas vraiment une fan du guerrier à la queue de singe (personnellement je lui préférais Saint Seiya, alias Les Chevaliers du Zodiaque), je dois avouer que la vie commune avec un aficionado du mangaka et la redécouverte de son travail via notre rejeton, m’a fait changer d’avis. Il faut bien le reconnaître, mon passage au ciné-concert Dragon Ball avec ma progéniture m’a fait réaliser combien j’étais malgré tout attachée à cet univers, au point d’avoir déjà chroniqué pour l’édition Full Color du manga les arcs concernant l’enfance de Goku, le roi démon Piccolo et les Saiyans sans jamais me lasser. C’est donc tout naturellement que j’ai voulu voir ce que donnait Dragon Ball Le super art book et je ne suis pas déçue.

Petit point important à savoir, si vous souhaitez en apprendre plus sur les personnages ou l’univers dépeint dans Dragon Ball, passez votre chemin et rabattez-vous sur les divers tomes de Dragon Ball Le super livre (qui sont au nombre de quatre au total) pour satisfaire votre curiosité. Ici, il s’agit plus d’informations sur le travail de l’artiste, ainsi que sur le contexte et les occasions ayant donné naissance aux illustrations . D’autre part, les dessins sont parfaitement mis en avant et j’ai beaucoup apprécié manipuler les pages en papier épais qui constituent le recueil.
Cependant, et même si je comprends le choix éditorial derrière cette décision, je suis beaucoup moins dithyrambique sur la taille de la police utilisée pour les textes qui se révèle vraiment très petite, surtout pour les lecteurs ayant des problèmes de vue. Sachant que Dragon Ball Le super art book est tout de même assez onéreux (39,90 €) et même s’il les vaut largement, là n’est pas le problème, cet ouvrage va voir une bonne partie de ses lecteurs faire partie de ma génération. La taille de la police aurait donc gagné à être un peu plus grosse pour un confort de lecture optimal, sans que cela ne nuise en rien à la mise en page.

Heureusement, les interviews en fin de volume disposent d’une police un peu plus grande permettant de les lire plus facilement et d’en apprécier le contenu. Je dois également avouer une autre petite frustration, celle de ne pas avoir la traduction totale des images avec beaucoup de texte, comme lorsque Kame Senin donne des conseils pour progresser en dessin. Cependant, je pinaille et je dois reconnaître que Dragon Ball Le super art book est véritablement l’art book ultime pour tous les fans de la licence, tant du point de vue de l’objet livre que de son contenu. Je n’aurais qu’un mot : foncez !
Dragon Ball Le super art book est, en toute objectivité, ce que l’on appelle un bel objet. Glénat a soigné chaque détail de la production pour en faire un hommage à la hauteur du titan que représente Toriyama et de son œuvre. Et même si l’on n’est pas forcément fan de la première heure, difficile de rester insensible à la magie qui se dégage de ces 240 pages. Quelques petits bémols subsistent, une police décidément trop minuscule pour les yeux de notre génération et quelques textes laissés sans traduction, mais ils ne ternissent pas l’essentiel. Pour les fans, c’est tout simplement l’art book ultime. Pour les autres, c’est une porte d’entrée somptueuse vers un univers qui, quarante ans après ses débuts, n’a rien perdu de sa superbe. Alors oui : foncez.




