Simon the Sorcerer Origins

Amateurs de point and click, bonjour ! Simon the Sorcerer, série créée initialement en 1993 par Adventure Soft, revient sur nos écrans pour un préquel très fidèle au matériau d’origine. Reprenant le principe de gameplay de l’époque mais se réhaussant de graphismes contemporains, c’est une toute nouvelle aventure de mages et de magie qui vous attend.

Ce test a été réalisé sur une version Xbox Serie X fournie par l’Éditeur.

Sorcier Malgré Lui

Simon et sa famille déménagent dans une nouvelle maison. Lors de l’exploration de cette dernière, Simon se retrouve aspiré dans un monde fantastique à cause d’une ancienne prophétie. Ce premier voyage pour le jeune magicien va nous révéler ses origines et nous en dévoiler un peu plus sur l’univers parallèle où il a atterri. Dans un monde féerique jouant avec beaucoup d’humour sur les clichés du médiéval fantastique, Simon va arpenter des lieux loufoques avec son goût pour la satire que nous lui connaissons tous, ou que nous aurons le plaisir de découvrir avec ce préquel.

Plus d’un Tour dans son Chapeau

Simon the Sorcerer Origins a tout d’un point and click traditionnel : l’exploration, les points d’interaction avec les objets (et les remarques sarcastiques qui vont avec), l’inventaire où les objets peuvent être utilisés mais aussi combinés entre eux, et, il faut le dire, une certaine lenteur de gameplay typique de ces jeux très narratifs.

Mais nous y reviendrons plus tard. Pour l’heure, parlons du gameplay. Pour commencer, il est sympathique de mentionner que les développeurs ont donné la possibilité de choisir si l’on préfère jouer au jeu avec des commandes “manette” (touches directionnelles pour les déplacements) ou si l’on souhaite jouer “à l’ancienne”, toujours avec une manette mais cette fois avec un pointeur façon souris, il faudra alors cliquer à l’endroit où l’on souhaite que Simon se déplace. Personnellement, j’ai choisi la méthode moderne à la manette, tout simplement parce qu’elle me permettait de faire avancer Simon un peu plus rapidement (ce qui se révèle très vite indispensable).

Simon se déplace latéralement et évolue de gauche à droite (et de droite à gauche) sur notre écran, passant de tableaux fixes en tableaux fixes. De temps à autre, il sera possible de jouer avec la profondeur de l’image dans ses déplacements, enfin, davantage observer que jouer car nous sommes ici dans un jeu imitant une certaine façon bien rétro d’interagir avec notre personnage et donc il n’est pas libre de ses déplacements, mais se meut bel et bien sur des rails à l’intérieur des environnements. Chaque scène représente une illustration, et il faudra passer d’un tableau à l’autre pour changer de scène et petit à petit découvrir l’étendue d’un lieu par accumulation de scènes. Ainsi, une fois arrivé au bout de l’écran (au bord de l’illustration), il faudra cliquer sur une flèche pour “en sortir” et ainsi continuer notre avancée vers une autre image.

Pour chaque tableau, différents points d’interaction seront possibles. Comme souvent dans les point and click, le protagoniste va nous abreuver de ses remarques, sarcastiques généralement (et c’est particulièrement exacerbé chez le jeune sorcier). Dans Simon the Sorcerer Origins, les points d’interaction sont très nombreux, et je trouve d’ailleurs que beaucoup existent surtout pour que Simon fasse sa petite remarque, mais qu’ils ne servent pas l’histoire, cela s’avère amusant au début, mais devient parfois frustrant à la longue. De temps à autre, ces points d’interaction seront “palpables”, c’est-à-dire que l’objet observé pourra être ramassé par Simon et mis dans son inventaire pour être utilisé par la suite.

Chaque interaction possible est montrée par un petit cercle blanc, ce qui permet au joueur de ne pas cliquer partout sur l’image sans trop savoir avec quoi il peut interagir et ce qui n’est que du décor (une touche permet d’ailleurs de montrer l’ensemble des points d’interaction d’une image en une seule fois). L’inventaire est représenté sous la forme d’une barre horizontale dans le bas de l’écran, composée d’un certain nombre de cases dans lesquelles peut être mis un objet. Comme dans tous les points and click, ces objets peuvent être combinés entre eux pour en créer de nouveaux (parfois de manière totalement absurde, parfois, heureusement, de manière plus logique).

Ensuite, pour utiliser l’objet sélectionné, il faudra simplement le déplacer sur l’écran, là où l’on souhaite l’appliquer, ou simplement le donner à un PNJ, ou encore tenter de le donner directement à Simon afin qu’il en fasse bon usage sur lui-même (comme la baguette magique par exemple). Simon the Sorcerer Origins, en bon point and click qu’il est, n’est pas exempt d’énigmes, loin s’en faut. Généralement assez tordues, elles se résolvent de façon originale et créative avec des objets qui, initialement, ne semblent pas utiles pour leur résolution mais finissent par débloquer les situations les plus absurdes.

Si vous avez joué aux Chevaliers de Baphomet, à Day of the Tentacle, ou tout simplement aux anciens opus de Simon, vous verrez ce que je veux dire. J’ai d’ailleurs regretté que le jeu ne propose pas du tout de mode indice, qui aurait été bienvenu à certains moments du jeu, c’est-à-dire un mode “facile” où le jeu permet de lui demander de l’aide lorsqu’une énigme nous bloque. Je dois bien avouer que j’ai moi-même été plusieurs fois coincée devant un obstacle physique ou scénaristique, et que la recherche de solutions, d’abord logiques, puis de moins en moins logiques (en désespoir de cause) a pu m’agacer, surtout en l’absence d’aide quelconque.

Tu es un Sorcier, Simon

Cette nouvelle version de Simon the Sorcerer, modernisée dans son visuel, n’en est pas moins restée dans son jus malgré un développement moderne. En effet, visuellement, nous ne sommes plus sur un monde de pixel art du début des années 90, mais bien sur des visuels dessinés et peints “à la main” à la façon d’un livre pour enfants. Cela donne vraiment une touche moderne, mais sobre à la direction artistique, et cela permet de rester dans l’esprit du point and click. L’univers est riche, inventif, et loufoque comme on l’aime, rappelant énormément l’humour très anglais d’un Terry Pratchett par exemple, et regorge de références à la culture britannique, allant des Monty Pythons à Harry Potter.

Et qui dit magie dit évidemment créatures en tout genre comme des trolls très naïfs par exemple, des vieux mages un peu séniles, ou encore quelques créatures de légendes, le tout dans des environnements clichés mais amusants, comme des villages médiévaux, des châteaux moyenâgeux, des bibliothèques remplies de grimoires, des boutiques d’ésotérisme ou encore des tavernes mal famées. Ce n’est pas compliqué, on a l’impression de se balader dans Ankh Morpork, la cité abracadabrantesque du Disque-monde. Du point de vue des animations, le jeu, bien que nouveau, reste dans son jus de licence des années 90. Simon the Sorcerer est lent, très lent.

Même si, de manière générale, les point and click sont des jeux plus cosy et contemplatifs que d’autres jeux de l’industrie, Simon the Sorcerer Origins y perd malheureusement en attractivité. Il aurait été tout à fait possible d’en faire quelque chose de dynamique, plus dans l’air du temps (en témoignent Les Chevaliers de Baphomet ou Kathy Rain, point and click que j’ai pu tester cette année) en jouant par exemple sur des cinématiques usant des codes du cinéma, ou simplement en limitant le nombre d’interactions dans un lieu afin que son exploration prenne moins de temps, ou encore, le plus important selon moi, en raccourcissant les animations des personnages, parfois très longues et qui se répètent inlassablement à chaque fois que l’on recommence une même action.

De plus, les animations manquent cruellement de punch, et chaque personnage découpe chaque geste comme s’il évoluait en ralenti. Ajoutons à cela que, comme Simon commente toujours tout, une animation découpée va accompagner chaque punchline, ce qui rajoute encore du temps amusant mais inutile avant de pouvoir reprendre nos déplacements. Au début, cela passe sans problème, mais à la longue, c’est assez décourageant et on en vient malheureusement à soupirer dès que ça arrive. Mais admettons, les développeurs avaient peut-être à cœur de créer une expérience de jeu immersive se rapprochant d’un dessin animé interactif.

Mais cela devient vraiment plombant lorsque, même au niveau des déplacements, Simon est très lent. Il est toujours possible d’accélérer sa marche en appuyant sur une touche, mais cela reste léger et le mot rapide n’a ici pas beaucoup de sens. La partie sonore est plutôt réussie quant à elle. Au niveau des doublages, ces derniers sont sympathiques, très théâtraux, et on apprécie que le comédien Chris Barrie, voix de Simon dans les épisodes 1 et 2, ait repris son rôle pour ce nouvel opus. L’ambiance musicale n’est pas très présente et l’habillage sonore des environnements se fait également très discret. Comme mentionné ci-dessus, ce qui habille le jeu, ce sont réellement toutes les lignes de dialogues (et de monologues) que les comédiens jouent à la façon caricaturale mais souvent subtile de la comédie britannique, on pensera encore une fois en premier lieu aux Monty Pythons par exemple.

Pour conclure…

Simon the Sorcerer Origins est un point and click très rétro, tant dans son gameplay que dans ses animations et sa narration en général. On a parfois l’impression qu’à trop vouloir respecter la licence de base et les opus précédents, les développeurs ont eu peur de moderniser le tout. Cependant, pour les amateurs du genre qui n’ont pas peur de se plonger dans un jeu d’époque (ou en tout cas un jeu “comme à l’époque”), ce préquel reste une mine d’or en termes d’humour, de références et autres easter eggs, le tout servi avec de beaux graphismes immersifs et truculents.

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Un univers imaginatif

Un humour omniprésent

Des graphismes immersifs

Les points négatifs

Gameplay très lent

Aucune aide disponible

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