
Les Chevaliers de Baphomet (Broken Sword en VO), compte cinq jeux sortis entre 1996 et 2014. Nous suivons le duo de Georges Stobbart et Nico Collard à travers le monde, pour résoudre divers mystères, à travers un système de point and click. Le retour de cette licence, originaire d’Outre-Manche, me fait énormément plaisir et j’ai hâte de vous livrer mes impressions sur cette version remasterisée en 4K du premier volet de la série.
Ce test a été réalisé sur une version Xbox Serie X fournie par l’Éditeur.
Élémentaire mon cher Stobbart
Du plus loin que je m’en souvienne, les enquêtes, ça a toujours été mon truc. Petite, j’aimais beaucoup les aventures du Club des Cinq, et très vite, je me suis intéressée aux aventures de Sherlock Holmes ou encore d’Hercules Poirot, puis, dans un autre style, plus vidéoludique que littéraire, le jeu Day of the Tentacle, le fameux point and click de Lucas Art. Autant vous dire qu’avec l’arrivée dans les années 90 d’un jeu avec un enquêteur à l’accent anglais qui fouille tous les environnements qu’il visite sous la forme d’un point and click, c’était la folie ! C’est donc ainsi que je découvris “Les Chevaliers de Baphomet – Les boucliers de Quetzalcoatl”, le deuxième opus de la série. Mais c’est bien du premier Baphomet dont il est question aujourd’hui, voyons donc ce que nous livre ce remaster.

Alibi in Paris
Tout commence à la terrasse d’un café, en plein centre de Paris, où un étrange clown pose une bombe avant de s’enfuir avec la mallette à documents de l’un des clients. Georges Stobbart, touriste américain, justement sur place lors des faits, commence alors son enquête. Très rapidement, il fera la rencontre d’une photographe-journaliste française, Nico Collard, avec qui il va faire équipe pour résoudre cette étrange affaire. Commence alors un long périple pour le joueur qui n’aura de cesse de fouiller différents environnements dans leurs moindres détails afin de découvrir l’ensemble des indices nécessaires à la résolution de cette enquête.

Le b. a. -ba de Ba-phomet
Lors du lancement des Chevaliers de Baphomet Reforged, deux modes de jeu vont être proposés : “histoire” ou “classique”, ce dernier étant le plus fidèle à la version originale. C’est évidemment celui-là que j’ai choisi pour effectuer mon test. Une aura de calme et de nostalgie nous enveloppe alors. Le jeu étant un point and click, la lenteur est de mise. De plus, comme les différents environnements vont être très fouillés, très précis dans les détails, cela va d’autant plus donner envie de prendre son temps pour les admirer, voire peut-être comme moi, activer l’option qui permet de jouer au jeu comme à l’époque pour voir à quoi ressemblait tel lieu en pixel art etc…


De plus, le jeu datant de 1996, le téléphone portable n’était pas encore la norme, donc nous sommes obligés d’utiliser les téléphones fixes, prendre des notes sur du papier etc… La nostalgie est à son maximum. Comme dit plus haut, nous nous trouvons dans un point and click des plus traditionnels. Chaque lieu est représenté sous la forme d’un tableau, un peu comme si nous regardions une pièce de théâtre, et nous évoluons dans celui-ci en cliquant où nous souhaitons que Georges se rende.


Certains des éléments du décor vont être interactifs, il nous sera alors possible d’interagir et/ou de les examiner. D’autre part, certains objets pourront être ramassés. Il sera dès lors possible de les saisir, pour les utiliser, ou de les fusionner avec un autre objet pour créer une nouvelle combinaison. Mais, la majorité du gameplay consistera tout de même principalement à dialoguer avec des pnj pour obtenir des informations, des indices ou des services. Lors de nos discussions avec eux, les sujets seront explicitement affichés par un logo, tout comme notre possibilité d’acquiescer ou non à une remarque de leur part à l’aide d’un pouce levé ou baissé.



Old School de Source
Ce qui frappe au premier abord dans Les Chevaliers de Baphomet Reforged, c’est la beauté des décors. Avec leur aspect peint et crayonnés, parfaitement nets, qui fourmillent de détails, ils sont tout simplement superbes. Les personnages ont également eu droit à leur lifting et sont également magnifiques avec le style graphique cartoon en ligne claire. J’ai adoré la possibilité de pouvoir jouer avec les graphismes de l’époque, cela donne une dimension de conservation des jeux d’époque, de consultation d’archives, qui m’a beaucoup plu.

La map est également magnifique, façon carte routière en papier à l’ancienne, sur laquelle on épingle les lieux où l’on peut se rendre sous forme de voyage rapide. Les diverses informations que l’on va récolter seront griffonnées sur une enveloppe, qui va évoluer et se remplir au fur et à mesure de nos découvertes. Cette enveloppe fait office de journal de bord. De nouveau, c’est très original, mais aussi immersif, et ça participe grandement à l’impression de nostalgie que l’on peut ressentir en y jouant. L’humour noir, sarcastique et second degré sont toujours bel et bien présents dans Les Chevaliers de Baphomet Reforged et siéent parfaitement à ce style de jeu, le tout est saupoudré d’une bonne dose d’absurde et c’est un régal.


Beaucoup de langues sont disponibles : anglais, français, allemand, espagnol ou italien, il y en a pour presque tous les goûts, surtout que l’on peut aussi personnaliser encore un peu plus le jeu à travers diverses options dans les paramètres. À noter cependant, que les dialogues, eux, n’ont pas été remasterisés. Nous nous retrouvons donc avec les doublages de l’époque, et je dois avouer que retrouver la voix de Pierre Hattet par exemple (reconnaissable entre toutes puisque c’est la voix de Doc Brown dans Retour vers le Futur, mais également du Joker dans la série animée Batman) est un réel plaisir.

Cependant, j’avoue être tout de même mitigée sur ce choix de conservation des voix originales. En effet, du point de vue de la conservation du patrimoine, je trouve que c’est indispensable de préserver l’œuvre dans son intégralité, mais du point de vue de l’immersion, ce doublage vieillissant peut vite nous en sortir. Que ce soit au niveau du timbre de voix et de la diction des personnages, qui donne l’impression de regarder un vieux film, mais également simplement dans la clarté du son en général, qui laisse à désirer et donne souvent l’impression que les personnages parlent dans une très vieille radio, ce qui ne correspond pas du tout aux environnements dans lesquels ils se trouvent.

De plus, on retrouve également les accents caricaturaux des divers personnages (anglais, italiens,…), ce qui, à l’heure actuelle, est très discutable. On aurait aimé avoir le choix entre un ancien doublage et un nouveau doublage, à l’instar de la partie graphique présentée plus haut. Il m’est, de plus, malheureusement arrivé d’avoir des soucis dans les dialogues et les sous-titres qui n’étaient pas coordonnés, et étaient répétés deux fois. Mais malgré ces quelques défauts, les dialogues restent de qualité et recherchés. Ces derniers vont d’ailleurs s’adapter si on a déjà posé telle question ou montré tel objet à un pnj, ce qui rend le monde vivant et dynamique.
Plot and twist cherche Point and click
Côté scénario, il me semble qu’aucune modification n’a été apportée dans Les Chevaliers de Baphomet Reforged par rapport au jeu de l’époque. L’intrigue tourne autour d’énigmes et de complots historiques à la Da Vinci Code (nous sommes d’ailleurs à Paris dans les deux cas) portée par les clichés du genre parmi lesquels l’Ordre des Templiers, les vieilles églises et les magnifiques musées. Nous nous retrouvons avec une enquête bien menée, alliant personnages hauts en couleurs et réflexions parfois assez poussées afin de résoudre certaines énigmes.

Attendez-vous d’ailleurs à retrouver une “patte” Lucas Art de l’époque avec des combinaisons d’objets parfois bien tirées par les cheveux où bien encore des interactions avec l’environnement qui ne coulent pas forcément de source. Nous ne sommes pas particulièrement pris par la main et cela rappelera parfois les galères dans lesquelles nous nous retrouvions à l’époque, mais cela fait évidemment aussi le charme du jeu. Notons d’ailleurs que, comme expliqué plus haut, le jeu offre une option “histoire” qui simplifie l’avancée de l’enquête, en supprimant les possibilités d’interactions inutiles par exemple, ou bien encore en nous permettant de mieux connaître notre progression au sein d’un tableau. Parfait donc pour celles ou ceux qui désireraient juste profiter de la beauté des décors et de l’humour des dialogues.

C’est, sans trop de surprise, une belle réussite que ce remaster des Chevaliers de Baphomet. Tout a bien été pensé et le studio a su trouver un juste milieu entre modification et conservation (à quelques exceptions près, notamment en ce qui concerne la partie audio). Le jeu est vraiment très beau et se hisse sans difficulté au niveau des meilleurs standards actuels en termes de graphismes (Disco Elysium, Shin Chan) tout en offrant un gameplay “à l’ancienne”, c’est-à-dire simple mais plaisant. Le scénario est bon et l’enquête est prenante, un moyen parfait donc de redécouvrir ce classique parmi les classiques.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Humour omniprésent
Respect et préservation de l’œuvre originale
Intrigue historique
Qualité visuelle
Les points négatifs
Quelques lourdeurs et lenteurs dans les déplacements
Les doublages quelque peu dépassés




