
La version Nintendo Switch 2 de Shuten Order ajoute à un visual novel déjà ambitieux une nouvelle manière d’interagir avec. C’est surtout le meilleur prétexte pour s’y intéresser si vous aviez raté sa sortie en septembre dernier. L’édition Switch 2 est disponible depuis le 27 novembre, avec une option de mise à niveau disponible sur l’eShop.
Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch 2 fournie par l’Éditeur.
Béni soit l’Ordre Shuten !
Sorti en septembre dernier, Shuten Order avait convaincu la rédaction par son originalité et son style. Gameplays multiples, histoire prenante, direction artistique marquante : tout est au rendez-vous pour le faire rentrer au palmarès des plus grands. À l’occasion de la sortie de la version optimisée pour la Nintendo Switch 2, j’ai pu plonger à mon tour dans cet univers intriguant. Et après une petite quarantaine d’heures, je partage d’ores et déjà l’avis de ma consœur Cinealtas : c’est un must play.


Dans Shuten Order, on incarne Rei Shimobe, une personne androgyne et surtout amnésique. Sans aucune idée de ce qu’elle fait dans sa chambre d’hôtel, elle est rejointe par deux individus étranges. Se présentant comme des anges, Himeru et Mikotoru l’informent alors d’une vérité frappante : Rei est morte ! Et si elle veut rectifier cette tragédie, il lui faudra débusquer son meurtrier au plus vite.


Car Rei n’est pas n’importe qui : elle est tout simplement responsable de la création du pays de Shuten Order. Son statut extraordinaire l’a rendue candidate à l’Épreuve de Dieu, qui lui accorde une renaissance temporaire. Mais les Anges sont formels : elle n’a que cinq jours pour identifier le coupable, et le tuer. Si elle y parvient, elle sera réincarnée et le monde sauvé. Seul hic : il semblerait que tout le culte de l’Ordre repose sur l’attente de la fin du monde, justement !


Whodunit?
Projetée dans ces circonstances contradictoires, Rei n’a d’autre choix que d’agir avec précipitation. Ce sera l’occasion de découvrir très rapidement qu’elle peut manier le pouvoir de Dieu, une capacité taboue au sein de l’Ordre. Prenant différentes formes selon les circonstances, ce don lui permet initialement d’épier la réunion de crise des Ministres de Shuten. Et très vite, une conclusion s’impose : le coupable de son assassinat se trouve parmi ces cinq individus.


Mais lequel ? Malheureusement surprise par un garde, Rei est contrainte de s’enfuir. Toutefois, le temps presse. Laissant le pouvoir de Dieu la guider, il est donc temps de choisir quel Ministre pourchasser. Qui est le plus susceptible d’être coupable ? Ce sera à nous de le découvrir en poursuivant chacune des cinq routes proposées, via un twist scénaristique digne de l’esprit de son scénariste.


La subtilité majeure de Shuten Order réside dans la variété des scénarios proposés. Chaque Ministre a son propre gameplay. La route de Kishiru Inugami, spécialiste de la Justice, se joue comme un jeu d’enquête. Yugen Ushitora, le Gardien de l’Outre-tombe, troque son scalpel pour un jeu mortel cruel. Teko Ion fera sourire les fans de Zero Escape avec ses organigrammes de scénario. Honoka Kokushikan veut vivre son histoire d’amour au lycée à tout prix, tandis que poursuivre Manji Fushicho nous forcera à fuir un serial killer.


Cinq-en-un
Autant de gameplays variés qui permettent à Shuten Order de toujours nous surprendre. D’autant que chaque route apporte son lot d’informations sur le monde qui nous entoure ! On a ainsi l’impression de lever petit à petit l’amnésie de Rei. Mais chaque révélation a tout de même le don d’étonner, surtout que certaines sont de véritables bombes. Pas de spoil dans ce test bien sûr, mais j’ai apprécié la manière dont le jeu laisse de nombreuses miettes d’indices tout au long de chaque route.


Visuellement, le jeu est un délice. Chaque route propose une identité propre et distincte, à tel point que l’on croirait vraiment jouer à des jeux différents. Rien que la séquence d’activation du pouvoir de Dieu, que l’on est amené à revoir régulièrement, déborde de style. Le tout accompagné par une bande-son toujours appropriée, et un doublage japonais impeccable.


Néanmoins, tout comme à sa sortie initiale, Shuten Order reste un jeu exclusivement en anglais. Et un anglais parfois verbeux. Rien d’inhabituel pour le genre du visual novel malheureusement, mais à considérer néanmoins avant d’acheter.


Mon avis sur Shuten Order – Nintendo Switch 2 Edition
Qu’en-est-il donc de l’intérêt de cette édition Switch 2, par rapport à la sortie initiale de septembre ? Tout d’abord, la fréquence d’images est plus élevée que sur Switch. Un ajout qui ne rectifie malheureusement pas certains bugs visuels. Les boîtes de dialogue qui sortent de l’écran ainsi que la localisation parfois erronée sont malheureusement toujours au rendez-vous.


La différence majeure réside dans la possibilité de piloter Shuten Order avec les Joy Cons en mode souris. Comme sur PC, il devient alors possible d’interagir avec les puzzles du jeu en cliquant avec le bouton R. Un système qui n’est pas infaillible, notamment car le jeu n’adapte pas ses prompts visuels à ce mode. J’ai dû tâtonner pour découvrir que A était devenu le bouton de lecture automatique, ou que le stick affichait soudainement le récapitulatif des dialogues entendus.


Pour autant, le confort de pointer directement à la souris était régulièrement bienvenu. D’autant que l’on peut revenir au mode de contrôle classique sans trifouiller le moindre paramètre. Même si on est certainement plus sur un ajout gimmick qu’un vrai argument de vente, il n’en reste pas moins agréable de jouer à Shuten Order de cette manière. J’espère que d’autres visual novels adopteront des options similaires à l’avenir !

Shuten Order – Nintendo Switch 2 Edition reste la meilleure manière de jouer au dernier bébé de Too Kyo Games. Si vous n’aviez pas encore succombé au charme de son univers et que vous attendez une Switch 2 sous le sapin, c’est peut-être l’occasion parfaite pour s’y mettre. Béni soit l’Ordre Shuten !
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Le scénario captivant
Le support du mode souris
La direction artistique
Les points négatifs
Quelques longueurs dans le scénario
Pas de localisation française
Certaines routes sont moins « intéressantes » que d’autres




