Ressources Inhumaines : Une Machination Littéraire

Ce charmant OVNI qu’est Ressources Inhumaines : Une Machination Littéraire, est le résultat d’une collaboration entre Affordance Studio et la maison d’édition Alto, qui ont voulu mixer le jeu vidéo et la littérature, à la façon d’un livre dont vous êtes le héros, le tout prenant place dans une dystopie bureaucratique comme on aime les détester.

Ce test a été réalisé sur une version PC (Steam Deck) fournie par l’Éditeur.

Casse-Tête Littéraire

Ressources Inhumaines : Une Machination Littéraire nous fait incarner un travailleur, une nouvelle recrue de l’entreprise Smyrnacorp, entreprise qui, sous couvert d’empathie et d’humanité, possède pourtant une éthique plus que douteuse… Pendant plusieurs chapitres, nous allons nous retrouver à enquêter au sein de cette dernière, à résoudre divers puzzles, trouver des documents, pirater des ordinateurs, et surtout faire des choix, dont l’issue sera conséquente pour nous, mais aussi pour les autres

Memoriae Perpetuitas Mutatio

Une chose est sûre, on ne peut pas dire que le gameplay soit compliqué, contrairement à l’histoire qui, elle, est simple, tout en étant complexe dans les sujets abordés et dans l’univers créé. Il est difficile d’en parler sans spoiler l’intrigue, mais nous sommes ici en plein dans un thriller psychologique, mêlé à une dystopie bureaucratique où les dilemmes moraux (mais pas seulement) sont légion. Je pense qu’on peut citer comme références le roman 1984, évidemment, mais aussi le film Brazil, ou plus récemment la série Severance bien évidemment.

Et le jeu-livre peut alors devenir assez complexe et conséquent, pour peu que l’on s’implique dans l’histoire, car les décisions que l’on va prendre au cours de notre aventure vont être cruciales. Ressources Inhumaines se présente sous la forme de textes encadrés qui nous présentent une situation, façon jeu de rôle, auxquels sont ajoutés quelques bruits d’ambiance. Lors de chaque choix, un panel de cartes, façon cartes de tarot, nous sera proposé (bien qu’ici rien n’est laissé au hasard). À la façon des livres dont vous êtes le héros, à nous de choisir la carte qui scellera notre décision, à l’aide d’un appui long, histoire d’insister et de mettre l’accent sur le poids de la décision que l’on vient de prendre et de bien nous faire peser ce poids sur notre conscience.

Car si certaines situations sont anecdotiques, d’autres le seront beaucoup moins… Et il faudra les assumer, car aucun retour en arrière ne sera possible. Une fois le choix fait, la carte se retourne pour nous donner un contexte dérivant du choix que l’on vient de faire. Tout va alors se faire par l’écrit dans cette narration à choix multiples, également la visite des différents lieux (alors décrits par une brève description selon ce que notre protagoniste va choisir de regarder). En début de partie, notre personnage passe un entretien d’embauche au cours duquel il faudra choisir certaines caractéristiques qui vont former la base de sa personnalité.

Au fur et à mesure de nos choix et de nos caractéristiques de base, des traits de compétences vont augmenter, et nous pourrons également faire des choix de réponse, débloqués grâce à certaines de ces compétences, ce qui va nous donner des spécialisations dans certains domaines, à la manière d’un Disco Elysium par exemple. J’ai trouvé dommage de ne pas avoir d’accès à nos propres statistiques, histoire de voir plus en détail comment était façonné notre personnage au fur et à mesure de l’évolution de l’histoire. Excepté les choix à faire (et à ne pas faire), Ressources Inhumaines propose également de temps à autre quelques mini-jeux, comme le jeu du code de l’ascenseur.

Malgré un ton grave, lourd et dur, ainsi que des sujets parfois difficiles, notre personnage aura un humour noir, grinçant et sarcastique qui, si l’on est sensible à cela, permettra de prendre du recul sur certaines situations plus compliquées et pas franchement joyeuses, dystopie oblige.

La Dystopie dont vous êtes le Héros

Avec son design de style art déco, Ressources Inhumaines nous met déjà dans une ambiance particulière dès le menu d’accueil, ambiance à laquelle j’ai été particulièrement réceptive. J’adore par exemple le fait que le menu soit une série de cartes, façon deck de tarot, que l’on peut sélectionner pour avoir accès à différentes options, comme les personnages rencontrés, la map, etc. C’est très graphique, chic et de bon goût. Les couleurs sont plutôt dans une palette chaude, oscillant entre l’orange, le blanc et le brun, ce qui crée un contraste avec les propos énoncés dans le jeu. Cela prend évidemment au dépourvu et nous place dans la même ambivalence et le même état d’esprit que notre personnage.

Ce que j’ai trouvé incroyable, à titre personnel, c’est la façon dont le jeu arrive à nous angoisser, à nous donner un sentiment de malaise juste en changeant la couleur de fond du texte défilant. Du blanc, on passe au rouge, agrémenté d’un bruit d’ambiance plus anxiogène, qui sied parfaitement au ton que le jeu veut faire passer. J’ai trouvé que c’était une vraie réussite. J’ai testé le jeu sur le Steam Deck, et l’écran s’adapte parfaitement au jeu. En effet, avec son côté portable, on retrouve également le côté plus littéraire du jeu. À noter que la taille du texte peut être changée si vous souhaitez qu’il soit plus gros ou, au contraire, plus petit. De plus, l’écran peut aussi être utilisé en tactile si vous le souhaitez.

Ressources Inhumaines est traduit intégralement en français, et heureusement, car il y a vraiment beaucoup de texte, beaucoup de subtilités à comprendre dans cet univers dystopique. Aucun doublage sonore par contre, excepté les quelques phrases dites dans une langue qui m’est inconnue à chaque fois qu’un personnage prend la parole (qui, malheureusement pour certains personnages, est la même phrase en boucle, et donc, à chaque fois qu’une bulle de texte apparaît, il va prononcer sa phrase. Pour peu qu’il parle beaucoup… Ça peut vite devenir redondant).

Je n’ai pas rencontré de bug majeur, excepté quelques fautes grammaticales dans la version française, ce qui est ballot pour un jeu qui souhaite mettre en lumière la littérature. J’ai également trouvé dommage qu’il n’y ait pas plus d’illustrations ou d’animations des différents personnages. Ici, ils ne sont visibles que grâce à un encart à côté de leur bulle de dialogue. Cette plus-value visuelle aurait été bienvenue.

Pour conclure…

Ce jeu a été un véritable coup de cœur et j’ai eu beaucoup de mal à m’arrêter de jouer. En mêlant littérature et jeux vidéo, avec un scénario de qualité, Ressources Inhumaines est vraiment un jeu prenant, dont on a envie de connaître la suite, malgré des visuels un peu pauvres. Avec plein de possibilités et tout autant de fins possibles, ce sont des heures de jeu et de lecture qui se profilent devant vous. 

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Histoire prenante 

Ambiance 

Originalité du crossed media 

Choix impactants 

Les points négatifs

Visuels un peu pauvres 

Pas de vue sur nos stats

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