
Avec pour seul développeur, Tonguç Bodur, ayant déjà à son actif une bonne dizaine de jeux, Purpose 1951 se veut être un walking simulator dans la plus pure tradition. Ici, on est là pour l’ambiance et pour la balade mais aussi pour l’histoire contée par le narrateur. Attention, le jeu parle de sujets graves pouvant heurter la sensibilité de certaines personnes.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Promenade Solitaire
Pendant une heure, nous accompagnons un homme, ancien médecin dont on ignore le nom et l’âge, dans ses souvenirs. Il nous raconte son histoire, ses peurs, et comment il en est arrivé là. Au fil des souvenirs, nous parcourons un paysage dont on peut apprécier la quiétude et la beauté, tel un Rousseau réalisant l’une de ses nombreuses promenades.

Une Balade d’une Heure
Divisée en huit chapitres, la majorité du gameplay de Purpose 1951 consiste simplement à avancer, à explorer les différents recoins, à tourner la caméra pour admirer les différents paysages, ambiances et environnement. Je dis “admirer” car aucune interaction avec les décors ne sera possible ici. Purpose 1951 est d’ailleurs un jeu couloir, ponctué de murs invisibles. Nous serons soit à pied, soit à vélo, ce qui changera le rythme de la balade, et apportera parfois des sensations de vitesse. Nous suivrons, selon les moments, soit une version de nous-même à vélo, soit divers animaux.



Le point commun entre tous les lieux que nous allons explorer, hormis notre narrateur qui est le réel fil rouge du jeu, sera les lampadaires, qui guident nos pas et arborent de temps à autre un panneau directionnel. Nous aurons également quelques collectibles, à trouver disséminés çà et là, tantôt cachés, tantôt en évidence. Ils se présentent sous la forme d’une caisse en carton lumineuse, que l’on va ouvrir en passant dessus, et de laquelle va sortir une bulle géante dans laquelle est noté un mot, en rapport avec le chapitre qui nous est raconté. Ce collectible nous octroie un trophée à chaque fois que l’on va en trouver un. Cependant, à la fin de certains chapitres, il y aura un mini-puzzle (très très facile) qui nous remémore les choses importantes qui ont été dites lors du chapitre en question.






Rêves et Cauchemars
J’ai retrouvé une certaine vibe de What’s Remains of Edith Finch, sans être aussi long et aussi poussé dans les explorations et le délire de l’esprit. Bien que l’on suppose explorer les méandres de son esprit, par les ambiances particulières, parfois surréalistes, mais pas trop non plus. Un peu à la façon d’un jeu Remedy qui jouerait avec les murs de la réalité et de l’illusion, Alan Wake 2 en tête. J’ai d’ailleurs repéré des triangles dans les décors, serait-ce un clin d’œil à l’œuvre et à l’esprit si particulier de Sam Lake ?




Purpose 1951 est disponible en anglais avec beaucoup de sous-titres disponibles : français, allemand, espagnol. J’ai, évidemment, joué en anglais sous-titré français. Le narrateur est très bon, très persuasif dans son jeu. Sa voix est douce et posée, on a vraiment l’impression qu’il nous confesse sa version de l’histoire tel un journal intime. Il nous livre son récit à intervalles réguliers, ce qui permet de profiter des superbes ambiances entre chaque phase de narration. J’ai d’ailleurs particulièrement adoré l’ambiance de la ville, avec les lampadaires comme ponctuations lumineuses, les lumières des immeubles, ainsi que les intérieurs illuminés (tous identiques, mais au moins ce n’est pas une vitre noire ou grise dans laquelle on n’aperçoit rien). Cette répétition visuelle participe d’ailleurs grandement à la dimension “bizarre” du lieu.



Purpose 1951 est en vue à la première personne, ce qui est parfait tant pour l’immersion que pour profiter des différentes ambiances et lieux que l’on va explorer. C’est d’autant plus dommage d’avoir des collectibles si voyants et peu naturels, tout comme certains animaux qui manquent de naturel et de subtilité. Ces derniers nous rappellent vraiment que l’on se trouve dans un jeu vidéo et nous sortent de l’immersion. C’est aussi malheureusement le cas avec les sous-titres, qui sont d’un seul bloc, plutôt qu’être distillés petit à petit au rythme du narrateur. Ils prennent une place assez conséquente sur l’écran, et il n’est malheureusement pas possible de les régler dans les options.


De plus, il m’est arrivé que le fond flou de ces derniers ne disparaisse pas tout de suite et reste un moment dans le bas de l’écran. J’ai également été confrontée à du clipping çà et là sur certains éléments du décor. C’est d’autant plus dommage qu’il s’agît là d’un jeu qui se veut immersif et naturaliste.



Purpose 1951 nous livre également, sous ses aspects philosophiques, une critique plus politique de la gestion des services de santé dans certaines sociétés (vétusté du matériel, les horaires des personnes qui y travaillent, les coûts élevés,…), ce qui ajoute encore de la profondeur à une œuvre que le créateur semble avoir longtemps maturée. Et enfin, côté musique, nous sommes accompagnés tantôt par du piano, tantôt par du jazz ou des notes dissonantes, selon les situations que le narrateur nous explique. Le temps également est en accord avec l’histoire (pluie, soleil, orage, ambiance feutrée,…).



Soyons clairs : passez votre chemin si vous n’aimez pas les walkings simulators, car Purpose 1951 en est un, bien que court, dans la plus pure tradition et vous n’aurez pas de surprise en termes de gameplay, de PNJ, etc… Il risque d’ailleurs de vous sembler long, lent et ennuyeux, voire sans intérêt si vous aimez les gameplay actifs. Ici nous sommes là pour l’histoire et les ambiances. Point. Pour les autres par contre, j’ai trouvé que la balade en valait la peine, tant pour l’histoire que les quelques panoramas proposés. C’est d’autant plus impressionnant et attractif quand on sait qu’il s’agit là d’une œuvre indépendante et auteurisante comme c’est rarement le cas dans le milieu du jeu vidéo.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Ambiance
Histoire
Narration
Les points négatifs
Très court
Manque de message d’alerte concernant les sujets abordés




