Luto

Une image noire, vide de toute illustration et ce simple mot « Luto » écrit en blanc et en capitales. Voilà ce qui nous permet de reconnaître le nouveau jeu d’horreur de Broken Bird Games sur les stores. Luto est une expérience psychologique et horrifique. Un homme ne peut pas quitter sa maison et nous plongeons dans une aventure qui va nous perdre autant que son héros. Des allées et venues dans une maison où les codes du jeu d’horreur sont revus et corrigés. Disponible sur Steam, PlayStation et Xbox Series pour 20€.

Ce test a été réalisé sur une version Xbox Serie X fournie par l’Éditeur.

Un esprit complexe

Luto est une expérience d’horreur psychologique dans laquelle vous incarnez une personne incapable de quitter sa maison. Chaque tentative d’évasion vous entraînera plus profondément dans l’inconnu, où rien n’est ce qu’il paraît et où tout mettra vos sens à l’épreuve.

Broken Bird Games

Luto, que l’on peut traduire de l’espagnol par « Deuil », nous plonge dans un univers assez complexe. Sam, notre héros, se prépare à aller travailler. Il semble avoir déménagé mais voilà, à chaque fois qu’il ouvre la porte de chez lui, il replonge dans sa salle de bain et l’ambiance semble changer à chaque fois. C’est avec un avis mitigé que je vous offre mon test.

Un huis clos complexe

Depuis un moment, je ressens un manque. Après avoir joué à Layer of Fear, Supernatural et j’en passe, ce sentiment d’enfermement dans une maison bien faite me manque. Ce sentiment qui mélange le bien-être d’être à la maison et cette angoisse au moindre bruit. Je crois que c’est l’univers que j’aime le plus dans les jeux d’horreur. Mais à l’heure où ce genre de jeux vidéo cherche à faire dans l’original, souvent c’est le crash.

Luto nous emmène donc dans une maison qui n’est vraiment pas mal. Bien dessiné, un jeu de couleurs et de lumière qui petit à petit s’assombrit. Idéal pour comprendre l’état de notre héros durant les 4 heures de jeu que l’on nous propose. Néanmoins, la présence du narrateur gâche un peu tout. Nous ne sommes pas seuls au monde, il n’y a pas ce sentiment de solitude qui va nous angoisser. Au contraire, nous avons l’impression de marcher main dans la main avec notre ami.

Présenté il y a quelques années au Futur Game Show, le trailer nous laissait espérer un P.T. ! C’est clairement ce que tous les joueurs attendent. Un jeu qui arrivera à la hauteur de cette démo anthologique. Luto remplit-il alors ses promesses ?

Psychologiquement stable

Étant un jeu espagnol, vous vous doutez bien qu’il a fallu traduire le titre. Comme dit plus haut, nous partons sur un thème plutôt connu : le deuil. Il n’est pas rare dans les jeux d’horreur psychologique de tomber sur des personnages instables psychologiquement suite à la mort d’un proche. Samuel a apparemment perdu plusieurs personnes dont son frère. Cette aventure va donc être un mélange entre sa vie actuelle, son processus de deuil et son passé.

Sur le thème, on est plutôt bon. On sent la détresse de Samuel, ce mélange de réalité et de pensées. Mais surtout, on remercie le narrateur de nous guider. Comme quoi sa présence n’est pas tout à fait inutile.

Le travail du deuil dans ce jeu est plus que maîtrisé et à un moment je me suis moi-même perdue dans les pensées de notre cher Samuel. On en vient à se poser sur son épaule et à tenter de le psychanalyser.

Plus psychologique qu’horrifique

La définition de l’horreur dans les jeux vidéo, les livres et les films est tellement générale que souvent il est compliqué de savoir ce qui nous attend. Souvent les gens refusent de jouer à un jeu d’horreur car la vue du sang les dérange, les jumpscares leur font peur. Mais là, dans Luto, nous n’avons rien de tout cela. Le sang est noir pour éviter le PEGI 18, pas de cadavre ni de jumpscare. Il y a bien les silhouettes sous les draps qui apparaissent et marchent mais si vous êtes un habitué des jeux d’horreur purs et durs vous allez vite comprendre que ce sont des « paf, c’est tout » et que vous ne risquez rien. Certes, les voir marcher par moments peut angoisser mais rien de plus. Ils ne vous feront rien. Désolée de vous l’annoncer mais ayant été déçue de leur inutilité, je préférais vous prévenir.

Nous sommes donc sur de l’horreur psychologique qui ne perturbera que les joueurs qui jouent très peu à ce genre.

L’originalité ne fait pas tout

Chaque nouveau jeu d’horreur cherche à se démarquer des autres jeux. Il est clair qu’après Outlast, Layers of fear, Madison et bien d’autres, il est compliqué de se lancer dans un jeu d’horreur et d’arriver à leur niveau. Alors les développeurs tentent de faire de l’original et c’est là que l’on prend le risque de perdre.

C’est ce qui se passe dans Luto. Si la première partie est géniale et nous permet de visiter une maison graphiquement magnifique et bien détaillée, l’ajout du désert, du mini-jeu type retrogaming et les simulations de bugs cassent clairement l’ambiance. Ouais, c’est original, c’est marrant, mais on nous sort de la maison où on était à fond pour nous glisser ailleurs et ensuite nous y ramener. C’est un peu comme nous sortir du bain chaud, de nous coller sous la douche froide et de nous y remettre. Ce n’est pas la même ambiance. Après je suis assez routinière et passer 4 heures dans une maison hantée ne me dérange pas et je ne ressens pas spécialement de redondance.

Mon avis sur Luto

Un avis en deux parties comme dans le jeu. Luto a su me séduire de par son ambiance. Cette maison où s’y mêlent confort et mauvais souvenirs. Petit à petit, en passant les portes, on peine à garder le sourire et on subit le deuil de plein fouet. Psychologiquement, cela peut être lourd et c’est ce qu’on cherche. Suffoquer comme notre cher Samuel qui peine à se sortir de tout ça. Mais la seconde partie a choisi de faire dans l’originalité. On jongle entre plusieurs mondes et on change de codes. C’est là que j’ai décroché. Mon esprit n’était plus dans le jeu et finalement à la fin on se dit « Ouais, et donc ? » C’est le genre de jeu où quand on coupe on se questionne, on cherche à comprendre et à savoir ce que l’on a loupé ou ce que l’on n’a pas compris dans l’aventure.

Niveau horreur, je suis restée sur ma faim. Du début à la fin, j’attends qu’un des fantômes m’attrape, ou un bon gros screamer, mais non, rien. Finalement, je me suis créé ma peur moi-même et je suis restée sur le qui-vive du début à la fin. C’était peut-être le souhait des développeurs mais ce n’était pas ce que moi je recherchais.

Pour conclure…

Un jeu d’horreur sans horreur. Ici, on est plutôt sur de la psychologie. On travaille le deuil et on avance dans une maison magnifique qui arrive à nous mettre dans une ambiance angoissante. Mais finalement, il n’y a que la maison. Les présences ne servent à rien et le narrateur qui nous tient limite par la main est ennuyeux et casse un peu l’ambiance. Luto reste néanmoins une bonne expérience psychologique qui ravira les fans du genre. Mais pour les passionnés d’horreur, il restera un simple jeu qui frôle les thrillers plus que l’horreur.

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une maison qui fait office de huis clos psychologique

Un héros qui lutte contre le deuil

Une ambiance suffocante au début

Pas trop long et c’est tant mieux

Un prix correct

Des énigmes à résoudre

Les points négatifs

Le narrateur est agaçant et retire la dynamique d’horreur de par sa présence

Les énigmes parfois incohérentes (certaines sont compliquées à cerner)

Les faux bugs (intégrés dans l’histoire) sont agaçants

On cherche encore l’horreur

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