
Guild Wars, j’entretiens une longue histoire avec la série. Ce fut mon premier véritable MMO après mes années sur Counter-Strike. J’ai passé de longues heures sur les deux volets, et à l’approche de la prochaine extension, je me suis dit qu’il était temps de faire une rétrospective. Récemment, nous avons eu la chance d’assister à une preview presse annonçant un tournant majeur pour Guild Wars 2, bien que ce dernier reste encore un peu flou quant à son exécution. Mais il y a tellement à dire sur l’univers construit par ArenaNet que je vous propose de vous y plonger avec moi quelques instants.
20 ans d’histoire
Guild Wars, ce n’est pas juste le dernier titre de ArenaNet. Dans cette rétrospective, nous allons pouvoir revenir aussi sur le premier volet et son lien avec les terres que nous parcourons aujourd’hui. Sorti en 2005 et surnommé Guild Wars : Prophéties, ce premier épisode était un essai du studio. Un standalone sous un format de coop RPG qui ne devait pas forcément avoir de suite. Mais le succès du titre lui valut d’avoir 3 extensions, dont deux extensions standalone.

Le jeu proposait quant à lui un format pour le moins atypique. Chaque extension, pour les 3 principales, était un standalone, chacune était l’équivalent d’un jeu et ne nécessitait pas les autres pour jouer. On retrouve Prophéties, Factions et Nightfall. Et, seule vraie extension du titre : Eye of the North. Pour ce dernier, certains des aventuriers les plus aguerris auront sûrement reconnu un lieu présent dans Guild Wars 2. Mais ces ressemblances ne s’arrêtent pas là. En effet, les 3 autres se passent respectivement en Tyrie, en Cantha et en Elona, qui sont maintenant des lieux connus et emblématiques du volet le plus récent.
Guild Wars 2 est donc plus qu’un deuxième épisode d’une série. Et l’univers même de Guild Wars est riche de deux jeux séparés par 250 ans ainsi que de trois livres narrant des événements évoqués dans ce dernier.
Guild Wars
Guild Wars premier du nom est la naissance d’un univers, alors que le but était de sortir un standalone sans suite. L’arrivée de Prophéties a conduit à ce que ce dernier se voit complété de deux jeux supplémentaires et d’une extension. Ce qui sera la future base de ce que l’on connaît aujourd’hui dans le deuxième épisode, et de toute son histoire.
Un coop RPG exigeant
Contrairement aux idées reçues, Guild Wars n’était pas vraiment un MMORPG. Ce dernier avait certes une dimension MMO dans ses villes et capitales, mais celle-ci ne perdurait pas lors des explorations, proposant ce qui s’apparente plus à un coop RPG. C’est-à-dire que les villes servaient de hub pour former un groupe de 4 à 8 joueurs en fonction de la zone, pour ensuite partir à l’aventure dans des zones instanciées. Il fallait choisir son groupe judicieusement pour être équilibré.


En effet, le système de jeu lui aussi était totalement différent. Déjà, il était impossible de sauter, la barre espace servant à attaquer. Les attaques se faisaient sans bouger. Mais l’article de vente principal était la construction de build. En ville, tout était interchangeable. Mais une fois dehors, c’était fini, et un retour en ville remet tout à zéro. On avait un total de 8 compétences à choisir judicieusement pour créer une bonne synergie. Beaucoup doivent se rappeler des termes comme 55hp ou encore Nécro bomber. Que de souvenirs.


Surtout, le jeu proposait une double spécialisation. On choisissait une classe, la principale qu’on utiliserait. Et il était possible d’avoir une deuxième classe que l’on pouvait changer à loisir. Tout cela faisait un environnement extrêmement stratégique pour arpenter les différents continents.
Un format StandAlone
L’une des principales particularités de Guild Wars était son format Standalone. Les trois jeux principaux, à savoir Prophéties, Factions et Nightfall, étaient indépendants. Leurs histoires se passent plus ou moins en parallèle et il n’était pas nécessaire d’acheter le premier pour jouer aux autres. Seul Eye of the North répondait à ce critère. Ce DLC faisant office de fin à l’histoire et introduisant tellement plus de mystères.
Cela impliquait donc d’avoir 3 cartes, chacune avec le contenu d’un jeu complet. Prophéties se passant en Kryte et en Ascalon avec une escale vers les Terres de Feu, quand Factions nous permet d’aller en Cantha. L’équivalent de End of Dragons, sans oublier Nightfall qui se passe en Elona comme pour Path of Fire. Et tout cela a son importance. Et c’est ici que les fans ont leur dose de nostalgie.
Malgré ces 250 ans qui séparent les deux histoires, chaque carte propose tellement de références, certaines particulièrement impactées par toutes les péripéties du passé. On en citera un bon nombre au cours de ce retour en arrière. Mais, on sent qu’un effort de cohérence énorme a été fait. Tout cela pour notre plus grand bonheur !
Un univers étendu
Il est temps de passer à la jonction entre les deux volets. Ce qui les réunit au-delà de leur continent, leurs histoires. C’est peut-être la partie la plus fascinante à mon sens et elle mériterait d’être traitée au travers d’un article complet, peut-être même de plus.
Guild Wars Prophétie
Commençons par le commencement, Prophéties. Premier titre de la série, ce dernier se passe en Ascalon, en Kryte et s’étend jusqu’en Maguuma. Vous l’aurez compris, il y a beaucoup à dire. Mais je ne vais revenir que sur de petites anecdotes pour resituer un peu l’histoire. Prophéties, c’est la chute du Grand Rempart Nord. Ainsi que le départ des humains, ou presque, de leurs terres.


On y retrouve notamment le stigmate de ce passé, en commençant par les fantômes dont on fait la connaissance assez vite. Ces derniers, maudits par leur roi, sont condamnés à protéger leur terre à jamais. On retrouve certaines têtes connues comme le Duc Barradin ou encore le roi Adelbern, la source de tous les soucis des Charrs. On peut notamment deviner ce qui le ronge lors du donjon des Catacombes d’Ascalon. Le fantôme du roi pensant que Rytlock a tué son fils car il porte son épée, Sohothin, la sœur jumelle de l’épée du roi Magdaer. Bien évidemment, cela n’est pas possible, mais cela suffit à déclencher la colère du revenant vengeur.


Autre marque de cette guerre : les météorites résultant de l’attaque de la Légion de la Flamme. Celles-ci reposent dans d’immenses cratères, ou encore le rempart complètement détruit. On peut aussi retrouver des références à l’extension Eye of the North avec une statue de Pyre Fiertir par exemple. Bien sûr, ce ne sont pas les seules anecdotes qui s’entrechoquent. On peut notamment citer le Blanc-Manteau par exemple, ces derniers faisant partie d’une grosse part de l’intrigue, ou encore la Tour du Sorcier qui était jusqu’alors un mystère.
Guild Wars Faction
Direction maintenant Cantha, continent partagé par Guild Wars 2 : End of Dragons. C’est sûrement celui qui a le moins de similitudes avec son passé, notamment car la capitale impériale, qui était Kaineng, est sous l’eau suite à la remontée d’Orr. Mais ce n’est pas tout, le continent a abandonné son côté traditionnel chinois pour passer sur une mode plus cyberpunk. Mais pas de panique, on retrouve tout de même les traces du passé.


En particulier celle d’une guerre qui a déchiré deux clans pendant des années : les Kurzicks et les Luxons. On arpente notamment les restes des ruines Kurzicks dans l’extension, mais aussi quelques places Luxons en Mer de Jade, dernier souvenir de ces deux grandes familles. Mais les plus curieux pourront trouver des hauts faits et des documents nous racontant ce que sont devenus ces ennemis de longue date.
Guild Wars Nightfall
Peut-être le continent qui a le plus subit nos aventures dans le passé. Elona est grande d’une longue histoire. Deux forces armées s’affrontent dans une guerre. Encore une, opposant les forces d’Istan face aux Lanciers du Soleil. Mais cette guerre n’était qu’une goutte d’eau face au danger que représente Abaddon. On assiste notamment à l’élévation de Kormir en tant que Déesse de la Justice. Mais surtout, on y croise le célèbre, l’impitoyable, l’invincible Palawa Joko.


Et c’est là où l’on peut citer ce merveilleux proverbe qui dit “l’histoire est écrite par les vainqueurs”. Lors de notre rencontre avec le roi des Éveillés, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’était pas en haut de l’échelle. On le retrouve dans le Désert de la Désolation à s’occuper de ramasser les excréments des Guivres des Sables. C’est là où l’on rentre en scène. Afin de nous aider, il nous demande une faveur. Et l’urgence de la situation ne nous permet pas de réfléchir. Il nous faut tuer Turai Ossa.
Cette histoire est sans surprise enseignée dans les académies de Palawa Joko. Tout du moins la version un peu édulcorée. On y retrouve des questions comme “qui a battu Turai Ossa” et, bien évidemment, il faut répondre Palawa Joko, quand bien même ce ne soit pas lui. Notre action ayant conduit à affaiblir les Lanciers pour battre Abaddon, battre Istan. Sans compter l’aide apportée à Palawa, on est clairement responsable.
Guild Wars 2 d’hier à aujourd’hui
Revenons à Guild Wars 2. Fort de son passé, il a su l’utiliser à mon sens, liant les deux histoires au travers d’éléments plus ou moins marqués, de petites références, ou même de certains personnages. Mais il a aussi évolué au fil du temps et des extensions, en essayant de se renouveler au travers de plusieurs formules plus ou moins efficaces.
Le passé
Guild Wars 2 est sorti il y a un peu plus de 10 ans. Mais, les zones de démarrage sont encore le point de départ de tous les nouveaux joueurs. Un moment clé de l’aventure qui n’a pas vraiment évolué. On ne peut que constater que cela peut être rude au début. Des environnements encore assez “pauvres”, surtout en Ascalon, un gameplay un petit peu maladroit… C’est vraiment la trace du passé la plus dure à effacer à l’heure actuelle, ce qui rebute pas mal de joueurs.
Cela reste tout de même une partie de l’histoire du jeu, nous introduisant à notre aventure. Les premiers essais avec l’histoire dépendent du personnage ou au travers de quelques rares choix, seulement 8 classes à l’époque et aucune spécialisation. C’est aussi la découverte des donjons, mais surtout de la première version des Fractales. Tout s’est mis en place et le succès est plutôt bon malgré quelques anicroches, notamment autour des builds. Le système est beaucoup plus simple et moins permissif que celui de Guild Wars 1.
À ce moment, pas de monture, quelques restrictions de niveau pour éviter certains farm, et les cartes demandant de valider un nombre incalculable d’objectifs au travers des cœurs de renommée. Ces derniers n’ayant de renommée que de laisser accéder à un marchand. On lançait, on faisait 3 Fractales aléatoires et on finissait par Océan solide, encore et encore, pour augmenter notre niveau de Fractale et notre résistance. Mais ce passé, doucement, se refait une jeunesse au travers des nouvelles extensions. Il m’a tout de même apporté mon lot d’aventures et de rencontres. C’était un jeu où la communauté échangeait et discutait énormément.
Le présent
Guild Wars 2, actuellement, c’est 5 extensions (sûrement 6 une fois cet article publié). C’est l’arrivée à Maguuma du deltaplane pour des cartes plus verticales, mais aussi des spécialisations d’élite permettant de renouveler le gameplay. C’est aussi le début de cartes plus complexes, avec des décors fournis dans une jungle tropicale. Une difficulté accrue aussi, ayant fait peur à beaucoup. C’était aussi un grand virage avec l’arrivée d’une nouvelle classe, le Revenant, des premiers raids et le rework des Fractales.
Très vite suivis par une histoire vivante faisant le lien entre cette dernière et Path of Fire, nous invitant à explorer Elona, mais aussi en ajoutant les montures. Encore une fois, cela a été un grand bond en avant. Guild Wars avec des montures ? Qui plus est spécialisées, le raptor permettant de sauter plus loin par exemple, ou encore le lapin pour sauter plus haut. Bref, un vent d’air frais qui a redonné du souffle à la licence. Très vite, cela s’est enchaîné avec les histoires vivantes et finalement la clôture d’un arc narratif avec End of Dragons, mais aussi la fin d’un modèle économique pour le jeu. Fini les histoires vivantes où il fallait se connecter pour les débloquer. Fini les extensions tous les 1 an à 1 an et demi vendues presque au prix d’un jeu.
En effet, c’est là que ArenaNet nous a annoncé changer de rythme. Les mises à jour intermédiaires ne seraient plus à débloquer et seraient comprises dans l’extension. Une extension tous les 1 an maximum, voire 6 mois, mais à un prix plus bas afin de faire vivre le jeu. Une réorganisation complète pour proposer un contenu à la hauteur. De grands travaux qui ont conduit à Secret of the Obscure et Janthir Wild. Mais malheureusement, ces dernières étaient beaucoup moins fournies en contenu, ce qui a conduit à un succès en demi-teinte. Et c’est là que vient notre future extension : Vision of Eternity.
Le futur
Au-delà d’être la nouvelle extension de Guild Wars 2, Vision of Eternity signe encore une fois des changements radicaux, mais aussi des promesses. On ne parle pas de sortir plus de contenu pour cette dernière, mais de revoir la copie. Une extension un peu plus courte en théorie, mais toujours soignée (vous retrouverez le test bientôt) pour un assainissement du moteur du jeu.
C’était un aveu en partie que nous avons eu. Un moteur vieillissant, pas prévu pour tout ce qui se déroule et qui commence à montrer le bout de ce qu’il peut faire, ce dernier rendant difficile toute sortie de contenu. C’est donc à la fois une extension nous apportant un nouveau chapitre qui nous est proposé, mais aussi plus de qualité de vie en jeu. Et pour finir, une amélioration de la base de travail d’ArenaNet pour nous proposer plus à l’avenir.
On est donc à l’écoute de ces promesses. Et j’espère qu’elles arriveront comme prévu pour vivre toujours plus de belles aventures dans l’univers de ce jeu qui me tient particulièrement à cœur.
Rejoindre Guild Wars 2 en 2025
C’est la grande question. La plupart des joueurs que je croise sont frileux à rejoindre l’aventure qui semble hors de portée. La faute à certains MMORPG qui, malheureusement, laissent les nouveaux joueurs seuls dans leur coin car tout le monde explore le dernier contenu. Tout d’abord, ce n’est pas le cas sur Guild Wars 2. Dans l’ensemble, les joueurs continuent de faire tout le contenu, à part quelques exceptions. Mais surtout, le jeu de base est gratuit, ce qui permet d’essayer.
Une fois en jeu, pas beaucoup de solutions : suivre la progression de l’histoire, monter en niveau, mais pas de panique. Guild Wars 2, c’est seulement quelques jours pour arriver au niveau maximum. Et les armures n’évoluent pas en stats d’une extension à une autre, ce qui rend plus facile l’accès au contenu HL. Mon conseil, tout de même, est d’attendre les promotions pour acheter si vous voulez craquer, le premier arc avec toutes les extensions et l’histoire vivante se retrouvant à 50 € au lieu de 100 € pour un contenu monumental.
Sinon, une fois en jeu, le meilleur conseil que j’ai à donner est de profiter. La communauté est toujours active et soudée, bien que les joueurs, maintenant, parlent majoritairement anglais pour faciliter les choses avec les super serveurs. N’hésitez pas à demander conseil, et profitez à votre rythme. Certains groupes sont parfois un peu rudes et froids, mais il y a toujours des groupes ou guildes de joueurs amicaux. Sans compter le forum de Guild Wars qui, en plus d’être actif, permet de trouver des joueurs partageant notre vision du jeu pour trouver le groupe idéal.
Guild Wars et Guild Wars 2 tiennent une place importante dans ma vie. Un petit refuge pour y vivre de belles aventures, parfois tellement prenantes qu’elles me touchent. Mais tout n’est pas rose. Le jeu de base est long et vieillissant, mais je ne saurais que conseiller de tenir bon : passé le niveau 40, tout avance un peu plus vite. Et l’histoire racontée au travers des extensions et de l’histoire vivante est, à mon sens, extraordinaire. On frissonne, on pleure nos alliés, on fête une victoire avec eux. On peut aussi mettre en avant qu’il y en a pour tous les goûts : PvP, McM, JcE, le jeu ne force à rien. Pas de journalières obligatoires à répéter tous les jours, ces dernières s’inscrivent dans notre session de façon discrète. Le choix aussi : il y a des objectifs proposés pour tous les modes de jeu, ou juste le fait de gambader, d’aller chasser un skin ou un haut fait. Maintenant, reste à voir ce que le futur nous apportera dans l’univers de Guild Wars !




