
Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake est un jeu d’aventure axé “survival horror”, remettant aux goûts du jour l’opus culte de l’ère PS2. Notre survie se fera non pas avec des armes, mais avec la Camera Obscura, une étrange relique qui peut capturer l’invisible et le paranormal. Le jeu sera disponible le 12 mars sur PlayStation 5, PC via Steam, Nintendo Switch 2 et Xbox Series S & X.
Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.
Papillon de lumière cramoisie
J’ai toujours eu beaucoup de curiosité pour la licence Fatal Frame. Il faut dire que son postulat un peu unique de proposer de l’horreur où la seule défense est un vieil appareil photo mystique suffit à capter l’attention. Pourtant, bien que j’ai grandi avec une PS2 puis une Wii, je suis royalement passée à côté. J’ai plutôt grandi du côté des licences survival horror concurrentes. Mais mieux vaut tard que jamais ! Voici enfin venue l’occasion de plonger dans ce folklore japonais sombre et glauque avec ce remake intégral du second opus !

Nous suivons les mésaventures de Mio et Mayu Amakura, des jumelles qui s’égarent malencontreusement dans le village maudit de Minakami. La légende raconte que le jour ne s’y lève plus et qu’il est impossible de quitter l’enceinte du village… Une légende qui se révèle bien vite avérée. En explorant une des maisons abandonnées sur leur chemin, les jumelles se rendent également vite compte qu’elles ne sont pas seules à errer dans les ténèbres.


Des esprits et des spectres vengeurs rôdent en effet dans tout Minakami ! Face à cette menace d’outre-tombe, la seule défense des jumelles est la Camera Obscura. Ce vieil appareil photo semble posséder un pouvoir occulte, capable de photographier l’invisible et l’impossible. En prenant un cliché des fantômes, ces derniers peuvent être repoussés, et même temporairement mis hors d’état de nuire. Seul hic : il faudra prendre des clichés nets, centrés, et parfois très proches de leur visage…


Le petit oiseau va sortir !
Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake nous met donc constamment en situation de pari. Faut-il laisser s’approcher les fantômes le plus possible pour faire le maximum de dégâts et risquer de se faire attraper ? Privilégier les clichés éloignés en utilisant le zoom et le réglage de profondeur de champ ? Le gameplay se veut volontairement encombré, brouillon… Une traduction directe de la difficulté d’utilisation de la Camera Obscura dans l’univers du jeu. Heureusement que l’appareil photo a une fonction de focus automatique embarquée !


Ce remake se distingue également par son inclusion de filtres spirituels, qui remplacent les objectifs de l’original. Voir les esprits à travers les murs, révéler des objets du passé, ou encore charger un puissant cliché psychique : chaque filtre a son utilité, en combat comme en phase d’exploration. Le filtre de rayonnement fera plus de dégâts à courte portée, mais sera moins utile pour dérober un cliché furtif de loin. Contrairement à l’original, prendre des photos ne nécessite plus une exposition longue pour faire plus de dégâts, et chaque cliché est instantané.


Cependant, bien que le système de pellicules de Fatal Frame II reprend du service, c’est de manière un peu différente. Les dégâts variables et la quantité limitée de chaque type sont de retour mais, cette fois, chaque pellicule a son propre temps de rechargement. Faut-il prendre le temps de charger sa précieuse pellicule efficace sur le premier fantôme croisé ? À plus haute difficulté, les dégâts infligés par les attaques de spectres peuvent vite nous contraindre à sortir l’artillerie lourde, ou même à prendre la fuite. Ce ne sera pas toujours possible une fois les spectres renforcés, si l’affrontement venait à trop traîner… Chaque rencontre d’outre-tombe nécessite des décisions à la volée.


Fatalité
Impossible d’ailleurs de ne pas mentionner la meilleure option offensive du jeu : le Moment Fatal. Il est possible d’interrompre l’assaut d’un spectre lorsque l’indicateur en haut du viseur clignote en rouge ; une mécanique appelée Cliché Fatal. De plus, en affaiblissant les fantômes, il sera possible de déclencher l’Instant Fatal, ce qui renforcera la prochaine photo. Un cliché pris pile quand un spectre attaque en Instant Fatal lui fera subir le Moment Fatal, où il faudra prendre une rafale de clichés qui ne dépensent pas de pellicule en bonus ! Un sacré alignement de planètes, mais pour un résultat très efficace.


Dernière corde à notre arsenal, Mio a une jauge de Volonté. Cette ressource réduit en esquivant, courant, ou en subissant certaines attaques de spectres. Elle peut toutefois se servir de cette jauge de manière offensive avec les clichés spéciaux. Chaque filtre dispose de son propre cliché spécial, qui pourra ainsi repousser, aveugler ou même annuler la résistance aux dégâts des esprits renforcés. Là encore, Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake est un constant flux tendu de ressources. Car subir une attaque avec notre Volonté à zéro fera tomber Mio au sol et l’exposera à des attaques garanties…


Heureusement pour les jumelles Amakura, la Camera Obscura pourra être améliorée au fil de l’aventure avec des perles de prières. Ces dernières se trouvent sans peine en explorant les recoins du village. De quoi se sentir un peu moins faible face à ces hordes de fantômes ! Dans les séquences où Mio est accompagnée de sa sœur, il sera aussi possible de lui tenir la main en restant appuyé sur R2. Mio ne peut pas utiliser la caméra dans cet état, mais elle regagne de la vie en continu en échange. Et, bien entendu, il faudra protéger Mayu des attaques de spectres, la pauvre ne disposant pas de son propre appareil photo mystique…


Perdues dans la nuit
Outre son gameplay de combat si unique, Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake reprend également le point de vue en troisième personne derrière l’épaule de la version Wii du jeu d’origine. Exit donc les points de vue fixes de l’opus PS2 ! La direction artistique modernisée de cette nouvelle monture reste très réussie, avec une gestion de la luminosité en HDR très réussie. Le jeu est plus atmosphérique que porté jumpscares, et il en résulte une ambiance dérangeante parfaitement maîtrisée.


Comme dans la version Wii, ramasser un objet ou ouvrir une porte déclenche souvent une animation au lieu d’être instantané. Il faudra être vigilant, car il y a une chance qu’un fantôme nous attaque au passage ! Commencer un affrontement ainsi réduit considérablement la Volonté de Mio, et nous met ainsi en désavantage. Une mécanique parfois frustrante ! J’ai souvent eu l’impression d’avoir annulé mon interaction juste à temps pour ne pas prendre les dégâts, en vain.


L’exploration du village de Minakami est également récompensée par des quêtes annexes et un système de talismans à dénicher un peu partout. L’histoire du jeu étant majoritairement explicitée par des textes à récupérer, c’est l’occasion d’approfondir notre compréhension de l’intrigue globale. Les pierres précieuses que nous trouverons ce faisant contiennent des souvenirs audio de leurs porteurs. Et surtout de précieux bonus de statistiques en les équipant. Dans un survival horror, chaque petit avantage se prend !


Mon avis sur Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake
Du reste, le scénario original de Fatal Frame II reste grandement inchangé dans ce remake. L’occasion pour les néophytes comme moi de découvrir l’intrigue tragique des jumelles. Mais que les fans de la série se réjouissent : d’autres fins peuvent être débloquées en mode Nouvelle Partie + ! Une progression qui a l’air nettement plus compréhensible pour les sensibilités vidéoludiques modernes.


Je dois dire qu’à part quelques moments de frustration sur son gameplay exigeant, j’ai passé un bon moment sur Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake. Pour autant, je pense avoir compris l’attrait de son combat très original. D’ailleurs, je me suis d’ores et déjà replongée dans une nouvelle partie. Il faut compter environ dix heures pour terminer le jeu une première fois ; toutefois, voir toutes les fins du jeu nécessitera plusieurs visites ultérieures de Minakami.


Pour peu que vous soyez fan de survival horror, de folklore japonais, ou tout simplement de gameplay original : je recommande chaudement ce remake. Ces deux dernières années sont un véritable festival de jeux du genre, et j’espère que cette tendance se poursuivra. Pas seulement avec des remakes, mais aussi avec de nouvelles entrées dans ces licences si qualitatives, qui n’attendent que d’être réveillées de leur torpeur. En espérant pouvoir bientôt de nouveau regarder par le viseur de la Camera Obscura !

Pour ma première expérience avec la licence, je suis complètement tombée sous le charme de Fatal Frame II : Crimson Butterfly Remake. À acheter les yeux fermés pour tous les aficionados de survival horror !
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Gameplay unique pour un survival horror, intéressant à maîtriser
Ambiance lugubre très réussie
Forte rejouabilité
Les points négatifs
Un peu de backtracking requis
L’esquive des regards funestes détectée bizarrement




