Endless Ocean Luminous

Endless Ocean Luminous est une exclusivité Nintendo Switch, développée par le studio japonais Arika, et est le troisième jeu de la série Endless Ocean, dont le premier date de 2007. Il s’agit d’un jeu de plongée et d’exploration sous-marine en vue à la troisième personne. Un jeu prometteur qui semble mêler intrigue archéologique, sessions de nage calme et poétique ainsi que conscientisation écologique… Voyons cela…

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.

Le Grand Bleu

Dans Endless Ocean Luminous, nous incarnons un plongeur qui vient d’être embauché pour travailler dans le projet Egide, une mission qui consiste à empêcher le noircissement des “feuilles” de l’Arbre des Mers, une structure sous-marine composée de divers coraux.

Pour ce faire, nous devrons scanner les poissons des différentes mers que l’on va visiter, pour les référencer mais surtout capturer par la même occasion le voile de lumière qui les entoure, ce dernier permettant de “nourrir” l’Arbre des Mers. Nous sommes assistés pendant notre périple par OceanIA, une intelligence artificielle servant à nous guider lors de nos diverses explorations où nous allons découvrir les vestiges d’une ancienne civilisation, les Oannès, les “gardiens de la mer”, qui vivaient en harmonie avec l’océan il y a bien longtemps.

Toutes les informations concernant les poissons scannés sont affichées sur l’écran, qui est notre masque en tant que plongeur. Endless Ocean Luminous possède également une dimension éducative dans la possibilité de nous en apprendre plus sur l’animal scanné par OceanIA, par un paragraphe pédagogique affiché à l’écran.

Cet encart didactique peut même être lu à haute voix par la console, telle une encyclopédie interactive. La faune sous-marine que l’on va croiser est uniquement composée d’animaux existant, mais parfois également d’êtres du passé (dinosaures), ou encore issus de l’imaginaire du monde entier (légendes et mythes). L’exploration ne s’arrête pas là puisque nous allons aussi avoir la possibilité de découvrir des temples ou des épaves cachées dans les fonds marins. Dommage d’ailleurs, que ces dernières ne soient pas scannables, ça aurait pu ajouter du lore au jeu, ou accentuer la portée éducative.

Boire la Tasse

Avant toute chose, rassurez-vous ! Si les phases sous-marines sont votre hantise dans les jeux vidéos, ici il ne faut pas s’inquiéter car ni notre oxygène, ni notre endurance ne sont sources de panique, il sont illimités ! On ne peut pas mourir de cette façon dans le jeu ! On ne peut d’ailleurs pas mourir du tout puisque même les animaux les plus agressifs sont ici parfaitement pacifistes. Cela est expliqué par le lore du jeu grâce au voile de lumière qui imprègne l’eau de cet océan et qui rend les animaux très sereins.

Une fois cette notion actée, sachez qu’il est possible de jouer à Endless Ocean Luminous en solo, mais également en ligne (coop) ou bien en mode histoire. Concernant ce dernier, il est découpé en différents chapitres et sous-chapitres, ce qui m’a très vite donné l’impression d’un jeu destiné à être joué en petites sessions successives plutôt qu’en longues plages immersives. Chaque nouveau chapitre délivre très peu de l’intrigue mais doit être débloqué par de longues phases d’exploration sous-marine avec un quota d’animaux à scanner. Ce qui, en début de jeu, passe tout seul, mais devient très vite redondant et frôle très tôt l’absurde (2000 bêtes à scanner dès le chapitre deux), ce qui revient à environ 1 à 2 heures de farm entre deux chapitres de quelques minutes à peine en termes d’intrigue.

Cela rappelle certains titres à mini-jeux comme Overcooked ou de plateforme comme Rayman, mais ici dans des proportions aberrantes. Personnellement, j’ai trouvé que ces conditions requises pour progresser étaient un gros frein et une énorme frustration pour continuer à avancer dans l’histoire principale. La seule source de motivation, finalement, sera un aspect complétiste avec les différents registres à remplir, que ce soient les différentes espèces (dont les espèces rares à la façon des Shiny Pokemons), les 99 mystères de la mer, ou les divers objets à collectionner, ce qui peut rester plaisant, si l’on aime ça.

On sent que Endless Ocean Luminous est avant tout ciblé pour les interactions en ligne avec des possibilités de personnalisation complétement folles ! De la couleur de la combinaison au masque, en passant par divers stickers… tout (ou presque) est possible ! De plus, nous avons la possibilité de demander à un ou plusieurs poissons de nager en notre compagnie pour le plaisir, ou pour résoudre certaines petites quêtes liées à l’histoire principale du jeu. Il est également possible de “baguer” un poisson pour suivre ses déplacements, ou encore baliser un emplacement pour y revenir plus tard ou l’indiquer à d’autres joueurs lors d’une partie en ligne, ce qui peut être pratique car les zones d’exploration sont assez grandes et la carte ne se dessine qu’au fur et à mesure de notre nage.

Malheureusement, malgré toutes ces petites touches de gameplay sympathiques, Endless Ocean Luminous reste très répétitif et mal rythmé. Je me suis vite lassée de scanner les différentes espèces pour pouvoir avancer dans les différents niveaux de l’histoire, en particulier car le jeu assume complètement ces phases comme étant du pur farm sans jamais nous donner de défis originaux là où il aurait été intéressant d’avoir un objectif différent pour chaque session, comme trouver un animal spécifique dans une zone donnée, ou grâce à divers indices tels que son habitat.

Ici rien de tout cela, ce qui donne une impression de remplissage et de durée de vie de jeu artificielle. Cependant, je tiens à préciser que je n’ai pas pu tester le mode de jeu en ligne, ce dernier requérant un abonnement Nintendo. Peut-être qu’avec ce mode, certains défauts du mode de jeu solo se trouvent gommés grâce à l’interaction avec les autres joueurs et joueuses.  

Nager en Eaux Troubles

Les graphismes généraux de Endless Ocean Luminous sont corrects sans être incroyables et les différentes espèces sont plutôt bien représentées. Cependant, j’ai personnellement trouvé que le jeu donnait une vision un peu tristoune du fond des océans, dans une palette de couleurs ternes et sans reliefs particuliers (mais je ne suis pas plongeuse, peut-être que cela reflète la vérité) quand on s’attendrait à la luxuriance et la saturation des documentaires animaliers ou encore des visions d’artistes comme Le Monde de Némo par exemple…

Les quelques zones du jeu qui devraient, je pense, nous donner l’effet “waw” (carcasses de navires échoués, temples submergés, barrière de corail…), n’y parviennent malheureusement pas par manque de mise en scène, ou de “mise en lumière” plus précisément… On comprend maintenant pourquoi Ariel veut quitter le fond de ces océans…

J’ai testé Endless Ocean Luminous sur la Switch portable, ainsi que sur grand écran. Dans les deux cas, j’ai trouvé la qualité plutôt bonne, mais inégale à certains moments. Certains poissons sont assez pixélisés quand d’autres le sont moins. Il y a, à tout moment, la possibilité de retirer l’ATH, ce qui est un gros point positif pour l’immersion.

J’ai cependant trouvé le monde assez vide malgré la multitude d’espèces sous-marines ou d’objets à trouver. J’ai trouvé que cela manquait de vie. J’ai remarqué qu’il était possible de rejoindre certains évènements qui nous permettent pendant un temps donné d’être dans une mer particulière avec des espèces rares à scanner, ce qui peut donner du dynamisme et de la variété à un monde et un jeu un peu trop calmes et vides. L’immersion ne passe pas non plus spécialement par le son car la musique, bien que jolie, se fait plutôt rare… Il aurait été agréable d’avoir, en plus de mouvement, un fond sonore constant. Ici, il est présent à certains moments, se coupe, puis revient, sans que cela n’ait particulièrement de sens in situ. 

Focus sur le Mode Photo

Le jeu possède un mode photo plutôt basique. Contrairement aux modes photos habituels, celui-ci se veut réaliste puisqu’il ne met pas le jeu en pause lorsqu’on le déclenche. C’est super pour l’immersion, par contre, si on veut prendre une photo avec une baleine, le temps de choisir la pose que va prendre notre personnage et de déclencher, la baleine est déjà loin… Niveau options, différents filtres sont disponibles, il est possible de changer la vue pour être en selfie, vue de dos ou en vue à la première personne. Comme je le disais, un mode photo plutôt basique qui, on le sent là aussi, a été prévu pour le mode en ligne, pour prendre la pause avec d’autres joueurs.

Pour conclure…

Endless Ocean Luminous est une jeu qui, sur le papier, a des atouts pour plaire : explorer un monde sous-marin à la découverte de sa faune, le tout baigné dans un mystère archéologique d’une civilisation ancienne. Cependant, dans les faits, Arika nous livre un jeu long, lent et malheureusement très répétitif qui ne brille ni par la variété de son gameplay ni par l’excellence de son graphisme. Nous nous retrouvons très (trop !) vite à tourner en rond dans des fonds marins ternes et sans vie, à scanner tout ce qui nous passe sous le nez sans n’y trouver plus aucun sens si ce n’est celui d’espérer grappiller 3-4 minutes d’intrigues supplémentaires à une histoire générale, certes intrigante et poétique, mais surdécoupée en de minuscules chapitres trop espacés par des phases de farm inintéressantes. Gageons que le jeu se rattrape dans son mode en ligne que le studio semble fortement mettre en avant.

La  note  de la  rédaction

2-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Jeu éducatif

Exploration du monde sous-marin

Customisations diverses

Les points négatifs

Ambiance sonore

Monde vide

Manque d’incitants pour l’exploration

Obligation de farm

Surdécoupage en mini-chapitres

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