Drug Dealer Simulator

Qui ne s’est jamais dit qu’il se mettrait à vendre de la drogue au cas où il ne trouve pas de boulot ? L’argent facile et rapide pour rouler dans la plus grosse BMW du quartier, sortir avec la plus jolie fille de la ville et se baigner dans une piscine de billets ? Qui n’en a jamais rêvé, ne serait-ce qu’un instant ? Mais cette vision du vendeur idyllique de drogue reflète-t-elle vraiment la réalité ? Est-ce si facile de refourguer de la came, surtout quand on n’y connaît rien ? Il serait tout de même plus judicieux d’abandonner cette idée et de se cantonner à aller vendre de la drogue virtuellement. Par virtuellement, j’entends en jouant à Drug Dealer Simulator, pas sur le darknet ! Ça tombe plutôt bien, Movie Games S.A. et Byterunners Game Studio ont décidé d’ajouter leur grain de sel dans l’océan des jeux de simulation en nous mettant dans la peau d’un dealer de drogues. Et parce qu’on est curieux de découvrir ce monde assez fermé, on s’est lancé dans l’expérience !

Sorti en avril 2020 sur PC, le jeu est enfin disponible 5 ans plus tard sur PS5, nous permettant de profiter directement des 7 mises à jour gratuites, ajoutant du contenu.

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Du petit voyou au grand manitou

Parce qu’il faut bien commencer quelque part, c’est en bas de l’échelle que nous débutons dans Drug Dealer Simulator. Notre pote Eddy nous mandate pour aller livrer de la beuh et des amphétamines. Ni une ni deux, nous voilà embarqués dans notre première mission. Pour commencer, les premières livraisons s’effectuent dans un périmètre restreint et ne concernent que des petites doses.

Notre territoire va s’agrandir au fur et à mesure des livraisons. Au plus nous vendons dans un quartier, au plus nous gagnons du respect, nous permettant à terme de débloquer de nouvelles zones. En parallèle, les clients vont commander des doses de plus en plus importantes. Les clients les plus impliqués pourront même finir par vous demander de livrer pour vous. Si nous recevons l’argent directement de main en main, passer par un dealeur demande d’avancer le produit. Mais en contrepartie, notre revendeur pourra vendre de grandes quantités d’un coup. Ou se faire arrêter avec votre argent.

Si le territoire et le nombre de commandes augmentent, nous nous adaptons aussi pour proposer une plus grande diversité de produits. Chaque vente nous donne de l’expérience, cette dernière nous permettant de monter de niveau. À certains paliers, nous débloquons de nouvelles drogues, pour finir par proposer un total de neuf variétés. L’accumulation d’expérience nous permet aussi d’acquérir de nouvelles compétences, pour courir plus vite, plus longtemps, être plus discret, gagner plus d’argent, etc.

L’histoire de Drug Dealer Simulator est extrêmement courte et pas très étoffée. Les missions s’avèrent parfois très compliquées. En effet, l’emplacement des objectifs à atteindre n’est parfois pas précisé et les moyens à employer pas toujours développés, rendant le jeu fastidieux. Il nous faudra être très très curieux pour finir les missions. Ou alors opter pour une solution beaucoup plus simple : regarder sur Internet. L’intrigue reste tout de même un peu sympa, à base de collaboration avec des gros bonnets et de confrontation avec les gangs ennemis.

La drogue pour les nuls

Au commencement de Drug Dealer Simulator, le simple revendeur que nous étions se contentait d’acheter de la drogue en gros à Eddy. Il nous fallait ensuite aller à notre appartement, nous connecter sur notre PCl’application Shady sert de canal de communication pour, entre autres, valider les commandes des clients. Une fois ceci fait, nous devions aller sur notre atelier de travail et diviser la came pour obtenir le dosage correspondant à la demande du consommateur. Cette opération est la base du jeu. Mais en acquérant de l’expérience, nous apprenons à synthétiser et à faire pousser nos propres produits.

En véritable chef cuisinier, nous pouvons acheter dans les diverses boutiques des consommables pour couper notre drogue, influençant sa qualité. Augmentant ou diminuant au passage le rendement, cela nous permet de jongler pour trouver un bon équilibre entre la satisfaction du client et la quantité d’argent qui rentre dans nos poches.

Pour finir, notre empire dans Drug Dealer Simulator s’étendra au point d’avoir nos propres laboratoires de drogues. Nous pouvons offrir une promotion à nos dealeurs pour les affecter à un laboratoire afin qu’ils se chargent de produire la dope. Nous n’avons plus qu’à rentrer l’argent dans le coffre-fort et l’équipe s’occupe du reste. La production prend tout de même du temps et nous devons alors faire preuve de gestion entre la consommation et la production. En effet, si les dealeurs peuvent attendre éternellement pour être livrés, les clients finiront par s’en aller si nous mettons trop de temps à leur apporter le produit. Cela nuit à notre réputation et, par extension, le nombre de consommateurs baisse. Ajoutez à cela que plus la réputation croit, plus nous pouvons augmenter les prix de revente et donc le profit. Il est donc primordial d’accepter uniquement les commandes que nous pouvons rapidement honorer.

Des flics sur le qui-vive

Notre seul et unique ennemi dans le jeu – en dehors de l’histoire – sera la flicaille. En effet, les clients et les dealeurs sont réglos et il n’y a pas de voleurs, à moins que nous ne laissions traîner nos affaires trop longtemps. Faisant leurs rondes à deux, ils ne nous embêtent pas trop la journée. Il suffit d’avoir l’air naturel devant eux pour ne pas avoir d’ennui. Sinon, nous risquons une fouille. Si nous n’avons pas de drogue sur nous, c’est bon, mais dans le cas contraire… Il faut fuir à tout prix. « Avoir l’air naturel » signifie ne pas courir ni sauter. De plus, un gros sac peut aussi attirer l’attention. Le jeu propose différentes tailles de sac. Un gros sac attirera l’attention, diminuera notre vitesse de course et nous empêchera de passer par les égouts par exemple. Mais il nous permettra de stocker plus de quantités de produits.

La nuit, c’est une autre paire de manches. De 21 heures à 7 heures, la ville se met en « heures de police ». Cela signifie que nous ne pouvons plus nous déplacer dehors. Les poulets nous arrêteront à vue et une arrestation suivie d’une amende nous seront infligées. Pour fuir la police lorsque l’on est détecté, nous pouvons courir jusqu’à une planque en prenant garde à fermer la porte. Nous pouvons lâcher notre sac en cours de course, nous permettant de courir plus vite et, en cas d’arrestation, nous ne perdons pas la drogue qui était dedans. Par contre, il nous faudra retrouver l’endroit où nous l’avons lancé…

L’IA de la maréchaussée n’est pas optimale. Aux frontières par exemple, il leur arrive de nous contrôler plusieurs fois d’affilée si nous faisons un demi-tour immédiat. Ils ne nous voient pas de loin non plus, alors que nous les voyons. Notons tout de même leur réactivité et leur capacité à nous entendre courir. S’ils ont des rondes généralement bien définies, il m’est arrivé de me faire attraper dans des zones où ils ne vont jamais, juste parce que je fouillais une poubelle, alors que je ne les avais pas vus dans le coin. Il arrive aussi de tomber nez à nez face avec eux à l’aurore ou à l’aube, pendant les heures de police, sans se faire contrôler. Ces moments ressemblent à des « changements d’équipe », mais cela ne justifie pas leur inaction. La police agit donc parfois de façon illogique et c’est frustrant.

La ville, véritable plaque tournante

Divisés en trois secteurs (A, B, C), nous débloquons petit à petit les quartiers composants chaque secteur. Pour les posséder au maximum, nous devons accumuler tout le respect propre à chaque quartier, et pour cela, nous devons livrer un maximum de dealers / clients de la zone. Cela nous permet ensuite de débloquer d’autres quartiers.

Si la circulation est libre au sein d’un secteur, il est beaucoup plus compliqué de passer de l’un à l’autre. La voie légale se fait par un contrôle de police aux frontières, ce qui signifie que l’on ne peut pas y passer avec de la drogue, ni traverser de nuit pendant les heures de police. Pour cela, il va falloir contourner ce système. Passer par les égouts, par l’usine, le chantier ou encore jeter son sac par-dessus le mur seront des moyens à employer. Cependant, ils sont plus contraignants, nécessitant de payer ou de crocheter des portes.

Pour pouvoir facilement livrer dans tous les secteurs, le mieux reste donc d’avoir un plan de travail avec ses produits à disposition dans une planque de chaque secteur. Cela demande de l’organisation car la quantité de drogue est souvent limitée, longue à produire et coûteuse. On ne croule jamais vraiment sous la came.

De nombreux magasins sont disponibles dans la ville, permettant d’acheter des consommables, des sacs, du mobilier ou encore du matériel de laboratoire. Indiquée sur la carte, cette dernière permet aussi de situer les nombreux points où nous pouvons blanchir notre argent, repérer les endroits où les missions doivent être réalisées ou encore trouver nos locaux. Il manque pourtant quelques informations, comme la position du sac lorsque nous le jetons, ou l’indication des noms des clients / dealeurs.

La ville dans Drug Dealer Simulator est bien agencée et bien retranscrite sur la carte. Il n’y a quasiment pas de différence de niveau entre les routes, évitant de se perdre entre les chevauchements. Avec des déplacements uniquement à pied, les développeurs ont adapté la carte pour nous proposer une taille qui permet de traverser la carte assez facilement. Ajoutant cependant des culs-de-sac, des barrières qui peuvent être franchissables et tout un système de sous-terrain, la ville peut devenir à certains endroits un labyrinthe que le joueur devra maîtriser. Loin d’être un défaut, cela facilite la fuite.

Le ghetto est assez vivant avec des passants à qui nous pouvons parfois même offrir un cadeau pour augmenter le niveau de respect. En revanche, malgré la présence de route, aucune voiture ne circule, même pas des combis de police.

Overdose technique

Drug Dealer Simulator est techniquement complètement dépassé. Aux graphismes dignes de la PS3 et aux animations saccadées voire inexistantes, on ne choisit pas d’y jouer pour sa beauté. Aux couleurs grisonnantes reflétant l’ambiance ghetto se mélangent des graphismes anguleux, grossiers et sans finitions. Les textures sont quasiment inexistantes, on peut cependant noter l’effort de créer des ralentissements dans l’eau. Le jeu est visuellement triste à mourir et ce ne sont pas les expressions inexistantes des personnages qui viendront égayer tout cela. À noter tout de même que les annotations sont bien mises en avant en rouge, ce qui nous permet de ne pas passer à côté des informations importantes. Cette couleur peut être en plus changée dans les paramètres, ce qui est très important pour ceux ne différenciant pas bien le rouge.

En harmonie avec le visuel, l’expérience sonore est aussi très limitée. Dialogues répétitifs, absence de réel fond sonore, nous profitons tout de même de bons bruitages et de zones où la musique rythme le quartier. On note tout de même la pertinence de certains bruits, comme la sirène qui sonne le début des heures de police ou la radio des policiers qui nous informe lorsque ces derniers sont à proximité. De même que l’apparition d’une musique effrénée nous est bien utile pour délimiter les temps de course-poursuite.

L’expérience de jeu dans Drug Dealeur Simulator est régulièrement gâchée par des bugs et des temps de latence extrêmement longs. Si les interactions manquent cruellement de fluidité, sans que le temps de réponse ne soit réellement long, l’enregistrement de la partie et l’accès à l’ordinateur qui est pourtant une des bases du jeu, est vraiment long. Ajoutez à cela des bugs qui nous obligent parfois à quitter le jeu, nous faisant perdre toute notre dernière progression… En effet, la dernière sauvegarde automatique se fait à la dernière entrée dans une habitation et nous pouvons vite perdre une dizaine de minutes de jeu si on ne sauvegarde pas régulièrement. La solution est donc la sauvegarde manuelle régulière… qui demande d’attendre entre trente secondes et une minute. Joie. Fort heureusement, il y a rapidement des emplacements de sauvegarde dispersés un peu partout dans la carte une fois que l’on a loué les studios correspondants.

Drug Dealer Simulator propose trois difficultés, exigeant ou non d’avoir une meilleure maîtrise de la gestion de drogue / argent. Peu d’autres paramètres sont disponibles et, surtout, il est impossible de jouer sur l’aspect visuel. Lorsqu’il fait nuit dans le jeu, nous ne pouvons donc pas augmenter la luminosité du jeu, rendant parfois le repérage très difficile.

Addiction au jeu

Je n’ai personnellement pas trouvé Drug Dealer Simulator très facile à appréhender. Avant de comprendre le système d’achat et de vente, je me suis vite retrouvée à errer et à faire les poubelles. Par la suite, réaliser les missions et apprendre à concocter soi-même ses produits n’a pas été très instinctif non plus. Loin d’être compliqué à comprendre, le jeu nous laisse tout de même fortement seul et nous devons laisser notre curiosité nous guider.

Cependant, j’ai complètement été happée par le gameplay de l’achat et la revente basique, passant littéralement des heures à ne faire que ça, laissant de côté les missions. Je me suis vraiment faite surprendre par le côté addictif du jeu, passant des heures et des heures à jouer sans voir le temps passer. Il y a toujours quelque chose à faire et la quantité de clients ainsi que le temps entre deux commandes est particulièrement bien gérée, pour que nous ayons toujours quelque chose à faire, sans se faire déborder. Drug Dealer Simulator m’a tellement captivé, que c’est ainsi que j’ai passé une centaine d’heures sur ce jeu, en un peu moins de deux semaines. Chose qui ne m’était pas arrivée depuis longtemps.

Que ce soit la gestion des stocks, particulièrement en fin de jeu, la validation des commandes selon les produits disponibles, la création des sachets pour avoir les doses ou la livraison, tout est captivant. Ce schéma pourtant répétitif, s’apparentant à du farm de Drug Dealer Simulator, est terriblement prenant. Ajoutons à cela la domination des quartiers, la location de lieux et la construction de villas, le but n’étant donc pas uniquement de faire de l’argent, mais bien d’agrandir notre influence.

J’aurais tout de même apprécié pouvoir personnaliser mon personnage. Si ce n’est pas vraiment pertinent dans ce jeu uniquement à la première personne, quelques passages à la troisième personne auraient pu être possibles. L’ajout de cinématiques aurait aussi apporté un petit plus à l’expérience de jeu.

Pour conclure…

Terriblement addictif, Drug Dealer Simulator nous propose une bonne diversité de petites tâches. Évolutif et assez complet, c’est un jeu de gestion accessible même à ceux qui ne sont pas familiers du genre. De très bonnes idées sont proposées par le jeu, mais ces dernières se retrouvent entachées par une histoire bâclée et un aspect technique déplorable.

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Extrêmement addictif

Le bon équilibre entre commandes disponibles, prix de vente et prix des drogues

Évolutif et complet

La ville

Les points négatifs

Beaucoup, beaucoup, beaucoup de bugs

Un aspect visuel dépassé et peu travaillé

Un gameplay un peu difficile à prendre en main

Une histoire trop courte

Des missions qui nous laissent sans réelles indications

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