
Copycat, déjà sorti sur Steam en 2024, fait maintenant sa sortie sur console en mai 2025. Il est le premier jeu du studio Spoonful of Wonder, basé en Australie, et composé de deux personnes seulement (!). Avec comme cheval de bataille l’envie de proposer aux joueurs une expérience qui stimule l’imagination, suscite la nostalgie et travaille l’âme, le petit studio annonce un programme bien vaste… Voyons cela…
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
Comme Chat et Chat
Copycat raconte l’histoire d’une dame âgée, Olive, qui se rend dans un refuge pour adopter une chatte, qui sera baptisée Dawn. Dawn, jeune félin ayant déjà un background, a un tempérament hostile, se prend pour un chat sauvage, et n’a pas spécialement envie d’être adoptée une nouvelle fois. Olive, quant à elle, est âgée et malade et fait de temps à autre des malaises. Et, malgré ces profils opposés et contre toute attente, elles vont réussir à trouver un équilibre dans leur relation. Malheureusement, lors de la crise de trop pour Olive, la chatte Dawn se retrouve enfermée hors de la maison, et, sur un malentendu, un chat de gouttière prend sa place. Commence alors pour Dawn la quête du sens de la famille et du foyer.

Jouer en Chat-hutant
Copycat est un jeu en vue à la troisième personne où, vous l’aurez compris, nous incarnons un chat (même si, en début de jeu, nous incarnons Olive afin de choisir notre futur félin de compagnie). Nous allons donc choisir très vite en début de jeu quelle chatte incarner à travers différentes propositions. Nous aurons également par la suite la possibilité de choisir notre collier et le pendentif qui va l’orner. Ici, pas de superpouvoirs ou compétences de fou, Dawn est une chatte tout ce qu’il y a de plus normale et nos actions vont être également très terre à terre. En effet, nous allons beaucoup fouiner, tapoter des objets pour les faire tomber, et chasser.



En fouinant la maison, nous allons en apprendre plus sur Olive, notre nouvelle maîtresse, ainsi que sur sa maladie. Nous allons également assister à des appels téléphoniques que cette dernière aura avec sa fille. Nous allons, lors de nos déambulations, avoir des phrases qui vont s’afficher et refléter les pensées de Dawn, à la façon de What’s Remain of Edith Finch par exemple. Couplée à celles-ci, une voix dans sa tête, appelée L’Expert de la Nature, va également lui souffler des attitudes à avoir en tant que chat qui se dit sauvage, son instinct en quelque sorte. Cette voix va d’ailleurs donner lieu à quelques parallèles sympathiques entre les actes de Dawn et ceux affichés à l’écran de la télévision du salon de notre nouvelle maison qui diffuse une émission sur les grands félins.



J’ai trouvé très intéressante toute cette dimension qui nous dévoile les sentiments et ressentis du point de vue du chat. C’est le cas par exemple lors des phases de jeu où un jouet domestique devient un véritable poisson vivant dans son imaginaire. Nous découvrirons également son ressenti en tant que chat abandonné qui a perdu confiance en l’humain. Une grande part du gameplay consistera à effectuer des QTE sous la forme de jeu de rythme. QTE qui pourront être refaits si on ne les réussit pas du premier coup. En effet, que ce soit pour se battre, chasser ou sauter sur des emplacements plus dangereux, un jeu de rythme plutôt simple et sans réel challenge apparaîtra à l’écran.



Un Jeu Cat-hartique ?
On comprend à l’affiche de Copycat que les thèmes abordés seront émouvants. C’est d’ailleurs confirmé par un message lors du lancement du jeu nous signalant que des thèmes difficiles vont être traités dans Copycat. Commençons par le nom du jeu, Copycat, qui signifie imposture, copie. Ce nom prend tout son sens au fur et à mesure du récit. Mais en dehors de ce ressort scénaristique, la partie liée au comportement de l’humain face au bien-être animal est également très développée. En effet, dans Copycat, la personne qui souhaite adopter le chat est une dame âgée, malade de surcroît, qui semble avoir des difficultés à se gérer elle-même, donc comment pourrait-elle prendre soin d’un autre être vivant ?

Par ce prisme, on interroge la responsabilité de l’humain à prendre des décisions pour eux-mêmes avant de penser aux conséquences que cela peut avoir sur leur environnement et les autres êtres vivants qui les entourent. Ce sujet est également confirmé par Dawn, dont on connaît les pensées, qui nous apprend avoir été adoptée quand elle était un chaton, puis, suite au désintérêt des enfants de la famille pour elle, s’est retrouvée au refuge. La voilà affublée d’un manque de confiance et d’une grande méfiance envers les humains, qui va se refléter dans sa façon de se comporter avec eux. L’importance de pouvoir s’occuper d’un animal et la responsabilité que cela engendre est mise en avant, entre autres lors de la signature du contrat avec le refuge, ce qui finit d’apporter beaucoup de réalisme quant au sujet choisi par les développeurs.

Un autre thème abordé et très émouvant est l’attachement que peut ressentir un animal pour son maître, ainsi que l’incompréhension qu’il peut ressentir lorsqu’un événement hors de sa portée a lieu. Dans ce cas-ci, Olive, qui est alitée et ne peut plus répondre aux besoins de la chatte, sème l’incompréhension dans l’esprit du petit félin. Il arrivera que l’on doive faire des choix difficiles, à la limite des dilemmes moraux, qui, émotionnellement, peuvent être difficiles selon le vécu de chacun, tant du point de vue de l’humain que du point de vue du félin.

Fauve qui Peut !
J’ai testé le jeu en version anglaise sous-titrée en français. Les menus étaient également en français sauf à certains moments où ils passaient à l’anglais sans raison (rien de dramatique, juste un petit bug à corriger, comme certaines fautes d’orthographe qui se sont glissées çà et là). Côté gameplay, j’ai trouvé que le rythme du jeu était un peu lent et aurait mérité plus de punch, et aurait pu être davantage dirigiste plutôt que de permettre une exploration libre des lieux pour chaque zone. Bien qu’il soit agréable de pouvoir se balader librement, ici les actions et les possibilités restent minimalistes, donc un jeu plus dirigiste aurait pu aider à tenir le joueur plus en haleine.

Cependant, ce défaut ne nuit en rien à l’histoire et à son fond, qui restent eux très intéressants. De plus, certaines ruptures de rythme sont réellement amusantes. Lorsque Dawn se prend pour une panthère par exemple, ou lorsqu’elle rêve, elle se retrouve dans la savane à chasser. Ces moments sont accompagnés d’une musique aux percussions et tambours qui, une fois qu’on les entend, nous permet de comprendre l’état d’esprit de Dawn et accompagnent parfaitement cette nouvelle rythmique de gameplay.

Ces instants sont plus dynamiques et ont une recherche de mise en scène plus poussée, qu’il n’y a malheureusement pas lorsque Dawn est simplement réveillée dans la maison. Les graphismes sont très colorés et rendent une ambiance joyeuse et gaie, qui peut cependant bizarrement contraster avec les thèmes abordés, mais permettent aussi de prendre du recul dessus, plutôt qu’en nous imposant des lieux sombres et déprimants. Les mouvements de Dawn lors de ses déplacements sont bien retranscrits, mon chat s’y trompait en me regardant jouer…

Copycat est une fable pleine d’émotions qui touche à des sujets sensibles et difficiles tout en les saupoudrant de douceur. Le gameplay est un peu chiche par moments mais quelques changements de rythmes parviennent à rendre le jeu plaisant et interpellant.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Sensibilisation sur l’abandon et la « psychologie » des animaux
Attachement à Dawn
Jolie Direction Artistique
Les points négatifs
Rythme un peu lent
Quelques petits bugs




