Brave Bell – Tome 1

Annoncé en fin d’année dernière par Doki Doki, Brave Bell vient de surgir avec panache dans le catalogue de l’éditeur. Série complète en six volumes, Brave Bell nous promet une action débridée sur fond de vengeances et de pouvoirs psychiques. La cloche de la justice retentira chez les libraires à partir du 5 février 2025 et nous avons choisi de répondre à l’appel en compagnie de Sôji, fils de yakuza, parti en croisade contre une mystérieuse organisation.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

La Vengeance dans la peau

Entre le cœur et la justice, les desseins d’un fils de yakuza. Sôji Sanada est un lycéen à l’esprit et au corps affutés, toujours prêt à secourir les gens dans le besoin. Pour autant, Sôji est loin d’être populaire : il est le fils d’un yakuza, le chef de l’un des plus grands gangs de la région, ce qui lui vaut d’être craint et détesté. Mais tout change le jour où il découvre, sur le pas de sa porte, que l’ensemble de sa famille a été tuée. Animé par une soif de vengeance, il est prêt à tout pour retrouver le meurtrier. Une enquête qui va le mener à découvrir de nombreux secrets sur sa famille…

Doki Doki

Brave Bell, c’est le destin de Sôji Sanada, fils d’un chef Yakuza et ostracisé pour cela par le monde qui l’entoure. Doté d’un fort sens de la justice, l’adolescent, choyé par son père et les membres de son clan, ne peut malheureusement pas passer outre la méfiance et la peur qu’il inspire à ses pairs. Déterminé à exaucer le souhait de son géniteur et à mener une vie ordinaire, Sôji est un élève assidu, mais complètement isolé, si ce n’est Koharu, la populaire déléguée qui prend un malin plaisir à interagir avec lui. Tout aurait pu continuer comme ça indéfiniment, si un jour Sôji n’avait reçu un appel en cours d’un des hommes de son père lui intimant de fuir et de ne pas rentrer chez lui.

Une fois la communication coupée, le garçon se rue à la demeure familiale où l’attend un véritable massacre. Son clan entièrement décimé par des adversaires n’ayant laissé aucun indice, si ce n’est un étrange logo, le jeune homme décide de se lancer dans une vendetta sans merci. Afin de glaner des informations sur ses ennemis, il se rend auprès de l’informateur de son père. Tout en essayant de le détourner de son but, il lui apprend que les assaillants font partie d’une organisation nommée Légal Laugh, dont personne ne sait rien, mais dont le pouvoir énorme est plus qu’avéré. Accomplissant la dernière volonté du chef yakuza dont il était aussi l’ami, l’informateur transmet au héros une clé de coffre, dans une banque très spéciale : la Shirogane Safety Box.

Sur place, l’héritier du clan Sanada constate que le coffre contient une enfant nommée Akuri, qui lui révèle être sa sœur. Mais alors que Sôji tente de comprendre ses liens avec la fillette, la banque fait face à une attaque dont la cible se trouve être le contenu de la chambre forte où se trouvent Akuri et son frère. Ce dernier va alors découvrir que sa nouvelle alliée cache des capacités hors du commun. Fort d’une nouvelle famille, Sôji va-t-il entraîner Akuri dans sa vengeance ?

Lisez un extrait de Brave Bell – Tome 1 ici !

Like a Yakuza

Brave Bell est donc un shōnen, mâtiné de surnaturel, qui dépeint la vengeance d’un rejeton de yakuza lancé dans une vengeance suite à l’extermination de son clan tout en entier. Prépublié en 2023 dans le Shuukan Shounen Magazine de l’éditeur Kodansha, la série, déjà terminée en six volumes au Japon, voit un duo à sa conception. C’est en effet à Meeb, scénariste japonais et à Okane dessinateur chinois, que nous devons Brave Bell. Si pour Meeb il s’agit d’une toute première intrigue, Okane lui (où elle nous l’ignorons) est l’auteur d’un one shot intitulé Mimikuri qui a remporté le 107ᵉ Newcomer’s Manga Award de Magazine Pocket (un hebdomadaire web de l’éditeur Kodansha).

Dans cette histoire où un chasseur de monstres demande à une créature capable de prendre n’importe quelle apparence de s’occuper de sa nièce dont la mère est morte, on retrouve des dessins similaires à ceux présents dans Brave Bell, bien que ces derniers soient légèrement plus incisifs dans leur exécution. Les enfants et les femmes présentent un visage assez rond qui leur confère une certaine douceur, parfois contrastant grandement avec leurs caractères ou leurs actions, quand les hommes prennent des traits plus anguleux et durs. Ajoutons à cela que le dessin précis et maîtrisé d’Okane rend les scènes d’actions dynamiques et rythmées à souhait.

Un graphisme soigné donc qui sert à merveille l’histoire concoctée par Meeb, certes peu originale dans son pitch de base. Cependant, au fil des pages, on s’aperçoit que la vraie force de l’auteur, au-delà de décrire une situation qui résonne dans l’actualité, tient dans la construction mentale de ses personnages et dans leur rapport aux autres. Un duo qui risque d’évoluer au fil des tomes pour atteindre une maturité dont ils ne sont déjà pas si éloignés et on est curieux de découvrir ça !

Il n’y a rien qui cloche !

Suite à ma découverte du manga La Romancière et le Mercenaire dont j’avais été enthousiasmée tant par le premier tome que par la suite chez Doki Doki, j’étais impatiente de découvrir leur dernière nouveauté, dont les dessins m’ont par certains côtés rappelés ceux de The Dangers in my Heart. Oh, ce n’est pas tant par le style graphique en lui-même que dans le fait que la rondeur des dessins des personnages cache un comportement parfois totalement à l’opposé de l’apparence mignonne qui transparaît de ces visages ronds. Brave Bell passe donc dans ma catégorie “série à suivre de près”, après juste un petit tome lu, grâce à son histoire faussement banale et ses dessins qui ont su faire mouche.

De plus, j’aime beaucoup le casting, à commencer par Sôji, héritier de yakuza dont il adhère à la vision de code d’honneur et de non-discrimination. Pour autant, il est rejeté pour son affiliation quand il n’aspire qu’à mener une vie ordinaire, loin de préjugés. Certes, le manga offre une vision assez idéalisée d’une famille de yakuza, qui restent dans les faits des criminels. Cela étant, Sôji reste lucide quant à son clan et ne peut reprocher leurs réactions à ses condisciples qui le craignent tout en le méprisant. Il s’est donc par la force des choses construit une carapace en tentant de se persuader qu’il est heureux seul et qu’il n’a pas besoin des autres quand il redoute par-dessus tout la solitude.

Il en devient même incapable de comprendre les liens qui l’unissent à Koharu, persuadé qu’elle ne peut que le mépriser alors que la jeune fille ne cherche qu’à devenir son amie (voir plus ?). Ainsi, les relations de Sôji avec Koharu et Akuri sont intéressantes, car elles devraient s’approfondir dans les prochains tomes et lui donner une tout autre vision de la vie et de sa quête de vengeance. Le pouvoir d’Akuri nommé Divinferno est assez bien trouvé puisqu’en dotant une enfant de la capacité de contraindre n’importe qui à exaucer ses volontés, ils ont placé Divinferno dans un réceptacle innocent capable de faire le bien comme de faire le mal. Une sorte de justice aveugle, inconsciente des conséquences de ses actes autre que celle d’un futur immédiat.

Là encore, Akuri a été entraîné pour ne pas ressentir d’émotions, mais comme tout être humain, cette compétence est ancrée en elle et se manifeste violemment, au risque de lui faire perdre le contrôle et de devenir un danger pour les autres. En un sens, elle me rappelle Château l’héroïne de Love of Kill dont l’insensibilité affichée se fissure au fil de sa relation avec Song Ryang-ha un assassin de génie. Akuri va-t-elle suivre le même chemin et s’humaniser au contact de son frère ? Une question qui ne trouvera sa réponse que dans la suite de Brave Bell et que j’ai hâte de découvrir dans les prochains tomes.

Pour conclure…

C’est sur un excellent premier tome que débute Brave Bell, tant en termes d’intrigue que de dessins. Le duo aux manettes de la série fonctionne très bien, l’un y incorporant un style graphique aussi acéré qu’un poignard et aussi percutant qu’un coup de poing en pleine face, l’autre composant un scénario qui se complexifie en cours de volume et dont les personnages sont charismatiques en diable. Maintenant que les présentations sont faites et les bases posées, il y a fort à parier que l’action va se déchaîner dès le prochain volume dont la sortie n’est pour l’instant pas encore datée et on sera aux premières loges, c’est une certitude !

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