Après un premier tome sorti en début d’année et que j’avais énormément apprécié, je vous propose de découvrir la suite avec le tome 2 paru cet été chez Mangetsu.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.


My Favorite Things
Dans le tome 1 de Kids on the Slope, nous avons fait la connaissance de Kaoru, jeune adolescent qui débarque en province à cause du travail de son père. Au lycée, Kaoru fait la connaissance de Sentaro et de Ritsuko, avec qui il va se lier d’amitié. Très vite, il se découvre une passion pour le jazz, musique qui va les lier tous les trois.
Eté 1966, Kyushu. Depuis son déménagement, Kaoru s’épanouit chaque jour davantage au fil de nouvelles expériences : musicales, avec la découverte du jazz grâce au turbulant Sentaro, et affectives, à travers ses sentiments naissants pour la douce Ritsuko.
Mangetsu
A Change is Gonna Come
Les différentes relations et rencontres vont continuer à se construire dans ce tome 2 de Kids on the Slope. L’accent sera surtout mis sur Sentaro, qui va tomber amoureux pour la première fois d’une jeune fille qu’il a rencontré (et aidé) dans le premier tome, et Sentaro va devoir apprendre à découvrir le sentiment amoureux et composer avec. Kaoru, très enthousiaste pour son ami, va jouer le rôle d’entremetteur. Sentaro va d’ailleurs devoir faire face à une timidité que nous ne connaissions pas… Et ce n’est pas gagné ! D’ailleurs, dans ce tome, Sentaro et Kaoru ont tous les deux beaucoup à apprendre l’un de l’autre. À tous les niveaux.
À ce stade de la lecture, je me suis demandée si le manga allait partir dans la direction assez classique des quiproquos et du triangle amoureux… Et… Bingo ! Nous aurons droit à un triangle amoureux et à des quiproquos en cascade. Mais là où dans un autre manga j’aurais peut-être soupiré, ça n’a pas été le cas ici. Tout simplement parce que l’auteure a la bonne idée de ne pas faire s’étirer cette intrigue en longueur. Ou, du moins, pas l’entièreté… De plus, les personnages sont tellement touchants et attachants que c’est presque douloureux de voir tous ces malentendus s’immiscer entre eux.

Couplé à ces intrigues romantiques, on va explorer un peu plus profondément les relations familiales des deux garçons : Kaoru avec son père peu présent à cause de son travail, et la solitude que ça engendre chez lui, et Sentaro qui, au contraire, vit avec sa maman et ses frères et sœurs dans une maison pleine de vie. Ce contraste va réveiller des sentiments confus.
Je l’avais évoqué dans ma critique du tome 1 de Kids on the Slope, mais l’auteure nous fait vite comprendre que quelque chose cloche entre Sentaro et sa famille, et le côté sombre de Sentaro va d’ailleurs refaire surface de temps à autre, ce qui nous laisse vraiment, en tant que lecteur, avec une curiosité que l’on a envie de voir épanchée. Le tome 2 va revenir dessus en nous faisant comprendre que beaucoup de personnages semblent au courant des difficultés que traverse Sentaro avec sa famille, sauf nous, lecteurs et lectrices, ainsi que Kaoru. Evidemment.
Malgré tout cela, Kids on the Slope n’oublie pas son thème de prédilection : le jazz. La musique restera un élément important de l’œuvre et ne perdra pas en intérêt malgré les différentes intrigues qui commencent à prendre place autour des différents personnages. Régulièrement, Sentaro et Kaoru se retrouvent dans le sous-sol du magasin de disques du père de Ritsuko pour faire des sessions de jazz. Lors de l’une d’elles, Jun, un autre membre du groupe, les invite à venir se produire sur scène dans le bar dans lequel il travaille. Les deux amis acceptent, et à partir de là ils vont s’entraîner quotidiennement avec acharnement pour être au top lors de la représentation. La fin du tome se termine comme le premier, avec une petite histoire courte et mélancolique, indépendante de l’intrigue principale.

Mais l’arrivée de la belle Yurika pourrait bien bouleverser l’équilibre fragile qui unit les trois adolescents…
Mangestu
In a Sentimental Mood
La patte graphique est identique au tome 1, toute en finesse, en élégance, avec des expressions et des émotions bien retranscrites. Les planches sont aérées et dynamiques, surtout lors des sessions de jazz, qui sont un vrai plaisir pour les yeux. L’ambiance de la fin des années soixante couplée au jazz et aux personnalités des protagonistes lui donne une ambiance remplie de douceur, hors du temps.

Round Midnight
Tout comme pour le premier tome, c’est un réel plaisir de retrouver Kaoru, Sentaro et Ritsuko dans ce tome deux de Kids on the Slope. J’aime toujours autant la dynamique des différents personnages, leur style, les relations qu’ils créent entre eux et les intrigues qui émergent. De plus, on approfondit certains pans de leur personnalité et de leur histoire qui sont très intéressants et donnent envie d’en savoir toujours plus.

Le tome deux de Kids on the Slope est une réussite, tout autant que le premier. On retrouve la mélancolie propre au style du manga avec l’ambiance de la fin des années soixante, les sessions de musique, les intrigues des différents protagonistes, et encore plus l’envie de mettre un casque pour partager en même temps qu’eux cette passion dévorante pour le jazz.




