Blue Prince

Blue Prince est le premier jeu du studio indépendant Dogubomb. Il s’agit d’un savant mélange de roguelite et de puzzle aventure. Vous y incarnez Simon, l’héritier du Mont Holly, une bâtisse aussi gargantuesque que mystérieuse. Mais pour en assumer pleinement la propriété, l’ancien propriétaire nous a mis au défi de trouver sa 46ème pièce. Seul hic : le manoir change sa configuration chaque jour ! Le jeu est disponible le 10 avril sur PlayStation 5, Xbox Series X et S, et sur PC via Steam.

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Au moment de la rédaction de cet article, le jeu est disponible exclusivement en anglais. Certaines énigmes nécessitent une compréhension relativement avancée de la langue.

Bienvenue au Mont Holly

Quand on pense à un manoir, on s’imagine souvent une bâtisse interminable, labyrinthique. Blue Prince pousse ce concept encore plus loin. Le Mont Holly, théâtre du jeu, est un enchevêtrement de pièces hétéroclites. Et comme si cela ne suffisait pas, ces salles semblent changer de place à chaque lever de soleil ! Mais ce n’est là que la partie visible de l’iceberg, car ce manoir a de nombreuses histoires à nous raconter…

Si cela vous rappelle un peu les jeux rogue-like, ce n’est pas un hasard. Blue Prince ne contient pas d’action ni combat, mais propose une autre forme d’expérience reposant sur l’aléatoire. Et surtout, sur sa manipulation. En poussant chaque porte, notre protagoniste pourra choisir parmi trois plans de pièces. La pièce choisie sera alors dessinée sur le plan, et apparaîtra presque comme par magie. Le hic ? Rien ne garantit que ces pièces nous permettrons d’avancer dans les profondeurs du Mont Holly.

Entre corridors, culs-de-sac, chambres à coucher et salles utilitaires, Blue Prince ne propose jamais deux fois le même manoir. Le but ultime reste d’atteindre l’Antichambre, qui donnerait supposément sur la 46ème pièce. C’est là la condition imposée par feu notre grand-père, l’ancien hôte, pour hériter du Mont Holly. Mais le manoir ne va pas se laisser faire. Entre architecture changeante, impossibilité de conserver les objets trouvés et énigmes, il va falloir faire preuve de stratégie.

Home, not so sweet Home

Les pièces du manoir sont donc les stars incontestées de Blue Prince. Il en existe plusieurs types, toutes ayant leur utilité relative. Relative d’abord à notre volonté de progresser dans le Mont Holly. Chaque pièce dessinée contient un certain nombre de portes, permettant de poursuivre notre exploration. Il peut ainsi être tentant de prioriser les salles avec beaucoup de portes. Mais souvent, ce sont les salles avec moins de sorties qui vont venir nous intéresser.

Le Recoin, par exemple, contient forcément une clé. Même si sa configuration va nous obliger à tourner, le risque en vaut largement la chandelle. D’autres pièces similaires apportent certains bénéfices : pièces d’or, énigmes, pas supplémentaires, entre autres. Car explorer le Mont Holly n’est pas de tout repos ! Simon, notre personnage, dépense un Pas à chaque fois qu’il franchit le seuil d’une pièce. Chaque journée commence par défaut avec 50 Pas. Bien que le Mont Holly ne fasse “que” 45 pièces en théorie, un détour est vite arrivé.

Bien que Blue Prince ne comporte pas d’action, le jeu ne compte pas nous laisser explorer sans résister. Lors des phases de dessin, il arrive que des salles rouges soient nos seules options pertinentes. Or, ces salles sont synonymes de malus ! Le Gymnase consomme deux Pas rien qu’en le franchissant. La Salle sombre nous empêche de voir les options de dessin quand on s’y trouve. L’Église prélève une pièce d’or à chaque passage, et bien d’autres encore.

Le petit prince / architecte

Pour autant, en bonne inspiration rogue-like, Blue Prince repose sur des synergies. Même les salles rouges peuvent trouver leur place dans notre plan d’architecte. En effet, de nombreuses salles et objets interagissent entre eux. Être en possession d’une pelle nous pousse à privilégier les salles vertes, regorgeant de trous à creuser. La salle rouge du Four, bien que dangereuse, permet aussi de monter la température du manoir. Le transformateur électrique est un cul-de-sac, mais l’occasion parfaite d’ouvrir ce Garage récalcitrant.

Le plus dur dans Blue Prince, c’est finalement de savoir où donner de la tête. Car il ne suffira pas bêtement d’atteindre l’Antichambre. En marge de notre fil rouge, certaines synergies permettent de débloquer certaines améliorations de manière permanente. En trouvant le code de ce cadenas juste à côté de notre campement de fortune, Simon pourra commencer chaque journée avec 20 pas supplémentaires par exemple.

Il est également possible d’améliorer certaines salles du Mont Holly, et même d’en ajouter de nouvelles au catalogue. Il faudra rester à l’affût et régulièrement adapter ses plans à ces trouvailles quotidiennes. Car une fois Simon épuisé ou complètement bloqué, il faudra attendre le lendemain pour retenter l’exploration dans un manoir complètement transformé. Certaines salles reposent entièrement sur ce concept. Le Courrier, par exemple, arrive uniquement si la salle a été dessinée la veille.

Mon avis sur Blue Prince

Blue Prince est un jeu avec plusieurs épaisseurs. Mes premières heures étaient faites d’errance, de découvertes pas toujours comprises. Le jeu nous suggère très vite de noter sur papier les indices disséminés ! Et ce n’est pas de trop, car de nombreuses énigmes reposent sur notre compréhension accrue du Mont Holly. Ce qui apparaît au départ comme de la décoration prend vite un tout autre sens par exemple.

Je reste volontairement un peu vague, car je trouve que le jeu se savoure nettement plus à l’aveugle. Je n’ai pas pu me référer à un guide vu que le jeu n’est pas encore sorti, et j’ai donc dû persévérer. Et je ne regrette pas : j’ai eu de véritables moments “Eurêka” ! Je ne vous ferai donc pas l’affront de vous spoiler ici… Mais j’ai beaucoup apprécié la manière dont le jeu, comme Outer Wilds ou Tunic, nous fournit les pièces du puzzle dès le début. Tout est question de les mettre dans le bon sens, tout comme notre plan du Mont Holly finalement.

Dépendamment de votre capacité à percer ses mystères, Blue Prince pourra donc vous occuper de nombreuses heures. On ne se lasse pas trop de son style graphique cell-shading, et quelques morceaux d’ambiance viennent ponctuer nos explorations. Pour peu que vous aimiez les histoires à reconstituer petit à petit, vous allez vite trouver quoi faire. Cependant, comme précisé au début de l’article, notez bien que le jeu est exclusivement disponible en anglais pour le moment. Une barrière à la compréhension qui peut être rédhibitoire, tant le jeu repose sur un vocabulaire complet.

Pour conclure…

Blue Prince est une très belle surprise pour les fans de puzzle. Je sais que le Mont Holly n’a pas fini de me livrer tous ses secrets, et je vais y replonger dès cet article terminé. Pour un premier jeu, Dogubomb met la barre haute. Si votre anglais vous le permet, je vous le recommande les yeux fermés.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

La nature très rejouable

La satisfaction de recoller les morceaux du puzzle

Les salles et leurs secrets

Les points négatifs

L’absence de traduction française

Aucun système d’indice

Vous devriez Lire aussi
Wolfenstein: Youngblood

Dans le même genre

Laisser un commentaire

En savoir plus sur GeeksByGirls

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture