
Xenoblade Chronicle X : Definitive Edition est le remake du jeu du même nom sorti en 2015. Ce dernier s’inscrit dans la lignée des RPG en monde ouvert. Bien que portant le même nom que la série des jeux commencés en 2010, celui-ci se passe sur une autre timeline. Mais aussi un autre univers. Promettant de reprendre le flambeau du premier jeu. C’est donc 10 ans après la sortie du titre sur Wii U que les joueurs Switch peuvent le découvrir.
Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.
La fin du monde
Notre histoire dans Xenoblade Chronicle X commence sur Terre. Ou presque. Notre belle planète bleue se retrouve prise au milieu d’une guerre. Deux races extraterrestres se livrent bataille, cette dernière étant fatale pour la boule bleue. C’est donc dans un élan de désespoir, et avant que notre belle planète ne disparaisse en morceaux, que les humains ont envoyés des colons. Plusieurs arches sont alors envoyées pour coloniser de nouvelles planètes. Très peu d’entre elles parviendront à passer.

Par chance, la nôtre aura du succès. Dénommée “Blanche”, nous passons au travers des lignes ennemies. Et, après plusieurs années de voyage, nous nous écrasons sur une nouvelle planète. Une chance pour nous, celle-ci, bien que peuplée de créatures plus ou moins hostiles, est habitable. Petit à petit, l’humanité se construit autour de cette arche. C’est à ce moment que notre histoire commence.


Alors que nous sommes dans notre cryopod, deux soldates nous retrouvent et nous en libèrent. L’atterrissage forcé nous ayant plus ou moins laissés pour mort au milieu de nulle part. On en profite pour découvrir notre nouvel environnement. Nos premières créatures, ainsi que le combat. Très vite, nous sommes alors présentés au BLADE. Les forces de sécurisation de la ville, le groupe étant là pour augmenter les chances de survie de tout le monde. Et c’est ainsi que nous faisons nos premiers pas dans ce nouveau monde.
Nos premiers pas
À première vue, le jeu semble assez simple. On nous introduit le système de combat. Au début assez simple mais long. On observe notre personnage taper, encore et encore. Il faut avouer que les premiers combats sont très lents. Xenoblade Chronicle X semble assez mou. Mais il ne faut pas se fier à la première impression et progresser. Très vite, le jeu nous rajoute de nouvelles commandes. Au début, au travers de compétences appelées “Art”. Puis avec des systèmes de combat, doucement remplissant notre barre.
Pour déclencher un sort, il suffit que celui-ci soit rechargé, il est alors activable en le sélectionnant. C’est à ce moment que commence notre plus grande épreuve : switcher d’un sort à l’autre. J’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé de raccourci. Il n’est pas non plus possible d’utiliser le tactile pour gagner en rapidité. C’est comme si le jeu avait été développé pour du tactile. Ceci peut s’expliquer avec son support d’origine. Le jeu devait sûrement profiter de l’écran de la Wii U. Malheureusement, cette fonction ne semble pas être possible sur la Switch.



Ce système rend le jeu assez compliqué par moments et les combats brouillons. Il y a beaucoup trop de choses à gérer avec la croix directionnelle. Sans compter qu’il faudra aussi l’utiliser pour d’autres actions comme les ordres, ou encore utiliser une série de touches pour le ciblage. Plus on avance dans le jeu, et plus il demande de réactivité pour être efficace. Concluant par moments à quelques morts à cause de ça. On arrive tout de même à s’en sortir, mais il aurait fallu un système adapté. Ou alors certains raccourcis ne sont pas expliqués.
Des combats complexes
Comme nous avons vu un peu plus haut. Les combats dans Xenoblade Chronicle X à première vue semblent simplistes. Mais, très vite, ils se complexifient. Pour le meilleur et le pire. Au-delà du système un peu brouillon sur Switch, on aura petit à petit accès à de nouvelles fonctionnalités.
Commandement
Le premier est le menu de commande. Celui-ci s’ouvre en appuyant sur le +. Il permet de donner des ordres au groupe, mais aussi à chaque membre. Ou encore d’utiliser des objets. Ce menu est assez peu ergonomique. Déjà, utiliser un objet demande de faire flèche vers la gauche, puis de chercher l’objet dans une liste pour l’utiliser. Oubliez donc tout usage dans la panique. Pour ne pas aider, il arrive que ce menu subisse un peu de latence. Et n’ayant pas la possibilité de choisir des ordres de base, il faudra refaire les ordres à chaque combat. Je conseille pour ma part le mode “tir concentré” qui permet de faire un focus sur notre cible.

C’est dommage car le système de commandement est du coup très sommaire. On aurait pu imaginer un système de “programmation” de nos alliés. Un système présent dans Final Fantasy XII par exemple. Ce dernier utilise un système de combat assez similaire au final. Cela donnerait clairement un avantage sur les combats. Et permettrait de relever de plus grands défis.
Finalement, nos alliés sont souvent une source de stress dans Xenoblade Chronicle X. Leurs placements sont assez aléatoires, par moments nous ramenant toute la map. Même leur demander d’être à distance ne suffit pas. En plus de réduire leur potentiel, ces derniers tournent autour du monstre et nous créent toujours plus d’agro sur certaines zones.
Combos et synergies
Durant les combats, il sera possible de faire des combos, et d’avoir des synergies entre nos Arts, mais aussi entre nous et nos alliés. C’est à ce moment que le système de commande est le plus handicapant. Tout d’abord entre nos Arts. Certains auront des conditions supplémentaires, ces dernières augmentant leur efficacité. On retrouvera par exemple des conditions telles que “l’ennemi vous cible”. Ou encore “après avoir utilisé une compétence au CaC”. Si on respecte ces conditions, alors notre attaque sera plus efficace. Cela ajoute une réelle stratégie dans les combats, mais aussi dans le choix de nos Arts.


Pour ce qui est des combos entre nos combattants, c’est un peu plus obscur. Xenoblade Chronicle X nous fait interagir avec les membres de notre groupe. Il arrive qu’utiliser une compétence permette de renforcer celles de nos alliées. Et inversement. Ces derniers sont des interactions aléatoires, souvent exprimées au travers d’une bulle de dialogue. À ce moment, le sort correspondant se met alors à clignoter avec des barres autour. Il faudra alors utiliser l’un des sorts concernés. Ceci se fait par type. Il est donc important de choisir nos Arts, mais aussi ceux de nos alliés pour créer des synergies. En effet, si nous disposons uniquement de compétences au corps-à-corps orange et nos alliés aucune, alors aucuns combos ne se déclenche. Ne pas en avoir est un énorme handicap.
En plus d’améliorer notre attaque, chaque combo nous redonnera de la vie, ainsi qu’à l’allié qui l’a déclenché. Il faudra donc en abuser car elles assurent notre survie. Il arrive qu’un enchaînement de ces dernières remonte entièrement notre vie. Et nous sauve d’une fin funeste. En plus de ces combos, il arrive qu’un QTE demandant d’appuyer sur B apparaisse. En cas de réussite, il nous donne un bonus augmentant le taux d’apparition de ces synergies, en plus de nous redonner aussi de la vie à chaque réussite.
Ciblage et faiblesses
Pour finir avec le système de combat, il propose quelques éléments de ciblage. La touche R permet de cibler un ennemi, en général celui indiqué par le message “cible”. Celui-ci est par moment hasardeux, qui plus est en combat. Dans l’ensemble, cela reste assez gérable. Il est assez rare de devoir changer de cible en cours de combat. La plupart du temps, cette erreur se fait lorsque l’on souhaite cibler une partie cassable de l’ennemi.
Il est en effet possible de cibler certaines parties des ennemis. Il suffira d’appuyer sur R+A. En cas de raté, si on utilise R seul, on ciblera alors un monstre dans le champ de vision. Et il faudra repasser toutes les cibles jusqu’à retrouver notre cible principale. Avec un peu d’entraînement, ce petit souci d’ergonomie reste anecdotique.
Une fois le switch de cible pris en main, un nouveau monde s’ouvre à nous. On peut par exemple couper les queues des monstres, casser leurs armes ou autre moyen de leur faire mal. La résistance de chaque partie est représentée par une deuxième barre jaune. Une fois celle-ci à 0, la partie est brisée. Il est donc intéressant de s’acharner sur certaines parties. En plus de pouvoir stun, ou faire tomber certains ennemis, c’est un système qui marche et apporte un peu plus de stratégies dans les combats.
Les skells
Ah ! Les Skells. Mis en avant très vite dans Xenoblade Chronicle X, il faudra compter une bonne vingtaine d’heures pour enfin mettre la main sur une de ces machines. Le chemin pour y accéder va être long. Il faudra tout d’abord finir le chapitre 6 de l’histoire principale, puis de passer le permis de Skell. Celui-ci demandera d’accomplir plusieurs petites missions au travers de la carte.



Une fois fini, on nous offre notre premier Skell. Et là, c’est le déluge de textes tuto. On nous balance tout d’un coup : ce qu’est un Skell, comment s’en servir, l’équiper et j’en passe. On nous explique aussi qu’en cas de destruction, un système d’assurance permet d’en récupérer un à moindre coût. Dans le cas contraire, il faudra sortir une grosse somme de matériaux pour retrouver notre Skell.
Et quel plaisir une fois ce dernier en notre possession. Il peut flotter au-dessus de l’eau, se transformer en voiture pour parcourir de longues distances, sauter et atteindre des endroits en hauteur… Bref, il comble tout ce qui était fastidieux lors des vingt premières heures. Il est bien sûr possible de descendre de notre Skell. Ceci permet d’explorer à pied dès que c’est nécessaire, mais aussi pour certains combats. Les Skells ne peuvent pas cibler de petites parties de monstres. Mais pas de panique. Si on s’éloignait trop de notre Skell, il est possible de se téléporter dessus et de gagner du temps.


Pour ce qui est du combat, pas de surprise. On retrouve le système qu’on a déjà pas mal utilisé, à la différence qu’on est sur un mecha beaucoup plus puissant et résistant que nous. On retrouve des compétences, et un équipement composé de deux armes ainsi que de pièces d’armure.
Un monde à explorer
Le monde de Xenoblade Chronicle X est vaste. Un territoire gigantesque à explorer et découvrir, divisé en plusieurs grandes régions. Notre aventure nous demandera d’explorer et de compléter plusieurs objectifs. Chaque zone est découpée en hexagones, chacun d’eux comportant un objectif. Une fois ce dernier rempli, il est alors exploré.
On y retrouve notamment le placement de sondes, mais aussi l’élimination d’un Tyran, un monstre plus puissant que la moyenne, représenté par une décoration autour de son niveau. On aura aussi à récupérer des ressources, ou encore des éléments étranges comme des plantes, ou encore de la bouse. Pour finir, il y aura certaines tuiles qui demanderont d’accomplir des quêtes. Mais nous y reviendrons.



Avancer dans l’exploration de la carte apporte différents avantages. Le premier étant de débloquer des téléporteurs. Cela donne aussi des récompenses palier. Mais surtout, l’accès aux sondes. Il sera alors possible de leur demander de récolter certaines ressources, ou encore des crédits de façon passive. Il sera aussi nécessaire d’atteindre certains niveaux d’exploration pour accéder à certaines quêtes.
Une pluie de quêtes
S’il y a une chose dont Xenoblade Chronicle X a à foison, c’est bien les quêtes. Divisées en trois catégories, ces dernières donnent énormément de choses. Tout d’abord, de l’expérience, et des récompenses. Mais aussi des avantages, et l’accès à certains éléments et fonctionnalités. Divisées en différentes catégories, on aura en bleu les quêtes de base, en vert les quêtes normales, en orange les quêtes d’entente, et pour finir en rouge la quête principale.
Les quêtes de base (en bleu) et les quêtes normales (en vert) sont un peu des objectifs secondaires. Rapportant des récompenses, on peut en déclencher autant que l’on souhaite. Récupérables soit au panneau des missions pour celles de base, soit sur la carte pour les vertes, celles-ci demanderont de récolter, ou tuer des monstres la plupart du temps. Les vertes apportent un peu d’histoires en plus. Ces dernières permettent de découvrir de nouveaux personnages, ou peuples. Et même de créer quelques liens.


Mais ce sont lors des quêtes d’entente que cette vision est mise en avant. Il n’est possible de prendre qu’une seule quête d’entente (en orange) ou histoire (en rouge). Ce choix est par moments handicapant. Si on prend une quête sans pouvoir la compléter, il faudra alors évoluer pour la finir. L’abandon n’étant pas possible le temps de faire d’autres objectifs. Ces objectifs permettent de créer des liens entre les personnages, donnant accès à des boutiques, des héros, ou encore à de nouveaux alliés. Les faire apporte énormément à notre aventure. Elles sont trouvables au travers de la carte, pour beaucoup dans le Blanche.
Bien évidemment, on finit avec les quêtes principales. En rouge, celles-ci font avancer l’histoire principale. Souvent accompagnées de conditions d’explorations, ou d’objectif avant de pouvoir être prises, elles sont en général des paliers pour débloquer de nouvelles fonctions. Il faut par exemple finir le chapitre 6 pour accéder à la quête du Skell.
Un monde vivant
Passons maintenant au monde en lui-même, sa faune, sa flore. Et il faut admettre que le jeu est vaste, très vaste. Peut-être même trop vaste. Le remaster, comme beaucoup sur Switch, fait cheap. Les textures sont un peu vieillissantes. Pas de HD, ce qui rend le résultat plutôt mitigé. Certaines créatures ou décors sont sublimes, quand d’autres sont des textures étirées un peu moches. On se retrouve avec un contraste entre vastes décors impressionnants et zones quasiment vides. Il reste que le jeu est quand même joli, et la diversité des zones et des monstres est plus qu’appréciable.
Lors de nos explorations, on pourra trouver donc une quantité impressionnante de créatures, mais aussi récolter. Représenté par de petits cristaux, il suffira de passer dessus pour récupérer la ressource. Cela évite de devoir s’arrêter encore et encore. C’est plutôt positif. Mais le HUD, quant à lui, vient tout gâcher. Pour moi, il est trop présent. Il y a énormément d’éléments affichés à l’écran. Entre les niveaux des monstres, le “Cible R”, mais aussi comme l’affichage d’un texte pour les ressources. Texte dans une langue inconnue ou illisible, rendant inutile cet affichage supplémentaire. Cela nuit un peu à l’immersion. On ajoute à ça la mini-map et voilà, notre écran est saturé. Sans compter lors des combats l’énorme barre de compétences. Si on joue sur l’écran de la Switch, cela réduit énormément notre affichage.


Autre élément et non des moindre que l’on constate est la mixité des niveaux et créatures dans une zone. Pour commencer, le cycle jour / nuit permet d’avoir des créatures spécifiques à certaines heures. Cette partie est un bon point. Il est possible notamment de changer l’heure via certains bâtiments, une chance sachant que la nuit les ennemis sont souvent plus redoutables. Par contre, certaines zones ont aussi une mixité de niveau. Il arrive qu’un grand monstre soit beaucoup plus haut niveau, et donc de voir un niveau 55 dans une zone 20. Mais par moments, c’est toute une bande de monstres niveau 40 qui nous barre la route vers notre quête principale niveau 20. Cette mixité semble dénuée de logique, et rend la progression par moment chaotique.
Une durée de vie monumentale
Sans surprise, avec autant d’éléments, le jeu est long, et sa durée de vie est très longue. Après 20h de jeu, j’ai fait environ la moitié de l’histoire principale. Une petite partie des quêtes et de l’exploration. On retrouve notamment sur How long to beat une moyenne d’une cinquantaine d’heures pour l’histoire principale, plus d’une centaine si on veut tout compléter au mieux.
Entre les éléments cosmétiques, les quêtes, l’exploration et la découverte de tout ce qui peuple cette planète, le jeu propose un vaste choix de possibilités. Il reste assez juste malgré quelques petits soucis d’ergonomie sur la version Switch. On se perd très vite sur la carte gigantesque. Carte un peu compliquée à lire à cause de l’abondance de marqueurs. On reste sur un titre qui est largement au-dessus de la norme en termes de durée de vie.
Ce remaster de Xenoblade Chronicle X sur Nintendo Switch nous offre énormément. Déjà, il peut être une découverte de la série par un épisode riche, sans pour autant devoir trouver une Wii U. Avec une durée de vie assez énorme. Une bonne façon de découvrir le jeu. Pour ceux qui le possèdent sur Wii U, il est peu probable qu’il soit une grande découverte. On reste tout de même un petit peu sur notre faim. Les textures auraient mérité pour certaines un vrai remaster. L’ergonomie et les commandes aussi auraient pu être un gros plus. Il reste que j’y ai passé un bon moment et qu’il m’a tenu, me donnant envie de découvrir toujours plus.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Durée de vie énorme
Un monde magnifique
Un bestiaire gigantesque
Flexibilité des builds
Beaucoup de lore secondaire
Les points négatifs
HUD très envahissant
Beaucoup de textures basse qualité
Mixité de niveau dans les zones bas niveau
Longueur des phases de grands
Interface plus adaptée a du tactile




