
3 personnes seulement, c’est le nombre de développeurs principaux qu’il a fallu pour Bleak Faith : Forsaken. Ce souls-like, avec des notes de RPG en monde ouvert, prend place dans un mélange d’univers, entre le techno punk et le médiéval, ce qui change de l’habituel monde de dark fantasy pour ce genre de jeux. Qui plus est, il ne vous prendra pas par la main lors de votre exploration de ce monde très original. Plus ou moins un an après sa sortie sur PC, c’est au tour de la version pour console de voir le jour. Je vous emmène avec moi à la découverte de ce die and retry indépendant.
Ce test a été réalisé sur une version Xbox Serie X fournie par l’Éditeur.
Megalo-Lithique
Bleak Faith : Forsaken nous emmène dans les vestiges d’une civilisation, l’Omnistructure, au style techno punk très sombre. Notre personnage est un rescapé qui va évoluer dans cet open world dangereux et hostile. Au fur et à mesure de notre exploration, nous allons découvrir l’histoire de ce monde, mais aussi les créatures qui le peuplent. Nous allons également rencontrer divers PNJ, et faire évoluer notre personnage.

Elden Fringe
Comme dit plus haut, Bleak Faith : Forsaken ne va pas vous prendre par la main. Sur aucun aspect. Tout d’abord, le tutoriel va être minimal et expéditif (à mon goût). Pour les personnes qui sont peu habituées à ce genre de jeu mais qui aimeraient se lancer (ce qui est mon cas), cela peut vraiment les rebuter. En règle générale, j’ai trouvé que le jeu ne rendait pas la tâche facile aux personnes qui aimeraient découvrir un souls-like, c’est dommage de se priver d’une éventuelle nouvelle audience et de se cantonner aux habitués du genre. D’autant que certaines mécaniques vont rester floues, comme les homunculus ou le scanner par exemple, mais nous y reviendrons plus tard.



Souls-like oblige, nous serons exempts de carte. Ici, l’exploration se fera à l’instinct, selon vos envies du moment. Aucun tracé ne sera affiché, aucune quête, rien. Même l’ATH se fait discret et n’apparaît qu’en mode combat. Ce manque d’information peut dérouter si l’on est habitué aux RPG classiques, plus dirigistes, mais devrait vous ravir si vous êtes consommateur(ice) des Dark Souls ou tout simplement si vous aimez l’exploration pure et dure, ainsi que vous déplacez où bon vous semble, surtout que l’univers proposé est réellement intéressant et donne envie d’être exploré.


La liberté offerte par Bleak Faith : Forsaken est indéniable. Et une chose est sûre, le monde pousse à l’exploration et nous suggère de sortir des sentiers battus. Comme dans Elden Ring par exemple, on peut apercevoir certaines structures au loin (comme une échelle, un escalier, voire un monument, ou encore une structure intrigante) et se donner pour but de s’y rendre. Ce qui nous amène à un petit point noir concernant les déplacements et la manette. Le jeu étant sorti sur PC il y a plus d’un an, on sent que l’optimisation pour la manette n’est pas à son paroxysme et que le clavier-souris reste la meilleure façon d’y jouer. Ainsi, le calibrage des sauts par exemple reste compliqué, ainsi que le retour haptique de la manette qui ne semble pas avoir été une priorité des développeurs…


Cela nous amène à l’autre point principal : les combats. Centrés sur le timing, ces derniers se basent sur l’attaque (légère ou lourde), l’esquive et la parade. Sans oublier la possibilité de grimper sur les ennemis plus imposants pour attaquer leurs points faibles. Chaque mouvement nous coûte de l’endurance (qui fond comme neige au soleil), donc chaque mouvement inutile peut coûter cher, il conviendra donc de les rentabiliser au mieux. En plus de ces mouvements de base, nous aurons toute une panoplie de capacités qui vont se débloquer au fur et à mesure, ainsi que des points de compétence à dépenser dans les stats de base, pour nous faciliter les combats et faire évoluer notre personnage. À cela va s’ajouter le loot qui va nous permettre de récolter divers bonus, des cristaux par exemple, qui vont nous octroyer un pourcentage de vie, d’armure ou d’endurance supplémentaire.


Malgré tous ces attributs, les combats ne sont pour autant pas faciles. Loin s’en faut. De plus, lors des combats contre les boss, je n’ai pas réussi à aller dans mon inventaire. Nous pouvons nous équiper de 2 potions à la fois, même si dans notre inventaire nous en avons beaucoup plus. Lorsque ces dernières sont consommées… nous n’avons pas accès aux autres, qui restent bien sagement rangées. Alors que dans la plupart des jeux, elles disparaissent complètement lorsque nous avons utilisé toutes les fioles (inventaire compris), peu importe leur nombre… J’ai trouvé que cette mécanique compliquait inutilement le gameplay et les combats, même si cela ajoute indéniablement du challenge à ces derniers.

Homuncu-Lust For Life
En parlant de difficulté, j’aimerais revenir sur les points plus obscurs, que j’ai personnellement eu du mal à appréhender par manque d’explication et de mise en contexte : tout d’abord, l’homunculus. L’idée est originale : il s’agit d’un checkpoint portatif sous la forme d’un cocon humain. Là où ça se gâte, c’est qu’on ne peut en activer qu’un seul à la fois. En fait, il y a des points clés dans la map où ils apparaissent naturellement, ces différents points servent de balises pour les voyages rapides. À partir de là, on peut en créer une copie, un mirage, que l’on peut emporter avec nous, pour le poser à divers endroits.

Par contre, lorsque l’on voudra le poser à un autre emplacement, il ne faudra pas oublier d’emporter avec nous le précédant, sous peine de renaître au point de départ du jeu si l’on meurt malencontreusement (et ça arrive souvent, croyez-moi). Par exemple, lors d’un combat avec un boss, si l’on meurt et que l’on n’a pas d’homonculus tout près, il est possible qu’il faille refaire le chemin complet jusque-là… (oui, ça sent le vécu…). La seule façon d’en avoir encore un de stock sans aller rechercher le précédent, c’est en trouvant un homonculus original duquel il sera possible de créer un nouveau mirage. De plus, il est également impossible de les placer trop près d’un boss ou lorsqu’il y a des ennemis aux alentours.

Autre point obscur : nous avons également la possibilité de scanner le monde alentour. Cela nous permet, d’après le tutoriel, de visualiser des choses cachées du monde réel. Mais à l’heure actuelle, je n’ai pas encore bien compris s’il avait une utilité particulièrement ludique (mis à part pour trouver des morceaux de journaux invisibles qui nous en apprennent plus sur le monde et le lore mais dont la recherche devient alors plus fastidieuse qu’autre chose), peut-être qu’elle se révèle plus tard dans le jeu. Le menu est somme toute classique, avec un onglet pour l’équipement de notre personnage, un onglet pour le lore, un onglet pour les techniques et capacités, et également un onglet de craft. En effet, nous pouvons créer diverses potions à l’aide des ressources que l’on trouve dans le monde ou lorsque l’on tue un ennemi.



Un Art-Senal Un Peu Sénile
Bleak Faith : Forsaken se pare d’une direction artistique incroyable, très inspirée du manga Blame. Le côté technologie est accentué par le menu dont le texte, en blanc, et se dote d’une abération chromatique très cyberpunkienne lorsqu’on le sélectionne. L’environnement est gigantesque et nous laisse supposer que la civilisation d’alors devait être très puissante et très évoluée. Nous avons de magnifiques structures flottantes, en pierre ou en métal, à perte de vue, tant vers le ciel, que vers le bas.



Les différents designs, que ce soit notre personnage, les ennemis ou les boss, sont très créatifs et recherchés, dignes d’un Elden Ring, qui est d’ailleurs, je pense, l’une des inspirations majeures des développeurs, avec le travail de Tsutomu Nihei (en témoigne la pochette du jeu). Le design des skins de Bleak Faith : Forsaken et des différentes armes sont également fournis et recherchés. Cependant, malgré tous ces bons points, j’ai trouvé que la version Xbox Series manquait de détails, de netteté, et d’une qualité au niveau d’une nextgen, ou qui pourrait du moins s’en rapprocher.


Pour être tout à fait honnête, visuellement, je l’ai trouvé désuet, entre autres avec de petits détails maladroits, comme les armes qui flottent derrière lui plutôt qu’accrochées dans son dos ou plus simplement les gigantesques tuyaux que l’on parcourt, qui se présentent très polygonaux dans leur rendu, là où ils auraient été beaucoup plus lisses et courbés dans d’autres jeux. Certes, cela n’influence en aucun cas le gameplay, mais personnellement, ce genre de détail peut me sortir de l’immersion. De plus, le jeu étant sorti sur PC il y a un an, j’ai été voir des walkthroughs du jeu, et la qualité sur PC est nettement supérieure.


Concernant la musique, aucun thème majeur ne ressort. Nous avons une simple mélodie, très discrète, en fond pendant l’exploration, ainsi que des chœurs pour les moments plus rythmés et épiques. Pour ma part, j’ai joué avec une version en anglais sous-titrée anglais uniquement, je ne pense d’ailleurs pas que des sous-titres français soient à l’ordre du jour à l’heure où j’écris ces lignes.

Ce souls-like RPG en monde ouvert est à découvrir si vous êtes adepte des jeux de type die and retry, que vous aimez les défis et découvrir les mécaniques par vous-même plutôt qu’être pris par la main. Bleak Faith : Forsaken est dense et généreux pour qui prend la peine de l’explorer de fond en comble. La direction artistique vaut à elle seule le détour, avec ses architectures titanesques ou encore les designs des différents boss. Pour le gameplay, vous n’aurez pas vraiment de surprise tant que vous arrivez à gérer l’endurance et les temps de latence de réaction de notre personnage. Les boss sont redoutables et ne vont pas nous rendre la tâche facile. Cependant, l’optimisation de la manette pourrait être améliorée, car elle non plus ne va pas nous aider… De plus, la taille humaine de l’équipe de Bleak Faith : Forsaken et leur passion évidente pour leur jeu nous fait oublier les quelques défauts. Pour les amateurs du genre, je pense que ça vaut vraiment la peine de lui laisser une chance.
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Direction artistique soignée
Reprend les codes des souls
Monde Original
Les points négatifs
Manque de directives sur les différentes fonctions
Pas de traduction française
Optimisation manette




