After God – Tome 6

Tandis que le rythme de parution se ralentit du côté de chez Glénat, qui a quasiment rattrapé la publication originale du manga au Japon, After God tome 6 vient à peine de débarquer chez les libraires de l’hexagone le 19 février 2025. Maintenant qu’Orokapi a accepté d’aider l’Institut contre les IPO, les serviteurs d’Ahwaz ont enlevé Waka et l’ont jeté en pâture à Volof. Mais ce dernier, accro à la drogue fournie par Alula fait tout pour convaincre Waka de décider la divinité qui l’habite à lui en donner. À ces risques et périls…

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Le serment d’IPO-crasses

Pardonner aux divinités ? Impossible…

Alors que des divinités ont envahi le Japon, la jeune Waka cherche à s’introduire dans cette zone dangereuse de Tokyo, bien décidée à retrouver son amie disparue. Seulement, la jeune fille est habitée par “quelque chose”… S’agit-il du déclencheur de la ruine et de la destruction ? Ou bien est-ce l’arme qui sauvera le monde ?
Sumi Eno explore le thème du déicide dans le monde contemporain avec des scènes extraordinairement détaillées et violentes qui sont sa marque de fabrique. Mais elle n’hésite pas non plus à ponctuer son récit de moments plus légers et drôles qui humanisent ses personnages.
Avec After God, Sumi Eno signe une œuvre intensément perturbante, mais dont la maestria graphique vous emporte aux frontières des pouvoirs et de la manipulation.

Glénat

After God nous dépeint un monde ravagé dans lequel des “divinités” sont apparues, empoisonnant l’air, l’eau et la terre dans leur sillage. Trente ans après leur arrivée, ceux que l’on nomme désormais IPO (Idolatry Prohibited Organism) se sont regroupés au Japon et plus spécifiquement à Tokyo, dont une grande partie de la ville est ainsi zone interdite, à cause de la dangerosité de ses émanations toxiques. C’est en faisant une ronde de contrôle que Sachiyuki Tokinaga, un vétérinaire appartenant à l’Institut de recherches anti-divinités, fait la rencontre de Waka Kamikura. La jeune fille lui avoue vouloir se rendre en zone infectée pour y retrouver une amie, mais l’entrevue tourne court avec l’attaque d’Yon, une fille ayant juré allégeance à une divinité, qui siège dans les alentours, en échange d’un peu de son pouvoir.

C’est alors que Waka dévoile son vrai pouvoir : derrière les lunettes noires qu’elle n’enlève jamais, elle possède des yeux semblables à ceux des IPO capables d’envoûter ceux qui les contemplent. Durant l’affrontement contre Yon, qui s’en prend à Tokinaga, Waka révèle les véritables raisons de sa présence. Son amie, Shion, ayant en réalité été tuée par une divinité, en introduction d’After God, elle est bien décidée à prendre sa revanche sur cette dernière afin de l’éradiquer. Éclaboussée par le sang de Tokinaga, l’adolescente se transforme alors en Alula, un IPO qui vit en elle depuis toujours et se débarrasse de son opposante. Ramenée à l’Institut pour évaluer son degré de dangerosité et son utilité dans la lutte contre les divinités, Waka va s’engager aux côtés de Tokinaga et prendre possession d’un appartement dans la même résidence que le vétérinaire.

Là, elle va faire la connaissance de Kiyoshi Obikawa un ami et voisin qui travaille dans le service de maintenance de l’Institut. Alors que Waka commence à prendre ses marques entre les tests et sa nouvelle vie, Obikawa qui abrite la divinité serpent Orokapi décide de passer à l’action. Toutefois, après avoir été rejeté par Ahwaz, qui n’a pas les mêmes ambitions que lui, il décide de lier son sort à celui des humains et signe un pacte de non-agression avec Tokinaga.

De son côté, Ahwaz accueille de nouveaux serviteurs, dont l’un a le pouvoir de parasiter les corps pour les forcer à faire ses quatre volontés. Cet enfant parvient à contaminer Waka et Nyababa et les amène à Volof, dangereusement dépendant d’une drogue qui lui était autrefois fournie par Alula. Afin de les récupérer, une mission de sauvetage se met en place, mais tout ne se passe pas comme prévu et Tokinaga et Orokapi se retrouvent isolés du groupe…

Retrouvez notre avis complet sur After God – Tome 1 à 4 ici !

Drug Story 

Alors que les divinités ont transformé Tokyo en zone dangereuse, la jeune Waka, qui s’est fait enlever par la divinité Volof, tente de s’échapper par ses propres moyens. C’est alors qu’Alula, la divinité qu’elle porte en elle, se manifeste et prend le contrôle de son corps. Volof de son côté retrouve Orokapi, son ami de longue date, et lui demande de l’aide. Mais il approche progressivement de la “mort”…

Glénat

Désormais seule en compagnie de Volof, depuis sa transformation en Alula à la fin du tome 5 d’After God, Waka est revenue à elle et a désormais compris que plus elle se changeait en l’IPO qui l’habite, plus elle risquait de ne plus jamais redevenir elle-même. Tandis que la divinité en forme de lapin en peluche essaye de lui promettre monts et merveilles afin de l’inciter à contacter Alula pour avoir sa dose de drogue, Waka s’aperçoit qu’il ne pourra jamais exaucer son véritable rêve, ressusciter Shion et lui faire oublier l’existence de son amie, puisqu’il ne comprend pas le concept de mort.

Alors que ce dernier est à bout de patience et perd la tête, littéralement, de son cou se mettent à jaillir des chèvres qui chargent la jeune fille. Paniquée, cette dernière prend la fuite, mais le palais de Volof est vaste et chaque recoin peut cacher un piège mortel. De leur côté, Tokinaga, Orokapi et le chat de ce dernier, Yuzuki, essayent de retrouver leur chemin dans le dédale de Volof. Soudain, Orokapi ouvre une porte et enferme Tokinaga et son chat dans une salle pour les mettre à l’abri. Puis ayant senti que son ami Volof se trouvait en danger, il se lance à sa recherche, tout en espérant le trouver avant qu’il ne soit trop tard…

Découvrez un extrait d’After God – Tome 6 ici !

C’est le serpent qui se mord la queue…

Alors que l’intrigue semblait avoir pris un bon rythme dans les derniers volumes d’After God, le scénario de ce tome 6 met un grand coup d’arrêt à l’action pour se focaliser sur les diverses considérations des uns et des autres. Autant tuer le suspense tout de suite, il ne se passe quasiment rien durant les 192 pages de l’ouvrage, ce qui peut désarçonner quelque peu au début. Je dois bien l’avouer, à la première lecture, je n’ai pas compris ce changement de rythme qui m’a fortement déplu et ce n’est qu’à la troisième lecture que j’ai enfin commencé à entrevoir le but de Sumi Eno.

En effet, ralentir un peu l’allure de son scénario lui permet de creuser certains sujets en profondeur : l’amitié de Waka et de Shion, l’amitié entre Orokapi et Volof, la relation de Volof à la drogue d’Alula (et qui m’évoque plus que jamais Sora dans Choujin X) et, last but not least, un marché entre Tokinaga et Alula. Comme je m’en doutais à la lecture des tomes précédents d’After God, le vétérinaire cache quelque chose en rapport avec l’humain capable d’éradiquer les IPO et que ces derniers recherchent. Si nous n’en savons pas plus pour l’instant, les capacités de Tokinaga sont tout de même de nature à faire douter Alula, et même à lui inspirer de la peur.

Un trait de caractère que la divinité ne nous avait jamais dévoilé jusqu’à présent et qui risque de la rendre d’autant plus dangereuse à l’avenir. J’ai également obtenu ma réponse quant à la vraie nature des IPO, qui loin d’être des divinités classiques totalement immortelles, comme dans Lore Olympus par exemple, peuvent disparaître, soit en s’entretuant, soit de la main de cet humain qu’elles recherchent. Ainsi, les IPO sont des êtres ayant évolué au gré de la pollution de l’environnement par les humains et l’ouverture d’une brèche dans l’océan les ayant rendus plus grands et capables de prodiges. Ils sont donc faillibles et capables de ressentir des émotions humaines, ce qui a été le cas d’Orokapi après s’être incarné dans le corps d’Obikawa.

En fusionnant et en se fondant dans la société humaine, l’IPO en est venu à apprécier Tokinaga qu’il considère désormais comme son ami, au même titre que Volof. Ce dernier nous propose d’ailleurs un moment très émouvant lors de sa dernière rencontre avec Orokapi en évoquant sa peur de disparaître sans laisser aucune trace, peur typiquement humaine s’il en est. Afin d’aider son premier ami, Orokapi décide de se sacrifier avant que la douleur, devenu invivable pour le lapin, ne le rattrape, lui assurant ainsi de voir sa personnalité subsister au fond du serpent.

Enfin, notre héroïne Waka, ayant dorénavant toutes les clefs pour comprendre le geste de son amie, arrive enfin à faire la paix avec cet événement bien trop lourd pour elle. Une pause salutaire donc, qui, du moins je l’espère fortement, devrait amener à une reprise des hostilités dès le tome 7 d’After God, sans aucune date de parution annoncée pour l’instant.

Pour conclure…

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’After God tome 6 marque une rupture franche avec le rythme des précédents volumes. L’action prend ici un coup d’arrêt assez brutal, à même de déstabiliser les lecteurs, mais parfaitement sensée si on creuse un peu le but que poursuit Sumi Eno. En choisissant de consacrer un tome entier aux sentiments des divers protagonistes, il est probable que la mangaka souhaite aborder certaines thématiques et en finir avec d’anciennes blessures de ses personnages pour amorcer une nouvelle montée en puissance de l’action. Notre théorie se vérifiera-t-elle dans le prochain volume d’After God, encore non daté à ce jour ? Solum deos noverunt…

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