The Survivalists

The Survivalists est le nouveau jeu de la Team17, studio prolifique s’il en est, qui nous gratifie depuis maintenant de nombreuses années de petites pépites vidéoludiques. On pensera évidemment à la série des Worms mais aussi aux très réussis The Escapists (1 & 2). Le studio a (presque) toujours su trouver la bonne formule pour proposer des expériences variées et souvent réussies. Il est donc forcément attendu alors qu’il s’apprête à rejoindre le monde sans pitié des jeux estampillés “survie”.

Le genre “survie” est devenu, depuis maintenant quelques années, une vraie poule aux œufs d’or au vu du nombre de jeux du style qui nous parviennent. Ils sont véritablement à la mode et attirent un public toujours plus vaste, avide de jouer au petit Robinson (ou au grand Moundir, au choix…). Forcément, si certains titres ont su marquer les joueurs, d’autres à contrario sont restés échoués sur leur île.

Alors, quel sera le sort de The Survivalists ? Suivez-moi au coin du feu pour en savoir plus.

The Survivalists, ou plutôt The Explorationists

The Survivalists démarre dès votre arrivée dans le menu du jeu : un radeau et son occupant flottent sur une mer agitée. Vous n’avez plus qu’à presser croix (pour les joueurs console) et vous voilà lancés dans l’aventure.
Passée la personnalisation de votre personnage, vous êtes débarqués ou plutôt projetés sur une plage avec comme seule consigne de devoir vous échapper. Il vous faudra tout de même suivre un tutoriel qui vous explique comment crafter un premier objet de base avant de pouvoir partir explorer où bon vous semble.

Écran d'accueil de The Survivalists

Les joueurs un tant soit peu habitués des jeux de survie ne seront pas surpris de retrouver un système de gestion de la faim qui vous obligera à vous nourrir régulièrement. Ce système est représenté en jeu par un cœur représentant votre jauge de vie. Ce dernier est accompagné d’un éclair qui, lui, fait office d’indicateur d’endurance. Vous retrouverez aussi un rythme classique jour / nuit ainsi qu’une barre rassemblant votre inventaire. Ce système reste un classique et paraît un peu léger pour un jeu de survie en 2020. Il lui manque l’influence d’autres statistiques comme la soif, la terreur, les saisons, etc.

Aussi, la mécanique de base de ce type de jeux qu’est le craft est répartie dans 2 “arbres” : le craft de ressources / objets de base et le craft de constructions. Accessibles chacun dès le tout début de l’aventure, vous devrez cependant construire ou crafter chaque « nœud » pour découvrir et accéder à de meilleurs items et constructions. Exemple : construisez une corde pour débloquer le manche en bois, construisez le marteau pour débloquer la batte de baseball.
Si on craint d’être rapidement limité dans le nombre de créations, de nouveaux arbres de craft se débloquent avec certaines constructions. C’est le cas pour l’atelier ou le feu de camp par exemple. Cela permet finalement au titre d’offrir une vraie richesse pour les amoureux du craft. 

La grande force de The Survivalists ne se situe pourtant pas dans son système de craft et de survie, qui n’invente finalement pas grand chose même s’il le fait bien. En effet, son véritable point fort réside dans son environnement et dans la mise en situation de celui-ci. Au bout de quelques minutes de jeu, vous comprenez que le monde qui vous entoure n’est pas si dangereux qu’escompté, vous êtes plutôt poussés à partir en exploration de votre petite île. D’ailleurs, ce que vous pensiez être un petit bout d’île s’avère être un “immense” amas d’îles éparses. Si vous êtes un tant soit peu aventureux, il sera très difficile de résister à l’envie de partir tout explorer.

Nous y reviendrons un peu plus loin, mais le monde qui nous est proposé est très réussi visuellement et fourmille de petits détails qui nous poussent à nous aventurer toujours plus loin. Ce ne sont pas les activités qui manquent en plus de l’organisation de son camp. Vous aurez l’occasion de visiter des grottes, entrer dans des donjons, vous perdre dans des labyrinthes… Finalement, l’aspect survie, la faim, et les dangers ne seront que rarement un problème. Même la mort n’est pas réellement punitive contrairement à un Don’t Starve.

Tout vous pousse à explorer encore et toujours : vous devenez finalement plus explorationists que survivalists.

Seul au monde … ou presque

Si vous avez un tout petit peu suivi The Survivalists depuis qu’il a été annoncé, ou tout simplement si vous avez vu le visuel au début de cet article, vous savez qu’un autre élément à été ajouté par le studio pour se différencier des autres jeux de survie. Vous n’êtes pas seul au monde sur cette île. En plus des sangliers, tigres et orcs qui rôdent, des singes amicaux vous attendent pour vous prêter main forte et faciliter votre vie de camp et vos explorations.

La possibilité de “dresser” des singes pour effectuer à votre place certaines actions ou  combattre à vos côtés est la mécanique de gameplay sensée faire la différence. Ils peuvent à peu près réaliser tout ce que vous même pouvez faire dans le jeu. Cela se traduit par la récolte de ressources, la cuisine, le craft d’objets ou construction de bâtiments, mais aussi par le combat ou l’activation de mécanismes. Bref, à première vue, ils représentent la main-d’œuvre rêvée pour tout bon petit Robinson souhaitant optimiser ses chances de survie.

Un camp avec des singes dans The Survivalists

En outre, les singes sont indispensables et ils vous aideront à de nombreuses reprises, notamment pour les opérations de craft les plus longues ou répétitives. Pour les faire travailler, il vous suffit de leur montrer l’action et ils vous imiteront. Choisissez un singe, prenez une hache, frappez dans un arbre et votre ami primate s’empressera de raser la forêt pour vous. Évidemment, il faudra veiller à équiper chacun de vos singes en fonction des tâches à réaliser. Il devient ainsi assez facile et très efficace dans certains cas de récolter des ressources ou agrandir votre camp : 1 singe coupe le bois, 1 autre le ramasse, 1 autre le dépose sur l’atelier, 1 singe construit, 1 autre récupère la ressource ainsi produite etc etc. L’optimisation de leur utilisation est donc possible selon ce que vous souhaitez faire et cela apporte une certaine originalité appréciée.

Enfin, si cette mécanique de jeu est clairement intéressante, elle facilite aussi énormément le jeu. On en arrive presque à se demander si ce n’est pas tricher. Les singes sont relativement faciles à récupérer et vous aurez rapidement une petite armée sous vos ordres. Prenez 5 singes, donnez leur des armes, et rien ni personne ne vous résistera.

À cela s’ajoute la frustration de les voir, à l’inverse, ne rien faire lorsqu’ils sont attaqués et armés mais que vous ne leur avez pas “appris” ou ordonné de se battre. Effectivement, ils ne peuvent pas retenir plus d’une tâche à la fois. Vous n’êtes peut-être pas seul au monde, mais finalement la gestion de vos compagnons manque de profondeur et de précision. Le manque de choix de zone d’action, par exemple, peut rapidement poser problème et vous demander une surveillance accrue de chaque singe, ce qui vous empêche de faire autre chose.

Sur mon île abandonnée, labyrinthes et cocotiers

Vous êtes arrivé sur l’île, avez construit un premier camp, et trouvé quelques singes pour vous aider. La question se pose maintenant de savoir qu’est ce qu’il vous reste à faire ? Siroter un petit cocktail sous les cocotiers ? Faire une balade dans la jungle ? Ou bien un petit tour de radeau peut-être ? 

Dans The Survivalists, vous êtes entièrement libre de vos actions et de vos choix. Ainsi, vous pourrez vaquer à vos occupations selon votre bon vouloir, indépendamment de l’objectif final qui est d’arriver à vous échapper. Libre à vous de rester aussi longtemps qu’il vous plaira.

L’activité principale, après le crafting évidemment, sera l’exploration des nombreux donjons et labyrinthes que compte la carte. Les donjons vous offrent des ressources et de l’or et se traversent relativement vite tandis que les labyrinthes sont, eux, beaucoup plus longs et retors. Il faudra être relativement bien préparé pour vous y aventurer, sous peine de revenir à votre camp plus vite que prévu.

De nombreux ennemis vous attendent ainsi que quelques énigmes qui se dresseront entre vous et les trésors de ces temples maudits. C’est d’ailleurs dans les labyrinthes que vous trouverez certaines des pièces qui vous permettront de vous échapper définitivement. Mais d’autres trésors sont à trouver et valent leur pesant de cocotiers.

Par ailleurs, le monde proposé dans The Survivalists est réellement réussi. Ça flatte la rétine visuellement, comme c’est rarement le cas pour un jeu au rendu pixel art. Les couleurs sont chatoyantes et vous donnent l’impression d’être plongé en pleine jungle avec votre personnage. Les musiques et leurs effets 16 bits accompagnent à merveille vos sessions de jeux et ne deviennent jamais lassantes. On prend un réel plaisir à parcourir l’univers designé par la Team17 et à en découvrir les secrets.

Pour conclure…

The Survivalists était attendu par beaucoup d’amoureux des jeux de survie et de craft. Pourtant ce ne sont peut-être pas eux qui y prendront le plus de plaisir. Car oui, le jeu est réussi et on prend du plaisir à y jouer. Son gameplay, son univers, et son rythme sont soignés et le joueur ne s’ennuie pas. Pourtant, la promesse d’un jeu de survie n’est pas complètement tenue : la difficulté n’est clairement pas au rendez-vous, et le stress des situations d’urgence ou la gratification d’avoir réussi malgré l’adversité n’existe tout simplement pas. Peut-être pas aussi complexe que The Escapists ni aussi difficile que Don’t Starve, The Survivalists mérite malgré tout le coup d’œil, si tant est que vous sachiez dans quel radeau vous mettez les pieds. The Survivalists n’est peut-être pas ce qu’il paraît être, et finalement c’est presque tant mieux.

Radeau dans The Survivalists

Retrouvez également notre test de Kingdoms of Amalur !

Il est possible de parcourir le jeu entre amis jusqu’à 4 joueurs, de rejoindre des parties ou d’en héberger pour inviter d’autres survivants sur votre île. Vous pouvez emmener des singes avec vous et ainsi explorer d’autres îles, voire peut-être même ramener des trésors de vos voyages.

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une ambiance réussie (visuellement, musicalement, techniquement)

Pas de bugs rencontrés

Apporte son originalité par ses différentes mécaniques de jeu

Craft & Gameplay qui fonctionnent bien

Les points négatifs

Trop facile

Plus d’exploration que de survie finalement

Durée de vie limitée

Gestion des singes pas assez précise

Pas de mort définitive = pas de pression

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