The Blood of Dawnwalker

S’il y a bien un jeu qui a fait parler de lui ces derniers mois (si on met de côté GTA VI), c’est bien The Blood of Dawnwalker. Et pour cause, il a été créé par d’anciens développeurs de CD Projekt, et ceci aidant, certains ont vu en lui le nouveau The Witcher. Même si, en effet, le titre possède quelques points communs avec la saga du sorceleur, c’est pourtant un tout autre univers et un gameplay très différent que nous propose Rebel Wolves. Je vous montre ?

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Entre deux mondes

Europe, XIVe siècle, au cœur des Carpates. La guerre et la peste noire ont ravagé une grande partie de la population. Un jour, des vampires, menés par le charismatique Brencis, font irruption et proposent un marché aux humains : une fois par an, les humains offrent une pinte de leur sang et, en échange, les vampires les protègent et les soignent de diverses maladies, dont la peste. C’est dans ce contexte particulier qu’évolue Coen, le personnage que l’on va incarner, qui se retrouve malgré lui transformé en Vespéral (mi-humain, mi-vampire) et va devoir sauver sa famille endéans les trente jours, sans quoi ces derniers seront sacrifiés.

Un mot sur le studio

Rebel Wolves est un studio polonais qui a été créé en 2022 par d’anciens développeurs de CD Projekt, dont Konrad Tomaszkiewicz, réalisateur de The Witcher 3. L’équipe se compose, à l’heure actuelle, de 160 employés. The Blood of Dawnwalker est leur premier projet majeur. Un action RPG de dark fantasy qui met en avant la narration, les choix impactants et l’immersion.

Choisir, c’est renoncer

The Blood of Dawnwalker est un monde ouvert à la troisième personne avec une contrainte : finir la quête principale (et donc sauver votre famille) en 30 jours et 30 nuits. Sur le papier, le concept est original et change des RPG où, malgré une quête principale pressante, le joueur dispose du temps qu’il souhaite pour la finir, malgré parfois des enjeux importants. Ici, ce concept est remis en question, ce qui est un gros point positif pour l’immersion et la cohérence. Mais… cela demande de faire des choix. Et je ne parle pas de choix de dialogues qui influencent l’histoire, bien qu’ils soient présents tout au long du jeu, je parle de choix de quêtes. Comprenez que vous ne pourrez pas cleaner la carte, faire tous les points d’intérêt, toutes les quêtes, aider tous les PNJ, etc. Personnellement, j’ai trouvé ça aussi frustrant que rafraîchissant.

Je fais partie de ces gens qui aiment nettoyer la carte de fond en comble, donc me retrouver bridée dans mon exploration m’a frustrée à certains moments à cause de cette épée de Damoclès que sont ces 30 jours et 30 nuits. Comme dans la vraie vie (ou presque), il faudra accepter que l’on ne pourra pas sauver tout le monde, et que certains devront être laissés à leur triste sort. Personnellement, j’ai fait le choix des quêtes à l’aveugle. J’entends par là que, via la map, je choisissais une quête secondaire, j’y allais, et selon ce dont il s’agissait je la faisais ou non. J’ai préféré favoriser les quêtes avec des personnes à aider. Alors oui, l’exploration est libre, mais les choix de quêtes ne le sont pas vraiment.

Je vous explique : chaque jour et chaque nuit sont divisés en huit segments, qui vont avancer pour passer du jour à la nuit et vice versa. De plus, le décompte des jours restants pour sauver la famille de Coen est omniprésent. Beaucoup de quêtes (principales ou secondaires !) impliquent d’utiliser un ou plusieurs segments pour être menées à bien, ce qui veut dire que ce temps est comptabilisé, et donc déduit du temps imparti pour sauver la famille de Coen… Comme je l’ai dit plus haut, c’est super intéressant comme façon de fonctionner, mais également très frustrant. De plus, nous en parlerons plus tard, mais la plupart des compétences à apprendre vont également coûter un ou plusieurs segments de temps, ce qui complique encore le schmilblick, et force à faire des choix conscients, et à bien choisir la manière dont on veut jouer et faire évoluer Coen.

Concernant le gameplay, l’idée d’avoir 30 jours et 30 nuits et d’incarner un vespéral permet de profiter d’un gameplay très intéressant, très immersif et varié. En effet, de nuit ou de jour, Coen se déplacera et se battra différemment. En effet, de jour les déplacements sont classiques : marcher, courir, sauter, grimper, etc. Alors que de nuit, il sera possible de bénéficier de pouvoirs de téléportation, de se transformer en loup pour avancer encore plus rapidement, de glisser et/ou de marcher le long de parois verticales… Et il en est de même pour les combats. Coen se battra de jour de manière assez classique avec une épée et/ou de la magie, ou avec des pouvoirs vampiriques de nuit. À noter qu’en tant que vampire, sa soif de sang est présente, et selon qu’elle est assouvie ou non, Coen peut réagir de manière totalement imprévisible. À vous de veiller à gérer cette dernière en fonction du roleplay que vous voulez avoir.

On compare beaucoup The Blood of Dawnwalker avec The Witcher 3, mais pour ma part, j’ai aussi trouvé des similitudes avec Kingdom Come Deliverance, voire Assassin’s Creed. J’ai eu cette impression principalement lors des combats et des cibles à abattre, bien que pour Assassin’s Creed on pourrait également penser aux déplacements fluides de Coen sous sa forme de vampire, qui lui permet d’aller sur les toits ou sur le haut de certains bâtiments pour observer de plus haut les lieux.

Le système de combat est donc différent s’il se passe de jour ou de nuit, mais à part cette différence, la base reste la même. À la manière de KCD2, il faut prendre le temps de parer au bon moment pour éviter de gaspiller l’endurance et d’attaquer dans la fenêtre adéquate. Le tout est noté avec des logos, visibles sur chaque ennemi. Ces derniers n’hésitent pas à attaquer en même temps, ce qui rend les combats dynamiques, variés et exigeants.

Pour vous battre, vous disposez d’une épée, de magie et, de nuit, de pouvoirs vampiriques. Couplés à cela, des potions de soin ou d’amélioration de stats sont disponibles, et il est possible de les fabriquer nous-mêmes lorsqu’on débloque la recette associée et de les utiliser en combat pour regagner de la vie ou de l’endurance. Chaque combat ou quête finalisée fait gagner de l’XP à Coen, et à chaque passage de niveau il gagne des points de compétence à dépenser dans l’arbre associé. Ce dernier est divisé en trois branches : une pour la magie, une pour l’épée et une pour les pouvoirs vampiriques.

Les talents peuvent être actifs ou passifs, à vous de choisir lesquels vous souhaitez utiliser lors de vos combats, selon le style que vous souhaitez adopter. Pour dépenser ces points, il faudra se rendre à des sanctuaires, dispersés partout sur la carte. Ces derniers serviront donc à faire évoluer Coen, mais également à faire passer le temps, à voyager rapidement et à avoir accès à notre réserve. Par contre, les déplacements de Coen lors des combats peuvent être assez pénibles, et il m’est arrivé à plusieurs reprises de me retrouver bloquée dans des éléments du décor faute de pouvoir sauter. Il a été annoncé récemment qu’une mise à jour devrait résoudre ce problème, parmi d’autres, dont un choix supplémentaire de difficulté. Affaire à suivre…

Il est intéressant de noter que certaines quêtes ne seront réalisables que de jour ou de nuit, ce qui peut freiner la progression à certains moments si l’on ne gère pas bien les cycles de la journée. Je me suis retrouvée plusieurs fois bloquée dans la quête principale car j’étais repassée en journée, alors que la quête devait être réalisée de nuit uniquement. Heureusement, selon la forme de Coen, certaines quêtes arborent un logo avec un soleil pour les quêtes à réaliser uniquement de jour, et un croissant de lune pour celles qui devront être réalisées de nuit. De nouveau, cela rend l’ensemble très cohérent, influence la stratégie que l’on veut adopter, mais accentue également la frustration si l’on n’est pas préparé à cela, ce qui était mon cas.  

Comme dans tout RPG, il y aura des marchands en tous genres, mais également des points d’interrogation dispersés sur la carte, et de temps en temps des compagnons qui nous accompagneront, ce qui est toujours très agréable, surtout quand les personnages sont intéressants et attachants. Certaines activités, quêtes et choix vont influencer notre infamie auprès de la cour de Brencis. Entendez par là l’indice de recherche. En effet, au plus l’infamie va être haute, au plus les contrôles vont se renforcer et les gardes présents sur la map être agressifs envers Coen.

Entre lumières et ténèbres

Tout d’abord, les cinématiques sont d’une grande qualité. Avec de belles lumières, de belles mises en scène, les personnages sont crédibles et attachants. In-game, le jeu est très beau, avec de belles ambiances, de belles textures (bien que j’aie remarqué du clipping de temps à autre). On ressent bien la période sombre dans laquelle évolue Coen à travers les ruines de certains bâtiments, les villages pauvres… On a une réelle différence entre le jour et la nuit, même si j’ai trouvé que c’était beaucoup trop sombre à certains moments. Malheureusement pour moi, The Blood of Dawnwalker ne dispose pas de mode photo intégré, ce que je trouve dommage.

The Blood of Dawnwalker est disponible en plusieurs langues, dont le français, ce qui est un gros point positif. Pour ma part, j’aime bien jouer dans la langue du studio, j’ai donc fait le jeu en polonais sous-titré en français, et c’était un pur régal, d’autant que la synchronisation labiale a été pensée pour le polonais. Restons dans le son pour parler de la musique et des ambiances. Si vous avez joué à The Witcher 3, vous remarquerez des similitudes.

En effet, les styles musicaux sont relativement proches, bien que moins épiques que dans la saga du sorceleur. On retrouve de belles musiques d’ambiance, très mélancoliques, mais aussi des chansons avec des voix qui rappellent sans équivoque The Witcher 3. Bien que proche, la bande-son est différente et a sa propre identité, quoique moins marquée. La carte est superbe, très détaillée et présentée sous la forme d’un parchemin d’époque. Je la trouve très lisible et très belle. Le menu n’est pas en reste avec sa couleur rouge sang en adéquation avec la thématique du jeu. 

Pour conclure…

The Blood of Dawnwalker est un jeu audacieux par son concept et son approche de gameplay qui varie en fonction des cycles de jour et de nuit. L’immersion générale est réussie, tout comme les combats qui sont plutôt exigeants et rafraîchissants. La mécanique liée aux 30 jours et 30 nuits donne une impression d’urgence, en total accord avec l’histoire principale. Bien que parfois frustrant sur l’aspect de l’exploration, The Blood of Dawnwalker brille par son ambiance particulière et son écriture.

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Disponible en français

Mécanique de jeu

Alternance jour/nuit avec ses contraintes et ses avantages

Narration

Les points négatifs

Pas de mode photo

Frustration lors de l’exploration

Quelques petits soucis techniques

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