C’est en septembre de l’année dernière que nous avions découvert la dernière aventure imaginée par Hiromasa Okujima : School of Villains. La rentrée des classes s’était alors transformée en parcours du combattant pour Jôichirô Kirinji, fils du Premier ministre, bien décidé à prendre la tête d’un lycée censé former de futurs yakuzas du clan Biran. Malheureusement, la conquête aura été de courte durée et il est désormais temps de dire au revoir à Kirinji à la faveur de la mise en vente du tome 3 de School of Villains, disponible depuis le 18 mars 2026. Une occasion parfaite de faire le point sur l’ascension d’un élève modèle, ayant pour ambition de faire plier sous son joug le plus puissant clan mafieux du Japon, en commençant par l’établissement scolaire géré par ce dernier.
Cette critique a été réalisée avec des exemplaires fournis par l’Éditeur.


Jeux de mains, jeux de Villains
« Je compte bien atteindre le sommet de la hiérarchie de cette école. »
À 15 ans, Jôichirô Kirinji, fils du Premier ministre, étudie sans relâche pour suivre les traces de son père. Tout bascule lorsqu’il découvre que celui qu’il admire tant n’est qu’un simple larbin du chef du clan Biran. Humilié et trahi, il comprend à cet instant qui tire véritablement les ficelles du pays. Résolu à prendre son destin en main, il s’inscrit dans la pire des écoles de voyous pour gravir les échelons de la pègre et devenir le véritable numéro un du Japon !
Hiromasa Okujima (Au bain, les Yankees!, Vavam Vampire, Les Racailles de l’autre monde) revient sur le devant de la scène avec School of Villains, une œuvre en trois tomes publiée aux éditions Shinchosha !
Mangetsu

Derrière les dorures du pouvoir se cache parfois une réalité bien plus sordide… et Jôichirô Kirinji va l’apprendre à ses dépens dans School of Villains. Après la brutale révélation que son père, Premier ministre du Japon, n’est qu’un pantin manipulé par le chef du clan Biran, le redoutable yakuza Jûzô Kiki, le lycéen Jôichirô Kirinji renonce à suivre la voie toute tracée de la politique pour s’engager dans une toute autre arène : le lycée Biran.

Tout débute au moment où Kirinji surprend son père, à son retour de cours, en train de lécher littéralement les chaussures d’un chef de clan mafieux. Ce dernier lui dévoile alors la vérité : le véritable maître du pays n’est pas le Premier ministre, simple exécutant, mais bien lui, Jûzô Kiki. Humilié et voyant ses certitudes s’effondrer en un instant, Kirinji fait le choix de s’infiltrer au cœur même du système en intégrant le lycée Biran, avec pour objectif ultime d’en prendre le contrôle et, à terme, de renverser le clan Biran.

Quatre mois plus tard, il fait sa rentrée dans cet établissement tant convoité. Si son intelligence et ses connaissances ne font aucun doute, son statut de fils du Premier ministre lui attire d’emblée la méfiance, voire l’hostilité de ses camarades. Déterminé à ne pas dévier de sa trajectoire, Kirinji ne tarde pas à se faire remarquer par les V4, le bureau des élèves, en défiant l’un de leurs membres, Shitora Asakura, dans un duel de Shifumi revisité à la sauce yakuza. Le combat s’achevant sur un match nul, il décide de briguer le poste de délégué de classe. Mais l’éléction est loin d’être acquise : sur sa route se dressent deux adversaires de taille au sein de la classe épervière, Shô Shishido et Jin Kumazawa.

Après une victoire éclatante face à Shishido lors d’un duel au jeu du couteau, qu’il parvient même à rallier à sa cause, Kirinji franchit une nouvelle étape vers son objectif. Mais Kumazawa et ses partisans ne comptent pas le laisser faire : après s’en être pris à Shishido, ils provoquent Kirinji dans une épreuve d’Oshi-zumo version yakuza. Dans un affrontement où la force brute règne en maître, le jeune stratège devra redoubler d’ingéniosité pour espérer triompher.
Pleurs de cerisiers
« Pour atteindre le sommet, il faut savoir bien s’entourer ! »
Jôichirô Kirinji, fils du Premier ministre du Japon, s’est inscrit au lycée Biran dans l’espoir de gravir les échelons de la pègre et se hisser au sommet du pays. Après avoir conquis ses rivaux au sein de sa propre classe, sa première mission en tant que délégué sera d’affronter une classe rivale lors d’un match sanglant de balle aux prisonniers. Arrivera-t-il à vaincre les terribles jumeaux Togawa et à sceller une alliance pour prendre le contrôle de toutes les secondes ?
Mangetsu

Désormais nommé à la tête de la classe “épervière” en tant que délégué de classe, Kirinji doit affronter son premier cours de sport en compagnie des élèves de la classe “cerisier”. Cependant les deux délégués des cerisiers : les jumeaux Togawa, Akihiro et Tôma, veulent intégrer le chef de classe à leur bande et dissoudre le reste des épervières, tandis que Kirinji lui souhaite fusionner les deux classes. Afin de se départager, les secondes vont s’affronter dans un duel de balle au prisonniers un peu particulier, en utilisant des ballons de 12 livres. Mais ils n’ont que le temps du cours pour emporter la victoire. Le chrono est donc lancé sur cet affrontement au sommet où les élèves les plus dangereux ne sont pas forcément ceux qu’on pense.

Lisez un extrait de School of Villains – Tome 2 ici !
À peine une seconde…
« Celui qui doit l’emporter gagnera. C’est aussi simple que ça. »
Malgré sa défaite cuisante face à Masamune Seiryû, le président du clan des étudiants, Jôichirô ne s’avoue pas vaincu. Devant l’assemblée des délégués, il clame haut et fort que sa volonté de prendre la tête du lycée reste intacte. Pour poursuivre son ascension, il devra désormais se mesurer aux redoutables chefs des premières. Le fils du Premier ministre parviendra-t-il à conquérir le bahut le plus dangereux du pays ?
Mangetsu

Après avoir fusionné, non sans mal, toutes les classes de secondes et en avoir pris la tête, Kirinji est enfin remarqué par Masamune Seiryû, le président du bureau des élèves et ses trois généraux. Suite à une cuisante défaite infligée par l’élève à la tête du lycée, le fils du Premier ministre est invité à l’assemblée générale du clan des étudiants. Il se rend alors à la réunion où l’énoncé de ses ambitions fait bondir les délégués des classes de premières, surtout kyôhei Igari.

Devant la réaction violente du première, le président propose alors de régler ce différend dans un duel de pouces, la victoire conduisant à la fusion de toutes les classes de l’année représentées par le perdant sous le contrôle du gagnant et la défaite signifiant la perte d’un pouce. Kirinji va une nouvelle fois devoir tout donner pour s’imposer et prendre le contrôle des premières avant d’enfin pouvoir espérer se mesurer aux V4.
Découvrez un extrait de School of Villains – Tome 3 ici !
On passe à la V4
C’est donc avec ce troisième tome de School of Villains que se conclut l’année scolaire du clan Biran et l’épopée de Kirinji. Je ne le dirais jamais assez, mais si j’aime parfois les fins ouvertes, je déteste quand une intrigue me laisse en plan en plein milieu de l’action. Encore une mauvaise pioche avec School of Villains donc qui vient rejoindre le lot des déceptions dont font déjà partie Raja ou Brave Bell. Pourtant des séries courtes se terminant proprement il y en a, ne serait-ce qu’Idol Escape par exemple, mais je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi en cas d’annulation d’une série qui promettait d’être plus longue, il n’est pas possible de laisser tout de même au mangaka la possibilité de terminer correctement son intrigue, ne serait-ce que par respect des lecteurs.

En tout état de cause School of Villains se termine donc au moment où Kirinji commence à prendre l’ascendant sur les V4 ce qui m’a frustré au plus haut point. Une nouvelle fois, certains personnages centraux de l’intrigue sont sous-exploités, à commencer par les V4 eux-mêmes dont seuls Seiryû et Shitora nous dévoilent un minimum leurs histoires et leurs ambitions, Suzaku et Genbu étant condamnés à rester des mystères, alors qu’ils avaient un grand potentiel et que je brûlais de les découvrir un peu plus. Pareillement, les délégués des premières ne font qu’une courte apparition, à tel point que je me demande même en quoi les doter de noms était nécessaire.

Et ne parlons pas du parrain et directeur du lycée Biran : Jûzô Kiki, antagoniste intouchable du manga dont nous devrons nous contenter d’observer l’influence sans jamais comprendre pourquoi il a décidé d’ouvrir une école d’un genre si particulier et uniquement axée sur la formation de futurs yakuzas. Vu la description sommaire du chef de clan je doute que ce soit par altruisme, mais puisque je suis de toute façon condamné à ne jamais avoir le fin mot de l’histoire, autant ne pas s’attarder dessus. Pourtant, le casting à peine ébauché était assez prenant et charismatique, les graphismes d’Hiromasa Okujima superbes et l’humour omniprésent en faisaient les ingrédients d’un récit qui aurait pu me marquer, si tant est qu’il ait eu la place de se développer encore plus.

Et la frustration n’en est que plus grande, car j’ai vraiment aimé la proposition du mangaka, dont certaines scènes surréalistes, comme ce cours d’anglais magistral, m’ont fait éclater de rire. Cependant, au vu de la fin abrupte, cette scène assez longue, que j’adore au demeurant, me paraît avoir pris de la place pour rien quand j’aurais préféré que l’intrigue évolue de manière plus efficace. Vous l’aurez compris, si les fins en queue de poisson ne vous rebutent pas, je vous enjoins à donner sa chance à School of Villains. Si ce n’est pas le cas passez votre chemin, l’arrivée à destination risque de vous laisser un goût amer devant la promesse séduisante mais non tenue qu’est au final School of Villains.

En fin de compte, School of Villains restera comme le vestige d’une ambition fauchée en plein vol. Si la qualité graphique d’Hiromasa Okujima et son humour parfois surréaliste nous accrochent dès les premières pages, la fin abrupte laisse un goût de cendres. Le récit s’arrête pile au moment où Kirinji défiait enfin l’ordre établi, nous laissant avec une galerie de personnages à peine esquissés et des mystères qui ne seront jamais levés. Une frustration immense, tant pour le mangaka que pour son public, que de claquer les portes d’un tel univers au nez des lecteurs. Une autre promesse originale, visuellement superbe et pleine de potentiel, qui rejoint malheureusement le cimetière des œuvres sacrifiées, nous laissant face à un affrontement final qui n’aura jamais lieu. C’est peut-être ça, la plus grande cruauté de School of Villains : nous avoir convaincu qu’on allait adorer la suite.




