Ruridragon – Tome 3

Tandis que Ruridragon a pris son rythme de croisière d’un tome tous les 4 mois, le volume 3 a pointé le bout de son museau le 18 février 2026 en librairie. Maintenant que l’effervescence autour de la nature draconique de Ruri est un peu retombée au lycée, la jeune fille fait tout pour continuer sa vie comme si de rien n’était. Entre les séances de révisions avec ses amies, la préparation de la fête du sport et ses attributs qui continuent de se déclencher de manière aléatoire, Ruri a fort à faire pour garder le cap et sa bonne humeur. Si sa relation avec Maeda s’est arrangée après une bonne mise au point, la lycéenne s’apprête à découvrir que bien d’autres élèves ne sont pas ravis de l’avoir sans leur entourage. Un défi de plus à relever pour la jeune fille…

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Métissage draconique

Ruri Aoki, lycéenne, se réveille un matin avec des cornes sur la tête ! D’après sa mère, elle tient probablement ça de son père qui est en réalité… un dragon ?! Malgré cette situation inattendue, Ruri se rend au lycée… Bien évidemment, l’apparition de ces cornes attire l’attention de ses camarades, mais ce n’est pas tout : Ruri se découvre d’autres attributs de dragon ! Le quotidien de Ruri s’apprête à connaître bien des bouleversements !

La nouvelle pépite du Shonen Jump (le magazine de One Piece et Dr Stone) arrive enfin en France. Suivie dès sa prépublication au Japon, Ruridragon a déjà les faveurs d’une communauté étendue, particulièrement friande de thèmes aussi fédérateurs que l’adolescence, l’acceptation de soi, la tolérance et la bienveillance. La sortie du tome 2 s’est même classée 4e des meilleures ventes de mangas au Japon, dépassant des séries plus installées comme Gokurakugai ou Boruto – The Two Blue Vortex.

Glénat

Dans Ruridragon, la vie de Ruri Aoki, lycéenne de 15 ans plutôt discrète, bascule le jour où son reflet dans le miroir lui renvoie une image pour le moins inattendue : deux magnifiques cornes trônent désormais sur son crâne. Ni accessoire ni mauvaise blague, mais bien une transformation on ne peut plus réelle. Un peu paniquée, la jeune fille se tourne naturellement vers sa mère, Umi Aoki, espérant une explication rationnelle. Celle-ci lui en fournit bien une… quoique pas forcément la plus rassurante : le père de Ruri serait en réalité un dragon japonais. Rien que ça. Après avoir lâché cette information monumentale avec un calme déconcertant, Umi s’en va travailler comme si la journée s’annonçait parfaitement normale, laissant sa fille composer seule avec ces nouveaux attributs pour le moins visibles. Ruri, d’ordinaire réservée, appréhende forcément son arrivée au lycée.

Mais contre toute attente, ses camarades se montrent davantage curieux que terrifiés, une bienveillance qui la soulage plus qu’elle ne voudrait l’admettre. La situation prend cependant une tournure plus spectaculaire lorsqu’un simple éternuement, en plein cours, se transforme en véritable jet de flammes. Aucun dégât matériel à déplorer, heureusement… mais une brûlure bien réelle dans la gorge de la demi-humaine, demi-dragonne. Le choc est tel que Ruri finit par perdre connaissance. Prévenue en urgence, Umi accourt aussitôt et retrouve sa fille presque remise de l’incident, même si la situation reste pour le moins troublante. Sur le chemin du retour, la mère explique avoir pris les devants en se rendant dans la montagne pour discuter avec le père de Ruri. Car ce qui arrive à leur fille n’est manifestement que le début : d’autres transformations pourraient bien suivre, et elles risquent d’être tout aussi difficiles à dissimuler.

La priorité devient donc d’apprendre à Ruri à cracher du feu volontairement, afin d’éviter que ses flammes ne surgissent de façon totalement incontrôlée. Comme si cela ne suffisait pas, la jeune fille découvre peu après un nouveau phénomène en pleine salle de classe : son corps semble capable d’absorber l’électricité ambiante. Fort heureusement, cette étrange crise se dissipe sans provoquer d’incident, hormis quelques douleurs passagères. Informée, Umi tente de rassurer sa fille et l’encourage à poursuivre sa journée comme si tout cela relevait de la plus banale des routines. Mais la journée est loin d’être terminée. Après les cours, Ruri se retrouve à effectuer les corvées d’un élève absent aux côtés d’Akari Maeda, une camarade qui ne semble guère l’apprécier.

À la maison, Umi évoque alors ce nouveau pouvoir électrique : le corps de Ruri agirait comme une sorte de transformateur naturel, capable d’emmagasiner l’énergie de l’air avant de la relâcher. Problème, cette décharge reste encore imprévisible. Un nouvel entraînement s’impose donc, cette fois sous la forme d’une journée dans un parc de loisirs indoor. À force d’activités physiques en compagnie de sa mère, Ruri parvient finalement à libérer l’excès d’énergie accumulé dans son organisme.

Soulagée de mieux comprendre le fonctionnement de ce corps en pleine mutation, elle se retrouve bientôt embarquée dans une partie de bowling avec quelques camarades croisés sur place, tandis qu’Umi la laisse profiter de ce moment presque normal. La semaine suivante, convoquée par son professeur, Ruri se voit proposer d’intégrer le comité d’organisation de la fête du sport. En échange, elle pourrait obtenir les plannings de révision des examens en avance. Une offre difficile à refuser… jusqu’à ce qu’elle découvre qu’Akari Maeda fait elle aussi partie du comité. Une cohabitation forcée qui pourrait bien permettre aux deux adolescentes de crever l’abcès et, peut-être, d’apprendre à mieux se comprendre.

Un typhon, font, font les petites dragonettes

Ruri et Maeda sont devenues membres du comité d’organisation du festival sportif. Au début, leur entente était loin d’être parfaite, mais peu à peu, elles se sont rapprochées, et les voilà même nommées cheffes du comité !

Mais c’est à cet instant que le corps de Ruri subit un changement très étrange !

Glénat

Nommée au comité de préparation de la fête du sport dans le tome 2 de Ruridragon, Ruri a bien du mal à concilier les responsabilités de l’organisation du festival avec son travail scolaire. Heureusement, ses amies sont toujours présentes pour l’aider à réviser, lors d’une session de travail autour d’une table de fast-food. Alors que la préparation bat son plein, Ruri et Maeda sont pressenties pour représenter les élèves de première année au sein du comité. Tandis que Maeda accepte avec empressement, sa camarade, elle, refuse sous prétexte qu’elle n’aime pas être le centre de l’attention.

Un peu paradoxal quand on est comme elle dotée de cornes de dragon. Devant l’insistance des autres membres du comité et de ses camarades, et ne trouvant aucune excuse réellement imparable, Ruri finit par se laisser convaincre d’intégrer officiellement l’organisation. Se jetant à corps perdu dans son activité de vice-délégué, la métisse humaine / dragon s’effondre subitement en pleine réunion après avoir vomi. Un nouvel attribut avec lesquel la jeune fille va devoir composer vient de faire son apparition : la production de venin…

Lisez un extrait de Ruridragon – Tome 3 ici !

Un éclair de Ruri

Plus le temps et les volumes passent et plus je suis circonspecte en ce qui concerne Ruridragon ne serait-ce que pour les raisons que j’ai déjà largement évoquées dans ma critique du tome 2 du manga. Si l’ambiance de la série reste toujours aussi bon enfant, malgré l’apparition de filles trouvant les cornes de Ruri “dégoûtantes” et parlant derrière son dos, les réactions de rejet dont fait preuve la demi-humaine restent assez peu crédibles. D’autant que je n’ai absolument pas compris en quoi le fait de casser les cornes de l’adolescente pourrait leur donner une bonne leçon. J’avoue rester dubitative sur le plan de Maeda, qui est par ailleurs très vite passée du côté de Ruri malgré le fait qu’elle ne l’appréciait pas forcément. On l’aura bien compris avec cet enchaînement d’événements, la morale de Ruridragon martelée par Masaoki Shindo est “on ne peut pas plaire à tout le monde !”.

Cependant, ce manque de subtilité dans le passage du message commence à me sortir de ma lecture, tant je préfère une œuvre qui m’amène à m’interroger par moi-même sur ses problématiques, à l’instar d’un Choujin X ou plus récemment d’Idol Escape. Qui plus est, j’ai également un gros problème avec le rythme de Ruridragon qui m’évoque plus une suite de scènes chronologiques passant de la découverte d’un attribut à l’autre sans réellement d’enjeu ni d’un fil rouge consistant pour lier tout ça. Reste une succession de journées dans la vie de Ruri qui finit par lasser malgré une héroïne et une galerie de personnages attachants. Si Masaoki Shindo tente malgré tout de développer un peu les thèmes de l’exclusion et de l’ignorance qui entraîne la persécution, il ne va clairement pas au bout de son propos en restant très en surface.

Pour avoir été harcelée durant ma scolarité pour beaucoup moins que Ruri, je sais à quel point ceux qui veulent nuire sont bien plus violents que ce qui est décrit dans le manga, que ce soit en paroles ou en actes. Ici il est difficile de voir autre chose que de la puérilité que ce soit du côté des médisants que du côté de la réponse apportée, dont, et je le redis une nouvelle fois, je n’en ai compris ni le but ni la raison. En ce qui concerne les adultes, les choses se dévoilent très doucement par très petites touches comme l’appartenance du professeur de Ruri à une organisation chargée de surveiller les dragons ou le fait que ces derniers sont soumis à des lois strictes pour pouvoir cohabiter avec les humains.

Ces révélations assez diluées ne sont malheureusement pas suffisantes pour relancer la machine et en l’absence d’un enjeu à même d’instiller un peu de tension et de suspense à l’intrigue, je doute que Ruridragon réussisse à maintenir mon intérêt encore longtemps. À voir lors de la sortie du prochain volume de Ruridragon programmé pour une parution le 17 juin 2026.

Pour conclure…

Ruridragon reste une série attachante, mais qui tourne de plus en plus à vide. Si Masaoki Shindo multiplie les bonnes intentions, il ne va jamais au bout de son propos, effleurant des thèmes aussi sérieux que l’exclusion et le harcèlement avec une légèreté qui, à force, sonne faux. Le traitement des thématiques sociales reste bien trop superficiel pour convaincre, proposant des résolutions qui confinent à la puérilité là où le sujet méritait une approche plus viscérale. Ajoutez à cela un rythme qui s’apparente de plus en plus à un simple carnet de bord des attributs de Ruri, sans enjeu ni fil rouge suffisamment solide pour maintenir la tension, et vous obtenez un manga qui vit essentiellement sur le capital sympathie de son héroïne et ce capital n’est pas inépuisable. Rendez-vous le 17 juin 2026 pour voir si le tome 4 parvient enfin à donner à Ruridragon l’épaisseur narrative qu’il mérite.

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