Ruridragon – Tome 2

Le métissage draconique de l’héroïne n’étant plus un secret pour personne, Ruridragon se poursuit avec la découverte de nouvelles capacités de la lycéenne. Mais si cette dernière continue à susciter plus de curiosité qu’autre chose de la part de ses pairs, ce tome 2, disponible en librairie depuis le 22 octobre 2025, voit également la jeune fille se heurter à l’animosité d’une camarade de classe avec qui elle doit pourtant collaborer.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Mi-humaine, mi-dragon et re-mi-humaine derrière

Ruri Aoki, lycéenne, se réveille un matin avec des cornes sur la tête ! D’après sa mère, elle tient probablement ça de son père qui est en réalité… un dragon ?! Malgré cette situation inattendue, Ruri se rend au lycée… Bien évidemment, l’apparition de ces cornes attire l’attention de ses camarades, mais ce n’est pas tout : Ruri se découvre d’autres attributs de dragon ! Le quotidien de Ruri s’apprête à connaître bien des bouleversements !

La nouvelle pépite du Shonen Jump (le magazine de One Piece et Dr Stone) arrive enfin en France. Suivie dès sa prépublication au Japon, Ruridragon a déjà les faveurs d’une communauté étendue, particulièrement friande de thèmes aussi fédérateurs que l’adolescence, l’acceptation de soi, la tolérance et la bienveillance. La sortie du tome 2 s’est même classée 4e des meilleures ventes de mangas au Japon, dépassant des séries plus installées comme Gokurakugai ou Boruto – The Two Blue Vortex.

Glénat

Ruridragon c’est l’histoire de Ruri Aoki, une lycéenne de 15 ans qui, un matin comme un autre, se réveille affublée de deux superbes cornes plantées sur le crâne. Inquiète de cette transformation, elle va immédiatement trouver sa mère, Umi Aoki… laquelle lui révèle, l’air de rien, que son père n’est autre qu’un dragon japonais. Rien que ça. Après cette confidence pour le moins déroutante, Umi file travailler comme si de rien n’était, laissant Ruri gérer seule ses nouveaux attributs pour le moins voyants. D’ordinaire discrète et renfermée, Ruri redoute un peu l’effet que ses cornes auront une fois arrivée au lycée. Et évidemment, ça ne rate pas : elle devient instantanément la curiosité du jour.

Pourtant, à sa grande surprise, personne ne semble la craindre et cette bienveillance la rassure plus qu’elle ne l’avoue. Jusqu’au moment où, en plein cours, un simple éternuement lui arrache un magnifique jet de flamme. Sans dégâts matériels, certes… mais avec une brûlure bien réelle dans sa gorge de demi-humaine demi-dragonne. Sous le choc, Ruri s’évanouit. Prévenue en urgence, Umi accourt et retrouve la lycéenne presque remise, bien qu’encore secouée. Sur le chemin du retour, Ruri apprend que sa mère s’est rendue dans la montagne pour y parler à son père et évoquer les bouleversements qui l’attendent.

Car ce qui arrive à leur fille n’est qu’un début : d’autres transformations sont à prévoir, et pas forcément des plus discrètes. Cependant, la première priorité est d’entraîner Ruri à pouvoir cracher du feu à la demande, afin que celui-ci ne sorte plus de sa bouche de manière hiératique. Se profile alors un moment mère-fille peu banal…

Electric Dragon

Ruri a balancé une décharge électrique en plein cours et découvert ainsi un nouvel attribut de dragon ! Elle s’exerce tant bien que mal pour contrôler ces nouvelles habiletés.

Mais alors qu’elle s’habitue petit à petit à son environnement scolaire, elle apprend qu’une camarade de classe l’évite sciemment !

Glénat

Alors que nous avions laissé Ruri en pleine crise d’accumulation d’électricité statique à la fin du tome 1 de Ruridragon, nous la retouvons au même point emmagasinant l’électricité ambiante au milieu de sa salle de cours. Heureusement, contrairement aux flammes lancées il y a peu, la crise semble se calmer sans conséquences autres que de légères douleurs pour la lycéenne. Mise au courant, sa mère la rassure et lui enjoint de continuer sa journée comme si de rien n’était. Comble de malchance, une fois les cours finis, Ruri se retrouve à faire les corvées d’un élève absent en compagnie d’Akari Maeda qui visiblement ne porte pas sa camarade dans son cœur.

De retour chez elle, Umi aborde le sujet du nouvel attribut de sa fille qui pourrait potentiellement invoquer la foudre, son corps agissant comme un transformateur capable de stocker l’électricité de l’air pour ensuite la relâcher, le problème étant le côté imprévisible de cette évacuation d’énergie. Un autre entraînement attend donc l’étudiante, sous la forme d’une journée au parc de loisir indoor. Après avoir fait de multiples activités physiques en compagnie de sa mère, Ruri arrive enfin à relâcher son trop plein d’énergie. Rassurée de comprendre le fonctionnement de son corps, Ruri se voit abandonner par sa mère après avoir rencontré des camarades de classe qui l’embarquent au bowling.

Le lundi suivant, appelée par son professeur, la lycéenne se voit proposer d’entrer dans le comité d’organisation de la fête du sport en échange des planning de révision des examens en avance. Mais alors qu’elle donne son accord pour participer, elle s’aperçoit que Maeda en fait également partie… Les réunions tourneront-elles à l’orage ? Voilà un nouveau sujet d’inquiétude pour Ruri !

Lisez un extrait de Ruridragon – Tome 2 ici !

Il pleut des cornes !

J’en suis donc à ma lecture du deuxième tome de Ruridragon et je dois dire que je suis de plus en plus perplexe à mesure que les chapitres défilent et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le père de Ruri est un dragon dont la forme est celle du mythique animal tel qu’il a déjà été dessiné maintes fois notamment dans L’âme du Dragon, pour autant il est capable de communiquer avec les humains et même de se reproduire avec eux, il n’est donc pas un simple animal comme ses congénères vus dans Luca, vétérinaire draconique. Je ne comprends donc pas pourquoi l’existence des dragons est ignorée par tous (sauf par Umi qui, paradoxalement, n’a pas l’air d’avoir de quelconques sentiments pour le père de sa fille).

D’ailleurs, la mère de Ruri n’a aucun mal à aborder le sujet du métissage de sa fille avec les gens, il semblerait donc qu’aucun secret n’entoure par ailleurs leur existence. Le second point qui me chiffonne est, et je m’en suis déjà ouverte dans ma critique du tome 1, la facilité avec laquelle la nature de Ruri est comprise et acceptée par tous. Sans être une spécialiste de la nature humaine, une telle découverte entraîne immanquablement de la curiosité certes, mais également de la méfiance, de la peur, voire du rejet. Là, Ruri continue de vivre une vie quasiment normale soutenue par ses camarades et par le corps enseignant, les problèmes évoqués dans le manga étant totalement étranger à sa nature de dragon.

En réalité, si l’on enlève cette histoire de dragon, on se retrouve avec la même intrigue, décrivant la vie de Ruri, sans que cela change grand chose au programme. J’en viens donc à me demander à quel point le scénario de Masaoki Shindo aura la capacité à captiver le lecteur sur le long terme, l’hybridation de Ruri tenant plus du prétexte qu’autre chose. J’avoue qu’en ce qui me concerne, si j’aime beaucoup l’originalité du propos de base, le côté assez doux qui se dégage des pages et la façon optimiste de traiter des problématiques adolescentes, j’ai tout de même grandement l’impression que l’intrigue va très vite tourner en rond sans un élément perturbateur à même de relancer le rythme du récit. A ce titre, je lui préfère largement Kaijû Girl Carameliser qui pour le coup va au bout de son délire pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Il manque limite un petit grain de folie dans l’univers de Masaoki Shindo afin d’en devenir convaincant, surtout que j’ai l’impression qu’il me manque beaucoup d’éléments pour réellement m’immerger dans Ruridragon, et je n’y suis pas vraiment aidée par l’absence de curiosité de l’héroïne en ce qui concerne ses origines. L’intérêt commence doucement à baisser, ce qui est rarement bon au bout de deux tomes, mais j’espère un rapide rebond et une accélération significative du rythme de Ruridragon dans le tome 3 à paraître le 18 février 2026.

Pour conclure…

Dans la droite lignée de son tome 1, Ruridragon tome 2 enfonce le clou et se positionne comme une lecture feel good qui choisit d’aborder les thèmes de l’adolescence de façon douce, reléguant la réalité au second plan, tant ceux qui entourent Ruri acceptent sa nature sans autre réaction que de la curiosité. Toujours prêts à apporter leur aide à la jeune fille, ses problèmes restent ceux d’une ado normale, totalement décorrélé de son statut de fille de dragon. J’avoue que ce deuxième tome de Ruridragon laisse perplexe par sa capacité à renouveler l’intérêt au fil des tomes si l’intrigue reste telle qu’elle est. A voir plus avant donc, notamment à la sortie du prochain volume de Ruridragon prévue pour le 18 février 2026.

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