Romeo is a Dead Man

Quel est le point commun entre Retour vers le Futur, Control, ou encore David Lynch (toutes proportions gardées ?) ? Romeo is a Dead Man est le nouveau jeu du studio japonais Grasshopper Manufacture, créé par Goichi Suda, créateur de jeux tels que No More Heroes, Lollipop Chainsaw ou encore Killer 7. Et une chose est sûre, ce jeu a une personnalité de dingue ! Je vous propose une petite visite dans l’univers déjanté de Romeo is a Dead Man.

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Romeo, Agent Spacial

Nous incarnons Romeo, shérif adjoint en Pennsylvanie, qui se retrouve coincé entre la vie et la mort après avoir été sauvé in extremis par son Papi scientifique, grâce à un paradoxe temporel qui a brisé le continuum espace-temps. Suite à cette mésaventure, il devient l’agent spécial du FBI Space-Time et est rebaptisé Dead Man. Romeo, ou Dead Man, a pour mission de traquer divers criminels à travers plusieurs univers, à la recherche de sa bien-aimée Juliet, non sans arborer quelques gadgets tous plus fous les uns que les autres.

Suda51

Mais tout d’abord, un petit mot sur son créateur, Goichi Suda, AKA Suda51. Vous l’aurez remarqué, mais le synopsis de ce jeu est tout aussi banal qu’il est loufoque, et c’est ce qui fait le charme de ce jeu et de son univers. Ce qui a fait connaître Goichi Suda et son studio Grasshopper Manufacture, c’est sa collaboration avec Capcom, et plus particulièrement avec Shinji Mikami (rien que ça), créateur de Resident Evil.

Les collaborations ne s’arrêtent pas là puisqu’il a également travaillé avec James Gunn (rien que ça x2) pour le scénario de son jeu Lollipop Chainsaw, ou encore avec Hideo Kojima (rien que ça X3) en tant que scénariste pour une série qui servira de base pour le premier jeu de ce dernier. Comparé à Quentin Tarantino (rien que ça X4) dans son style, et très inspiré de la culture punk, on découvre en effet ce côté très irrévérencieux dans ses œuvres, et Romeo is a Dead Man ne fera pas exception à la règle.

La Difficulté, c’est Comme une Boîte de Chocolats…

Le jeu se présente sous la forme d’un TPS en 3D. Romeo is a Dead Man ne rentre dans aucune catégorie connue, et le studio le définit lui-même comme “un jeu d’action de science-fiction ultra-violent”, ce qui, au final, est une appellation plutôt sobre. Concernant le squelette du jeu, Romeo is a Dead Man est divisé en plusieurs chapitres, chacun contenant un objectif et un boss final. Le jeu sera plutôt linéaire et en couloirs. Ici, oubliez les mondes ouverts.

Oubliez également la subtilité, car on comprendra vite que la priorité n’était pas de faire dans la dentelle. Trois modes de difficulté seront disponibles, chacun représenté par une boîte de chocolats car, après tout, pourquoi pas ? Romeo aura à sa disposition, lors de ses missions, différentes armes (de mêlée ou à distance), chacune accompagnée de superbes effets de lumière et de projections de sang lors des impacts qui vont accentuer l’impression de nervosité du gameplay. J’ai d’ailleurs trouvé la prise en main extrêmement facile et satisfaisante. Une jauge se remplira également pour permettre à Romeo d’effectuer une attaque spéciale sobrement et poétiquement appelée “été sanglant”.

Le jeu a également une petite inspiration souls-like, car à chaque sauvegarde manuelle, les ennemis réapparaissent. J’ai trouvé le gameplay très nerveux et dynamique, bien que plutôt répétitif à certains moments. Romeo is a Dead Man aura évidemment son lot de loot, indispensable pour améliorer armes et personnage, mais pas que. Des badges ou pins, seront des éléments à trouver et à collectionner dans les différentes zones et octroieront à Romeo quelques bonus lorsqu’ils sont activés. De plus, dans le vaisseau du FBI Space-Time, nous aurons la possibilité, comme dit plus haut, d’améliorer nos armes et d’en débloquer de nouvelles, améliorer les compétences de Romeo, mais également de cuisiner des curry, ou de cultiver nos alliés.

Oui, vous avez bien lu. Romeo is a Dead Man propose de planter des graines et de faire pousser nos alliés, qui seront ensuite utilisés lors des combats. Je ne vous ai pas menti, ce jeu est complètement fou ! Et encore, la partie graphique n’a pas encore été abordée…

Patchwork Visuel

Autant la partie gameplay est plutôt facile à aborder, autant la partie graphique l’est beaucoup moins, car ce jeu a une vraie personnalité et ne se prend pas au sérieux ! En effet, on se retrouve ici avec un jeu qui a été pensé par un esprit tout aussi brillant que celui de Sam Lake (Alan Wake, Control), ou de Hideo Kojima (Death Stranding), sauf que contrairement à ces messieurs, Goichi Suda ne se cantonne pas à un seul style visuel, il prend tout ce qu’il peut et l’ajoute. De plus, il saupoudre le tout d’un second degré et d’absurde à en faire pâlir les Monty Pythons.

Les environnements et les styles visuels seront extrêmement variés, et je tiens à saluer la direction artistique du jeu qui est très inspirante, et tout autant kitsch que arty. Voyez plutôt… Lors de l’animation d’introduction, la caméra nous fera voyager dans une maquette hyperréaliste. Ensuite, l’histoire entre chaque chapitre sera racontée sous la forme de planches de comics, et, dans le jeu en lui-même, différents styles graphiques vont coexister. Par exemple, la partie où l’on affronte les différents démons sera de style réaliste en 3D, là où notre base sera d’un style pixel art, et les réalités alternatives accessibles via les Nirvana TV seront encore d’un autre style visuel.

Ce patchwork visuel pourrait sembler complètement excessif dans un autre jeu (à raison), mais dans Romeo is a Dead Man, c’est étrangement cohérent ! Même des éléments complètement improbables (et le mot est faible), comme son papi qui se réincarne dans la broderie de son manteau (ne cherchez pas à comprendre…), sont étrangement…cohérents. Romeo is a Dead Man est surréaliste à souhait, tant au niveau de l’histoire, des idées de mise en scène, mais également graphiquement.

J’ai cependant relevé quelques petits défauts au jeu, comme les animations des cinématiques plutôt vieillottes (sauf si vous vous dites que c’est un clin d’œil visuel), les menus que j’ai trouvé fouillis et pas toujours clairs et cohérents (aussi diversifiés que les styles graphiques in-game), ou quelques lags lors des chargements du jeu. J’ai testé le jeu en anglais sous-titré en français, et force est de constater que les doubleurs ont dû s’éclater !

Pour conclure…

Un OVNI. C’est comme ça que je qualifierais ce Romeo is a Dead Man. Bien que l’histoire ne brille pas par son originalité, le jeu possède néanmois certains atouts non négligeables, et certaines idées vraiment folles (comme le papi dans la broderie). La prise en main est facile et rapide, le gameplay est nerveux et explosif, et la direction artistique est également folle ! Il est clair que Romeo is a Dead Man ne plaira pas à tout le monde de par son esthétique fluctuante et son humour décalé. Pour les amateurs du genre par contre, vous allez vous régaler !

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Direction artistique

Gameplay nerveux et explosif

Complètement décalé

Les points négatifs

Quelques lags

Styles visuels fluctuants qui peuvent ne pas plaire à tout le monde

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