[Preview] Scarecrow Simulator

Scarecrow Simulator est une expérience assez originale, puisque le studio turc OTTO Games vous propose d’incarner un épouvantail dans un champ à l’époque médiévale. 

Cette preview a été réalisée sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Un Mot sur le Studio

OTTO Games est un studio de jeux vidéo turc basé à Ankara. Ils sont spécialisés dans diverses facettes du jeu vidéo, que ce soit pour PC, consoles et mobiles, mais également en VR. Le studio est d’ailleurs fort actif sur Google Play où ils publient des applications et jeux mobiles. Ils collaborent avec des institutions comme l’Agence Fédérale des Forêts en Turquie.  

Gardien Silencieux

Scarecrow Simulator ne propose pas d’histoire à proprement parler. Et pour cause : vous êtes un épouvantail au Moyen Âge et votre vie consiste donc à assister passivement à ce qui se passe autour de vous : les habitants du village voisin qui vont et viennent, les corbeaux qui viennent se poser sur vous… Comme le studio le dit lui-même : pas d’épée ou de dragon à terrasser

L’Art de ne Rien Faire

Je ne sais pas comment qualifier Scarecrow Simulator, car il ne s’agit pas à proprement parler d’un jeu vidéo au sens strict du terme. En effet, le jeu ne propose aucun gameplay et s’apparente plus à un chat en ligne, ou à un fond d’écran animé sophistiqué. En effet, lorsqu’on lance le jeu, il faut choisir si l’on souhaite rejoindre un serveur ou héberger nous-mêmes une partie.

À noter également que les commandes doivent être personnalisées à chaque lancement du jeu, car ce dernier ne tient pas en mémoire les choix que l’on fait, ce qui est assez contraignant. De plus, toutes les options doivent être réglées avant de lancer Scarecrow Simulator car, par la suite, il n’est pas possible de les adapter selon nos préférences. Et j’ajoute que pour certaines commandes, le raccourci que j’ai choisi ne fonctionnait pas.

Une fois ces étapes accomplies, le jeu se lance. Nous retrouvons notre fidèle épouvantail dans son champ de blé, avec pour arrière-plan la campagne médiévale d’un côté et le petit village de l’autre. À l’aide de la souris, il est possible de changer de point de vue librement pour voir ce qui se passe tout autour de nous. Le HUD est sobre et discret avec une barre de progression de niveau dans le bas, le chat sur la gauche, et, au-dessus de l’épouvantail, notre pseudo ainsi que notre niveau.

Et puisque l’on parle de niveau, rentrons dans le cœur du sujet : pour passer d’un niveau à l’autre, il ne faut absolument rien faire de spécial à part attendre. Soit en ne faisant rien (ou en le lançant pendant que l’on fait autre chose), soit en discutant avec d’autres personnes présentes sur le serveur… et c’est tout. Les niveaux se passent automatiquement, à un rythme différent. À noter que plus on avance dans les niveaux, plus ils seront lents à progresser. Chaque niveau et le temps passé dans le champ nous font gagner des points, qui pourront être échangés contre des skins pour pimper notre épouvantail. Je trouve malheureusement que cette progression est lente, et qu’en tant que joueur et joueuse, nous ne sommes pas récompensés assez rapidement, et surtout pas de façon équilibrée et constante, ce qui parfois m’a fait me demander quel était l’intérêt de Scarecrow Simulator.

En effet, le premier skin que j’ai pu débloquer “coûtait” 10 000 points, ce qui m’a valu d’arriver au niveau 11, soit près de 7h de jeuLes seules récompenses que l’on obtient régulièrement sont les trophées Steam. Visuellement, Scarecrow Simulator est plutôt joli et animé, sans être incroyable. Cela dit, vu que l’on reste statique, ça passe bien. On profite de beaux cycles jour/nuit et d’une météo évolutive. C’est très agréable de voir la vie évoluer autour de nous, que ce soit en voyant l’évolution du village, la vie en campagne, ou les oiseaux qui viennent se poser sur notre épouvantail.

J’ai par contre trouvé l’image de chargement assez kitsch et amateur, d’autant que la qualité visuelle laisse à désirer. Je ferais une critique similaire en ce qui concerne le menu, que j’ai trouvé peu attrayant, avec les grosses croix sur les skins qui ne sont pas encore débloqués et les différents onglets qui sont (certainement ?) en cours de finition, et donc inaccessibles lorsque l’on clique dessus. Cela manque de peaufinage à ce niveau.

En ce qui concerne la musique et les bruits ambiants, Scarecrow Simulator possède des thèmes musicaux typés médiévaux, exactement le genre de musique que l’on s’attend à avoir, avec des percussions, des instruments à cordes et à vent, comme la flûte. Ces dernières sont agréables et se laissent écouter sans problème, bien qu’elles soient peu variées. Les sons ambiants, comme le chant des oiseaux, les pas des villageois ou le vent sont bel et bien présents, mais sont étouffés par la musique de fond. J’ai essayé de modifier les réglages avant une session de jeu, en diminuant la musique et en mettant à fond les bruits ambiants, mais mes réglages n’ont malheureusement pas du tout été pris en compte lors du lancement du jeu

Pour conclure…

Scarecrow Simulator se situe plutôt comme une expérience contemplative que comme un jeu vidéo au sens propre du terme. On incarne un épouvantail dans un décor médiéval, sans véritable objectif à part celui de passer les niveaux pour collecter des skins, et observer la vie autour de nous. L’ambiance est plutôt agréable et immersive avec des graphismes sympathiques et une musique en adéquation avec le thème. Néanmoins, les limitations de gameplay et de progression sont peu gratifiantes. Si l’on ajoute à cela les bugs de personnalisation des commandes qui nuisent à l’expérience, Scarecrow Simulator est moins intéressant et reposant que la promesse de départ. Si vous cherchez un gameplay, même minimal, ou une narration intéressante, passez votre chemin. Par contre, si vous souhaitez un moment de détente passif, avec la possibilité de discuter avec d’autres joueurs et joueuses, vous pourriez trouver votre bonheur avec Scarecrow Simulator. 

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Concept original

Ambiance immersive

Graphismes agréables

Thèmes musicaux

Aspect social

Sobriété de l’interface

Les points négatifs

Absence totale de gameplay

Progression lente et peu gratifiante

Problème d’ergonomie (réglages audio et personnalisation des commandes)

Manque de finition

Qualité visuelle inégale

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