Opus : Prism Peak

Le studio taïwanais Sigono Inc. nous propose un nouveau jeu tiré de leur série Opus. Après trois précédents… opus, que vaut cette nouvelle production, bien éloignée des ambiances post-apo ou des stations spatiales ? En effet, Opus : Prism Peak est toujours tout aussi contemplatif et nous plonge dans la peau d’un photographe, Eugène, qui se retrouve malgré lui dans un monde fantastique et contemplatif, Crépusculandes.

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Le Déclencheur

Eugène, un photographe quarantenaire dont la vie n’a franchement pas l’air d’être celle qu’il aurait souhaité après que son épouse l’ait quitté, ou que l’entreprise de photographie dans laquelle il travaille ferme ses portes. Eugène est en route pour se rendre aux funérailles de son grand-père, et lors du passage dans un tunnel, il se retrouve projeté malgré lui dans un monde fantastique peuplé d’esprits. Lors de son exploration dans ce monde, il va rencontrer une petite fille, Ren, à qui il promet de la ramener chez elle et avec qui il va continuer son voyage. Cependant, le mal, que l’on appelle L’Ombre, rôde et dévore les esprits en les faisant disparaître petit à petit. À travers son objectif, Eugène va rencontrer certains de ces esprits qu’il va devoir photographier pour les sauver

Sortir du Cadre

Très inspiré du Voyage de Chihiro des Studios Ghibli ou encore du jeu Season : A Letter to the Future, Opus : Prism Peak a pourtant une personnalité bien à lui. L’utilisation de la photographie comme système de gameplay lui confère quelque chose d’unique, de rétro et de franchement mélancolique qui sied toujours bien à ce genre d’univers. Au lancement de Opus : Prism Peak, le studio nous conseille de jouer à la manette. Néanmoins, j’ai choisi de jouer au clavier et à la souris, et j’ai dû me rendre dans les options car les commandes étaient celles d’un clavier QWERTY. Après quelques petites modifications, j’ai pu pleinement profiter de mon expérience de jeu. C’est un détail, mais pas toujours très agréable lorsque ça arrive, il faut bien le dire. Ensuite, nous sommes invités à choisir entre deux modes de jeu. Le mode qui m’a le plus déroutée et intriguée est le premier, qui propose de passer à côté de certains éléments, comme cela peut arriver dans la vie. Le ton est donné, et colle parfaitement au thème de la photographie où tout est fugace.

L’autre permet d’explorer plus en profondeur, pour les complétistes. Habituellement, j’aime farfouiller partout et je n’aime pas rater des éléments dans les jeux, mais pour celui-ci, j’ai tout de suite pensé que la première option serait plus intéressante pour l’expérience que j’avais envie de tirer de Opus : Prism Peak. Étant moi-même photographe de formation, j’ai beaucoup aimé l’un des propos du jeu, qui consiste à mettre en exergue l’observation. La bonne observation, celle qui permet de voir des choses invisibles pour d’autres personnes, que l’on ne voit pas à l’œil nu, mais que l’art peut transcender. La vision propre à chacun permet de véhiculer des émotions ou des messages. C’est donc avec cet état d’esprit qu’il faudra arpenter le jeu et faire attention aux moindres détails, et surtout ne pas hésiter à les prendre en photo. Et des photos, il faudra en faire.

En effet, Eugène est équipé d’un carnet qu’il faudra compléter. Ce dernier est composé de textes lacunaires qui reprennent les différents moments de l’intrigue principale, mais également d’un langage à déchiffrer (à la manière d’un Chant of Senar) ou encore de photographies de fresques disséminées çà et là dans le décor. De plus, certaines photographies vont nous permettre de revivre des bribes du passé d’Eugène. Ce carnet permet de développer le lore de ce monde et des personnages que l’on rencontre. Certaines photographies sont évidentes car elles nous sont montrées à l’aide d’un emplacement au sol, sur lequel il faudra nous placer pour avoir le bon angle de vue.

En parallèle à cela, nous trouverons des braseros avec lesquels il faudra interagir. Ceux-ci nous donnent des indices sur des éléments à photographier et, en échange, le brasero nous récompense avec un objet qui nous sera utile pour notre progression dans l’histoire (carte, tickets de train…). Ce brasero fait aussi office de “boutique” et permet de récupérer des éléments pour notre appareil photo ou encore divers collectibles. J’ai cependant trouvé que cette possibilité n’était pas limpide dans les choix proposés, ni vraiment bien mise en avant pour nous pousser à faire ces offrandes plus régulièrement. Opus : Prism Peak est un jeu linéaire, et chaque zone, une fois quittée, ne sera plus accessible par la suite. Des choix narratifs seront également à faire, entre autres lors de dialogues avec les esprits. Vous l’aurez compris, ce titre est une ôde à l’exploration, la lenteur et l’observation. Comme la photographie, finalement.

Douce Ambiance

Visuellement, Opus : Prism Peak est très joli sans être une claque graphique non plus. Tout est soigné et ressemble vraiment à un dessin animé interactif. Les ambiances, les lieux, les personnages, tout est particulièrement agréable à parcourir. La musique joue un rôle important. Elle est douce, méditative et nous accompagne parfaitement dans ce monde fantastique, nous donne envie de nous y perdre et de tout observer. Malheureusement, le jeu n’a pas de version française, il faudra donc choisir d’y jouer en anglais, chinois ou japonais sous-titré en français.

Pour conclure…

Opus : Prism Peak fait partie de ces jeux reposants, à l’atmosphère particulière qui nous donnent envie d’explorer et de passer du temps avec les différents personnages présents. Bien que le gameplay soit plutôt simple, le jeu se ratrappe avec une bande son immersive et une histoire prenante et intéressante à travers le thème de la photographie. J’ai regretté qu’il n’existe pas (encore ?) de version française. 

La  note  de la  rédaction

3-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Bande son immersive

Histoire prenante et intéressante avec le thème de la photographie

Très joli et agréable à parcourir

Les points négatifs

Pas de version audio en français

Progression via le brasero un peu obscure

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