My Dear Detective est une nouvelle série de mystère écrite par Natsumi Ito et publiée sous la collection seinen de Ki-oon. En cours au Japon, la parution française dispose actuellement de trois tomes. Le dernier est paru le 08 février 2024.
Cette critique a été réalisée avec des exemplaires fournis par l’Éditeur.
Résumé de My Dear Detective

Après Sherlock Holmes et Hercule Poirot, découvrez Mitsuko Hoshino, la première femme détective du Japon !
À la fin des années 20, le Japon est en pleine mutation, mais les femmes ont toujours du mal à se faire une place dans le monde du travail. Mitsuko a malgré tout réussi à trouver un emploi qui lui va comme un gant : c’est la meilleure détective de son agence, à Ginza, en plein cœur de Tokyo ! Adultères, personnes disparues… aucune affaire ne l’effraie. Son intelligence et son instinct sont ses principaux atouts, sans parler de son courage, qui lui permet d’affronter les remarques désobligeantes des tenants d’une société patriarcale.
Lors d’une pause bien méritée dans un café, la jeune femme est abordée par un élégant serveur du nom de Saku, qui lui confie une étonnante mission : retrouver la propriétaire d’une chaussure ornée d’un véritable diamant ! Le garçon, autant intrigué par l’affaire que par la détective, l’épaule dans son enquête. Celle-ci mène à un homme qui cache un lourd secret… Et il n’est pas le seul ! En effet, Saku appartient à l’une des plus riches familles de la capitale. Mais, pour lui, assister Mitsuko vaut toutes les expériences du monde !
Le travail ne manque pas pour la première femme détective du Japon ! Sous le glamour du quartier chic de Ginza se cachent drames et surprises… Avec élégance et dynamisme, Natsumi Ito nous embarque dans le quotidien d’un duo à l’énergie contagieuse qui brise les codes de la société !
Le Japon des années 20
La série My Dear Detective prend place dans un contexte assez particulier. En effet, l’histoire se situe dans les années 1920, en pleine modernisation du Japon. Cela va de pair avec l’occidentalisation qui prend tout de même une grande place dans le manga. Que ce soit par les tenues ou par l’importation de desserts, de thés, et même de musique… Nous retrouvons de nombreux points de cette époque dans My Dear Detective.
Il était très rare pour les femmes de travailler, et si c’était le cas, c’était plutôt dans le domaine du service. Ici, Mitsuko est détective. Et bien qu’elle rende service aux gens, cela reste tout de même un métier à prédominance masculine. Cela se fait ressentir tout au long des trois tomes, où elle se retrouve confrontée à des hommes qui la dévisagent ou qui ne la prennent pas au sérieux… Quand bien même, elle est la meilleure détective de son agence.
Pire encore, Mitsuko est parfois menacée ou insultée, à cause de son genre. Des insultes sexistes, comme “Arrête de voler le travail des hommes” ou “La place des femmes est à la maison”. Un mode de pensée très propice des années 20, mais que ne partage pas l’agence où travaille Mitsuko, ainsi que d’autres personnes, comme son nouveau partenaire d’enquête, Saku.


À deux, on va plus loin
Lors de sa première enquête, Mitsuko rencontre Saku, un homme excentrique et qui a toujours le sourire aux lèvres. Contrairement à d’autres hommes, le regard qu’il a sur Mitsuko est différent : il prend en considération ses talents en tant que détective. Et il ne se met pas du tout en travers de son chemin, et ce, même quand il devient, lui aussi, employé de la même agence !
Malgré leurs apparences ou leurs personnalités bien différentes, ils ont quelque chose en commun. Ils viennent de familles dont le nom de famille est important, et qui peut parfois les invisibiliser… Surtout Mitsuko, comme il s’agit d’une femme. La voie qu’elle a prise en devenant détective n’a pas été appréciée par sa famille, particulièrement son père. Mais elle ne regrette en rien son choix, et si elle devait le refaire, elle le referait sans hésiter !
Concernant Saku, sa famille détient le grand magasin Yoshida à Ginza. Cette renommée autour de son nom de famille va les aider dans de nombreuses enquêtes au cours des trois tomes de My Dear Detective. Même si nous découvrons qu’il est en réalité le fils adoptif de la famille Yoshida, cela ne change en rien son besoin de reconnaissance au sein de sa famille, et de son propre frère, Hitoya, que nous rencontrons au cours du tome 2, ainsi que dans le tome 3.


Des enquêtes en tout genre
La perspicacité et l’intelligence de Mitsuko, mêlées à l’aisance et à la bonne humeur de Saku, font que toutes leurs enquêtes sont résolues en une poignée de secondes. Pour le moment, en tout cas… Mais il est vrai qu’ils sont très complémentaires, et que cela les aide beaucoup lorsqu’ils sont parfois dans une impasse. En plus des innombrables connexions de Saku, évidemment.
Durant ces trois tomes, nous avons neuf enquêtes au total. Certaines sont plus longues que d’autres, prenant ainsi entre deux ou quatre chapitres, mais sont tout aussi importantes, car elles nous permettent d’en apprendre davantage sur nos deux protagonistes. Aussi bien sur leurs familles respectives, ou sur leurs propres sentiments personnels. Quoi qu’il en soit, bien que la résolution d’une enquête soit l’étape la plus importante, nous trouvons qu’il est plus intéressant d’observer comment Mitsuko et Saku parviennent à trouver le fin mot de l’histoire.
Comme dans quasiment toutes les œuvres de détective ou de mystère, cela passe par des multitudes d’interrogations, et de farfouilles à droite à gauche. Parfois, leur première intuition est la bonne. Mais dans d’autres circonstances, ils doivent chercher plus loin… Ou se laisser aiguiller par d’autres personnes. C’est le cas d’une enquête concernant une actrice, par exemple, qui serait la cause du suicide d’une autre actrice. En jouant les gardes du corps avec elles, ils découvrent que ces deux actrices étaient de bonnes amies, et que la présumée décédée était en réalité bien vivante. S’ils ne l’avaient pas côtoyée et espionnée de près, jamais, ils n’auraient pu aboutir à cette conclusion.


Mon avis sur My Dear Detective
Ce que nous trouvons bien, dans My Dear Detective, c’est qu’aucune des enquêtes ne sont pour le moment reliées entre elles. À part certaines qui prennent plusieurs chapitres, nous passons généralement du coq à l’âne. D’une enquête sur une arnaque, à une autre concernant les pleurs de détresse d’un employé maltraité… Nous ne nous ennuyons pas, et nous accompagnons ce duo de choc sous toutes les situations.
En parlant de Mitsuko et Saku, il faut avouer que leur relation est particulièrement adorable. Nous avons hâte de voir si elle peut se développer en autre chose que de l’amitié. Car ils se complètent parfaitement d’un point de vue professionnel comme personnel. Ils font tout le charme de la série. C’est plaisant de constater que Saku fait tout pour rassurer et mettre à l’aise Mitsuko sur son travail de détective. Lui montrer qu’elle mérite autant que les autres de travailler, et de se faire une place dans ce domaine. Au final, ils font ressortir le meilleur d’eux-mêmes et nous espérons que cela va durer encore longtemps.
My Dear Detective est une nouvelle série baignant dans les années 1920 au Japon. Elle est plutôt avant-gardiste, avec un accent posé sur la place de la femme à une époque où il était encore peu considérable de les voir travailler, ainsi que des questions de déconstruction de genre. Visuellement et narrativement, la série a tout pour plaire et il nous tarde de découvrir la suite des aventures de Mitsuko et Saku dans le prochain tome !




