Maliki : Poison of the Past

Maliki : Poison of the Past est un RPG au tour par tour, développé par le studio indépendant Blue Banshee et édité par Ankama. Le jeu sort le 22 Avril sur Steam et Nintendo Switch.

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Présentation

Maliki : Poison of the Past est donc un RPG au tour par tour développé par le studio français Blue Banshee et édité par le studio Ankama. Jeu 100% tricolore donc Cocorico !!!

Blue Banshee, nouveau studio indépendant, développe ainsi son premier jeu. Le studio a été fondé par un game designer, un auteur de bandes dessinées et un vétéran de l’animation à la française. Ils décident d’installer les locaux à Auray. Le studio veut se distinguer en privilégiant des conditions de travail exemplaires et une qualité de vie au travail impeccable. Un vrai studio de passionnés en accord avec son époque post-covid. 

Mais avant de se pencher sur le jeu d’aujourd’hui, il me semble primordial de vous parler de Maliki et de son univers.

Maliki : qui es-tu ? 

Présenter Maliki et son univers, c’est toujours un peu alambiqué car on ne sait pas trop par où commencer. Au commencement, Maliki est une personne racontant ses aventures sur un site Internet sous forme de strip (petites bandes dessinées publiées en ligne). Ces histoires ont commencé en 2004. Les thèmes abordés y sont divers et variés, bien que tournant beaucoup autour de la vie quotidienne de l’auteur, entouré de ses nombreux chats et de ses amis. 

Son univers s’étend sur plusieurs formats tels que les romans (3 à ce jour ont été publiés), 8 tomes de BD, des contenus de blog, des goodies et, bien entendu, un jeu vidéo. Maliki est une jeune fille vivant au fin fond de la campagne bretonne entourée de Becky sa femme, Fang une adolescente chinoise que Maliki a adopté quand elle était encore qu’une enfant, Tiko le fils que Maliki a eu avec Becky grâce à l’intervention de Fénimale (une fée de la nature, « un peu » extrémiste avec les humains). Rajoutez à cela, des animaux en tout genre (poules, moutons, alpagas, …) et bien sûr les chats que Maliki et Becky ne peuvent s’empêcher d’adopter. Alors, plongeons-nous maintenant sans plus tarder dedans et abordons l’histoire de Maliki : Poison of the Past.

Pas de convecteur temporel mais un arbre monde

Un jour, Sand se baladait tranquillement quand iel fut aspiré par une faille spatiotemporelle qui l’a conduit directement devant une grande fille aux cheveux roses nommée Maliki et qui lui demande d’aller sauver le domaine qui se trouve autour du manoir dans lequel iel a atterri.

Mais rien ne se passe comme prévu et Maliki, se rendant compte de son erreur, renvoie Sand à son époque et en récupère “un/une” autre d’une autre époque. Et ce coup-ci, c’est la victoire, le domaine est sauvé ! Enfin presque…

Fang, une petite fille asiatique qui vit avec Maliki et férue de nouvelles technologies, nous explique qu’elles se sont retrouvées coincées depuis des années à cause d’anomalies spatiales. Le seul moyen d’augmenter la surface est de restaurer l’arbre-monde et de lui redonner sa grandeur d’autrefois. 

Rapidement, Maliki explique à Sand qu’une entité nommée Poison essaye de changer des événements du passé dans un but inconnu. En faisant grandir l’arbre-monde, ce dernier a expulsé un rejet de ses racines. Ces derniers servent à Maliki pour la construction de son portail spatio-temporel

D’ailleurs, un nouvel endroit est accessible. Elle charge donc Sand, Fang et Becky (une fermière amnésique vivant au domaine) de régler le problème et de revenir saines et sauves. C’est ainsi que leur aventure commence ! 

Le temps au service d’une grande cause 

Quelle que soit l’œuvre concernée, dès qu’il s’agit de voyage dans le temps, il faut reconnaître que c’est un peu comme marcher sur des œufs. Pourtant, dans Maliki : Poison of the Past, cet aspect de l’histoire est vraiment bien exploité et surtout expliqué. Cela ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe. On sent une inspiration (un hommage plutôt) à Chrono Trigger, et quand la nostalgie parle, on l’écoute et on profite. 

Les clins d’œil à l’univers de Maliki sont nombreux et feront plaisir à tous les fans : personnages secondaires, références textuelles ou autres, il y a de quoi faire et cela fait plaisir. Il n’est pas nécessaire de connaître l’univers pour faire le jeu. Au pire, vous raterez quelques références mais rien de grave du tout. 

Gameplay

De l’inspiration des classiques 

Maliki : Poison of the Past est un RPG au tour par tour avec des combats dynamiques. Première constatation, le joueur a tout son temps pour choisir une action afin de peser le pour et le contre. Une barre en haut à droite de l’écran indique l’ordre de passage des ennemis et des personnages. Comme ça, on peut anticiper et planifier ses actions à l’avance. 

Et croyez-moi, la stratégie a une place plus importante que l’on pourrait croire au premier abord. Le jeu ne vous fera aucun cadeau, surtout en ce qui concerne les boss, donc préparez-vous correctement.

Les 4 éléments 

Du côté stratégie, voici la première pierre angulaire qu’il va falloir assimiler. Chaque attaque peut être d’un des 4 éléments : Neutre, Techno, Nature, et Bagarre. Les ennemis que vous affronterez réagissent différemment à chaque élément : Résistance, Faiblesse, Neutre, Immunité. 

Il va donc falloir s’adapter à chaque ennemi pour ne pas galérer inutilement. Chacun de vos personnages est aussi vulnérable et résistant à un élément en fonction des objets dont vous l’aurez équipé. À savoir également que chaque personnage dispose de plusieurs compétences de différents éléments. 

Encore une fois, la stratégie sera prédominante dans la construction de son équipe et ça fait du bien d’avoir un jeu qui ne nous prend pas par la main et nous laisse faire, plus ou moins, ce que l’on veut. Par contre, si vous vous y prenez de travers, le jeu vous le fera clairement sentir…

Le temps, encore et toujours lui

Seconde pierre angulaire des combats : la gestion temporelle. Chaque personnage peut utiliser une technique particulière une fois qu’il dispose d’assez de points. Une fois celle-ci activée, elle permet d’avancer ou de reculer ledit personnage sur la barre de temps dont nous avons parlé. 

Si vous retardez le temps, le personnage se soigne et récupère des PT (points utilisés pour les compétences). Par contre, si vous arrivez à rejoindre un ami sur la barre du temps, vous aurez l’occasion de chacun lancer une compétence, voire même un combo dévastateur ! 

Vous pouvez aussi atterrir sur un ennemi, et dans ce cas une jauge de temps apparaît. Il vous faudra choisir votre compétence le plus rapidement possible. Sachant que certaines d’entre elles disposent d’une attaque spéciale en cas de “combat de temps”. Par contre, si vous ne voulez pas souffrir, ne mettez pas les ennemis ensemble sur la barre de temps… Je vous aurais prévenu…

Le domaine est votre ferme

Qui dit Maliki, dit démarche écologique, et justement le domaine est fait pour ça ! Au fur et à mesure que vous agrandirez ce dernier, vous débloquerez des parcelles dans lesquelles vous pourrez planter diverses plantes, légumes et fruits.

 Blé, carottes, mûres, tout ce que vous ramasserez sera utile afin que Lady puisse vous cuisiner des plats qui vous donneront divers buffs pendant les combats, permettront de réussir des quêtes annexes…

Par contre, si vous souhaitez bénéficier des bienfaits de dame Nature, n’oubliez pas de replanter régulièrement des semences pour en avoir toujours sous le coude ! 

Fang, fabrique-nous un gadget s’il-te-plaît !!

À un certain moment de l’avancée dans Maliki : Poison of the Past, il vous sera permis de crafter des accessoires auprès de Fang dans son atelier. Ces derniers vous seront très précieux et utiles afin de progresser dans l’aventure. Outre les modifications de statistiques classiques (défense, attaque…), ceux-ci peuvent vous donner de nouvelles résistances et/ou faiblesses, voire des nouvelles capacités passives. 

Ne négligez pas cet aspect du jeu et explorez chaque recoin pour trouver les composants de fabrication et d’amélioration pour ces accessoires. 

Direction artistique

Graphismes

Cela saute aux yeux quand on s’attarde un peu sur tout ce qui nous entoure, la DA est magnifique et colle parfaitement à l’univers de Maliki. Que cela soit au niveau des environnements que de la modélisation des personnages. Tout est agréable à l’oeil, chatoyant, fourmillant de petits détails

Second point fort également, les sprites des différents personnages importants quand il y a un dialogue sont animés et parfaitement bien représentés. Les émotions et leurs réactions rendent vraiment bien.

Musiques

Les musiques de Maliki : Poison of the Past ont été composées pour la plupart par deux membres du groupe Starrysky, qui est un groupe franco-japonais de J-rock actif depuis 2009 et ayant fait des collaborations avec des vidéastes français tels que Benzai, JDG et autres. Leur univers est un mélange d’inspirations venant de la J-pop mais aussi du J-rock et du métal.

Et cela se ressent dans l’OST du jeu. Surtout dans les thèmes de combat et d’action. Mais cela serait réducteur de ma part de les arrêter à ça car toute l’OST est de très bonne facture. J’ai beaucoup apprécié les effets de distorsion et de saturation que l’on rencontre dans les fameuses zones d’exploration, cela rajoute un cachet évident au soft. 

En plus de Starrysky, il faut également noter la présence d’un guest spécial. Que dis-je, “spécial”, cet homme est une légende dans le milieu. Son CV est tellement hallucinant que l’avoir dans son propre jeu est proprement hallucinant. J’ai nommé Motoi Sakuraba

Quoi ? Ce nom ne vous dit rien ? OK, si je vous dis Star Ocean, Valkyrie Profile, Golden Sun, Tales of, Baten Kaitos et les Souls originaux. C’est bon, vous visualisez maintenant la chance incroyable d’avoir ce compositeur de génie dans son jeu ? 

En résumé, pour l’OST, c’est vraiment du bon travail à tout point de vue. De l’enchantement, de la tragédie, de l’entraide, toutes les émotions y sont et c’est ce que l’on attend d’une bonne OST.

Pour conclure…

Maliki : Poison of the Past est un très bon jeu. On y ressent la passion pour l’univers de Maliki qu’y a été mis dedans, on ajoute une pointe de nostalgie pour les jeux RPG oldschool, une histoire de voyage dans le temps, un très beau message écologique et sociétal distillé par-ci par-là et qui nous fait nous interroger sur ce qui se passe. Un système de combat bien pensé avec des features intéressantes. Une direction artistique magnifique et qui colle parfaitement à l’univers Maliki. Même s’il n’est pas nécessaire de connaître l’univers de Maliki pour jouer et apprécier ce jeu, cela peut être un atout pour comprendre le jeu dans son entièreté. Ah, et j’ai failli oublier : on peut caresser les chats (même Féanor !), et ça c’est bon ! 

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Une OST agréable

Direction artistique impeccable

Des très bonnes idées de gameplay

Une histoire mêlant le temps et l’espace

Très joli message écologique et sociétal

On peut caresser les chats !

Les points négatifs

Ne pas connaître l’univers de Maliki fait rater quelques références

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