Luca, vétérinaire draconique – Tome 1 & 2

Après avoir vu sa série en quatre tomes, Terrarium, sortir en France grâce à Glénat, Yuna Hirasawa à vu au mois d’avril deux autres de ses œuvres publiées sous l’égide de l’éditeur, dont celle qui nous intéresse aujourd’hui : Luca, vétérinaire draconique. Tandis que le tome 2 est paru sur les étals des libraires le 18 septembre 2024, nous nous sommes dits qu’il était temps de découvrir le voyage de Luciana pour devenir un vétérinaire draconique diplômé. Il a suffi d’un battement d’aile (de dragon) pour que nous soyons soufflés par cette lecture qui nous a passablement… étonnée !

Cette critique a été réalisée avec des exemplaires fournis par l’Éditeur.

Une saison à Kogniel

Soins aux créatures magiques dans un monde garanti sans sorciers !

Les vétérinaires draconiques soignent des créatures de formes extrêmement diverses appelées “dragons”. Luca rêve de pratiquer ce métier afin de suivre les traces de son père, qui était vétérinaire draconique des armées. Avec l’aide de Chloé et de Gilla, ses camarades de promotion à l’institut supérieur des sciences draconiques de Kogniel, où elles sont formées pour devenir vétérinaires, Luca soigne les dragons qui souffrent avec tant de passion qu’elle se dispute parfois avec son entourage !

Après Terrarium et ses vaisseaux à l’abandon, Yuna Hirasawa plonge dans un univers tout aussi onirique, la fantasy en plus. Une école, des dragons, des rivalités sans oublier le destin d’un parent disparu… La jeune Luca, vétérinaire draconique, vous invite à un voyage d’écailles et de brise !

Glénat

Luca, vétérinaire draconique commence tandis que la jeune Luciana Guidéormussem (surnommée Luca) est en chemin pour tenter d’intégrer le prestigieux Institut supérieur des sciences draconiques de Kogniel. Dans le train, elle va faire la connaissance de Chloé qui s’avère être également une postulante à l’Institut. Mais une fois arrivé en ville, les choses se corsent. L’un des dragons volant, chargé de transporter Luca, Chloé et deux autres condisciples de Kogniel, Gilla et Jessica, perd connaissance provoquant la chute de la nacelle. Devant la détresse de son propriétaire, un dilemme s’impose aux jeunes filles, aller passer l’examen d’entrée de l’institut ou tenter l’impossible pour soigner l’animal.

Alors que Jessica et Chloé choisissent la première option, Luca et Chloé, elles, veulent tout faire pour sauver leur patient. Elles sont rejointes par un vétérinaire draconique présent sur les lieux et nommé Siegfried. Cependant, ce dernier revient du front et est amputé d’un bras, ce qui l’empêche d’opérer, le forçant à assister Luca, qui se charge de l’opération, pendant que Chloé s’occupe de l’anesthésie. Malheureusement, la tâche s’avère trop rude pour Luca seule et alors que tout espoir semble perdu, Gilla revient pour les aider. Le dragon est sauvé, mais le trio est en retard pour l’examen qui s’est déroulé sans elles. C’est alors que Siegfried dévoile son identité de professeur de Kogniel et accepte de prendre les filles en apprentissage, leur permettant ainsi de rejoindre l’école.

Tout paraît s’arranger pour le mieux jusqu’à ce que Luca se présente de façon formelle, révélant au passage être la fille de Guidéor, un vétérinaire draconique aux méthodes douteuses, tué au combat après avoir trahi sa patrie. Gilla, dont les parents ont été tués à cause de ce dernier, réagit très mal à cette révélation. Comment Luca va-t-elle réussir à s’intégrer au sein de l’institut du fait de sa filiation ? Que s’est-il réellement passé lors de la trahison de Guidéor ? Que cache Siegfried, lui qui était à ses côtés ? Luca l’ignore, mais elle n’a pas vraiment le temps de s’en préoccuper puisque les cours et leur cortège d’épreuves commencent.

Découvrez un extrait de Luca, vétérinaire draconique – Tome 1 ici !

Luca Passion Vétérinaire

Luca, vétérinaire draconique est donc la troisième série de la mangaka Yuna Hirasawa, si l’on excepte son one-shot qui a été publié par Glénat en parallèle du premier tome de Luca : Devenir enfin moi-même. Bien que ce travail soit nettement antérieur aux aventures de la jeune vétérinaire, cette œuvre autobiographique nous raconte le chemin parcouru par Yuna pour effectuer sa chirurgie de réassignation sexuelle en Thaïlande. On le sait le Japon est un pays de traditions et l’homosexualité, tout comme la communauté trans-genre, est toujours stigmatisée, même si les mentalités ont beaucoup évoluées dans le pays comme a pu le signaler la magaka dans l’interview qu’elle a donné sur le site Glénat.

Vu son parcours, on comprend mieux la faculté qu’elle a de retranscrire parfaitement les sentiments de ses personnages quand ils sont rejetés par leur pairs à cause de ce qu’ils sont intrinsèquement. Niveau graphisme on constate une grosse évolution entre Devenir enfin moi-même et Luca, vétérinaire draconique, son trait étant devenu plus maîtrisé et doux, acquérant un petit côté presque onirique, qui est contrebalancé par le sérieux de certains sujets abordés et la précision des informations médicales incluses dans le titre. De quoi ancrer son intrigue de fantasy médicale dans une réalité certe fictive et pourtant parfaitement ressentie par le lecteur. D’autant que la variété des races de dragons contenues dans la série est phénoménale, chacun étant parfaitement dessiné avec un physique adapté à sa fonction. Un énorme travail qui inspire le respect.

Fini la dragonnade !

Vous connaissez l’expression “Ne jamais juger un livre à sa couverture” ? Eh bien, c’est exactement ce que j’ai fait avec Luca, vétérinaire draconique. Néanmoins, j’aurais dû savoir qu’un dessin doux et au style un peu naïf ne présage pas forcément d’une histoire simple et pleine de bons sentiments. J’en ai eu un exemple criant avec Shadows House et Kuro du duo So-ma-to, ou encore avec La Sorcière aux champignons de Tachibana Higuchi, qui m’ont prouvé que les histoires avec des thématiques lourdes ne sont pas forcément cantonnés à un style de dessin plus réaliste. J’ai donc abordé Luca persuadé de m’attaquer à un manga plutôt feel good, retraçant le parcours d’une jeune fille voulant devenir vétérinaire pour soigner des dragons. Si les premières pages ne m’ont pas détrompée, dès la fin du chapitre 1 j’ai compris que je m’étais fourvoyée sur toute la ligne.

Surtout que ma dernière expérience avec une série contenant des dragons (De Neiges et de Flammes), n’a pas vraiment été une réussite. Ainsi, Luca veut absolument suivre les pas de son père qu’elle admire, mais elle doit composer avec l’hostilité de ceux qui l’entourent, persuadé qu’ils sont que son géniteur est un traître à la patrie et un vétérinaire aux méthodes inhumaines. Cela étant, je me doute que l’affaire est aussi simple que ce que la rumeur populaire et les journaux ont colporté, il suffit de voir l’attitude de Siegfried envers la jeune fille, lui qui a combattu aux côtés du paria.

J’avoue qu’au-delà de la peine qu’arrive à me faire ressentir l’héroïne à chaque fois que son identité est découverte (ce qu’elle ne cache pas d’ailleurs), j’ai aussi été très émue par ces deux tomes qui m’ont tiré les larmes, chose qui ne m’arrive quasiment jamais lors de mes lectures et encore moins avec du manga. J’ignore par quel prodige Yuna Hirasawa arrive à faire cela, mais le destin de ces dragons et de ceux qui les accompagnent donne des histoires absolument bouleversantes qui entrent en résonance avec son propre vécu. Cela étant, j’ai également été bluffée par la précision des explications médicales présentes dans le manga. Moi qui ai un cursus médical à la base, je n’ai pu que m’étonner de la description et de la véracité des techniques employées, quand bien même elles s’appliquent ici à des créatures imaginaires.

L’autrice, à la fin du tome 2, explique avoir fait appel à un consultant scientifique, le Docteur Tsuda, qui l’aide à garder une certaine véracité dans les faits. Tout cela reste donc très cohérent et donne même à Luca, vétérinaire draconique le soupçon de réalisme qui m’a permis de rentrer totalement dans l’intrigue en acceptant le fait que les dragons existent le temps de quelques pages. Voilà donc une nouvelle série dont je ne regrette absolument pas la découverte et je n’ai qu’une envie, continuer mon apprentissage en compagnie de Luca et de ses amis avec le tome 3 de Luca, vétérinaire draconique dont la date de sortie n’est toujours pas connue à l’heure où j’écris ces lignes.

Pour conclure…

Alors que son graphisme et son titre laissait présager d’un récit assez rigolo et sans prétentions, sur les traces d’une apprentie vétérinaire, Luca, vétérinaire draconique, nous détrompe très vite quant à son contenu. Abordant des thèmes assez lourds comme la guerre et ses conséquences, la filiation, le rejet et l’abandon, il n’est pas rare que Yuna Hirasawa arrive à nous faire verser quelques larmes pour ces créatures qui, sous sa plume, en deviennent réelles. Point qui est renforcé par les informations scientifiques dispensées tout au long des tomes 1 et 2  et dont la véracité et la cohérence forcent le respect. C’est assez pour nous permettre de valider cette série avec un grand oui, en attendant la sortie prochaine, mais encore inconnue, de Luca, vétérinaire draconique tome 3.

Vous devriez Lire aussi
For the Wolf

Dans le même genre

Laisser un commentaire

En savoir plus sur GeeksByGirls

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture