L’héritière du Dragon – Tome 1

Certains chanceux avaient pu en lire le premier chapitre dans le numéro 12 du magazine bi-annuel gratuit Glénat Manga News spécial fantasy, L’héritière du Dragon s’apprête désormais à se poser en douceur sur les étals des libraires. Attendu pour une sortie le 18 mars 2026, cette série d’Asuka Ishii, toujours en cours au Japon et comptant actuellement 3 volumes reliés, nous entraîne dans le sillage de Shan Lee, jeune fille fascinée par les dragons, qui découvre un beau jour qu’elle en porte un en elle. Commence alors un voyage à la découverte de ses origines pour sauver sa meilleure amie victime de la malédiction du dragon. Un pitch qui avait de quoi attiser en nous la flamme de la curiosité.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

La colère du dragon

 Le dragon enfoui de Shan-lee

Il est un royaume qui n’a pas oublié la légende du dragon et du héros. En son sein se trouve Shan-lee, une jeune fille qui parcourt plaines et forêts, en compagnie de ses amis les animaux, pour résoudre les différends entre humains et créatures fantastiques. Mais un jour, tout bascule à cause d’un mal ancien, le dragon qu’elle porte en elle. Pour sauver son amie d’une malédiction, elle entreprend un voyage vers sa rédemption, mais également son destin ! Voici l’histoire de l’héritière du dragon et du héros !

Glénat

L’héritière du Dragon voit son intrigue évoluer autour du personnage de Shan Lee, jeune fille de quatorze ans fascinée par les dragons et dont la principale activité est de les sculpter dans le bois, au grand dam de son père adoptif le grincheux Seth. Vivant en communion avec la nature, elle est adorée des animaux des environs dont elle comprend plus ou moins le langage. Sa vie bien tranquille s’effondre le jour où des enfants du village ayant trouvé un œuf d’aigle fendevent sans avoir aucune conscience de la nature de leur butin, sont poursuivis par l’un des parents de l’œuf. Sauvés par Shan Lee qui parvient à apaiser les tensions, ils acceptent de rendre ce qu’ils avaient pris pour une belle pierre, par l’intermédiaire de leur courageuse sauveuse.

Sur le chemin du retour, elle croise un voyageur ayant vu voler l’oiseau et qui souhaite ardemment contempler une nouvelle fois ce spectacle grandiose. Renseigné par Shan Lee sur les habitudes de vie du rapace géant, l’étranger reprend sa route. De retour au village, Shan Lee est invitée par sa meilleure amie Sosha à prendre part au festival de mai, commémorant la victoire du héros Finley Reed sur le dragon qui a dévasté ces terres 200 ans auparavant. Alors que les festivités battent leur plein, un aigle fendevent mortellement blessé s’abat sur la place du village avant de s’éteindre dans un cri d’agonie qui dévaste le hameau.

Ayant repris connaissance, Shan Lee s’aperçoit que l’un des hommes responsable de la mort de l’aigle est l’inconnu qu’elle a croisé plus tôt dans la journée. Devant l’usage mortel qu’il a fait de ses informations et face à la colère de voir son amie et les habitants du village blessés, elle déchaîne une puissance qu’elle ignore posséder et les braconniers ne doivent leur salut qu’à l’intervention de Seth, un chien noir qui arrive à contenir sa fille adoptive. Mais les conséquences de la perte de contrôle de Shan Lee sont graves et Sosha, ainsi que d’autres villageois ont été victimes de la malédiction du dragon les empêchant de reprendre conscience. Avertie par Seth qu’elle abrite un dragon dans son corps, Shan Lee décide d’effectuer un voyage jusqu’à la capitale afin de consulter les mages royaux, seuls capables d’avoir les connaissances nécessaires pour trouver un remède…

Lisez un extrait de L’héritière du Dragon – Tome 1 ici !

La dessinatrice entre deux mondes

La mangaka Asuka Ishii qui est à l’origine de L’héritière du Dragon, n’est pas réellement une inconnue dans nos contrées puisqu’elle a déjà vu l’une de ses œuvres, l’île entre deux mondes (Hisakata no oto en version originale) faire l’objet d’une parution française en 2021 sous l’égide de l’éditeur Pika. Dans ce conte fantastique, un jeune professeur revient exercer son métier dans son île natale et se retrouve confronté à des phénomènes surnaturels ayant trait aux mythes et légendes de l’archipel. Un monde enchanteur qui semble bien décidé à lui faire passer un message. Un récit sans véritable fil rouge, mais avec une réflexion poussée sur notre rapport à la nature et aux esprits qui la peuplent assez juste poussant le lecteur à adopter un certain équilibre entre rationalité et ressenti.

Une réflexion qui est également au cœur de son ouvrage suivant et qui est également celui qui nous occupe aujourd’hui : L’héritière du Dragon (Hi no Ryū no Kun de son titre original). Débutée en 2023 dans les pages du magazine Young Animal Zero des éditions Hakusensha, la série ne compte actuellement que 3 tomes reliés et est toujours en cours de publication dans l’archipel nippon. Il faut dire que Asuka Ishii, non contente d’être mangaka, est également une artiste reconnue partageant son temps entre son activité d’autrice et celle de peintre et d’illustratrice.

Ayant étudié les Beaux-Arts à la prestigieuse université Tama de Tokyo puis à l’université d’Arts d’Okinawa, Asuka Ishii, qui expose régulièrement son travail dans diverses galeries d’art a été finaliste du 18e prix d’Art Contemporain du musée commémoratif Taro Okamoto. Une artiste complète donc, misant sur la poésie et l’onirisme qui se dégagent de ses planches pour faire passer ses messages, sans parler de la somptuosité graphique des dessins qui habillent son récit.  

Une ambiance Feu-trée agréable

Quand il est question de fantasy, la figure du dragon est un quasi incontournable à incorporer dans le récit, la créature fascinant autant qu’elle est redoutée et le manga ne fait pas exception à la règle. Que ce soit De Neiges et de Flammes, L’âme du Dragon ou encore Le Garçon et le Dragon, cet animal mythique peut prendre bien des formes et représenter aussi bien un sauveur qu’une calamité, quand il n’est pas un simple animal domestiqué dans Luca, Vétérinaire draconique. J’ai donc entamé ma lecture de L’héritière du Dragon tome 1 en pensant dérouler une énième histoire de dragon de plus, d’autant que la figure du héros ayant une créature mythique et surpuissante scellé en lui n’est pas d’une originalité folle non plus.

Et sur ce coup-là, je n’ai pas vraiment été détrompée tout au long de ce premier tome. Certaines situations sont assez convenues et l’on voit arriver les événements à des kilomètres, je suis d’ailleurs à peu près certaine d’avoir compris l’origine et les circonstances de la naissance de Shan Lee rien qu’avec les indices distillés ça et là par Asuka Ishii. Cependant, les principales qualités de L’héritière du Dragon n’est pas là et il serait dommage de réduire l’œuvre à ce manque d’originalité. En effet, au-delà des graphismes superbement travaillés qui m’évoquent parfois le travail du studio Clamp à sa grande époque, le fait que cette aventure soit resserrée à échelle humaine lui confère une ambiance intimiste et chaleureuse qui touche droit au coeur du lecteur surtout quand ce dernier a tendance à ressentir ses lectures.

Ici, il n’est nullement question de sauver le monde ou autre but grandiose, l’héroïne cherche juste à sauver sa meilleure amie et les gens qu’elle côtoie de près, sans chercher à s’ériger en une figure mythique de sauveuse inaccessible. En ce sens, Shan Lee est une protagoniste parfaite, pleine de défauts, mais capable de fédérer autour d’elle. Un personnage central attachant qui donne envie de suivre son parcours initiatique, tout en espérant qu’elle parviendra à son but. Mention spéciale au bébé griffon devenu le compagnon de la jeune fille et à même de faire fondre les moins sensibles tant il est adorable.

D’autre part, le propos sous-jacents de respect de la nature et de notre interaction avec elle, dans la mesure ou Shan Lee milite pour réhabiliter l’image du dragon alors que ce dernier à laissé le souvenir d’un monstre destructeur dans la mémoire du peuple, évoque pour beaucoup le traitement du même sujet dans les films du studio Ghibli, ce qui est une raison supplémentaire de tenter l’aventure pour qui aime les longs-métrages du studio.

A la lecture de ce qui précède il devient vite évident que l’ardeur douchée à la lecture du synopsis de L’héritière du Dragon s’est retrouvée avivée par un feu nouveau quand j’ai réellement plongé au plus profond de ces pages. Tandis que le tome 1 s’apprête à prendre son envol, il ne me reste plus qu’à attendre patiemment le retour de L’héritière du Dragon avec un tome 2 dont la date de sortie n’a toujours pas été annoncée pour l’heure.

Pour conclure…

Si L’héritière du Dragon semblait au premier abord suivre des chemins déjà largement arpentés par la fantasy, la lecture de ce premier tome parvient finalement à raviver la flamme de l’intérêt. Derrière un récit aux ressorts parfois convenus, Asuka Ishii déploie une aventure à hauteur d’homme portée par une héroïne profondément attachante et par une sensibilité rare dans ce genre d’univers. Entre la beauté de ses planches, son atmosphère chaleureuse et son message discret sur notre rapport à la nature, la série réussit à trouver sa propre voix. Un premier envol prometteur qui donne envie d’accompagner Shan Lee dans son voyage et d’attendre avec curiosité la suite de son périple et un tome 2 à la date de sortie encore inconnue.

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