Depuis notre découverte de Luca, vétérinaire draconique, nous avons eu le temps de nous attacher à ces étudiantes passionnées et à ce monde rempli de dragons de toutes sortes. Alors que le tome 4 nous promettait de plonger dans les souvenirs de Siegfried et de découvrir enfin la vérité sur la mort du père de Luca, le tome 5 quant à lui lance Luciana et ses amies dans une course pour sauver leur professeur référent. Ayant atterri en librairie le 11 février 2026, le volume 5 de Luca, vétérinaire draconique, qui, d’après l’auteur, marque un tournant et correspond à la moitié de la série, nous a fourni une excellente excuse pour rattraper notre retard.
Cette critique a été réalisée avec des exemplaires fournis par l’Éditeur.


Luca’s film
Soins aux créatures magiques dans un monde garanti sans sorciers !
Les vétérinaires draconiques soignent des créatures de formes extrêmement diverses appelées “dragons”. Luca rêve de pratiquer ce métier afin de suivre les traces de son père, qui était vétérinaire draconique des armées. Avec l’aide de Chloé et de Gilla, ses camarades de promotion à l’institut supérieur des sciences draconiques de Kogniel, où elles sont formées pour devenir vétérinaires, Luca soigne les dragons qui souffrent avec tant de passion qu’elle se dispute parfois avec son entourage !
Après Terrarium et ses vaisseaux à l’abandon, Yuna Hirasawa plonge dans un univers tout aussi onirique, la fantasy en plus. Une école, des dragons, des rivalités sans oublier le destin d’un parent disparu… La jeune Luca, vétérinaire draconique, vous invite à un voyage d’écailles et de brise !
Glénat

Porter le nom de Guidéormussem, dans le monde de Luca, vétérinaire draconique, n’a rien d’un honneur et nous suivons pourtant une jeune fille qui refuse de se laisser définir par ce passé. Luciana Guidéormussem, passionnée de dragons et fraîchement admise à l’académie, n’a qu’un objectif : devenir vétérinaire draconique. Peu importe que son père, ancien lieutenant vétérinaire mort à la guerre, soit considéré comme un traître pour avoir prétendument propagé une maladie mortelle au sein de son escadron. Pour elle, Guidéor reste le médecin dévoué qu’elle admirait enfant. Habituée aux persécutions depuis son plus jeune âge, Luca s’accroche à ses souvenirs et à sa vocation. En route vers l’école de ses rêves, elle rencontre Chloé puis Gilla. Ensemble, elles viennent en aide au dragon de transport chargé de les conduire à l’Institut.

De ce premier sauvetage naît une amitié fragile, rapidement mise à l’épreuve par la rancœur de Gilla, qui tient Guidéor pour responsable de la mort de sa propre famille. Au fil des interventions et des soins prodigués aux dragons, les liens se tissent malgré tout. Gilla finit par comprendre que Luca ne saurait être tenue responsable des actes de son père. Mais lorsque, cherchant à identifier le propriétaire d’un dragon mourant, elles sollicitent l’aide d’une journaliste nommée Katrin, les choses basculent. En échange de son aide, celle-ci exige une interview. L’article révèle alors l’identité de Luca et ravive les blessures du passé. À l’institut, pour tous, elle devient « la fille de l’infâme Guidéor ». Tandis que l’isolement s’installe et que les regards se détournent, Luca continue d’avancer, déterminée à prouver sa valeur.

Une dispute avec Gilla autour de l’article fragilise encore davantage leur relation, jusqu’à ce qu’une compétition inter-départements fasse exploser les tensions. Lors d’une course de dragons, Luca affronte Sölvi, champion du département cavalerie, qui considère Guidéor comme le responsable de la mort de son frère. Poussé par la rancune, il prend des risques inconsidérés pour la dépasser. Une erreur d’inattention provoque une collision avec une tour de guet. Si Sölvi s’en sort presque indemne, son dragon de glace, Frosti, subit une fracture de l’aile, blessure presque irréversible chez les dragons volants. Luca tente d’intervenir, mais se heurte au refus catégorique du cavalier, et le professeur Siegfried l’écarte des soins.

Alors que l’euthanasie semble inévitable, la jeune apprentie découvre l’existence d’une technique expérimentale susceptible de rendre un jour à Frosti la capacité de voler. Une procédure risquée, qui l’expose encore davantage aux critiques et aux soupçons. Ayant réussi à ramener le jeune homme à de meilleurs sentiments tout en sauvant Frosti de la piqûre létale, Luca doit désormais écrire une présentation pour le grand prix de recherches en dragonologie sur le traitement du dragon de glace. Condition sine qua non pour qu’une partie des soins de Frosti soit financée dans le cadre d’un budget de recherche. Avec l’aide de ses amies, Luciana s’attèle à la tâche, et fait sensation devant le jury et la famille royale. Mais à peine le concours terminé, le professeur Siegfried disparaît laissant derrière lui une lettre à l’attention de ses étudiantes.
Tant de guerre
Les vétérinaires draconiques soignent des créatures de formes extrêmement diverses appelées “dragons”. Luca découvre que le métier auquel elle aspire n’est pas aussi idyllique qu’elle le croyait. Siegfried, son mentor, disparaît brusquement de l’institut Kogniel. Dans une lettre d’adieu adressée à ses élèves, il raconte ses souvenirs de guerre et révèle qu’il était vétérinaire draconique des armées sous les ordres de Guidéor, le père de Luca aujourd’hui décédé. Tout en décrivant l’enfer qu’il a lui-même vécu, Siegfried leur apprend que ce grand homme avait un côté cruel et leur explique comment les dragons ont, à l’époque, servi d’armes biologiques.
Quelle sera la réaction de nos jeunes héroïnes face à cette douloureuse réalité ?
Glénat

Après sa victoire au grand prix de recherches en dragonologie et sa rencontre avec la famille royale dans le tome 3 de Luca, vétérinaire draconique, Luca ayant échoué à trouver le professeur Siegfried revient au dortoir. C’est dans la plus totale incompréhension que les filles se rassemblent autour de la missive laissée par leur mentor. Alors que Chloé entame la lecture, Gilla et Luca se préparent pour les révélations à venir.

C’est au son de la voix de leur amie qu’elles apprennent enfin la vérité sur les événements ayant fait du père de Luciana un traître aux yeux de la patrie. Après leur avoir demandé pardon de ne pas leur avoir dit plus tôt la vérité, Siegfried replonge dans son passé de vétérinaire de guerre aux côtés du lieutenant Guidéor, officier aussi efficace que cruel. Le conte de fée est fini, tout comme les belles illusions de Luca sur son géniteur et si l’histoire ne commence pas par “il était une fois”, elle débute par un dragon malade et une mission secrète confiée par le général Igorm…
Découvrez un extrait de Luca, vétérinaire draconique – Tome 4 ici !
Le virus-D
Les vétérinaires draconiques soignent des créatures de formes extrêmement diverses appelées “dragons”. La guerre continue de faire rage alors que la cloche de la trêve a sonné. Désireux d’y mettre un terme, Siegfried entre en confrontation directe avec l’armée, qui prévoit d’utiliser une fois de plus le virus du dragon fou à des fins militaires ! Après avoir appris la vérité au sujet de la mort de son père, Luca se lance à la poursuite du professeur en compagnie de ses amies. En effet, elle refuse de perdre un autre être cher et désire en apprendre toujours plus sur la médecine draconique ! Elle décide de demander l’aide de la princesse héritière d’Ardnog… La détermination à toute épreuve de ces jeunes filles est contagieuse !
Glénat

Désormais parfaitement au fait du passé de Siegfried et des événements ayant conduit à l’accusation de traîtrise de son père, Luca, Gilla et Chloé décident de se lancer sur les traces de leur enseignant afin de le ramener à Kogniel. Ne sachant pas par où commencer, elles s’en ouvrent à la directrice de l’Institut qui apprend éberluée la démission du professeur. Devant les omissions de Siegfried, toutes comprennent qu’il s’apprête à mettre sa vie en jeu afin de rétablir la vérité, secret soigneusement gardé par les militaires. Devant l’urgence de la situation, Mme Hallgerdur les conduit à la porte de la princesse héritière, droit gagné par Luca en même temps que le concours.

Laissant là les jeunes filles, elle repart informer l’ordre des vétérinaires, qui se doute de la réelle implication de l’armée dans l’affaire du dragon fou. Introduites auprès de la princesse Aurèlia, les étudiantes de Kogniel lui exposent la situation. Malheureusement, cette dernière leur explique que le pouvoir de la famille royale n’est plus qu’une façade et qu’elle ne peut rien faire pour les aider. Mais devant l’insistance de Luca, la princesse décide alors de les faire accompagner de ses gens de maison, combattantes aguerries et totalement dévouées à leur souveraine.

De son côté, Siegfried retrouve Katrin afin de lui confier les preuves récoltées par Guidéor contre le général Igorm. Mais avant d’écrire un article pour dévoiler les vrais coupables de l’affaire, la journaliste compte bien se servir de Siegfried pour appâter le général et le faire tomber. Mais le piège mis en place comporte des failles et l’armée intervient pour les faire taire…
Lisez un extrait de Luca, vétérinaire draconique – Tome 5 ici !
Déclaration de père
Avec les révélations de Siegfried sur son implication et celle de Guidéor dans l’affaire du Dragon fou, Luca, vétérinaire draconique prend une tournure bien plus sombre que précédemment. Certes auparavant Yuna Hirasawa avait déjà fait évoquer à Luca son passé fait de persécutions et de harcèlement, ayant conduit à l’internement de sa mère en hôpital psychiatrique, mais là nous plongeons directement au coeur du conflit entre une nation qui mise sur les dragons et une autre qui compense par la technologie. C’est un parti pris intéressant dont nous gratifie la mangaka, celle de donner à Siegfried, alors jeune vétérinaire à peine diplômé, le rôle de narrateur. La guerre est toujours un sujet délicat à aborder, tant dans un conflit les deux camps sont persuadés d’être dans leur bon droit, c’était d’ailleurs l’un des grands sujets de Choujin X.

Il faut bien le reconnaître, l’évocation des souvenirs du professeur adjoint m’a donné matière à réfléchir et, comme Luca, j’ai trouvé que la question était bien trop complexe pour pouvoir être tranchée de façon claire. Si la fin ne justifie pas les moyens, est-il pour autant mal de faire passer le bien commun avant toute chose ? Si par une action condamnable il était possible de sauver des millions de vies, quelle option serait préférable ? En fin de compte, Yuna Hirasawa arrive facilement à m’amener à me placer du point de vue de chacun des intervenants et, pour le coup, chacun d’eux avait une excellente raison pour justifier des actes qui, autrement qu’en temps de guerre, paraîtraient inhumains.

J’en arrive même à comprendre le général Igorm qui, au final, à réussi son coup et permis la fin de la guerre, permettant ainsi à Gilla, Chloé, Luca et tous les autres de ne pas perdre plus que ce qu’ils ont déjà perdus. Ici personne n’est à blâmer, ni fondamentalement mauvais au contraire et c’est en cela qu’ils sont passionnants et enclenchent une réflexion, pas comme une certaine reine à la jeunesse éternelle… Je dois bien le reconnaître, je n’aime pas les conflits qu’ils soient à mon échelle personnelle ou de plus grande ampleur, car j’ignore ce que je pourrais devenir dans l’adversité, une lâche, une suiveuse aveuglée, le héros des uns étant bien souvent le monstre des autres.

Ainsi je comprends Luca qui préfère recentrer la question sur son propre ressenti pour en simplifier la réponse. Personne n’est réellement coupable, si ce n’est la guerre elle-même qui pervertit et corrompt même les bonnes intentions. Vous l’aurez compris encore deux tomes de Luca, vétérinaire draconique riches en émotion et j’espère voir rapidement le retour triomphal à Kogniel ainsi que la vérité rétablie pour Luca et sa famille. Mais pour cela il va falloir attendre quelque peu, le prochain volume de Luca, vétérinaire draconique n’ayant toujours pas de date de sortie.
En définitive, ces deux volumes marquent un tournant décisif où l’innocence des premiers sauvetages laisse place à la brutalité de la raison d’État. En levant le voile sur le passé de Siegfried et la figure complexe de Guidéor, Yuna Hirasawa nous force, tout comme Luca, à abandonner nos certitudes manichéennes. Face à l’horreur de la guerre, où les frontières entre héroïsme et monstruosité s’effacent, on réalise que personne n’est foncièrement mauvais, mais que tous sont les victimes d’un système qui corrompt les meilleures intentions. C’est cette zone grise, aussi passionnante que troublante, qui donne à la série une maturité nouvelle. Comme Luca, on finit par comprendre que la vérité n’est jamais simple et qu’au milieu des décombres de l’histoire, il ne reste que l’émotion brute et l’espoir d’une justice enfin rétablie. Un milieu de série brillant qui nous laisse dans l’attente fébrile d’un retour à Kogniel sans date précise pour l’instant.




