GIGASWORD

GIGASWORD est un jeu indépendant entièrement dirigé par un seul développeur. Son ambition ? Créer un jeu combinant plateformes, combat, puzzles et exploration. La recette d’un metroidvania en somme, mais avec comme twist l’utilisation du colossabre, qui donne son nom anglais au jeu. Le jeu est disponible depuis le 13 novembre dernier sur PC via Steam, PlayStation 4 et 5, et Nintendo Switch.

Ce test a été réalisé sur une version PC fournie par l’Éditeur.

Un monde cohérent

Difficile de ne pas commencer cet article sans mentionner la trame scénaristique de GIGASWORD. Dès le titre lancé, une longue cinématique d’exposition vient nous présenter son univers. Les Nocturnes, une race de chouettes humanoïdes, prospèrent dans leur tour grâce au cristal divin de Gnosis. L’humanité s’affame de son côté à petit feu, et les tensions grondent. En marge de tout cela, notre protagoniste Ezra survit tant bien que mal dans les rues de la cité de Thoenhart.

Un soir fatidique, il est sauvé de la mort par Omari, un Nocturne. Les deux individus forgent très vite un lien fort. Omari insiste auprès d’Ezra que son avenir se trouve au Nestrium, avec les autres Nocturnes. Ce qui va malheureusement devenir une triste prédiction. Le lendemain à l’aube, l’armée de Vearst, chef militaire de Thoenhart, attaque les Nocturnes. Omari est mortellement blessé, et lègue dans son dernier souffle son colossabre à un Ezra anéanti.

La rage au ventre, Ezra s’élance vers le Nestrium. Pour venger son ami et stopper le carnage, il lui faudra grimper tout en haut de la tour. Mais ce ne sera bien sûr pas de tout repos ! Le cristal de Gnosis a engendré la mutation horrible de tous les humains qui se sont engouffrés dans le territoire Nocturne. Seul Ezra semble y résister… Vous l’aurez deviné, l’intrigue fait vite de notre protagoniste un élu sacré de la prophétie.

Colossale force de frappe

Le scénario de GIGASWORD me laisse perplexe. Il prend son temps pour se mettre en place pendant une longue introduction en début de jeu, ce qui peut rebuter. Mais surtout, l’écriture d’Ezra reste assez clichée. C’est un jeune homme qui ne croit pas en lui, et qui se retrouve soudainement investi d’une mission divine. C’est presque ironique que le titre héroïque qui lui soit attribué soit celui du “Cohérent”, tant il a de scènes où il se remet en question.

Néanmoins, l’intrigue sert de moteur suffisant pour nous faire traverser les environnements variés du Nestrium. C’est après tout pour cela que nous sommes là : de la plateforme, de l’action et une bonne dose d’exploration. GIGASWORD remplit le contrat de manière très honnête sur ces points. Le combat à l’épée, ou plutôt au colossabre, est lourd et impactant. Une attaque sautée se transforme automatiquement en charge vers le bas, tant la lame pèse son poids.

Mais GIGASWORD ne se contente pas d’adapter son gameplay à cette épée. Parfois, il faudra volontairement lâcher le colossabre et continuer l’exploration les mains vides. D’une simple pression sur Y, notre protagoniste plante sa lame au sol. Ezra peut alors sauter plus haut, s’accrocher aux rebords, nager en toute liberté et même ramper. Mais il sera sans défense en cas de rencontre avec un ennemi ! Les puzzles vont ainsi tourner autour de cette dualité de gameplay. 

Entre finesse et lourdeur

Plus tard dans GIGASWORD, de nouvelles capacités vont venir enrichir notre palette de mouvements. S’il est parfois contraignant de devoir récupérer son colossabre après l’avoir planté, on pourra l’invoquer directement à nous depuis les plateformes violettes. Ces mêmes plateformes servent de tremplin pour atteindre des hauteurs nouvelles. Sur le dernier quart du jeu, on débloque même un grappin très utile. Autant d’outils qui viendront à la fois faciliter nos déplacements et complexifier les puzzles.

J’ai apprécié l’ingéniosité des mécaniques proposées tout au long du jeu. À l’exception du grappin et de l’oiseau spirituel, toutes les subtilités de gameplay se concentrent sur le colossabre. Très vite, on apprend à faire avec sa nature encombrante. Son poids peut actionner des plaques de pression, mais aussi conduire l’électricité. Il sert également de clé pour certaines portes du jeu. 

Les minerais récupérés en venant à bout des monstres permettent d’améliorer davantage notre colossabre : sort de soin, boule de feu à distance, impulsion au sol lorsqu’Ezra est en pleine santé… Mais attention, car en cas de mort, tous nos minerais seront déposés dans un coffre mortuaire. Si on meurt de nouveau avant de l’ouvrir, on peut dire adieu à nos minerais ! Une mécanique familière, mais un peu trop omniprésente dans l’industrie ces derniers temps à mon goût.

Mon avis sur GIGASWORD

Mis à part sa difficulté inégale, GIGASWORD reste relativement solide sur ses appuis. Le style visuel est agréable, les musiques accompagnent très bien chaque zone. Certains effets sonores sont parfois agaçants, comme le feu craché par des ennemis rampants, mais c’est heureusement rare. Les animations d’Ezra contribuent grandement au ressenti du poids du colossabre à tout instant.

Au niveau des ennemis comme des boss, la lisibilité est très honnête. Et surtout : il n’y a pas de dégât au contact ! J’ai vraiment adoré cet aspect, surtout après quelques prises de tête dans certains metroidvania récents. On peut ainsi se concentrer sur notre positionnement de manière agressive. J’ai également apprécié que les boss soient eux aussi pensé autour du colossabre et de notre outil le plus récemment obtenu. Un petit côté très Zelda dans la démarche.

Pour peu que vous soyez prêts à accepter quelques moments inégaux, GIGASWORD est une entrée solide au panthéon des metroidvania que je recommande. Pour un jeu développé exclusivement par une seule personne, on y trouve un niveau d’ingéniosité qui n’a rien à envier à certains de ses congénères. Ce n’est peut-être pas le jeu de l’année non plus, mais j’ai apprécié ma petite vingtaine d’heures passées sur GIGASWORD.

Pour conclure…

GIGASWORD est une bonne surprise de fin d’année. Les fans de metroidvania en manque y trouveront un jeu remplissant toutes les cases du genre avec brio. Il faudra néanmoins lui tolérer quelques écarts et faiblesses, mais c’est aussi ça, le jeu vidéo indépendant. Une copie imparfaite, mais qui reste tout à fait appréciable.

La  note  de la  rédaction

3-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Visuellement inspiré

Un scénario qui essaie…

La sensation de poids de notre arme

La longueur du jeu, idéale

Les points négatifs

Difficulté inégale

… Mais qui ne fait pas forcément mouche

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