Gerda : A Flame in Winter

Affiche de "Gerda : A Flame in Winter"

Il y a quelques mois, nous avions pu faire une preview sur le premier jeu pour lequel Don’t Nod Entertainment n’avait qu’un rôle d’éditeur : Gerda : A Flame in Winter. Grâce à une démo de deux heures, nous avions pu avoir un aperçu assez précis de ce que donnerait le titre de PortaPlay au final. Sorti le 1er septembre, Gerda, dont le sujet trouve une certaine résonance dans l’actualité, confirme-t-il l’avis que nous partagions avec vous au mois de mai ? C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Et si j’étais né en 19 à Tinglev

La ville de Tinglev est le lieu central des évènements de "Gerda : A Flame in Winter"

Gerda : A Flame in Winter nous place dans la peau de Gerda Larsen, une métisse allemande (par son père) et danoise (par sa mère), infirmière de son état et qui revient dans son village de Tinglev après ses études. Elle y retrouve son mari Anders, un mécanicien danois, et son père chef de gare et sympathisant nazi notoire. Quelques temps plus tard, la jeune femme, qui s’est installée dans son village natal pour travailler à la clinique du coin, se retrouve confrontée à l’arrestation de son mari, accusé d’avoir perpétré un attentat terroriste contre l’usine de la ville.

Les "lieux à visiter" sont indiqués en début de chapitre

Dans l’incompréhension la plus totale, l’infirmière découvre que les activités d’Anders pour la résistance vont bien au-delà que ce qu’elle soupçonnait. Afin de soustraire l’homme qu’elle aime des mains des nazis, Gerda va devoir choisir son chemin et ses combats. Un vrai parcours du combattant s’engage alors pour elle, entre collaboration et résistance, où le moindre faux pas pourra la faire chuter. Et ce sont vos décisions qui amèneront la jeune femme à embrasser le combat ou à collaborer avec l’envahisseur allemand. Mensonges, omissions et manipulations seront au programme pour Gerda, qui ne souhaite qu’une seule chose : reprendre sa petite vie tranquille avec son homme. Mais est-ce seulement possible ?

Gerda devra parfois se salir les mains pour "sauver" ses proches

Gerda la douce

Comme il a été évoqué dès le départ du projet, et comme je le disais dans la preview du titre, Gerda : A Flame in Winter revêt un caractère particulier pour les développeurs de PortaPlay puisque l’inspiration de départ de l’intrigue est l’histoire vraie de la grand-mère du PDG du studio et directeur créatif du jeu : Hans Von Knut Skovfoged. Si les dialogues sont uniquement audibles en anglais et en danois (pour les adeptes d’une authenticité maximale), les textes sont eux disponibles en 8 langues dont le français (ce que j’ai découvert assez tard, puisque j’ai relancé directement ma partie à partir de la fin de la démo que j’avais paramétré avec les textes en anglais).

Les environnements cachent souvent des objets ou des interactions possibles dans "Gerda : A Flame in Winter"

Le fait que la démo soit prise en compte sur le fichier de sauvegarde est une excellente nouvelle pour tous ceux qui ont déjà fait les deux premières heures du scénario et qui voudraient repartir dans l’aventure en gardant toutes leurs actions initiales. Fondamentalement, le gameplay reste le même que celui que nous avons pu expérimenter il y a quelques mois. Ainsi Gerda : A Flame in Winter, qui se concentre essentiellement sur la narration, se focalise sur des choix de réponses à apporter lors de phases de dialogues, chaque réponse étant possible grâce à un certain nombre de points de confiance envers les différentes factions.

les "relations sociales" entre les personnages sont très importants dans le jeu

Avoir trop peu de points de confiance vous empêchera de sélectionner certaines réponses qui seront alors grisées. Parfois, le joueur voudra tenter de mettre son destin entre les mains de la chance, avec certaines lignes de dialogues ou actions qui seront assujetties à un lancer de dés, ceux-ci étant facilités en fonction de vos statistiques de confiance et / ou de celles de votre personnage.

Retrouvez notre Preview complète de Gerda : A Flame in Winter ici !

Dani fait de la résistance

Parallèlement à cela, vous devrez également choisir comment vous souhaitez agir et aller collecter des informations ou des objets dans votre environnement. Certains objets s’avèreront très utiles pour avancer dans l’intrigue, ou pas du tout, suivant le chemin que vos actions vont tracer pour votre avatar par la suite. Une petite nouveauté qui plaira sans doute à certains : l’ajout en bleu (au-dessus de certaines phases de dialogue) d’une annotation permettant d’indiquer quelles réactions de vos interlocuteurs ont été induites par vos choix passés. On retrouve également le journal intime de Gerda, un des éléments au centre du gameplay puisque à la fin de chaque chapitre notre courageuse héroïne fera un résumé des événements et le joueur devra choisir une conclusion à la réflexion amorcée par l’infirmière, et ce parmi trois options.

les points d'énergies mentales dans "Gerda : A Flame in Winter"

Chacune d’entre elles vous gratifiera d’un point d’intuition, de perspicacité ou de compassion, ceux-ci étant par la suite dépensés, permettant au joueur un accès à des options d’actions et ou de réponses supplémentaires. Vous l’aurez compris, vos intéractions et vos relations avec les personnes de votre entourage constituent le point central du gameplay. Toutefois, le fait que certains de vos actes entraînant une montée de confiance des allemands envers vous se cumule quasi systématiquement d’une diminution de confiance des danois à votre encontre, alors même qu’aucun témoin danois n’est présent, nuit au réalisme que revendique Gerda. Cela vous empêche d’avoir, par la suite, accès à des choix primordiaux, ce qui peut s’avérer frustrant pour le joueur qui mise beaucoup sur la prudence.

Résiste, suis ton cœur qui insiste…

Bien qu’ayant fait la démo, je dois reconnaître que Gerda : A Flame in Winter a encore réussi à me surprendre. J’étais loin d’avoir commencé à appréhender le millième de ce que le jeu propose en termes de choix et de conséquences. Il est vrai qu’avec un sujet aussi lourd, il faut avoir le cœur bien accroché pour pouvoir mener l’expérience jusqu’au bout et j’avoue avoir été tenté, à de multiples reprises, de poser ma manette très souvent, lors de décisions difficiles à prendre. Certes, je suis très bon public et extrêmement empathique, ce qui n’a pas facilité les choses. Pour autant, je pense tout de même qu’il vaut mieux être dans le bon état d’esprit pour appréhender ce jeu.

le système de point qui débloque des "dialogues" en plus

En incarnant Gerda qui est mi-allemande mi-danoise, on aurait pu croire que cela aurait facilité son acceptation par les deux camps. Et c’est tout l’inverse qui se produit, la jeune femme étant rejetée d’un côté comme de l’autre, ce qui rend dans une certaine mesure ses interactions avec les autres encore plus difficile. Gerda : A Flame in Winter traite parfaitement de son sujet et propose une aventure unique pour chaque participant, tant il est impossible à deux personnalités différentes d’arriver à réaliser le même parcours au cours du scénario.

Gerda "métisse allemande-danoise" est rejetée par les deux camps

Attention, le titre n’est cependant pas à mettre entre toutes les mains, car si la violence n’est montrée que de façon très pudique, celle des propos et des thèmes abordés est bien réelle. Je ne suis pas sûre d’avoir la force de relancer une partie au-delà de ce test, tant mon premier run a été éprouvant. Cela étant posé, je dois avouer que le fait d’être amenée à prendre des décisions parfois drastiques quitte à me salir les mains, ce qui est plus ou moins inévitable en période de conflit armé, m’a amené à beaucoup m’interroger sur moi-même. Et en cela, le Gerda : A Flame in Winter remplit parfaitement son office.

Découvrez notre critique de Life is Strange ici !

Pour conclure…

Finalement, Gerda : A Flame in winter se révèle un très bon jeu avec des thèmes forts, mais qui peuvent parfois se révéler un peu lourds pour le moral des joueurs. Je le conseille donc à toute personne désireuse de se confronter à soi-même et possédant un bon mental au départ. Je vous laisse prendre la décision ou non de lancer Gerda, mais je pense que c’est une expérience à essayer au moins une fois. Moi en tout cas, via cette aventure, j’ai beaucoup appris sur moi, même des choses que j’aurai peut-être préféré ne pas savoir.

La  note  de la  rédaction

3/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Un concept original amené par un point de vue intéressant sur un conflit pourtant traité de multiples fois.

Des choix à faire, parfois cornéliens, qui génèrent énormément de conséquences.

La musique est superbe et accentue le sentiment de tension ou de tristesse.

Les points négatifs

Les artworks durant les dialogues et la direction artistique, influencés par la peinture impressionniste nordique, ne seront pas du goût de tout le monde.

Des points de confiance sont perdus alors même que certaines actions se font sans témoins, ce qui est frustrant et peu réaliste.

Un jeu à ne pas mettre entre toutes les mains, il faut avoir la maturité suffisante pour bien en comprendre le propos

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