Deer & Boy

Deer & Boy est un jeu qualifié de plateforme cinématographique développé par Lifeline Games et édité par Dear Villagers. Le jeu est disponible sur PC, PS5 et Nintendo Switch 2 depuis le 23 juin 2026.

Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.

Présentation de Deer & Boy

Deer & Boy est un savant mélange entre plateforme, infiltration et récit narratif. Le studio et son éditeur le qualifient de “jeu de plateforme cinématographique”, ce qui lui correspond parfaitement. Dès les premiers trailers et images du jeu, on pressentait une expérience unique et c’est effectivement le cas. 

Si le nom du studio de développement (LifeLine Games) ne vous dit rien, c’est normal car le studio français (COCORICO !!) basé à Paris n’a été fondé qu’en 2021 et Deer & Boy est leur premier jeu. Quant à l’éditeur, Dear Villagers, français également (RE-COCORICO), est à la fois éditeur et développeur de jeux indépendants depuis 2018. 

La narration 

L’histoire du petit garçon et du faon

L’histoire commence dans une petite ville sans nom. Un petit garçon s’enfuit de sa maison en passant par la fenêtre de sa chambre pendant que la télé éclaire le salon du rez-de-chaussée. Traversant la ville, le petit garçon passe devant une statue qui représente un homme avec un cerf, devant laquelle de nombreuses bougies ont été posées. 

L’enfant pose la sienne et s’éloigne encore et toujours de sa maison. Soudain, une voiture de police arrive et le garçon se cache. La police commence à interroger les habitants afin de retrouver le garçon. 

Ce dernier décide de passer par la forêt et il voit au loin un bébé cerf qui semble apeuré… Celui-ci est à la recherche de sa maman qu’il finit par retrouver. Malheureusement, elle est abattue par des chasseurs. Le garçon et le cerf décident de se tenir compagnie et de partir ensemble afin de s’entraider car un mal inconnu rôde dans la région…

Pourquoi ? 

Voilà la grande question qui anime le début de Deer & Boy. Pourquoi l’enfant est-il parti de chez lui ? Est-ce une fugue, une fuite, un voyage qu’il veut entreprendre sans l’accord de ses parents ? Et qui sont cet homme et le cerf représentés par cette statue ? 

Tant de questions se posent et ce dès les premiers instants de Deer & Boy. L’aspect très particulier de Deer & Boy est qu’il n’y a aucun dialogue pour faire progresser l’histoire. Tout passe dans les interactions physiques ou les déductions que le joueur tirera en fonction des situations (parents, police…).

Le gameplay

La plateforme au service de la narration 

L’aspect gameplay de Deer & Boy est réduit presque au minimum syndical. Le petit garçon peut aller de gauche à droite (jamais en profondeur malgré l’aspect 3D) et devra franchir des obstacles de plus en plus nombreux et de plus en plus retors au fil de ses pérégrinations. 

Au fur et à mesure de la progression dans l’aventure, le garçon pourra demander au petit cerf de passer par certains passages étroits pour actionner des interrupteurs par exemple, ou pour échapper à leurs poursuivants. Aucune indication ne vient émailler votre progression (sauf les points d’interaction du petit cerf), ce qui peut parfois compliquer lavancée tant les décors sont détaillés

Il va falloir identifier les endroits d’interaction. Certaines scènes spécifiques font appel à l’infiltration précise et millimétrée, d’autres vous demanderont de la rapidité d’exécution, et d’autres enfin vous demanderont d’utiliser votre cerveau afin de comprendre tel ou tel mécanisme. 

The power of Deer

Si vous avez regardé les différents trailers du jeu, vous avez dû vous rendre compte que, par moments, le petit faon semblait beaucoup plus grand, à tel point que le petit garçon peut le chevaucher dans certaines scènes.

En effet, au fur et à mesure de la progression dans l’histoire, le petit cerf va acquérir certains pouvoirs dont on a parlé avant mais également des pouvoirs du genre mystique, capable de repousser le mal et ses créatures. 

De plus, le petit faon va grandir et devenir un cerf fort et majestueux, ce qui facilitera certaines situations mais en compliquera d’autres. Véritable point fort du jeu, cet attachement à ce duo de personnages est quasiment immédiat et magique. Le studio de développement réussit à nous faire ressentir des émotions en jouant que peu d’autres jeux atteignent. Tristesse et mélancolie tourbillonnent avec l’émerveillement, la joie, la fierté, le dépassement de soi, etc. Le tout sans aucun dialogue, je le rappelle, et cela passe par une direction artistique impressionnante. 

La direction artistique de Deer & Boy

Graphismes

Deer & Boy fait partie de ces jeux au charme et à la direction artistique impressionnante. Les décors sont des merveilles artistiques dans lesquelles il m’est arrivé plusieurs fois d’arrêter de jouer pour les contempler (mention spéciale au champ sous les étoiles). Les différents environnements traversés alternent à la fois civilisation humaine (usine, mine, station-service) et environnement naturel telle qu’une immense forêt, des rivières, …

Si les environnements sont de toute beauté, les personnages ont eux aussi un certain charme qui est étonnamment bien utilisé pour faire passer les émotions des personnages sans dialogue. Les expressions des visages remplissent parfaitement ce rôle et tout cela participe grandement à l’implication du joueur.

Bande sonore

Un des aspects que l’on aurait pu croire un peu négligé aurait été la bande sonore, mais pas du tout. Quand on veut faire passer des émotions sans aucun dialogue, il faut que le joueur se base sur ce qu’il voit mais aussi sur ce qu’il entend, tant au niveau musical mais aussi au niveau des bruitages. Un moment mélancolique correspond à une piste mélancolique et ainsi de suite. 

On pourrait dire que c’est pareil dans chaque œuvre impliquant de la musique, mais dans Deer & Boy, c’est poussé encore plus loin. Et au niveau des bruitages, c’est également topissime : les expressions du petit garçon et du cerf sont extrêmement bien fournies. On ressent leurs angoisses, leurs doutes, leur peur mais aussi leur joie et leur amitié naissante. 

De ce point de vue, les artistes de LifeLine Games ont fait un travail exceptionnel de qualité, de finesse et de poésie, tant au niveau visuel que sonore. Chapeau bas à vous. 

Pour conclure…

Deer and Boy fait partie de ce que l’on pourrait qualifier d’OVNI vidéoludique. Une expérience unique qui marquera une vie de joueuse ou de joueur (si on accroche à l’histoire bien entendu). Le pari d’en faire un jeu “muet” renforce le travail considérable accompli par l’équipe de développement. Certes, le jeu n’est pas très long (comptez quelques heures) mais celles-ci resteront gravées dans les mémoires pour celles et ceux qui auront essayé Deer & Boy !

La  note  de la  rédaction

4-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

Direction artistique incroyable

Une spirale d’émotions immersives

Le concept du jeu “muet”

Le duo très attachant des personnages

Les changements de gameplay et le sentiment de progression récompensé

Les points négatifs

Durée de vie un peu courte

Vous devriez Lire aussi
Le jeu aux énigmes qui rendent fou

Dans le même genre

Laisser un commentaire

En savoir plus sur GeeksByGirls

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture