Bungô Stray Dogs : Dazai, Chûya, 15 ans – Tome 3

Avec le tome 3 de Bungô Stray Dogs : Dazai, Chûya, 15 ans, nous voyons la fin du spin-off se profiler inéluctablement et il est désormais temps de lever le voile sur un certain nombre de mystères initiés dans le premier tome. Disponible à la vente depuis le 27 mars 2026, Bungô Stray Dogs : Dazai, Chûya, 15 ans tome 3 nous dévoile la vérité derrière le fantôme de l’ancien boss de la mafia portuaire, ainsi que l’identité d’Arahabaki. De quoi satisfaire notre curiosité avant la clôture du récit de la rencontre des jumeaux de l’ombre.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

King of the Lambs

Ville de Yokohama, sept années avant le conflit opposant les Détectives armés à la Mafia portuaire.

Ôgai Mori, le patron de la mafia, ordonne à Osamu Dazai, âgé de 15 ans, de mener des recherches sur une mystérieuse entité nommée «Arahabaki». De plus, il lui intime également l’ordre de former un duo avec un autre adolescent de son âge, le roi de l’organisation des «Agneaux», un certain Chûya Nakahara…

Découvrez l’histoire de la rencontre entre Dazai et Chûya, et le début des aventures de ceux que l’on nommera plus tard les «Jumeaux de l’ombre»

Ototo

L’histoire de Bungô Stray Dogs : Dazai, Chûya, 15 ans s’ouvre sur un monde au bord de la rupture, où chaque faux pas menace de faire basculer l’équilibre fragile des forces en présence. Chûya Nakahara, adolescent fougueux capable de plier la gravité à sa volonté, y règne en gardien farouche des « Agneaux ». Alors qu’il s’apprête à faire payer un cadre de la Mafia Portuaire pour avoir osé franchir les limites de son territoire, une révélation vient suspendre son élan : cette intrusion ne serait que l’écho désespéré d’un mal bien plus ancien, lié à l’éveil d’une entité légendaire, le dieu des fléaux, Arahabaki. Dans l’ombre, la Mafia Portuaire vacille. Son nouveau chef, Ôgai Mori, observe avec inquiétude les fissures qui parcourent son empire.

Face à lui, Osamu Dazai, adolescent à l’indifférence presque surnaturelle, semble étranger à toute forme d’urgence. Rongé par un ennui existentiel abyssal, il ne nourrit qu’un seul désir : trouver une fin rapide et sans douleur. Si Mori tolère cette insolence permanente, c’est que Dazai détient une vérité trop dangereuse pour être ignorée : il est le seul témoin du meurtre de l’ancien parrain, orchestré par Mori lui-même, et le garant silencieux du mensonge ayant permis son ascension. Mais les morts ne reposent jamais vraiment en paix. Le spectre de l’ancien chef semble hanter la ville du Mortier, apparaissant au rythme des catastrophes liées à Arahabaki. Forcé de consolider son autorité, Mori confie à Dazai la tâche de percer ce mystère. C’est dans ce décor en ruines que les trajectoires de Dazai et Chûya entrent en collision.

Leur rencontre, explosive, se conclut par la capture du chef des Agneaux, bientôt traîné devant Mori. Là, un marché cruel lui est imposé : la survie de ses compagnons en échange d’une alliance avec Dazai. Contraints de coopérer, les deux adolescents s’engagent dans une traque où chaque indice les rapproche d’une vérité plus inquiétante encore. Entre eux, l’alchimie est aussi instable que redoutable : au génie manipulateur de Dazai répond l’impulsivité brûlante de Chûya, chacun poussant l’autre jusqu’à ses limites. Désormais liés par un chantage implacable, ils se rendent auprès du seul survivant d’une attaque attribuée à Arahabaki. Mais leur piste est déjà compromise : des soldats du SSG, ancienne unité militaire reconvertie dans l’ombre et vendant désormais ses services au plus offrant, les ont précédés.

Ennemis déclarés de la Mafia Portuaire, ces mercenaires poursuivent un objectif clair : exploiter la puissance d’Arahabaki pour précipiter la chute de ses dirigeants. Leur cible n’était autre que Randô, figure récemment promue depuis l’arrivée de Mori au pouvoir. Une fois la menace neutralisée, Dazai et Chûya peuvent enfin recueillir le témoignage de Randô, rescapé d’une explosion dévastatrice. Son récit confirme la nature quasi divine d’Arahabaki, mais surtout, il offre à Dazai les pièces manquantes d’un puzzle bien plus vaste. Pourtant, fidèle à lui-même, l’adolescent choisit de garder ses conclusions pour lui, refusant de partager ses déductions, préférant proposer un pari à son allié temporaire. Le premier à trouver le coupable fera de l’autre son esclave…

Une mission en enfer

Le voile sur le mystère entourant l’apparition du dieu de la calamité «Arahabaki» se lève enfin !

Dazai accuse Randô, un cadre adjoint de la mafia portuaire d’être en relation étroite avec cette affaire…

C’est au même moment que Chûya débarque pour affirmer la même chose, même si c’est pour d’autres raisons…

Quel est donc l’objectif de Randô ?

Qui se cache véritablement derrière Arahabaki ?

Ototo

Après avoir accusé Randô d’être le responsable derrière les apparitions fantomatiques de l’ancien boss de la mafia et d’avoir propagé la rumeur sur Arahabaki à la toute fin du tome 2 de Bungô Stray Dogs : Dazai, Chûya, 15 ans, Dazai se heurte au manque de réaction de l’accusé. Pas déstabilisé pour deux sous, l’adolescent explique au cadre apathique, comment il en est arrivé à cette conclusion et prouve par le fait sa culpabilité. Mais il est interrompu alors que Randô reconnaît sa culpabilité, par Chûya qui débarque avec fracas pour accuser également l’utilisateur de pouvoir.

Bien que n’ayant pas découlé des mêmes indices, le roi des Agneaux a réussi à déterminer que le cadre de la mafia était le coupable. Il expose donc son raisonnement à Dazai et à Randô en leur confiant une information d’importance, ce dernier n’a pas pu voir Arahabaki comme il le prétend puisque le dieu du fléau est enfermé dans son corps. Le but du coupable étant de retrouver la déité par tous les moyens, il finit par dévoiler sa véritable identité aux deux adolescents avant de se lancer à l’attaque contre Chûya, qu’il veut tuer pour finir ce qu’il n’avait pas réussi à faire huit ans auparavant : assimiler les pouvoirs du Dieu.

Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées…

Une nouvelle fois avec Kafka Asagiri, et comme c’était déjà le cas avec Bungô Stray Dogs et Bungô Stray Dogs : BEAST, les révélations de ce tome sont d’une implacable logique et liées par le moindre petit détail. Même si l’intrigue du spin-off s’avère moins complexe que celle du manga de base, je suis toujours aussi admirative du travail d’orfèvre réalisé par le scénariste sur son intrigue. Ainsi, tout a commencé huit ans auparavant et ce sont les agissements de Randô, Arthur Rimbaud de son vrai nom, alors espion européen qui ont causé l’explosion dans la ville du mortier, ayant donné naissance à la légende d’Arahabaki. Toutefois, tout comme Dazai je suis dubitative quant aux raisons raisons qui poussent Rimbaud à vouloir s’approprier le pouvoir de la déité scellée dans Chûya.

S’il le fait effectivement pour retrouver son partenaire, quand bien même celui-ci est Paul Verlaine (pour la petite histoire leurs homologues réels ont entretenu une passion amoureuse dévastatrice), les moyens mis en œuvre paraissent plus que disproportionnés. Certes, l’ancien espion espère bien augmenter ses pouvoirs dans le processus, mais je ne peux m’empêcher de penser que cela ne cache une ultime révélation sur ses motivations. D’autant que j’ignore encore pourquoi le SSG l’a pris pour cible. Cela étant, l’argument de l’amnésie est assez convaincant pour expliquer cette action tardive, mais le traître semble avoir de base un pouvoir incommensurable à tel point que j’ai du mal à l’imaginer vouloir juste engranger des forces supplémentaires.

Pour un antagoniste d’ampleur, Randô reste assez stoïque devant les accusations de Dazai, l’obligeant à entrer dans un jeu ou l’adolescent fait les questions et les réponses singeant les réactions qui devraient être celles de l’accusé. Une scène assez comique où le futur mentor d’Atsushi fait une nouvelle fois montre de sa ruse et de son intelligence. Par ailleurs, un nouveau parallèle intéressant est fait entre Chûya et Rimbaud, le premier n’ayant pas de souvenirs ultérieurs à huit ans auparavant et le second ayant perdu la mémoire dans ce même laps de temps.

Une nouvelle image en miroir inversé des deux utilisateurs de pouvoirs dont la rencontre initiale a marqué le début des événements ayant mené à l’intrigue de Bungô Stray Dogs : Dazai, Chûya, 15 ans. Cependant, si beaucoup de questions ont trouvé réponses dans ce troisième tome, je me demande quand même si nous en apprendrons plus sur le passé de Chûya et sur la création d’Arahabaki. De quoi me tenir en haleine jusqu’à la parution du tout dernier volume de Bungô Stray Dogs : Dazai, Chûya, 15 ans, mais dont la date de sortie est malheureusement toujours inconnue.

Pour conclure…

Ce troisième opus de Bungô Stray Dogs : Dazai, Chûya, 15 ans s’impose comme une pièce maîtresse de l’orfèvrerie scénaristique de Kafka Asagiri. Entre révélations fracassantes sur l’origine du « Dieu des fléaux » et jeux de dupes orchestrés par un Dazai plus brillant que jamais, le récit nous entraîne dans une spirale où les souvenirs perdus servent de fondation à une tragédie inévitable. Si l’identité d’Arthur Rimbaud et la nature d’Arahabaki sont désormais mises à nu, le mystère entourant les véritables motivations de l’ancien espion, et l’ombre projetée par Paul Verlaine, laisse planer une aura d’incertitude fascinante. Ce tome nous abandonne sur une tension palpable, nous rendant aussi dubitatifs qu’impatients : entre la soif de puissance de l’un et la quête d’identité de l’autre, l’ultime chapitre promet une conclusion explosive. Une attente presque fébrile s’installe alors, nourrie par ces dernières interrogations, et qui ne demande qu’à être comblée par un ultime volume dont l’absence de date de sortie ne fait qu’attiser davantage l’envie de lecture.

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