Ainsi vient la nuit

Alors qu’Allison Saft a déjà vu deux de ses romans traduits en français, sous l’égide de l’éditeur Castelmore via sa collection pour jeunes adultes BigBang, C’est au tour de son tout premier ouvrage Ainsi vient la nuit, de rejoindre les autres intrigues de l’auteure. Spécialisée dans les romances sur fond de Fantasy, Allison Saft nous transporte dans un univers où deux nations sont à couteaux tirés et où seuls deux de leurs plus éminents représentants vont pouvoir empêcher une guerre aussi destructrice qu’infondée. Prévu pour une sortie en librairie le 27 août 2025, Ainsi vient la nuit nous a téléporté à la suite de Wren et Hal et nous avons goûté avec joie cette histoire d’amour saupoudré d’un grain de Fola.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

La maladie d’amour

Il a vu de la noirceur dans sa magie. Elle a vu de la magie dans sa noirceur.

Parce qu’elle utilise ses pouvoirs de manière inconsidérée, Wren a tout perdu : elle a été renvoyée de la Garde de la reine et séparée de sa meilleure amie. Alors quand arrive la lettre d’un aristocrate reclus lui demandant de venir à Colwick Hall soigner son serviteur victime d’une mystérieuse maladie, Wren saisit cette chance.

Mais elle déchante en découvrant un manoir en ruines et la véritable identité de son patient : il s’agit de l’ennemi juré de son pays, Hal Cavendish, venu à Colwick Hall en quête de rédemption lui aussi.

Alors que des forces funestes sont à l’œuvre, Wren et Hal comprennent qu’ils doivent unir leurs forces s’ils veulent espérer sauver leurs royaumes. Les voilà livrés à eux-mêmes face aux dangereux secrets du manoir, et à un surprenant désir qui pourrait bien causer leur perte.

L’amour fait de nous tous des monstres.

Big Bang

Ainsi vient la nuit suit la trajectoire de Wren Southerland, fille bâtarde de la sœur de la reine du Danu, dotée de compétences de guérisseuse exceptionnelle. Honni par sa tante qui avait choisi pour elle une destin au sein d’une abbaye de soignantes, elle se rebelle et en quête de la reconnaissance et de l’acceptation de sa royale famille s’enrôle dans l’armée. L’intrigue commence alors que Wren, en poste dans la garde royale, désobéi à sa supérieure et meilleure amie Una en soignant un jeune garçon suspecté d’être un espion mêlé à une affaire de disparition de soldats à même de déclencher une guerre avec le pays voisin la Vesria.

Mais son empathie lui coûte cher puisque l’enfant réussit à s’échapper. En conséquence de son geste, dernière erreur d’une longue liste de faux pas, Wren se retrouve condamné à un choix cruel : retourner s’enterrer à tout jamais à l’abbaye ou se retrouver privé de sa magie. De deux maux elle décide de retourner sur les lieux de son enfance, en espérant qu’Una réussira à persuader la reine de la réintégrer à son poste. Tandis qu’elle ronge son frein, Wren reçoit une missive de Lord Lowry, un noble du Cernos (une province neutre dans le conflit à l’avance technologique prodigieuse, mais dépourvue de magie), qui lui demande de l’aide.

Sa maisonnée a été décimée par un mal étrange et pour sauver un de ses serviteurs lui promet une alliance avec le Danu contre la Vesria en échange de ses soins. Passant outre l’interdiction de la reine Isabel et sa punition, la jeune femme s’enfuit jusqu’au manoir de Colwick Hall où l’attend son hôte et son patient. Toutefois sur place Wren à la désagréable surprise de découvrir que le serviteur malade n’est autre que Hal Cavendish, surnommé le faucheur, pilier de l’armée Vesrianne et ennemi juré de sa patrie. Commence alors un jeu dangereux pour la guérisseuse qui va très vite comprendre que leur implication à Colwick Hall est la clé du conflit à venir. Hal et Wren réussiront-ils à dépasser leurs a prioris pour collaborer ? Rien n’est moins sûr…

Entremetteuse en scène

Entre deux cours de tissu aérien et une balade avec son lévrier italien nommé Marzipan, Allison Saft est ce qu’on pourrait appeler un auteur à succès aux nombreuses nominations comme celle du bestseller n°1 du New York Time, du Sunday Times et du USA Today. Titulaire d’un master en littérature anglaise à l’université de Tulane, elle commence son parcours d’écrivain avec Ainsi vient la nuit, avant de sortir La Chasseuse et l’Alchimiste, Un si fragile enchantement, A l’ombre des eaux troubles puis Wings Of Starlight, sa première incursion dans l’univers de Disney.

Spécialisée dans les histoires d’amour entre deux êtres que tout oppose (et qui bien souvent se détestent), l’autrice possède un véritable talent pour décrire les relations humaines et donner vie à des protagonistes aussi profonds que charismatiques dans des univers de fantasy non dénués d’onirismes. Avec un style clair et facile à lire, Allison Saft va à l’essentiel et l’imagination du lecteur peut alors assez facilement prendre le dessus pour se représenter sans aucun mal l’action en cours. Certes il s’agit d’une première œuvre, mais Ainsi vient la nuit n’est tout de même pas dénué de défauts, malgré ses évidentes qualités. Voyons donc cela plus précisément.

Ainsi va la vie

En ce moment j’ai une forte envie de lecture et pas seulement quand cela concerne des mangas. Ainsi, en parallèle de Graveyard Shift, que j’ai dévoré assez vite du fait de son statut de nouvelle, je me suis lancée dans Ainsi vient la nuit un roman un peu plus conséquent. Si je lis énormément de littérature jeunes adultes, je dois bien reconnaître que la classification actuelle des ouvrages en chicklit, dark romance et autre true crime me passe totalement au-dessus de la tête. J’ai donc du me renseigner plus avant pour découvrir que le roman d’Allison Saft s’apparentait à de la Romantasy, du moins si j’en crois notre rédactrice Harley spécialiste du sujet.

Si je continue à me fier au synopsis plutôt qu’au genre du livre pour faire mes choix, je dois avouer que cette nouvelle classification s’accompagne d’une montée en puissance de la beauté des ouvrages, allant jusqu’à avoir leurs tranches jaspées (c’est à dire habillée avec un dessin). Bien évidemment, Ainsi vient la nuit n’échappe pas à cette mode et entre sa tranche superbe et sa couverture irisée dont la couleur change selon l’inclinaison, l’objet en lui-même est déjà remarquable. En ce qui concerne le récit, je serais cependant moins dithyrambique. Si je devais résumer Ainsi vient la nuit, je dirais que c’est The Love Hypothesis qui rencontre A Language of Dragons.

Pour une wiccane telle que moi, il est difficile de ne pas voir les références à peine voilées à la wicca et au folklore celte par extension (le Danu, Le Cernos, la déesse aux trois visages, j’en passe et des meilleures). Si cela ne me gène pas outre mesure, j’aurais apprécié un monde totalement décorrélé du nôtre, avec son propre système de croyances. En réalité, même si l’histoire est un peu cousue de fil blanc et que l’on comprend assez vite (bien plus que Wren en tout cas) ce qui se trame au sein du manoir cernosien et les véritables forces en présence, les personnages sont suffisamment convaincants pour nous entraîner avec eux.

Entre Wren en quête d’acceptation car rejetée par sa seule famille et Hal cherchant la rédemption après une brusque prise de conscience de ses crimes en tant que Faucheur, les sentiments et les points de vues sont parfaitement compréhensibles et les réactions crédibles. Le rapprochement inévitable entre Wren et Hal est bien amené et c’est bien le futur de leur relation qui nous pousse à aller jusqu’à la dernière page. L’opposition entre Wren et sa tante régnante, l’une se laissant embarquer par ses émotions et l’autre les refoulants constamment est un point de vue intéressant, qui l’aurait été bien plus si l’auteure avait été au bout de son propos et que la reine était restée fidèle à sa ligne de conduite arborée depuis des années.

Voilà une aventure que j’ai beaucoup aimée, mais ces quelques écueils m’ont un peu gâché le plaisir, sans pour autant me faire décrocher avant le point final. Sachant qu’il s’agit ici du premier roman d’Allison Saft, je vais sûrement me laisser tenter par ses écrits plus récents afin de voir si l’évolution de sa narration me réserve des surprises.

Pour conclure…

Ainsi vient la nuit est un très bon représentant du genre romantasy avec tout ce que cela comporte d’attraction/répulsion entre les deux héros et de rédemption. On se laisse aller à s’attacher aux personnages et à vouloir connaître à tout prix leur destin, malgré un déroulement assez prévisible. Le roman d’Allison Saft est prenant pour peu que l’on se focalise sur les émotions de ses protagonistes, le fil rouge n’étant au final qu’un prétexte pour les amener à se questionner et à se remettre en question. Si vous êtes un adepte de la romantasy il y a de fortes chances qu’Ainsi vient la nuit vous plaise, et même si vous ne connaissez pas le genre vous pouvez tout de même lui laisser sa chance.

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