Aggretsuko

Aggretsuko, ou Aggressive Retsuko si l’on traduit le nom d’origine japonais (アグレッシブ烈子, Aguresshibu Retsuko), est un ONA (Original Net Animation) japonais disponible sur Netflix. Initialement diffusé sur la chaîne japonaise TBS avec près de 100 épisodes, il contient pour l’instant 3 saisons de 10 épisodes de 15 à 20 minutes chacune sur la célèbre plateforme de streaming. Il met en scène une salary woman de Tokyo qui subit une forte pression au travail et qui compense son mal-être par des sessions énervées au karaoké.

Synopsis

Insatisfaite de son travail de bureau ingrat, Retsuko, la petite panda rousse, surmonte les tracas du quotidien en chantant du death metal à tue-tête dans un bar karaoké

Netflix France

Vous l’aurez compris, Aggretsuko met en scène un univers kawaii propre à Sanrio (Hello Kitty) contrasté par des sonorités métal. Ceci dit, d’autres dimensions plus profondes viennent souligner certains points qui font d’Aggretsuko un ONA très agréable à regarder, que l’on soit adulte ou ado.

Aggretsuko, où la fiction révèle des réalités

De prime abord, on pourrait penser qu’Aggretsuko, avec son univers kawaii, présente une légèreté agréable pour qui souhaite se distraire sans trop avoir à réfléchir. Les personnages sont des animaux mignons aux apparences attachantes (enfin, tout est relatif), les expressions sont amusantes et la protagoniste semble délicate et frêle. Dans cette fiction, tout est fait pour inspirer au spectateur de l’empathie et de l’affection.

Seulement voilà, il s’avère que tout n’est pas mignon dans Aggretsuko. L’univers fictif qui y est présenté révèle finalement des réalités bien plus matures et contrastées qu’escompté. Retsuko subit une énorme pression sociale, que cela soit au travail ou via son entourage, et pleure ses désillusions. La joie ressentie lors de la signature de son CDI de comptable à la sortie de son diplôme et la visualisation de la nouvelle vie d’adulte qui l’attendait ont vite laissé place à un mal-être évident, qu’elle gère à sa façon.

En effet, son patron est misogyne, lui manque de respect, et l’exploite sans délicatesse, et son entourage la pousse à se marier via des applications de rencontres, des connaissances arrangées, ou des speed datings et ce même lorsqu’elle doute que c’est ce qu’elle souhaite. En burn out, elle rencontre parfois des problèmes pour arrondir ses fins de mois et rêve d’une liberté totale qui ne serait pas limitée par les codes et usages imposés par la société japonaise (et il y en a beaucoup).

Toute personne connaissant un peu la culture japonaise et son fonctionnement sait que ce qui est représenté dans Aggretsuko est une réalité, bien que parfois exacerbée. C’est une satire sociale du monde du travail japonais et de sa société en général, révélée avec soin dans une fiction bien faite aux fondations réelles

Retsuko devant le bureau de son patron dans Aggretsuko - saison 1 sur Netflix

Compter jusqu’à 10, et devenir quelqu’un d’autre

Afin de survivre à toute cette pression et ces injustices, Retsuko a trouvé une échappatoire : le karaoké. Dans une société où il faut toujours être conciliant et taire ses émotions, déverser sa rage en faisant du growl (un chant guttural) sur des sons de death metal s’avère être l’unique plaisir de Retsuko, qui s’en cache bien.

De plus, elle se détache comme elle peut de ce qui lui est imposé en se créant elle-même des “modes” qui vont définir son attitude en comptant jusqu’à 10 pour devenir une autre personne.

Je compte jusqu’à 10, et je deviens une gentille fille. Je compte jusqu’à 10, et je deviens une employée modèle.

Monologue de Retsuko dans Aggretsuko sur Netflix
Retsuko au karaoké chantant en growl sur du death metal dans Aggretsuko - saison 1 sur Netflix

Compter jusqu’à 10 lui permet d’affronter toutes les thématiques néfastes de sa vie qui donnent de la maturité à cet ONA. On en retiendra certaines plus que d’autres, mais parmi les plus notoires se trouvent notamment celles de l’inégalité des sexes, de l’exploitation au travail, de l’importance des apparences, des socles sociaux imposés aux femmes, etc.

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On retrouve également les thèmes de l’agression physique, du stalking, et des idoles underground dans la saison 3. “Je compte jusqu’à 10, et je deviens une idol”.

En outre, la liste est longue mais certains aspects culturels plus sympathiques sont également représentés dans Aggretsuko comme celui du karaoké, le culte de la nourriture, ou encore l’habitude des travailleurs japonais d’aller boire ensemble régulièrement après le travail, entre autres.

Pour conclure…

Aggretsuko est véritablement un ONA que j’apprécie beaucoup malgré ma réticence première vis-à-vis de sa dimension kawaii. Certes, cela se passe au Japon (donc forcément ça m’attire), mais il présente un savant mélange de légèreté et de maturité. Son univers kawaii et l’humour qui ressort de certains dialogues, expressions ou situations, est contrasté avec des thématiques matures qui révèlent des réalités bien plus sérieuses. C’est, je trouve, ce qui fait le charme d’Aggretsuko, ajouté à la bande son death metal qui me fait automatiquement bouger la tête et sourire.

On s’identifie facilement à certains personnages, et on se rend compte également que le Japon ne présente pas que des qualités idylliques (pour ceux qui ne le sauraient pas déjà).

Je vous invite fortement à vous faire votre propre opinion en regardant en japonais sous-titré FR évidemment ! 🙂

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