Tower Dungeon – Tome 4

Gravir les étages de la tour des dragons est loin d’être une simple histoire de montée de marche pour Yuva et ses compagnons dans Tower Dungeon. Alors que le danger est présent au détour de chaque couloir, les héros parviennent tant bien que mal à avancer, un petit pas à la fois. Sorti en magasin le 1er juillet 2026, Tower Dungeon tome 4 délaisse le trio de héros, pour introduire de nouveaux personnages réunis grâce au remède contre le mal de mer distribué par Iskeil. Unis pour explorer la tour, ils vont se lancer sur les traces du peloton de tête, mais les embûches vont se révéler nombreuses.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Montée de niveaux

Pour aller plus haut !

Un nécromancien maléfique a tué le roi et emporté la princesse dans la titanesque “tour des dragons” ! La garde royale se lance à son secours mais est mise en déroute par les redoutables monstres qui infestent le bâtiment. Les habitants des villages alentour sont alors mobilisés. L’un d’eux est un jeune homme à la force prodigieuse : Yuva, le héros de cette histoire.  

Glénat

Tower Dungeon suit l’ascension de Yuva, un simple paysan doté d’une force hors du commun, enrôlé dans une expédition chargée de sauver la princesse Ignelia. Capturée par un puissant nécromancien, l’héritière de la famille royale est retenue au sommet de la légendaire tour des dragons, où son ravisseur espère utiliser son sang pour révéler l’accès au dernier étage. Après avoir impressionné la garde royale en terrassant le redoutable « grand gluant » aux côtés du vice-capitaine Rudéam, Yuva est choisi pour poursuivre l’ascension avec Eriquo, un archer d’élite, et Lilisen, une jeune magicienne de feu, lorsque la générale Minsabel est contrainte d’abandonner l’expédition afin d’assurer la régence du royaume.

Livrés à eux-mêmes, les trois compagnons affrontent une succession d’épreuves au cœur du dédale. Contraints de contourner deux redoutables gardiens d’une puissance écrasante, ils s’égarent dans les profondeurs de la tour avant de retrouver leur chemin presque par hasard. Leur progression est cependant interrompue par une embuscade tendue par d’anciens membres de la garde royale, déterminés à mettre la main sur la « tueuse de dragons », une précieuse relique confiée en secret à Eriquo. Séparé de ses compagnons après une chute dans un ravin, Yuva parvient malgré tout à les secourir et met un terme à la menace des déserteurs.

Désormais plus soudée que jamais, la septième escouade reprend son ascension malgré le manque de provisions et de remèdes. Au cinquante-neuvième niveau, elle découvre plusieurs membres de la ligue des excavateurs changés en pierre par un basilic. Après avoir vaincu la créature et sauvé les survivants, le groupe reprend sa route. Au cours de la nuit, Yuva entre mystérieusement en contact avec la princesse Ignelia, qui lui confie son pendentif. À son réveil, le bijou est toujours autour de son cou, révélant une vérité aussi inattendue que capitale : le jeune paysan serait en réalité de sang royal.

L’armure ne fait pas le moine

Tandis que le voile se lève sur la parenté de Yuva, un nouveau groupe d’aventuriers se lance à l’assaut de la tour des dragons : “l’Alliance des pilules anti-mal de mer”. Un dracomorphe à un bras et son valet muet. Une princesse de rongeurs anthropomorphes et son vaillant chevalier servant. Un vieillard aux magies de feu et son fidèle destrier. Et enfin, une guerrière qui ne quitte jamais son armure. Quel sort les attend dans ce labyrinthe sans merci ?

Glénat

Laissant Lilisen et Eriquo encore sonnés de l’ascendance royale de Yuva à la fin du tome 3 de Tower Dungeon, nous découvrons désormais Iskeil, un noble dracomorphe, accompagné de son valet muet. En pleine traversée à bord d’un bateau pour rejoindre la tour des dragons et tenter de venir en aide à la princesse, ils rencontrent toute une pléiade de guerriers, réunis autour des pilules anti-mal de mer possédées par Iskeil. Entre Sourafi, archère souris et son compagnon taciturne Goundi, le vieux mage de feu Sarang et son oiseau Corvi et la soldate en armure Aridellia, la troupe est pour le moins éclectique.

Pour autant, c’est ensemble qu’ils décident d’entamer l’ascension de la tour, pendant que Minsabel suit les progrès d’Iskeil via un journal magique. Alors que Sarang décide de partir de son côté pour poursuivre l’assassin de sa mère, un dracomorphe nommé Karasch, le reste du groupe décide de lui emboîter le pas. Après plusieurs échauffourées avec des morts vivants, la troupe s’aperçoit que l’armée régulière, envoyée par Minsabel, est sur le point de les rejoindre pour une offensive de grande ampleur. Mais le nécromancien a toujours un coup d’avance…

Lisez un extrait de Tower Dungeon – Tome 4 ici !

La mort n’est que le commencement.

On a fini par y arriver, je ne comprends plus rien à Tower Dungeon. J’avais déjà beaucoup de mal en termes de temporalité et d’ascension quand on suivait Yuva et consorts, mais là, Tsutomu Nihei choisit carrément d’intégrer un nouveau groupe à l’affaire, laissant carrément de côté le trio de base pendant quasiment tout le volume de Tower Dungeon. Un choix plutôt audacieux qui intervient juste après la révélation que Yuva appartient à la famille royale. Trop audacieux en ce qui me concerne, puisqu’ayant déjà un mal fou à m’attacher aux membres rescapés de la septième escouade, me voilà catapultée avec une galerie de nouveaux protagonistes, dont la seule qui tire son épingle du jeu est l’archère Sourafi.

J’aime beaucoup cette petite guerrière souris à la langue bien pendue et à la gaffe facile, quand ses compagnons me laissent pour l’instant complètement froide. D’autre part, la traque de Karasch m’a déroutée, n’arrivant pas à comprendre pourquoi sa soudaine apparition en plein milieu de l’armée régulière a fait si peu de bruit, vu comment le marquis a l’air d’être honni par ses pairs. D’autant qu’on ignore totalement qui il est, ni quelles sont ses motivations à se balader dans la tour. Vous l’aurez compris, le mangaka distille les informations au compte goutte, laissant son lecteur dans l’incompréhension, tout juste capable de se laisser porter par l’intrigue du manga et le mince espoir que tout va prendre sens par la suite.

N’étant pas d’un naturel patient, je commence à ronger mon frein de devoir suivre un scénario dont je ne possède aucune clé pouvant me permettre de comprendre un minimum ce qui se joue devant moi, ce qui m’avait d’ailleurs amené à abandonner la série De Neiges et de Flammes au bout de seulement deux tomes. Dans le même ordre d’idée, il semble y avoir un secret entourant les couronnes portées par la famille royale, mais s’il s’agit seulement d’invoquer la tour des dragons, je ne comprends pas pourquoi des gens sont à leur recherche, la structure ayant déjà été invoquée par le nécromancien et le mal déjà fait. Je commence à me lasser d’être laissée dans le noir, fusse à dessein, alors que les Interrogations se multiplient sans que la moindre bribe d’information ne vienne les éclairer.

Pire, Tower Dungeon va trop vite, et on a à peine le temps d’entrevoir une zone d’ombre qu’elle est remplacée par la suivante. Comment Yuva et sa sœur se sont retrouvés à vivre comme de simples paysans s’ils sont de sang royal ? Qui est vraiment Karasch et que faisait-il dans l’édifice ? Pourquoi l’armée régulière a mis autant de temps à être envoyée plutôt que de faire appel à des recrues enrôlées dans les villages du royaume ?

Maintenant que Karasch et l’armée ont été anéantis par le piège du nécromancien, ce qui était assez finement joué de sa part je dois bien le reconnaître, je doute que l’auteur y revienne pour nous l’expliquer, mais qui sait ? Peut-être bien que je me trompe et que tout trouvera une justification dans les prochains volumes. Je vais donc m’entêter, au moins jusqu’à la sortie du prochain tome de Tower Dungeon, dont la date de sortie est toujours inconnue.

Pour conclure…

Malgré un univers toujours aussi fascinant et quelques bonnes idées, Tower Dungeon tome 4 donne surtout l’impression d’accumuler les interrogations sans offrir la moindre prise à laquelle se raccrocher. En délaissant son trio principal au profit d’une nouvelle équipe tout aussi mystérieuse, Tsutomu Nihei continue de construire un puzzle dont il refuse encore de dévoiler les contours. Reste désormais à espérer que les prochains volumes commenceront enfin à assembler les pièces, sous peine de voir la curiosité du lecteur céder progressivement la place à la frustration.

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