The City of Stardust

Il y a un peu plus d’un an, les passionnés français de fantasy avaient pu découvrir The City of Stardust, un one shot romanesque sorti en broché au catalogue de l’éditeur Bragelonne. Comme c’est souvent le cas, l’ouvrage de Georgia Summers revient désormais au format poche et c’était l’occasion idéale pour nous de nous jeter à corps perdus dans le périple de Violet Everly et de son entourage pour déjouer une redoutable malédiction. Disponible à la vente depuis le 10 septembre 2025, The City of Stardust nous emmène au cœur d’un monde parallèle inextricablement lié avec le nôtre et où les contes de fées se révèlent parfois bien cruels.

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Violet la malédiction

Les Everly sont maudits depuis des siècles.

À chaque génération, le membre le plus prometteur de la famille est voué à disparaître, en réparation d’un crime dont nul ne se souvient. Celle qui vient les chercher, la mystérieuse et glaçante Penelope, ne connaît ni la vieillesse ni la maladie. Et pour elle, une dette est une dette.

Lorsque sa mère se volatilise au beau milieu de la nuit, la malédiction s’abat sur Violet Everly… et il n’y a plus qu’elle pour en briser le cycle. Commence alors un voyage dans un monde magique et envoûtant, peuplé d’érudits avides de pouvoir, de divinités instables et de monstres en quête de vengeance. Sans oublier l’énigmatique assistant de Penelope, Aleksander, à qui Violet sait ne pouvoir faire confiance mais dont les secrets l’attirent irrésistiblement.

La vie de Violet est en jeu, et le temps lui est compté. Aux confins du monde, elle espère trouver sa mère, mais aussi la cité de la poussière d’étoile, où tout a commencé pour les Everly… car après tout, les malédictions ne sont-elles pas faites pour être déjouées ?

Bragelonne

The City of Stardust commence par une sombre nuit d’orage alors que Marianne Everly s’apprête à quitter la demeure familiale et ce qu’elle a de plus cher : Sa fille Violet. Car Marianne Everly n’a plus le temps, cible d’une malédiction qui voit disparaître le membre le plus prometteur de sa lignée une fois par génération, elle doit quitter son foyer pour survivre et trouver un moyen de rompre la dette de sang. Laissant son enfant à la garde de ses deux frères Gabriel et Ambrose la jeune femme disparaît tandis que les deux hommes font tout pour éviter que l’existence de Violet ne soit connue du monde extérieur.

Quelques trop courtes années plus tard, le secret est éventé et la maison des Everly fait l’objet d’une visite, celle de la redoutée et détestée Penelope, immortelle faucheuse familiale, accompagnée de son assistant le jeune Aleksander. Alors que Violet et Aleksander alors âgée de 12 et 13 ans sont écartés par les adultes, Ambrose arrive à négocier un sursis pour sa nièce. Penelope laisse 10 ans à l’enfant avant de venir réclamer son dû, un délai que les deux frères comptent bien mettre à profit pour prévenir leur sœur et l’aider à sauver leur famille. Mais 9 ans après, il leur faut se rendre à l’évidence, Marianne ne reviendra pas à temps.

De son côté Violet, qui travaille dans un café voit un beau jour surgir un visage connu sur son lieu de travail : Aleksander. Commence alors des entrevues secrète secrètes où la jeune femme cherche des réponses à ses questions nourries par les bribes de conversations entre ces oncles surprises au cours des années. Violet comprend désormais qu’elle est entourée de mensonges et que le temps lui est désormais compté. Si elle veut survivre, elle va devoir réussir là où Gabriel et Ambrose ont échoué, retrouver sa mère, et détruire la malédiction qui pèse sur elle. Mais pourra-t-elle le faire dans le temps qui lui est imparti ? 

Lisez un extrait de The City of Stardust ici !

A Summers Star’s Dreams

The City of Stardust est un premier roman, celui de Georgia Summers, jeune métisse brito-trinidadienne vivant à Londres. Cette ancienne éditrice, libraire et même bibliothécaire spécialisée dans les livres rares à passé la majeure partie de sa vie à parcourir le monde, entre la russie, les USA, la Colombie, l’écosse et la Suisse. Si elle s’avère peu douée pour maîtriser les langues, elle se sert de ses diverses visites et de son goût pour les voyages pour donner vie aux divers lieux que vont traverser Violet, Aleksander et Penelope avec un souci du détail qui les rend parfaitement tangibles et les ancre parfaitement dans notre réalité.

Son nouvel ouvrage The Bookshop Below (encore non traduit en français), met d’ailleurs en scène une librairie magique spécialisée dans les ouvrages rares et sa nouvelle propriétaire dont la mission est de restaurer le commerce. Une inspiration qui lui vient très certainement de son propre vécu, comme The City of Stardust est influencé par ses visites, tout autant que de la forte impression que lui ont laissé des lectures comme Le Monde de Narnia de C.S. Lewis (l’ami de J.R.R Tolkien comme nous l’avons vu dans Hommage à J.R.R. Tolkien : Promenade en Terre du Milieu), À la croisée des mondes de philip Pullman, Le Cirque des Rêves d’Erin Morgenstern ou encore Sabriel de Garth Nix.

Ainsi, c’est un monde orné de clefs et de fenêtres sur un ailleurs qui reste inaccessible pour le commun des mortels que nous propose l’auteure au fil de sa plume aussi légère qu’agréable à lire et ce même si les descriptions détaillées émaillant le roman sont parfois un peu trop longues. Pour autant, cela à au moins le mérite de renforcer l’immersion en aidant le lecteur à visualiser parfaitement les divers décors dans lesquels Georgia Summers place ses héros. Ce serait donc un plébiscite en ce qui nous concerne ? Pas tout à fait, car comme souvent il y a un “mais”…

Forever and ever Everly

Après ma petite incursion dans l’univers cruel et poétique de The Crow, j’avais besoin d’un peu plus de légèreté et quand les éditions Bragelonne ont proposé The City of Stardust, je me suis immédiatement dit “pourquoi pas ?”. J’avais beaucoup apprécié mon dernier ouvrage de fantasy avec Ainsi vient la nuit et j’étais prête à réitérer l’expérience. Dans l’absolu j’ai beaucoup aimé la proposition de Georgia Summers avec son univers riche et détaillé et son originalité indéniable. Chaque personnage illustre bien ses travers et c’est ce qui m’a sauté aux yeux en premier chez eux, avant de découvrir leurs qualités au fil des pages. Ainsi Violet est l’incarnation de l’entêtement, Aleksander de la soumission, Ambrose Everly du déni, Penelope de l’intransigeance et Marianne Everly de la lâcheté.

L’univers est complexe mais son fonctionnement est décrit avec assez de détails et d’information pour permettre au lecteur d’en comprendre les rouages sans y être perdus et le voile se lève sur les mystère au fur et à mesure de la progression du roman, tout en laissant à notre imagination le soin de combler les trous sur les zones d’ombres que laisse planer l’auteure à dessein. Car oui, toutes les questions ne trouveront pas de réponse dans The City of Stardust et de ce que j’en sais, Georgia Summers n’a pas prévu de retrouver Violet et Aleksander pour donner une suite à leurs aventures. Toutefois, présenter d’emblée les personnages en appuyant sur leur mauvais côté, fait que l’on a parfois du mal à s’attacher à eux.

Ce fut le cas pour moi, Violet m’apparaissant comme une gosse naïve et capricieuse pendant la première partie du roman, quand Aleksander lui n’a réellement trouvé grâce à mes yeux qu’à la fin de l’intrigue. Sa capacité à obéir à Penelope alors même que celle-ci n’est que dans la manipulation m’a sidéré au plus haut point, de même que sa capacité à trahir ceux qui lui font confiance pour devenir ce que personne ne veut qu’il soit. Les changements de point de vue et les ellipses dans le récit, si elles le dynamisent, se révèlent parfois déroutantes, et engendrent une grosse frustration, celle d’ignorer ce qui est arrivé aux protagonistes durant ce laps de temps.

Au final, j’aurais également aimé en apprendre plus sur certains personnages secondaires sous-exploités comme Caspian Verne, le passé de Marianne au sein de Fidelis et même le passé de Penelope qu’il aurait été passionnant de voir révéler. Autre petite déception, à la lecture du synopsis je m’imaginais que le périple de Violet se déroulerait entièrement dans d’autres dimensions. Or, la majorité de son épopée se situe dans notre monde. Cela m’a rappelé le cas Graveyard Shift, à côté duquel j’étais passé à cause d’une mauvaise interprétation de son pitch. Ce n’est fort heureusement pas le cas de The City of Stardust que j’ai adoré d’un bout à l’autre malgré ses petits défauts. Et si jamais il reprenait à Georgia Summers l’envie de retourner à Fidelis, je serais la première à prendre mon ticket !

Pour conclure…

The City of Stardust nous projette au cœur de la malédiction familiale des Everly dont la dernière représentante se retrouve frappée. Bénéficiant d’un sursis, Violet va alors tout faire pour retrouver sa mère, partie de nombreuses années auparavant pour tenter de mettre fin à cette fatalité. C’est grâce à la plume légère et agréable de Georgia Summers que nous découvrons un monde bien plus vaste qu’il n’y paraît où les fées sont cruelles et les dieux monstrueux et où il ne fait pas bon placé sa confiance au hasard au risque d’être trahi. Une quête dont l’urgence nous entraîne avec délice dans une fuite en avant en compagnie des Everly, qu’on ne regrette à aucun moment d’avoir entamé.

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