L’escale du club d’athlétisme à Hongkong touche à sa fin dans ce dernier volume de Tatari qui nous promet son lot de révélations et de surprises. Paru le 4 février 2026 et disponible depuis en magasins, Tatari tome 5 clôt la traque de Belter et confronte le chat yokai au patriarche du clan et responsable de l’affrontement entre ses descendants. Pas si moribond que prévu Garand Lu dévoile ses intentions et celles-ci ne sont pas vraiment du goût de notre héros. Voilà qui promet de nouveaux combats à venir pour le yokai qui doit désormais composer avec la peur de perdre définitivement l’identité de Takeru.
Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

La vengeance dans la peau
Tatari, le chat yokai vengeur !
Jadis, dans l’ancienne capitale de Kyoto, vivait Tatari, un grand yokai chat métamorphe qui terrorisait la population. Mille ans plus tard, c’est en simple chat de gouttière qu’il vit non loin de chez Takeru et sa petite sœur Yuki. Ils s’entendent à merveille et, malgré leur pauvreté, mènent une existence heureuse dans un appartement miteux. Jusqu’au jour où Takeru est froidement éliminé… Tatari décide alors de prendre la place du garçon pour tenter de découvrir l’identité des assassins !
Glénat

Tatari c’est avant tout l’histoire d’un petit chat noir et blanc. Pour Takeru et sa petite sœur Yuki, il est une présence rassurante et un ami fidèle au cœur d’un quotidien rongé par la misère et la maladie. Pourtant, sous ce pelage commun se cache une entité bien plus ancienne et bien plus dangereuse : un yokai autrefois craint dans les rues de Kyoto, fauteur de troubles, enfermé durant des siècles avant de recouvrer sa liberté. De son côté, Takeru, adolescent déterminé, lutte sans relâche pour offrir à Yuki un futur que la fatalité semble lui interdire. Mais tout s’effondre le soir où l’adolescent est sauvagement assassiné. Le Yokai revêt alors l’apparence de son ami disparu et se lance dans une traque implacable pour retrouver son meurtrier.

Ses pas le conduisent jusqu’à la famille Lu, une organisation mafieuse aussi influente que cruelle dont Takeru n’est autre qu’un des héritiers illégitimes. Désormais plongé dans une lutte de succession sans merci, sept prétendants s’affrontent pour le pouvoir, chacun épaulé par un yokai d’une force terrifiante. Pour Tatari, la mission est claire et multiple : venger Takeru, garantir à Yuki l’accès aux soins nécessaires à sa guérison, et lui offrir enfin une vie à l’abri du besoin. Mais sa route croise rapidement celle de Setsuna, le démon lié à Belter Lu, le commanditaire du meurtre de Takeru. Leur affrontement, d’une brutalité extrême, s’achève sur un match nul. C’est dans ce contexte, déjà explosif, qu’entre en scène Haruka Abe, nouvel élève au charisme inquiétant et héritier d’une lignée d’Onmyoji reconnue. Il n’a qu’un objectif : éradiquer les yokai et la rencontre avec Tatari dégénère en un combat aussi violent qu’inattendu.

Pourtant, contre toute logique, le bakeneko laisse la vie sauve à son adversaire, forçant un Haruka déconcerté, à accepter une trêve précaire. Son regard reste tourné vers Hong Kong, où la guerre entre héritiers à déjà fait ses premières victimes. Après avoir attiré l’attention du plus jeune des prétendants, Tatari est contraint de revenir auprès de Yuki, victime d’un malaise dans un parc. Il y fait la connaissance de Beriko, yokai rattaché à Konia Lu, venu vérifier sa véritable nature. Dans un premier temps, Tatari parvient à maintenir l’illusion de son humanité… avant de commettre l’erreur de trop. À la nuit tombée, il affronte le démon sanglier pour protéger sa sœur et le vainc sans la moindre hésitation. Cependant, Konia s’incline devant le vainqueur avant de prendre la parole.

L’héritier lui propose alors un marché audacieux : en échange d’un soutien matériel et humain pour éliminer Belter Lu, Tatari devra se charger d’éliminer Garand, le patriarche du clan, ainsi que de Bride Lu, son fils aîné. L’accord scellé, Konia orchestre rapidement le départ de Takeru et de ses camarades pour un stage d’athlétisme à Hong Kong. Une façade idéale pour permettre à Tatari d’agir librement. Installé seul à l’hôtel, le yokai affine ses stratégies, tandis que Haruka Abe, toujours soupçonneux, décide de le suivre et débarque à l’hôtel.

Alors que les alliances se tissent et que chaque faction se prépare à l’affrontement final, Tatari et Konia passent à l’action. Après avoir semé Abe, Tatari se heurte au groupe Managarm, engagé par Setsuna pour assurer la protection de Belter. Victorieux, il se retrouve finalement face à Setsuna elle-même, dont les pouvoirs dévastateurs de femme des neiges mettent à rude épreuve le démon félin.
So-Lu-tion finale
Après avoir remporté son combat à mort contre Setsuna, Tatari se lance à la poursuite de Belter Lu. C’est alors que le cerveau de cette histoire fait son apparition et fait prendre une tournure inattendue à la situation…
Glénat

Alors que Beriko tente désespérement de retenir Raiden et Iraiya et que Tatari à tué Setsuna à la fin du tome 4 de Tatari, le voilà lancé à la poursuite de Belter emmené par Enra, chef de Managarm, pour exfiltration. Les ayant rattrapé juste avant que l’héritier ne parte en hélicoptère, le yokai, toujours sous les traits de Setsuna, élimine Enra avant de se tourner enfin vers l’objet de sa fureur.

Se croyant attaqué par son propre yokai, Belter à la désagréable surprise de voir Takeru apparaître devant lui pour lui porter le coup de grâce. Une fois Takeru enfin vengé, Tatari n’a pas le temps de se réjouir que débarque Garand Lu. Le chef du clan Lu est toutefois bien loin de l’image du mourant à laquelle tous croient. Nullement perturbé par la mort de son fils, Garand entreprend de s’entretenir avec Tatari dont il connaît visiblement la véritable nature. Qui est donc cet homme qui rajeunit à vue d’œil devant notre héros ? D’où lui vient cette force incommensurable ?
Lisez un extrait de Tatari – Tome 5 ici !
Le jeu du chat
Cela fait déjà cinq tomes que nous suivons le yokai félin dans sa quête de justice pour la mort injuste de son ami et je dois dire que les révélations du patriarche du clan Lu sont d’une telle violence qu’elles m’ont révoltées à l’instar de ce cher Tatari. Ainsi, Takeru a été “créé” pour être le maillon faible d’une guerre dont il ignorait toutes les règles et ceci afin d’en faire une cible toute désignée pour pousser le statut quo entre ses autres frères et sœurs à être brisé. Pour autant, je n’arrive pas encore bien à comprendre le but de Garand dans l’histoire, lui qui n’est visiblement pas mourant (ayant même rajeunit physiquement) pourquoi aurait-il besoin d’un successeur ? Même si j’ai bien compris que l’asservissement de son aîné Bride par un démon vampire (le transformant en marionnette sans volonté) l’avait empêché de lui confier la tête du clan.

De même, Bride serait le vainqueur de la précédente guerre de succession, ce qui sous-entend qu’il aurait déjà éliminé ses frères et sœurs à cette occasion. Or, quand bien même Garand aurait engendré une nouvelle génération d’héritier par la suite, il ne semble pas y avoir tant d’écart d’âge entre Bride et Iraiya. Qui sont donc les membres de la fratrie déjà exterminés ? Il me semble que le chef actuel est loin d’avoir encore livré tous ses secrets et j’ai vraiment hâte d’en savoir plus. J’avais également raison de me méfier de Konia depuis son apparition dans le tome 3 de Tatari, en effet quelques petits signes montrent bien que le cadet de la fratrie Lu à une idée derrière la tête et n’est pas tout à fait honnête avec Tatari.

Moi qui aime les faux-semblants, je suis servie, même si je dois bien reconnaître que les motivations animant Belter manquent singulièrement de panache. A l’orée de sa mort, il s’avère qu’il cherchait juste l’approbation de sa grande sœur. C’est une raison comme une autre me direz-vous, certes, mais à aucun moment ce personnage ne renvoie une autre image que celle d’un faible lâche, ce que je trouve dommage. Heureusement la fratrie est encore grande et possède des membres que nous n’avons pas encore vus à l’œuvre. Dans le même ordre d’idées, j’espère assister à une véritable alliance entre Tatari et Abe, ne serait-ce que pour contrer les onmyoji qui aident la famille Lu.

C’est un personnage que j’ai trouvé prometteur dès son introduction dans le tome 2 de Tatari et il serait vraiment dommage qu’il reste sous exploité. Par ailleurs, après avoir craint que notre héros démoniaque ne succombe totalement à sa nature de Yokai, il nous révèle des côtés bien plus humains à son retour de Hong Kong. Ne pouvant absorber encore beaucoup de personnalités sans effacer les anciennes au bout d’un moment, il doit désormais vivre avec la peur de perdre Takeru pour de bon s’il ne fait pas attention. De quoi rajouter encore une tension dramatique aux combats à venir et j’attends avec impatience le tome 6 de Tatari Déjà annoncé pour une parution le 8 avril 2026.
Ce cinquième tome de Tatari marque un tournant brutal et passionnant, où les masques tombent pour laisser place à une partie d’échecs bien plus vaste qu’imaginée. Si la vengeance contre Belter laisse un goût d’inachevé tant le personnage brille par sa lâcheté, elle permet surtout de confronter Tatari à l’effroyable machiavélisme de Garand Lu. Entre un patriarche qui rajeunit mystérieusement et un Konia dont les sourires cachent d’évidentes zones d’ombre, notre bakeneko n’a jamais été en aussi grand danger. Mais le véritable défi de la suite ne sera pas seulement de vaincre le clan Lu : il sera intérieur. Désormais conscient qu’absorber de nouvelles âmes pourrait effacer le souvenir de Takeru, le yokai joue sa propre humanité à chaque combat. Entre faux-semblants, alliances incertaines et secrets encore soigneusement dissimulés, l’histoire est loin d’avoir livré toutes ses réponses. Et si une véritable coopération entre Tatari et Abe venait à éclore, elle pourrait bien bouleverser l’équilibre des forces en présence. Une chose est sûre : la guerre ne fait que commencer, et le tome 6, annoncé pour le 8 avril 2026, s’annonce déjà décisif.




