Tales Of Kenzera : Zau

Tales of Kenzera : Zau est un jeu développé par Surgent Studios et édité par Electronic Arts, sorti le 23 Avril 2O24 sur PC, Nintendo Switch, PS5 et Xbox Series.

Ce test a été réalisé sur une version Nintendo Switch fournie par l’Éditeur.

Surgent Studios : Quésaco?

Vous en avez l’habitude dans mes tests de jeux, avant de parler du jeu, on va d’abord s’intéresser au studio qui l’a développé. Dans le cas de Tales of Kenzera : Zau, il s’agit d’un studio anglais fondé en 2019 dont il s’agit du premier projet de développement : Surgent Studios. Fondé par Abubakar Salim, acteur anglais, surtout connu par les joueurs et joueuses de Assassin’s Creed Origins car il interprète le personnage de Bayek qui en est le protagoniste principal.

Ayant perdu son père il y a une dizaine d’années, Abubakar Salim cherchait un moyen d’exprimer son deuil au travers d’une œuvre visuelle et c’est vers le jeu vidéo que ce descendant de Kenyan immigré en Angleterre s’est tourné. Si je précise ses origines, c’est que cela sera important pour lui dans la façon de penser et de visualiser l’univers de son jeu. Mais nous y reviendrons un peu plus tard dans ce test. 

L’éditeur qui a cru en ce studio, et en ce projet n’est autre que Electronic Arts sous le label EA Originals. Son but est d’éditer et de distribuer des jeux de studios indépendants. Tales of Kenzera : Zau s’inscrit dans la lignée de jeux tels que Left 4 Deads, Rock Band, It takes Two et plein d’autres. 

Mais finalement Tales of Kenzera : Zau, ça parle de quoi ? Eh bien, c’est ce que nous allons voir tout de suite ! 

L’histoire de Tales Of Kenzera : Zau

Le deuil, une étape très difficile

Quelque part dans le futur, dans une cité futuriste située en Afrique dans le pays de Kenzera. Sur le balcon de l’appartement de sa famille, Zuberi, jeune adulte, pleure la perte d’un être très cher à ses yeux : son baba (son père). Il ne parvient pas à faire son deuil tant la détresse et la douleur sont omniprésentes. Sa mère, bouleversée elle aussi, lui parle d’un conte que son baba aurait écrit avant de mourir. Réticent, puis comprenant que c’est là le dernier présent laissé par son baba, il l’accepte et commence à le lire …

Ce conte est l’histoire de Zau, jeune chaman, qui vient également de perdre son baba. Zau décide de réaliser une ancienne légende de son peuple qui dit que si une personne parvient à réunir les 3 grands esprits qui ont échappé au Dieu de la Mort, Kalunga, ce dernier accordera un vœu à celui ou celle qui aura réussi cette épreuve

Bien décidé à y parvenir, Zau, convoque le Dieu et lui fait part de son envie d’accomplir cette légende. Le Dieu de la Mort lui confirme que c’est possible, mais que la route sera longue, difficile et très dangereuse. Devant la bonté de Zau, Kalunga décide de l’accompagner afin de voir comment le jeune homme va entreprendre cette quête.

L’important, ce n’est pas la destination, c’est le voyage

Tales of Kenzera : Zau illustre à merveille l’expression précédente. La corrélation entre Zau et Zuberi n’est pas faite pour être subtile. On sent tout de suite que lorsque Zau aura accompli sa quête et que Zuberi aura fini sa lecture, il aura également réussi la sienne (surmonter le deuil de son baba). Mais ce n’est pas le but ici. Surgent Studio veut, et réussit, à nous faire apprécier le voyage plus que la destination. Du début jusqu’à la fin du jeu, l’émotion est palpable, prenante mais jamais angoissante. Que ce soit au travers des épreuves traversées ou bien par le biais des PNJ que nous allons rencontrer, la narration est toujours présente et pertinente. Si on devait résumer Tales of Kenzera : Zau en un mot, cela serait : émouvant

Les légendes et croyances africaines enfin mises au premier plan

Si, dans les jeux vidéos, les religions et croyances dites “traditionnelles” sont régulièrement évoquées voire par moments deviennent des points clés du jeu (God Of War par exemple), force est de reconnaître que les croyances africaines le sont beaucoup moins fréquemment. 

Pourtant les multiples inspirations de Tales of Kenzera : Zau trouvent leurs sources au sein de la culture Bantoue qui regroupe environ 400 langues parlées dans environ 20 pays de la moitié sud de l’Afrique. Le jeu se veut une véritable ode à ces traditions et légendes au travers des personnages, des environnements, des monstres, …

Afin de renforcer cette immersion, le jeu propose une version entièrement doublée en kiswahili (qui est une langue parlée en Afrique australe (Tanzanie, Kenya, …). Bien que les 2 versions : anglaises et Kiswahili soient très bonnes, la seconde option est vraiment incroyable et permet d’entendre des sonorités linguistiques différentes de d’habitude et c’est tout simplement génial. 

Avoir la sensation de découvrir d’autres cultures, de s’ouvrir à de nouvelles idées et concept, c’est ça que l’on veut. Surgent Studios fait le pari de nous divertir, de nous faire ressentir de l’émotion, avec des croyances, dont la plupart d’entre nous n’ont jamais, ou presque, entendu parler. Pour moi, c’est un pari gagnant sur tous les points !

Le métroidvania africain

Tales of Kenzera : Zau est, ce que l’on pourrait appeler, un metroidvania qui va cumuler de l’exploration et des combats de tous poils, voyons ce que cela donne ! 

L’Exploration et les plateformes

Qui dit metroidvania dit exploration et plateformes et cela tombe bien car Tales of Kenzera : Zau nous propose une alliance alléchante entre ses deux points centraux.

L’exploration se veut simple et pas trop labyrinthique. La carte des environnements étant révélée dès que Zau en découvre un nouveau, cela permet d’éviter les phrases éternelles du style : “Mais bordel je dois aller où ?”. Chaque environnement dispose d’au moins un téléporteur, vous permettant de retourner en arrière une fois de nouvelles capacités débloquées.

Abordons maintenant, pour moi, le point faible du jeu : les plateformes. Tales of Kenzera : Zau souffre, par moments, de problèmes d’imprécision durant ses phases. Cela peut en devenir frustrant. Surtout dans un monde où le moindre contact avec des piques entraîne la mort instantanée de Zau… Rajoutez à cela des créatures qui veulent votre peau et un gameplay de combat qu’il va falloir aussi maîtriser, et vous obtenez un cocktail qui pourrait vous faire rager en fonction de votre résilience personnelle.                                               

Le Chaman combat

Zau détient deux pouvoirs différents afin d’exterminer ses ennemis. En tant que chaman, ses pouvoirs se manifestent sous la forme de 2 masques : celui de la lune et celui du soleil. Ce dernier vous permet d’enchaîner des attaques de corps à corps dévastatrices tandis que celui de la lune vous permet d’attaquer à distance et de contrôler les foules. 

Chaque masque dispose de ses propres attaques, enchaînements et coups spéciaux. Tout le point névralgique de ce gameplay va donc être de basculer d’un masque à l’autre afin de défaire certains ennemis et / ou boss en tous genres.

Au fur et à mesure de votre progression, vous débloquerez un arbre de compétence qui vous permettra de débloquer et d’améliorer certaines compétences, dont certaines vous seront également utiles pour l’exploration. 

La satisfaction est-elle là ? 

Autant le dire, le gameplay de Tales of Kenzera n’est là que pour renforcer la narration. Pour moi, cela n’est en rien un défaut tant que c’est assumé par les développeurs. Ici, le gameplay est un classique de chez classique pour un metroidvania. Le level design propose plusieurs environnements variés afin de ne pas se lasser, chacun d’entre eux avec ses propres pièges, dangers et monstres.

Pour conclure sur le gameplay, oui il est efficace, mais il reste en deçà de classiques comme Hollow Knights. Si vous cherchez uniquement du gameplay pur et dur et que la narration n’est pas votre principal intérêt alors Tales of Kenzera : Zau ne sera peut-être pas la perle que vous attendiez. Pour les autres, foncez ! 

L’alliance de la musique et du dessin pour le meilleur

La musique : un mélange qui détonne

Tales of Kenzera : Zau continue à nous enchanter et à nous émerveiller. Cette fois, ce sont nos oreilles qui vont avoir droit à des compositions musicales de Nainita Desai. Cette dernière nous offre des compositions mêlant des sons électros, du mix et de la musique africaine traditionnelle. Un mélange qui pourrait rappeler le film Black Panther par moments, même si les musiques de Tales of Kenzera sont, pour moi, mieux mises en avant que dans le film. 

Comme d’habitude, je vous invite à l’écouter et à vous immerger dans cette culture très spéciale mais également très intéressante, en écoutant l’OST du jeu.

Les différentes pistes s’adaptent parfaitement bien aux situations, que ce soit combat ou exploration avec des pistes pêchues et motivantes. Mais elle sait se faire également plus intime, plus recentrée, plus envoûtante en ce qui concerne les phases de narration. Du très bon, du début à la fin. Que demander de plus ? 

Un régal pour les yeux

Après nos oreilles, ce sont nos yeux qui vont avoir droit à une direction artistique sublime. Les couleurs, les monstres, les environnements, tout cela a disposé d’un soin particulièrement soigné. On sent que les directives ont été très claires et que les équipes de design ont fait un travail à la hauteur des attentes. Il m’est même arrivé en pleine session de test, de m’arrêter afin de contempler tel ou tel décor tellement je trouvais cela beau et immersif. 

Le seul petit bémol à autant de passion, de couleurs et de détails, serait que par moments, lors de phases de plateformes un peu trop alambiquées et / ou rapides, nous avons trop de détails à regarder pour ne pas tomber dans les premières piques venues car le foisonnement de détails est vraiment intense.

Pour conclure…

Tales Of Kenzera : Zau est une petite merveille indé qui, certes, ne révolutionne pas le genre des metroidvania par son gameplay. Mais la narration, son ambiance, sa direction artistique, rattrapent cette petite imperfection. Testez-le, faites-vous votre propre avis, bien sûr, mais je suis sûre que l’expérience vous marquera plus qu’avec de nombreux autres jeux. 

La  note  de la  rédaction

4-5/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

La narration ainsi que le message transmis

Claque artistique

OST magnifique

Personnages très attachants

Univers enfin mis en avant

Les points négatifs

Courbe de difficulté des plateformes complètement aberrante

Gameplay et environnement parfois fouillis

Vous devriez Lire aussi
Hello Yogurt

Dans le même genre

Laisser un commentaire