Shovel Knight Pocket Dungeon

Le monde se divise en deux catégories de gamers : ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Avec ce nouveau spin-off, Shovel Knight nous propose, une fois de plus, de nous placer dans la deuxième catégorie. Sorti de terre le 13 décembre 2021, Shovel Knight explore un genre qu’il avait jusque-là laissé de côté dans ses différentes itérations : le puzzle game. Edité par Yacht Club Games et développé par VINE (pseudo sous lequel se cache un seul homme : Russel Rafferty), le jeu est disponible sur PC, PS4 et Switch et nous donne envie de creuser davantage le sujet pour en savoir plus.

Ecran titre de "Shovel Knight Pocket Dungeon"

« Trou » pe de choc

L’histoire commence alors que Shovel Knight prend un repos bien mérité entre deux aventures. Un cadeau se matérialise devant lui et il ne résiste pas à la curiosité de le déballer. Surprise ! Il se retrouve avec un cube dans les mains et avant d’avoir eu le temps de dire ouf, le voilà aspiré dans un monde composé de casse-têtes. Trouvé inconscient par Chester (tenancier d’une boutique d’items) et Puzzle Knight (autoproclamé maître des puzzles et mentor du tutoriel), notre héros va devoir se lancer à l’assaut du donjon de poche, pour en résoudre les énigmes et permettre aux autres chevaliers coincés à l’intérieur de s’évader. Car oui, il s’avère que vous n’êtes pas le premier Knight invité forcé de cette prison énigmatique. Les alliés et les antagonistes emblématiques de la série répondent à la pelle et il sera, par la suite, possible de les incarner à leur tour dans le mode aventure.

Des idées à la pelle

De prime abord, le principe est simple : se frayer un chemin à coup de pelle à travers des blocs de pierre plus ou moins résistants et surtout à travers une horde d’ennemis. Comme dans un Tetris ou un Puyo Puyo, on a la possibilité de détruire les adversaires par paquets en créant des chaînes. Plus celles-ci sont importantes et plus nous ramasserons de gemmes qui nous serviront par la suite à acheter des items (bien pratiques) dans la boutique de ce cher Chester. Toutefois, la comparaison s’arrête là car la gestion du temps au cours d’une partie est un aspect primordial à prendre en compte pour venir à bout d’un niveau. En effet, les blocs descendent à une certaine vitesse sur l’écran, vitesse qui est accélérée considérablement à chaque mouvement de notre personnage. Plus vous bougez, plus l’écran se remplit rapidement, ce qui peut vous mettre très vite dans une position délicate. Sans parler des adversaires qui répliqueront à chaque coup que vous leur porterez, vous obligeant à surveiller constamment votre jauge de vie et à faire un usage intelligent des potions présentes dans le stage.

Heureusement, les niveaux ne sont pas avares en soins et les objets permettant de faire plus de dégâts ou de s’en protéger sont légions. Vous l’aurez compris, à moins d’anticiper vos actions et d’établir un plan d’attaque, le jeu vous laissera peu de chances de vous en tirer. Surtout que lorsque vous avez envie de vous lancer dans l’aventure, prévoyez le temps de le faire car tout arrêt avant la fin du mode solo vous fera recommencer l’histoire à zéro. Du moins au début, car assez rapidement, au campement de base de nos héros, sera disponible (moyennant gemmes sonnantes et trébuchantes) un canon permettant de vous catapulter directement sur la zone de votre choix.

Les émotions, ça creuse énormément

Bien évidemment, il ne saurait être question de partir en exploration sans rencontrer de boss. Ici, ce sont les antagonistes de la saga (ainsi que le mystérieux maître du donjon de poche) qui tiennent ce rôle. Chaque victoire contre un boss le verra s’ajouter à la liste des protagonistes que vous pourrez incarner. Si cela ne changera pas grand-chose à l’intrigue et à sa fin, les boss rencontrés au cours de notre périple ne seront pas forcément les mêmes suivant les chevaliers incarnés. Une bonne raison pour se replonger dans le mode aventure encore et encore. Chaque knight aura des caractéristiques différentes qui donneront une nouvelle dimension à chaque partie. Ainsi, Shield Knight gagnera un bouclier après chaque chaîne réalisée, elle pourra survivre à un coup fatal une fois par niveau, mais en contrepartie elle aura moins de points de vie que ses confrères. Sachez que vous pourrez débloquer 13 chevaliers en tout pour refaire la campagne solo, ce qui offre au titre une durée de vie confortable même si l’histoire en elle-même se termine en une petite demi-heure (45 minutes en prenant tout son temps).

Petites friandises bonus, l’humour et le style narratif inhérents aux autres titres de la saga sont de retour et le jeu se pare d’une direction artistique superbe, assez fidèle à celle de ses aînés. Les couleurs chatoyantes des environnements et des adversaires rendent l’ensemble cohérent et agréable. Et que dire des musiques ? Certes, ce sont des remix des magnifiques compositions de Jake Kaufman, mais quels remix… Jouer sans écouter les mélodies retire clairement à l’ambiance du jeu, même si le rythme de la bande son influence parfois la cadence de déplacement de son personnage si l’on n’y prend pas garde.

L’art de se prendre une pelle

On ne va pas se mentir, dès le début de ce test, j’ai passé un long moment à perdre en boucle. La gestion du rythme des niveaux, qui accélère en fonction de ses propres déplacements, m’a été difficilement compréhensible. Une bonne heure (et plusieurs noms d’oiseaux à faire rougir un charretier) plus tard, je me suis décidée à baisser la difficulté en bidouillant les réglages par défaut dans les options. Cela m’a permis de m’installer dans le jeu et d’enfin comprendre toutes les subtilités inhérentes aux monstres et aux mécaniques de gameplay. Une fois cet écueil passé, j’ai découvert des niveaux passionnants, poussant à nettoyer la zone jusqu’au dernier ennemis avant de passer la porte qui met fin au stage. Débloquer les autres chevaliers et leur cortège de particularités donne envie de refaire le mode aventure (heureusement assez court) encore et encore avec les différents personnages. Enfin, le mode versus et le défi quotidien permettent de rallonger encore la durée de vie et ce n’est certainement pas moi qui m’en plaindrais. La proposition de base avait déjà de beaux arguments pour me séduire et la promesse a été tenue, au-delà de mes espérances, avec un jeu que je ne suis pas prête de lâcher.

Pour conclure…

Shovel Knight Pocket Dungeon est un titre hybride qui rassemble le meilleur du puzzle game et du dungeon-crawler, pour en tirer un gameplay où la réflexion est de mise et la rythmique des niveaux un aspect incontournable à maîtriser. Les fans de l’habillage Shovel Knight ne seront pas en reste tant la direction artistique et les remix des morceaux de Jake Kaufman sont excellents et fidèles à ceux de la saga. Un spin-off à tester absolument, que l’on aime la série ou tout simplement se creuser les méninges.

Photo de famille dans "Shovel Knight Pocket Dungeon"

La  note  de la  rédaction

4/5

Les notes de la rédaction

Les points positifs

La direction artistique et les remix des musiques de Shovel Knight fonctionnent toujours aussi bien.

Les caractéristiques des différents protagonistes qui amènent un vrai plus dans la mécanique de jeu.

Un contenu plus fourni qu’il n’y paraît.

La possibilité de changer les paramètres dans le mode aventure, ce qui simplifie le gameplay.

Les points négatifs

Chaque run du mode aventure doit être fait d’une traite, sous peine de tout recommencer à zéro.

Des subtilités dans les règles de gameplay pas forcément simples à comprendre.

Les réglages de base du jeu amènent une difficulté un peu trop ardue dès le premier niveau.

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