
Les développeurs français d’Asobo Studio ont fait parler d’eux ces dernières années grâce aux deux opus de leur licence originale : A Plague Tale. Tous deux auréolés de la parfaite note de 5/5, la saga a fait ses preuves avec notamment son deuxième opus qui s’est fait une petite place aux Game Awards. Un peu moins de quatre ans après ce dernier, le studio s’est réengagé avec Focus Entertainment pour un nouvel épisode le 27 Août 2026 : Resonance : A Plague Tale Legacy.
Ce test a été réalisé sur une version PS5 fournie par l’Éditeur.
A Plague Tale : L’histoire d’une maladie, d’une malédiction
L’histoire de la saga A Plague Tale commence dans Innocence avec Amicia et Hugo de Rune. En fuite, marqués par la perte brutale de leurs parents, ils cherchent à fuir l’inquisition, mais surtout, ils doivent trouver un remède à la maladie d’Hugo : la Macula. Avec ce mal, la licence instaure un climat mystérieux et mystique avec la possibilité de manipuler les rats, porteurs de l’affection. Éclairant leur passage, l’un des points qui les aide à avancer sans trépasser est la lumière. Cette dernière éloigne les rats et prend place comme l’un des éléments principaux du gameplay.
Continuant dans Requiem après une courte période d’accalmie, les de Rune prennent la direction d’une île qu’Hugo voit dans ses rêves. C’est sur celle-ci que se trouverait le véritable remède à la Macula. C’est pendant cette nouvelle péripétie qu’ils rencontrent Sophia, une contrebandière qui les accompagnera jusqu’à la fin de leur aventure.

Resonance : Quand le passé résonne avec le présent
Resonance : A Plague Tale Legacy retrace l’histoire de Sophia. Se déroulant 15 ans avant l’histoire de Requiem, on la découvre comme une jeune pillarde au passé corrompu par le couvent où elle a été assujettie à de sinistres expériences. Récupérée par son père, Sophia restera marquée par les séquelles infligées par les nonnes tout au long de cette aventure.
Résonnant comme un retour à Requiem, Sophia est à la recherche d’une île qu’elle trouvera très rapidement. Mais le chemin le plus dur l’attendra à l’intérieur de cette dernière. Comme appelée par cette île, elle part à la recherche d’un trésor très convoité, à l’origine de la perte de ses proches, mais surtout au cœur d’une trahison l’ayant poussée hors de son clan.
L’accompagnant lors de son odyssée sur l’île du Minotaure, la voleuse et amie Leni l’aidera et la soutiendra coûte que coûte pour comprendre son lien avec l’île et un mystérieux Thésée. Tous deux reliés à une étrange créature qui habite l’île, Sophia a des visions qui l’emportent dans la peau de Thésée, combattant d’une époque lointaine.
Aveuglés par la soif de conquête, ennemis et amis se confondent dans une histoire qui les dépasse. Éclairée par Thésée, Sophia se démarque par sa destinée, marquée par la Macula présente dans son sang. C’est dans cette voie que nous appréhendons l’histoire de Minos avec la mythologie qui l’entoure.


Le fil d’Ariane, reliant l’action et l’oppression
Après un début sur le continent où nous apprenons les bases du jeu grâce aux tutoriels, Resonance : A Plague Tale Legacy nous entraine très vite seuls sur l’île. Notre épopée commence avec de grandes ressemblances à la saga Uncharted. Un mystérieux trésor prisé par les protagonistes et l’armée adverse. Des ruines colorées sous une atmosphère ensoleillée, des énigmes avec beaucoup de symboles, de nombreux combats face à des ennemis qui nous talonnent et une amitié rayonnante.
Et puis tout s’assombrit. La solitude, la peur, la fuite et… la mort. Une créature qui semble invincible et qui ne redoute que la lumière. Cachée au plus profond de l’île, elle nous traque et détruit tout sur son passage. Incarnant l’obsession de l’humain pour obtenir ce qu’il désire, son ombre plane sur tous ceux en quête du trésor et de la vérité à propos de l’île.


La dichotomie entre la clarté et l’obscurité se traduit tant dans la narration que dans les aspects techniques. Le plus flagrant, l’aspect visuel nous frappe dès le départ. Des deux côtés de la luminosité, le jeu est aussi beau que ses prédécesseurs. Fidèle à la patte graphique originale, il reflète tout aussi bien la beauté des bâtiments et environnements extérieurs au soleil que le charme macabre des cadavres dans les sombres profondeurs de l’île.
Avec la lumière vient le son. Là aussi, la tension est retranscrite par une bande sonore et des bruitages qui s’associent bien avec l’atmosphère ambiante. Si les musiques restent dans le même acabit que celles des anciens jeux, c’est-à-dire poignantes et réussies, la bande-originale me semble moins harmonieuse et saisissante que celle qui accompagnait Amicia et Hugo. Les joueurs de Requiem se souviennent très bien du bruit strident et angoissant accompagnant nos héros et la mort. Cet aspect est légèrement moins présent ici et le jeu est de façon générale, moins anxiogène.

Quand le mythe devient réel
Les développeurs ont repris le célèbre mythe du Minotaure avec ses personnages et son labyrinthe. Un choix judicieux qui permet de cibler tout public, le mythe du Minotaure étant l’une des histoires de la mythologie grecque parmi les plus connues. Sans reprendre scrupuleusement le récit, ils ont réussi à parfaitement bien mélanger ce mythe à l’univers de la saga A Plague Tale. Assez fidèle pour comprendre les références, mais assez revisité pour coller à notre histoire.
Les énigmes viennent renforcer l’aspect mystique de Resonance : A Plague Tale Legacy. Résonant toujours comme les jeux de type Uncharted, Sophia tient un carnet où elle annote ses observations. Ces dernières sont évidemment essentielles pour résoudre les énigmes et passer les diverses épreuves qui la séparent de la vérité.


Entre réalisme et fantastique, nous pouvons choisir notre style de jeu. Avec cinq niveaux de difficulté, le jeu peut passer d’une promenade de santé à un véritable enfer sur Terre. Le mode normal étant déjà assez dur, il est possible de passer en mode narratif en pleine partie pour ne plus jamais subir de dégâts. Au contraire, les amateurs de frustrations pourront s’accorder avec un jeu qui ne laisse pas la place à l’erreur.
En plus de pouvoir modifier la difficulté du jeu pendant l’aventure, Asobo Studio nous offre la possibilité de modifier un grand nombre de paramètres. Fréquence des indices, invincibilité, caméra, commandes etc. Presque toute l’expérience de jeu peut être ajustée au joueur.
Un ennemi aussi familier qu’inédit
Si Resonance : A Plague Tale Legacy fait renaître la Macula, – bien que son nom ne soit mentionné -, elle est exploitée d’une tout autre façon. Ici, pas de contrôle de rats, uniquement des visions du passé. Tout aussi dangereuse, elle épuise toujours son hôte. Cette fois-ci cependant, elle prend forme sous les traits d’une créature abstraite.
La majorité des ennemis sont des guerriers humains. Ces derniers se divisent en diverses classes avec leurs forces et faiblesses auxquelles nous devrons nous adapter. Mais au-delà de ces ennemis déjà bien équipés, se trouvent d’autres opposants, de l’autre côté de la réalité. La créature qui nous traque sans pouvoir être tuée. Au mieux repoussée, au pire bernée ou semée, chacun peut choisir sa façon de fuir. Mais avec elle, viennent les morts. Sensibles aux mouvements comme la créature, ils peuvent se réveiller, mais ne peuvent pas être tués comme les humains. Ainsi, le jeu dispose de divers modes de combat, dépendant des ennemis et des choix personnels.


Si les trois principaux protagonistes, Sophia, Leni et Thésée sont intéressants et attachants, il n’en est pas de même pour les antagonistes. Peu charismatiques et un peu inutiles, ils ne sont que des piliers qui maintiennent le décor de fond de l’histoire. Il n’y a pas énormément de personnages dans cet opus et ce n’est pas plus mal. Cela permet de facilement identifier le rôle de chaque individu.
Concernant les énigmes qui viennent parfois nous mettre des bâtons dans les roues, elles restent très simplistes. Un peu d’observation et de recherche suffisent amplement à venir à bout de toutes. Elles sont originales, variées, mais restent très faciles à résoudre. Plus là pour diversifier le gameplay et limiter une avancée trop rapide, elles restent agréables à solutionner. Après tout, Resonance : A Plague Tale Legacy reste un jeu d’action/aventure, non un jeu de puzzle.


Que dire de plus que cet opus est encore un chef d’œuvre ? Un peu moins angoissant que ses prédécesseurs et globalement un peu plus tout public, il garde cependant l’âme de la saga. De nouveaux personnages qu’on aime, une intrigue qu’on apprécie suivre, le tout rythmé par des énigmes et un gameplay parfait, que demander de plus ?
La note de la rédaction
Les notes de la rédaction
Les points positifs
Le dégradé, de l’atmosphère de découverte vers l’étouffante fuite contre la Macula
Le mythe du Minotaure et son intégration dans A Plague Tale
Les cinq niveaux de difficulté
Le nombre important de paramètres
Une durée de vie entre 10 et 15 heures
Une licence qui a su se renouveler
La créature
Sophia et Leni, un duo attachant
L’entièreté de l’aspect technique et la direction artistique
Les points négatifs
Des antagonistes humains peu convaincants
Des énigmes qui peuvent paraître trop faciles et qui semblent être majoritairement là pour allonger la vie du jeu





