Reprendre Goût à la Vie – Tome 1

Derrière ce titre fort peu joyeux qu’est “Reprendre Goût à la Vie” se cache pourtant une série en deux tomes seulement, pleine de douceur, de tendresse, d’humour… et de nourriture, proposée par l’autrice Yuu Morikawa. 

Cette critique a été réalisée avec un exemplaire fourni par l’Éditeur.

Mahiru Asaoka, lycéen, cuisine à merveille. Abandonné par son père qui s’est installé à l’étranger, il se retrouve à devoir vivre chez Yoruko Kitagawa, une écrivaine plutôt froide et distante.

Delcourt/Tonkam

Le Sel de la Vie

On le sait toutes et tous, lorsqu’il s’agit de régler des problèmes au Japon, la nourriture est souvent la solution à bien des maux. “Reprendre Goût à la Vie” ne fera pas exception à la règle puisque nous allons suivre Mahiru Asaoka, un lycéen abîmé par la vie, qui excelle dans l’art qu’est la cuisine. Véritable cordon bleu, il va se retrouver hébergé par Yoruko Kitagawa, une connaissance de son père et romancière plutôt extravagante et mystérieuse.

En effet, cette dernière refuse de s’alimenter autrement qu’avec du café, des cigarettes, et des compléments alimentaires depuis plusieurs années, suite à un traumatisme bien gardé. Aucun des bons petits plats que va concocter Mahiru ne va sembler attiser son intérêt ou éveiller son appétit. Qu’à cela ne tienne, notre jeune gastronome ne va pas s’avouer vaincu et va essayer, tant bien que mal, de redonner de la saveur dans la vie de sa colocataire.   

Cette dernière refuse mystérieusement de manger le moindre plat concocté par Mahiru, mais le jeune homme va tout faire pour essayer de lui redonner de l’appétit.

Delcourt/Tonkam

Cerise sur le Gâteau

Le style visuel de “Reprendre Goût à la Vie” est très convenu, bien qu’agréable à parcourir. Les personnages sont reconnaissables facilement et sont dessinés de manière différente selon le contexte de l’histoire. En effet, les protagonistes seront dessinés tantôt de manière plus classique, tantôt de manière plus kawaii ou “super deformed”, pour appuyer le moment dans lequel se passe l’action en cours, ce qui permettra également de dynamiser visuellement les planches. Ici, point de bagarre ou de scène de cuisine épique à la Toriko, donc le manga peut sembler mou et lent par moments. De plus, les arrières-plans sont minimalistes, voire inexistants, ce qui n’aide pas à créer du dynamisme ou du vivant aux différentes planches de l’ouvrage.

Cette nouvelle norme ne me pose pas de problème dans l’absolu lorsque les cases sont petites, ou montrent déjà des éléments très détaillés, mais je me l’explique un peu moins quand la case est déjà bien aérée, et pourrait se permettre le luxe d’un arrière-plan, même peu détaillé. Ici, la majorité seront des fonds blancs, et de temps à autre des dégradés de gris. Les plats, quant à eux, semblent tous très appétissants, mais sont au final très peu nombreux, et sont rarement mis en pleine page, comme ça peut être le cas pour d’autres mangas qui traitent de la cuisine.

Le maître incontesté dans ce domaine reste, à mon sens, Jiro Taniguchi et son Gourmet Solitaire, dont je ne me lasserai jamais. On peut avoir l’impression que les plats ont peur de déranger ou de prendre trop d’espace dans l’histoire des deux héros, ce qui semble paradoxal vu l’importance qu’a (ou n’a pas, justement) la cuisine dans la vie des deux personnages

Forcés à cohabiter, ces deux personnages maladroits vont petit à petit se rapprocher et s’entraider, malgré leur différence d’âge…

Delcourt/Tonkam

Les Pieds dans le Plat

Avec ses personnages peu nombreux mais très attachants, “Reprendre Goût à la Vie” s’est avéré être une lecture très agréable et accessible. Beaucoup de tendresse, de douceur et d’empathie émanent de cette œuvre, ce qui la rend digeste et lui donne également une petite vibe cosy, typique des mangas tranche de vie. L’histoire est sympathique sans être extraordinaire, les traumatismes des deux protagonistes se répondent et on comprend rapidement qu’ils seront tous les deux le remède de l’autre. Ou en tout cas, c’est ce que l’on espère en tant que lecteur.

Cependant, soyons clairs, il n’y aura ici aucun enjeu de taille, juste l’histoire de deux personnalités qui vont se rencontrer, s’apprivoiser, et apprendre à vivre l’une avec l’autre. Je trouve d’ailleurs que prévoir cette série en seulement deux tomes est un bon choix pour éviter de tomber dans quelque chose de redondant. “Reprendre Goût à la Vie” nous fait vite comprendre que la cuisine, bien qu’annoncée comme thème principal de la série, est vite reléguée au second plan, pour faire place, justement, aux histoires personnelles des héros principaux, et que la cuisine ne sert finalement que de prétexte à rapprocher Mahiru et Yoruko. Cette impression est d’ailleurs confirmée par l’absence de recettes de cuisine, pourtant souvent intégrées dans ce genre d’œuvres culinaires.

Nous retrouverons cependant quelques petites histoires bonus en fin de tome, mais rien de transcendant. Malgré le caractère tranche de vie du manga et son environnement qui se veut réaliste, certaines situations m’ont pourtant parues peu crédibles (comment est-ce possible que Yoruko reste sans manger pendant autant d’années ?), et je me suis, à plusieurs reprises, surprise de devoir recadrer mon esprit un peu trop terre à terre.

Pour conclure…

Malgré un titre un peu catastrophiste, c’est un manga très joyeux, rempli d’espoir, de doutes et de douceur qui est proposé dans “Reprendre Goût à la Vie”. Cette petite série en deux tomes utilise la cuisine comme prétexte pour faire se rencontrer deux âmes abîmées par la vie qui vont apprendre à vivre ensemble et à communiquer.

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